Monthly Archives: novembre 2017

Grenoble, technopole apaisée ?

non fides

Dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 novembre à Grenoble, le bâtiment appartenant à la municipalité et abritant le centre de culture scientifique technique et industrielle (CCSTI), plus connu sous le nom de la « Casemate », a été dévasté par un incendie. Trois départs de feu ont été constatés au niveau du premier étage qui abrite le showroom, le « Media Lab » et le « Fab Lab ». Les machines, les outils et matériaux ont fondu ou sont partis en fumée. Ce serait principalement le premier étage qui aurait la plus grosse partie des dégâts (poutrelles tordues par la chaleur, vitres explosées, objets et meubles calcinés…). Il y en aurait pour d’ores et déjà plusieurs millions d’euros de dégâts.

 

Pour réduire en cendres ce pôle de promotion de l’aliénation technologique et de la domination scientifique, le(s) incendiaire(s) a/ont découpé le grillage en passant par les toits, selon le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, qui y voit quelques heures après les faits la main des anarchistes locaux.

Rapidement sur place, une trentaine de sapeurs-pompiers se sont armés de deux lances pour venir à bout du sinistre mais leur progression dans ce bâtiment implanté sur deux niveaux de 500 mètres carrés chacun, a été ralentie par la fumée, ce qui a laissé le temps aux flammes de faire leur travail.

Le CCSTI de Grenoble, dit « la Casemate » est un centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) est situé place Saint-Laurent à Grenoble. Inauguré le 4 décembre 1979, il est le second centre culturel scientifique créé en France après le Palais de la découverte.

Par exemple, à Grenoble, leur projet « Fab Labs Solidaires », grâce à un partenariat avec la Fondation Orange et l’Éducation nationale, le CCSTI parvient à s’immiscer dans les classes de collège et de lycée, en préparant au formatage et à l’aliénation aux nouvelles technologies et au numérique.

A la suite de cette incendie, ce centre de propagande scientiste qui bénéficie de multiples financements de la part de mécènes de l’économie, du monde universitaire et d’entreprises [1], n’a honte de rien et fait même la quête sur internet… (ça rappelle la méthode d’un hôpital, après un fameux 14 juin…)

[Reformulé depuis plusieurs articles du net par Sans Attendre Demain.]

PS : Un communiqué de revendication de cette attaque est paru le 24/11 sur Indymedia Nantes :

« Ville Internet » se joint désormais à « Ville Fleurie », les dernières camelotes technologiques sont toutes « smart », les bureaucrates de l’éducation nationale refilent aux bambin.e.s des cartables numériques. On introduit partout de nouvelles interfaces digitales ludiques. Les gestionnaires des villes satisfont les start-ups avides de fric et les masses tendanciellement geek en ouvrant des fablabs dans les quartiers branchés. Ces dispositifs en apparence extrêmement hétérogènes visent tous à accélérer l’acceptation et l’usage social des technologies de notre sinistre époque.

Et on se fout éperdument que ces fablabs soient issus de l’imaginaire rassis d’un hacker adulé, ce qui n’est pas le cas, ou qu’ils participent de fructueuses collaborations scientifiques dans l’un des temples de la technocratie, le MIT (pour Massassuchets Institute of Technologies), ce qui est le cas ; parce qu’ils représentent une nuisance nous sommes venus en détruire un. Mais il ne s’agit pas de critiquer tel ou tel aspect de l’enfer technologique, de déplorer le progrès de l’omniscience de l’état, de l’efficience de l’ordre marchand ou notre croissante domestication par la machine. Si nous combattons le projet cybernétique qui acère notre soumission, c’est la totalité de cet abject monde que nous attaquons.

on pourra le lire intégralement ici.

 

Turin, Italie – Affaire « Scripta Manent » : Déclarations des compagnon.ne.s durant leur procès – 16 novembre 2017

sans attendre demain

Les déclarations de plusieurs compagnon.ne.s qui passaient en procès ce 16 novembre à Turin, dans le cadre de l’affaire « Scripta Manent »:

*****

Déclaration de Claudia et Stefano:

Nous nous trouvons face à vous pour être jugés. Coupables ou innocents ? Mais quelle est l’accusation contre nous ? Dans les milliers de pages que la procureur a produit on trouve vingt ans d’histoire de la lutte anarchiste en Italie et pas seulement. On parle de faits spécifiques pour donner un peu de valeurs aux suppositions et aux conjectures, mais cette montagne de papiers, en réalité, de quoi veut-elle nous convaincre ? Elle veut nous convaincre que nous sommes anarchistes. Que nous n’acceptons pas passivement le système qui nous gouverne, l’inéluctabilité de la domination de l’homme sur l’homme et de l’homme sur la nature. Elle vous demande de condamner l’amour qui unit des êtres humains liés par le même mépris pour l’autorité et qui partagent l’implacable désir de liberté. Si c’est pour cela que nous sommes ici, mettons tout de suite fin à cette farce avant qu’elle ne commence. Nous sommes coupables.

Nous sommes coupables d’être conscients que le régime démocratique n’est pas autre chose que l’impitoyable suprématie des plus forts sur les plus faibles, régime qui se renforce en pulvérisant des particules de pouvoir pour satisfaire l’ego de tout être humain éduqué à la recherche du privilège, dans l’aplatissement des attitudes individuelles, en cherchant protection dans le consensus des masses.

Nous sommes coupables de ne pas accepter ces conditions, de ne pas vouloir participer à la distribution de ces pastilles de pouvoir, de ne pas vouloir vivre sur le sang et la sueur de ceux qui subissent une condition moins avantageuse que la nôtre. Cela ne signifie pas que nous nous laissons confiner dans un coin, dévoués au sacrifice pour vivre au côté des plus faibles. Nous vivons pour nous-mêmes, pour satisfaire pleinement nos exigences sans attendre ou demander le permis, luttant contre tout ce qui nous en empêche. Nous ne rêvons pas d’une révolution mais nous alimentons la révolte perpétuelle contre tout contrainte, transgressant nos limites et celles qui nous sont imposées.

Il y a quelques jours notre fils étaient en train d’étudier à l’école quelque chose que l’on appelle « éducation civique », et répétait à voix haute les principes de la constitution qui garantissent la liberté de parole et d’expression etc. Tout en l’ayant jeté consciemment dans le ventre de la bête en le confrontant à l’instruction publique, le confiant à son intelligence et à l’esprit critique qu’il sera capable de développer, je n’ai pas pu me retenir d’intervenir en lui expliquant que tout ceci est un mensonge, que les lois sont dictées par ceux qui les conçoivent pour maintenir leur pouvoir et qu’il n’est pas vrai que chacun peut exprimer son opinion, parce que si cette opinion leur fait obstacle ceux qui l’expriment seront écrasés, comme cela arrive à sa mère et à son père.

Pour cette raison, pour que ce mensonge ne soit pas perpétré, nous continuerons à lutter à tête haute pour que les générations futures puissent avoir une lecture différente de la réalité et qu’ils ne restent pas otages d’une vérité intéressée.

Nous avons décidé de lire ce document pour vous mettre face à la responsabilité de défendre l’hypocrisie de la constitution sur laquelle vous avez prêté serment. Nous voulons que vous voyiez la main du monstre qui vous caresse la tête comme de fidèles toutous chaque fois que vous vous regardez dans le miroir. Nous ne voulons pas vous donner la possibilité de vous cacher derrière le principe de justice putride et corrompu qui fait de vous des inquisiteurs.

Le fait que soit refusé à nos compagnons de se présenter physiquement dans la salle, que soit ainsi annulé le principe de participation à la défense, garantie par le droit qui soutient le bobard démocratique, est l’énième démonstration du caractère factieux de l’utilisation de la légalité. Par-dessus-tout, pour cette raison nous ne participerons plus à cette farce, désertant les audiences et confiant la défense technique aux avocats cherchant à faire émerger autant que possible les contradictions qui soutiennent ce système, sans justifier notre être et sans revendiquer des miettes de démocratie.

C’est comme ça que nous avons décidé de combattre enfermés dans les frontières de votre loi. En dehors de ces frontières c’est toujours nous qui décidons comment et quand combattre.

Le bon PM Sparagna, champion de la lutte contre la mafia ou chien qui mort la main du patron qui lui donne une miche de pain, a pensé pouvoir combattre les anarchistes comme les mafieux sans se rendre compte que ce qui nous distingue est quelque chose qui va bien au-delà de sa misérable conception de l’existence et de la solidarité. Il pourra donc tenter d’utiliser lâchement le vécu de chacun de nous pour chercher des failles dans lesquelles s’insinuer, mais jamais il n’y arrivera.

Honneur et amour démesuré pour nos sœurs et nos frères otages de l’État.

Champions de la justice : ce qui est à nous ne sera jamais votre, pas même après des années où vous continuerez à espionner et à étudier nos vies.

Coupables d’aimer sans conditions.

Coupables de haïr en toute conscience.

Claudia et Stefano


Déclaration d’Alfredo Cospito :

« L’association est ton outil, ton arme, elle aiguise et multiplie ta force naturelle. L’association n’existe que pour toi et par toi, la société au contraire te réclame comme son bien et elle peut exister sans toi. Bref, la société est sacrée et l’association est ta propriété, la société se sert de toi et tu te sers de l’association »

Stirner

« O Gentilhommes, La vie est courte… si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois »

Shakespeare Henry IV

« Je regrette tous les crimes que dans ma vie je n’ai pas commis. Je regrette tous les désirs que dans ma vie je n’ai pas satisfaits »

Je voudrais être le plus clair possible, que mes mots puissent sonner comme une reconnaissance de culpabilité. Pour autant qu’il soit possible d’appartenir à un instrument, à une technique, je revendique avec orgueil et fierté mon appartenance à la FAI-FRI. Je me reconnais dans l’entièreté de son histoire avec orgueil et fierté. J’en fais partie à part entière et ma contribution porte la signature du « Nucleo Olga ». Je me serais tu si cette farce s’était limitée à Nicolas et moi. Mais vous avez impliqué une part significative de tous ceux qui en ces années nous ont donné leur solidarité, parmi eux les personnes qui me sont le plus chères. Arrivé là je ne peux pas m’abstenir de donner mon avis. En me taisant je deviendrais complice de l’infâme tentative de votre part de frapper dans le tas une partie importante du mouvement anarchiste. Des compagnonnes et compagnons traînés derrière les barreaux et jugés non pas pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils sont : des anarchistes.

Jugés et arrêtés non pas pour avoir revendiqué, comme je l’ai fait moi, une action avec l’acronyme FAI-FRI, mais pour avoir participé à des assemblées, pour avoir écrit dans des journaux et sur des blogs, ou plus simplement pour avoir donné leur solidarité à des compagnons en procès. Je ne me ferais pas le bouclier de ces compagnonnes et compagnons. A une époque où les idées ne comptent pas être arrêtés et jugés pour une idée en dit long sur la force fracassante qu’une certaine vision de l’anarchie continue à avoir, et en dit aussi beaucoup sur la noix creuse que sont la démocratie et les prétendues libertés démocratiques. Vous avez vos raisons, je n’en doute pas, au fond il n’existe pas de bons anarchistes, en chaque anarchiste couve le désir de vous jeter en bas de cette estrade. Aucune tentative de ma part de faire passer la FAI-FRI pour une association récréative ou un club de jeunes marmottes. Ceux qui ont utilisé cet instrument, ou, comme vous direz, à jeun d’anarchie, « ceux qui font partie de la FAI-FRI » le revendiquent à tête haute comme mes frères et sœurs arrêtées dans le passé, comme moi-même il y a quelques années à Gênes et aujourd’hui dans cette aile. C’est notre histoire qui vous l’enseigne, histoire que nous sommes en train de payer par des années de prison et d’isolement dans la moitié du globe, jamais martyrs, jamais rendus. Ceux qui ne font pas partie de cette histoire, traînés enchaînés devant vous, se taisent parfois par solidarité, par affection, par amour, par amitié, des sentiments impensables, incompréhensibles pour vous, serviteurs de l’État. Votre « justice » est la domination du plus fort sur le plus faible. Je vous le garantis, au cours de ce procès vous ne trouverez parmi les inculpés ni lâches ni opportunistes, le prix de la dignité est inestimable et payer ce prix en vaut toujours la peine, et je suis prêt à le payer à tout moment. Cela ne devrait avoir aucune importance pour vous si c’est réellement moi qui ai posé ces bombes. Quoiqu’il en soit je me sens complice de ce fait, comme de toutes les autres actions revendiquées FAI-FRI. L’ensemble des actions dont vous m’accusez ayant été, qui plus est, toutes en solidarité avec des migrants et des anarchistes emprisonnés. Je les partage pleinement. Comment ne pas me sentir complice quand j’ai moi-même utilisé cette acronyme pour définir une méthode. Comment ne pas me sentir complice quand ces explosions ont été pour moi comme des lueurs dans l’obscurité. Aussi absurde que cela puisse vous paraître il existe un avant et un après FAI-FRI pour moi. Un avant, quand j’étais fanatiquement et stupidement convaincu que l’action destructive devait nécessairement parler toute seule, et que tout acronyme était la crotte du démon. Un après où, avec la revendication du tir au pistolet sur Adinolfi, j’ai mis en discussion ces dogmes insurrectionnalistes en arrivant à concrétiser mes nouvelles conceptions dans une action. Peu de choses diront certains, et ce serait vrai si derrière ce simple acronyme il n’y avait pas une méthode qui pourrait réellement faire la différence, pour nous anarchistes de praxis, au-delà et en-dehors de la répression, des répressions au-delà des salles de tribunaux. Aussi limitée qu’ait été ma contribution, malgré que je sois arrivé en retard, je me sens complice en tout et pour tout des frères et des sœurs qui ont commencé ce chemin. Qui qu’ils soient, où qu’ils soient, j’espère qu’ils ne m’en voudront pas si je fais miennes leurs actions, elles me représentent. Peu importe si je ne les ai jamais regardés dans les yeux, j’ai lu leurs lettres de feu, je les ai partagées, j’approuve leurs actions et cela me suffit. Aucune volonté de ma part de me les approprier, plutôt une volonté forte et orgueilleuse de partage de responsabilité.

Juges, j’aurais aimé vous cracher au visage (comme je l’ai fait à Gênes) ma responsabilité directe des faits que vous m’attribuez, mais je ne peux pas m’approprier les mérites et les honneurs qui ne sont pas les miens, ce serait exagéré. Vous devrez, et je devrais aussi, vous contenter de ce que dans votre langage baigné d’autoritarisme vous définirez « responsabilité politique ». Ne désespérez pas, doués comme vous êtes pour inventer des preuves « irréfutables », bien qu’elles soient tirées par les cheveux, pour ressusciter de l’oubli des vieilles enquêtes classées, des ADN stupéfiants tout aussi inconsistants. Vous n’aurez aucune difficulté pour rapporter à la maison un bon butin d’années de prison. Si vous voulez vraiment le savoir, ma condamnation a lieu d’être, ne serait-ce que pour mon adhésion à la FAI-FRI, adhésion à une méthode, non pas à une organisation, sans parler de ma volonté ferme et concrète de vous détruire et de détruire tout ce que vous représentez. Vous avez frappé au hasard les personnes qui me sont le plus chères, ma famille, mes amitiés, tirant à boulets rouges. Les scrupules moraux ne sont pas votre fort, vous avez fait chanter, vous avez menacé, vous avez utilisé l’éloignement des enfants de leurs parents, comme des instruments de coercition et d’extorsion. Vous avez traîné devant vous des compagnonnes et des compagnons qui n’ont rien à voir avec la FAI-FRI avec des accusations et des preuves inexistantes. Une des raisons, pas la principale, de revendiquer FAI-FRI fut de ne pas exposer le mouvement anarchiste à une criminalisation facile. Aujourd’hui je me trouve dans une salle à contester vos représailles, votre tentative mesquine de mettre sur le banc des accusés « Croce Nera », journal historique du mouvement anarchiste qui, depuis les années 60, joue son rôle de soutien aux prisonniers de guerre anarchistes. Dans vos délires fascistoïdes vous tentez de faire passer « Croce Nera » pour l’organe de presse de la FAI-FRI. Même en 1969, en pleine campagne anti-anarchistes, ils n’étaient pas allé si loin. A l’époque, une fois obtenu leur quota de chair humaine avec le meurtre de Pinelli, fondateur de la « Croce Nera » italienne, vos collègues se limitèrent à l’incrimination de certains compagnons pour des faits spécifiques. Nous savons tous comment cela a fini.

Aujourd’hui, en manque de sang, vous ne vous limitez pas aux accusations de 4 compagnons et compagnonnes pour des faits spécifiques, vous allez au-delà, jusqu’à criminaliser une part entière du mouvement. Dans cette optique inquisitoire, tous ceux qui ont fait partie de la rédaction de « Croce Nera », qui y ont écrit ou qui ont simplement assisté à ses présentations publiques, font tous partie de la FAI-FRI. Ma participation orgueilleuse à la rédaction de « Croce Nera » et d’autres journaux anarchistes ne fait pas de ces journaux des organes de presse de la FAI-FRI. Ma participation est individuelle, chaque anarchiste est une monade, une île à part, sa contribution est toujours individuelle. J’utilise l’instrument FAI-FRI uniquement pour faire la guerre. L’usage de cet instrument, l’adhésion à la méthode qui en découle, n’implique pas toute ma vie d’anarchiste, elle n’implique en rien les autres rédacteurs des journaux auxquels je collabore. Une caractéristique de mon anarchie est le polymorphisme des pratiques déployées, toutes bien distinctes. Je ne réponds que pour moi, chacun répond pour soi-même. Cela ne m’intéresse pas de connaître ceux qui revendiquent avec l’acronyme FAI-FRI, je ne communique avec eux que par les actions et les communiqués qui les suivent. Je considère que les connaître personnellement est contre-productif, et je ne vais pas les chercher non plus, encore moins pour faire un journal avec eux. Même ici en prison, ma vie d’anarchiste est bien plus complexe et variée qu’un acronyme et qu’une méthode. Je lutterais jusqu’au bout afin que le cordon ombilical qui me lie au mouvement anarchiste ne soit pas rompu par l’isolement et par vos prisons. Mettez-vous bien ça en tête. La FAI-FRI, sans rien enlever à la contre-information, n’édite ni journaux ni blogs. Elle n’a besoin ni de spectateurs ni de supporters ni de spécialistes de la contre-information, il ne suffit pas de la regarder avec sympathie pour en faire partie, il faut se salir les mains avec les actions, risquer sa vie, la mettre en jeu, y croire vraiment. Même des têtes gangrenées par l’autoritarisme comme les votre devraient l’avoir déjà compris, seuls les frères et sœurs anonymes qui frappent en utilisant cet acronyme et les prisonniers et prisonnières anarchistes qui en revendiquent l’appartenance font partie de la FAI-FRI, tout le reste n’est que généralisation et instrumentalisation à usage de la répression. Je profite de l’occasion que vous me donnez avec ce procès pour m’enlever le bâillon suffoquant de la censure et pour donner mon avis sur des sujets qui me tiennent à cœur, dans l’espoir que mes paroles puissent arriver, au-delà de ces murs, à mes frères et sœurs. Ma « communauté d’appartenance » est le mouvement anarchiste, avec toutes ses facettes et ses contradictions. Ce monde riche et varié dans lequel j’ai vécu les trente dernières années de ma vie, une vie que je n’échangerais avec aucune autre. J’ai écrit dans des journaux anarchistes et je continue à le faire, j’ai participé à des manifestations, des affrontements, des occupations, j’ai fait des actions, j’ai pratiqué la violence révolutionnaire. Ma « communauté de référence » sont tous mes frères et sœurs qui utilisent la méthode FAI-FRI pour communiquer, dans mon cas sans se connaître, sans s’organiser, sans se coordonner, sans céder aucune liberté. Je n’ai jamais confondu les deux plans, la FAI-FRI est simplement un instrument, parmi les nombreux que les anarchistes ont à disposition. Un instrument pour faire la guerre uniquement.

Le mouvement anarchiste est mon monde, ma « communauté d’appartenance », la mer dans laquelle je nage. Ma « communauté de référence » ce sont les individus, les noyaux affinitaires, les organisations informelles (coordinations de plusieurs groupes) qui communiquent, sans se contaminer, à travers l’acronyme FAI-FRI se parlant par le biais des revendications qui suivent les actions. Une méthode qui me donne aussi, à moi, anti-civilisateur, anti-organisateur, individualiste, nihiliste, la possibilité d’unir nos forces avec d’autres individus anarchistes, organisations informelles (coordination de plusieurs groupes), noyaux affinitaires, sans céder notre liberté, sans renoncer à mes tendances et convictions personnelles : je me définis anti-civilisateur car je crois que le temps à notre disposition est très limité avant que la technologie, prenant conscience d’elle-même, ne domine définitivement l’espèce humaine. Je me définis anti-organisateur car je m’inscris dans la tradition anti-organisatrice illégaliste du mouvement anarchiste, je crois dans les rapports fluides, libres entre anarchistes, je crois au libre accord, à la parole donnée. Je me définis individualiste car je ne pourrais jamais, de par ma nature, déléguer pouvoir et décisions à d’autres, je ne pourrais jamais faire partie d’une organisation qu’elle soit formelle ou spécifique. Je me définis nihiliste car j’ai renoncé au rêve d’une révolution future pour la révolte maintenant, tout de suite. La révolte est ma révolution, et je la vie à chaque fois que je m’affronte violemment à l’existant. Je crois qu’aujourd’hui notre tâche principale est de détruire. Grâce aux « campagnes de luttes » de la FAI-FRI je m’offre la possibilité de renforcer mon action, en la rendant plus incisive. « Campagnes de lutte » qui doivent nécessairement découler d’actions appelant à d’autres actions, non pas d’appels ou d’assemblées publiques, en rompant nettement avec les mécanismes politiques d’autorité morale dont les assemblées des mouvements sont pleines. La seule parole qui compte est celle de ceux qui frappent concrètement. La méthode assembléaire est, à mon avis, une arme inefficace pour faire la guerre, inévitable et fructueuse dans d’autres contextes. En adhérant avec mes forces aux « campagnes de lutte » de la FAI-FRI, dans mon cas en tant qu’individualiste ne faisant partie d’aucunes organisations informelles (coordination de plusieurs groupes), je profite d’une force collective qui est quelque chose de plus et de différent que la simple somme mathématique des forces dégagées par de simples groupes affinitaires, individus et organisations informelles. Cette « synergie » fait en sorte que « le tout », la FAI-FRI, soit beaucoup plus que la somme des sujets qui la composent. Tout cela en sauvant son autonomie individuelle grâce à l’absence totale de liens directs, de connaissance, avec les groupes et organisations informelles ainsi qu’avec les anarchistes revendiquant avec cette acronyme. On se donne un acronyme pour permettre aux individus, aux groupes, aux organisations formelles, d’adhérer et de se reconnaître dans une méthode qui sauvegarde d’une manière absolue ses projets particuliers, ceux qui revendiquent FAI-FRI adhèrent à cette méthode. Rien d’idéologique ni de politique, seulement un instrument (revendication par le biais d’un acronyme) produit d’une méthode (communication à travers les actions entre individus, groupes, organisations informelles) qui a pour objectif de renforcer au moment de l’action sans homologuer ni aplatir. L’acronyme est important, il garantit une continuité, une stabilité, une constance, une croissance quantitative, une histoire reconnaissable, mais en réalité la véritable force, le tournant réel, consiste dans la méthode, simple, linéaire, horizontale, absolument anarchiste, à savoir la communication directe par les revendications sans intermédiaires, sans assemblées, sans se connaître, sans s’exposer excessivement à la répression, seuls ceux qui agissent, ceux qui se mettent en jeu par l’action communiquent. La vraie innovation est la méthode. L’acronyme devient contre-productif s’il outrepasse le but pour lequel il est né, c’est-à-dire se reconnaître en tant que frères et sœurs qui adoptent une méthode. C’est tout. La pratique est notre feuille de tournesol, c’est dans la pratique que l’on teste l’efficacité de notre instrument. Il faut prendre conscience que l’expérience FAI-FRI, en perpétuelle évolution, nous met face à des transformations soudaines, chaotiques ; il ne faut pas rester déconcertés. L’immobilisme représente la mort, notre force est l’exploration de nouvelles voies. Le futur de cette expérience n’est évidemment pas dans une meilleure structuration, mais dans la tentative, chargée de perspectives, de collaboration entre anarchistes, groupes affinitaires, organisations informelles, sans jamais se contaminer les uns les autres. Les instances de coordination doivent rester à l’intérieur de l’organisation informelle, entre groupes ou noyaux qui la composent, sans en sortir, sans impliquer les autres organisations informelles FAI-FRI et, surtout, les groupes et les anarchistes FAI-FRI qui autrement verraient leur autonomie minée à la base, de même que leur liberté et le sens même de leur agir en dehors des organisations et des coordinations. Ce n’est que comme ça que si des dynamiques autoritaires se produisent à l’intérieur d’un groupe, d’une organisation, elles resteront circonscrites là où elles sont nées, évitant la contagion. Il n’existe pas un tout unique, il n’existe pas une organisation appelée FAI-FRI, il existe des individus, des groupes affinitaires, des organisations informelles toutes bien distinctes, qui communiquent par le biais de l’acronyme FAIFRI, sans jamais rentrer en contact entre elles. Beaucoup a été dit et écrit à propos des dynamiques internes des groupes d’affinités, sur l’organisation informelle et l’action individuelle. Au contraire, la communication entre ces pratiques n’a jamais été explorée, n’a jamais été prise en considération. La FAI-FRI est la tentative de mettre en pratique cette communication, Actions individuelles, groupes d’affinités, organisations font toutes parties de ces instruments qu’historiquement les anarchistes se sont toujours donnés. Chacun de ces instruments a des avantages et des inconvénients. Les groupes d’affinités associent célérité opérative en raison de la connaissance approfondie entre individus et une certaine puissance due à l’union de plusieurs individus. Ses grandes qualités : la liberté de l’individu garantie et une résistance importante à la répression. Qualités dues à aux nombres restreints d’individus et à la grande affection et amitié qui les lient nécessairement. L’organisation, informelle dans notre cas (coordination de plusieurs groupes), garantie une très grande disponibilité des moyens et des forces, mais une vulnérabilité élevée due à la nécessaire coordination (connaissance) entre les groupes ou les noyaux, qu’un premier soit frappé et on risque l’effet « domino », les autres chutent tous.

De mon point de vue, la liberté individuelle s’affrontera forcément aux mécanismes de décisions collectives (« règle » de fonctionnement de l’organisation). Cet aspect représente une réduction drastique de liberté et d’autonomie, réduction insupportable pour un anarchiste individualiste. L’action individuelle garantie une célérité opérative élevée, une imprévisibilité très haute, une très forte résistance à la répression, et par-dessus tout une liberté totale. L’individu ne doit rendre compte à rien ni à personne, sinon à sa propre conscience. Un grand défaut : la potentialité opérative basse, on a sûrement moins de moyens et de possibilités pour mener des coopérations complexes (choses qu’au contraire une organisation informelle, s’il y a de la volonté et de la fermeté, peut faire avec une facilité certaine). Expérimenter l’interaction entre manières de se mouvoir si radicalement différentes, voilà l’innovation, la nouveauté qui peut déconcerter et nous rendre dangereux. Aucun mélange ambiguë, groupes, individus, organisations informelles, ne doivent jamais rentrer en contact direct. A chacun le sien, les hybrides nous affaibliraient. Lié par une méthode davantage que par un acronyme. La FAI-FRI permet d’unir les forces sans se dénaturer les uns les autres. Aucun moralisme ni dogmatisme, chacun échange librement comme il l’entend, ce sera probablement le mélange de tout cela qui fera la différence. Aucune coordination au-delà de l’organisation informelle (car la coordination inclue la connaissance physique entre tous les groupes et les organisations les rendant perméables à la répression), aucune superstructure homologuée, hégémonique, qui écrasent individus ou groupes d’affinités. Ceux qui expérimentent dans leur propre agir l’organisation informelle ne doivent pas imposer leur manière de se mouvoir au-delà d’elle-même, tout comme les individus d’actions et les groupes d’affinités « solitaires » ne doivent pas crier à la trahison de l’idée si des frères et des sœurs agissent en groupes compacts et organisés. Naturellement ce n’est que mon point de vue. Il vaut ce qu’il vaut. Pour finir en beauté je vous dirais que je pisse sur votre code pénal avec insouciance et allégresse. Peu importe ce que vous déciderez pour mon compte, mon destin restera solidement entre mes mains. J’ai les épaules solides, ou au moins j’ai l’illusion de les avoir, et ni votre prison ni votre isolement ne me font peur, je suis prêt à faire face à vos rétorsions, jamais dompté, jamais rendu.

Longue vie à la FAI-FRI

Longue vie aux CCF

Mort à l’État !

Mort à la civilisation !

Vive l’Anarchie !

Alfredo Cospito


Au tribunal de Turin [Déclaration de Gioacchino

Somma]

Aujourd’hui, comme pour toutes les audiences à venir de ce procès dans lequel je suis inculpé avec d’autres de mes sœurs et frères, mais par-dessus tout d’autres compagnons anarchistes, je ne vous donnerai pas la satisfaction de voir mon visage dans la salle de ce tribunal.

Dans le passé je ne me suis jamais présenté dans les salles où on me préparait les funérailles et ce n’est pas maintenant que je le ferai !

Je suis anarchiste, individualiste, anti-autoritaire et par dessus tout je suis pour l’insurrection, dont un des premiers objectifs est celui de détruire les lieux de mort comme celui-ci et les prisons.

Je ne ferais pas partie du petit spectacle monté par un magistrat qui, pris par les crampes de la faim, est devenu salarié d’un État que je ne reconnais pas, étant un citoyen du monde en perpétuelle évasion de ses frontières ; je ne serais pas là pour écouter ses délires et attendre la fin pour écouter quelqu’un me juger « coupable ou innocent ».

Pour n’importe quel État autoritaire je serais toujours « coupable » parce que dans la société que je veux il n’y aura pas d’espaces pour vous, pour vos palais et vos institutions.

Je n’ai aucune envie d’entendre un serviteur de l’État me raconter l’histoire de l’anarchisme, avec pour objectif d’insister sur l’existence de « bons » et de « méchants », juste parce que sa démocratie le lui impose.

Aujourd’hui il demande de nous condamner, demain il sera de nouveau à cours de salaire et demandera à condamner ceux qu’il considère comme les « bons ».

Mais il n’y a qu’une vérité : un anarchiste ne pourra jamais être « bon » pour un État autoritaire.

Autrement je dois penser que durant les années gâchées pour vos foutues diplômes en droit vous n’avez jamais appris les significations des termes que vous utilisez.

Dans un monde où la morale de ses habitants est formée d’un côté par les religions et de l’autre par les chacals de l’ « information » payés par la magistrature ou par les commissariats et les casernes, j’ai trouvé opportun de me trouver un espace sur le web pour la « contre-information ».

Je l’ai fait conscient d’utiliser un moyen à vous.

RadioAzione, dont je suis l’unique fondateur et administrateur, vous a jeté à la figure ce que vous ne voulez jamais entendre.

Votre intention était de laisser démocratiquement cet espace, un bon appât pour attraper les poissons, mais moi je me suis assis dans cet espace et j’ai renversé votre « belle » table.

Si vraiment le site de RadioAzione vous causait des soucis vous pouviez mettre une de vos « belles » censures mais vous ne l’avez pas fait ; peut-être parce que quelqu’un devait écrire des pages et des pages d’actes judiciaires pour gagner des miches de pain pendant quelques années ?

Ou bien parce que pendant six ans vous avez été là pour écouter ou lire mes pensées à travers une foutue key-logger auquel vous avez même donné un nom, « Agent Elena », qui avec ses factures gonflées a donné à manger à un autre serviteur de l’État ?

Mais c’est un autre discours…votre fourberie, qu’il ne m’intéresse pas d’approfondir.

Pour conclure, parce que selon moi je vous ai déjà concédé trop d’espace :

Je revendique le projet RadioAzione comme m’appartenant, à moi uniquement.

Projet sur lequel, depuis qu’il est né jusqu’à ce que je décide de le fermer, j’ai toujours publié mes « réflexions » personnelles et individuelles, ou celles d’autres compagnons dans le monde, que je considère comme affines.

J’ai rendu tout cela lisible à travers le site et écoutable à travers la radio; par là je ne dis pas que j’ai fait les choses “à la lumière du soleil” mais parce que j’étais conscient que, en plus des compagnons, vous étiez aussi là à écouter et à lire, et quand vous n’en pouviez plus vous en êtes même arrivés à saboter ma ligne téléphonique en coupant les câbles.

Ce ne sont pas ces petits jeux de frustrés qui m’irritent mais votre misérable existence !

Dans le passé vous avez essayé par tous les moyens de m’arrêter : prison, contrôles incessants en domiciliaire, services secrets, infiltrés, etc…

Je suis toujours là !

Jamais un pas en arrière !

Contrairement à vous, j’ai donné un sens et un but à mon existence : la destruction totale de l’État !

Je considère le projet Croce Nera Anarchica comme un projet valide mené par des compagnons dont je me sens en affinité, et cela ne m’a causé aucun problème d’organiser la présentation de leur journal à Naples et encore moins de collaborer à travers les traductions ou la mise à jour du site pendant un certain temps.

Ce ne sera pas l’épouvantail inutile de ce procès qui me fera taire, qui me convaincra de ne pas donner de Solidarité, de Complicité et de soutien économique aux compagnons, frères et sœurs, que vous me privez d’avoir à mes côtés aujourd’hui parce qu’ils sont enfermés dans vos camps et dans ceux du monde entier.

Ce ne sera pas l’épouvantail de vos camps qui me fera faire un millimètre en arrière et supprimera la conviction, qui grandit toujours plus en moi années après années, d’être votre ennemi total, ainsi que d’être l’ennemi de votre existant fétide et opulent et de tout État – Capital !

Pour l’anarchie, pour l’insurrection.

Gioacchino Somma

[Reçues par mail]

Mieux vaut prévenir (à propos de prévention des infiltrations policières)

https://nantes.indymedia

« Mieux vaut prévenir… Il est indispensable de développer une intelligence commune autour des pratiques policières d’infiltration, de renseignement et de répression. Sans doute que faire du bruit, les rendre publiques permet déjà d’en limiter l’impact (et pas seulement parce qu’on grille les sources). Mais il faut aussi s’attaquer au terrain qui permet aux flics de manœuvrer relativement facilement.

Quelles prises nos formes collectives d’organisation et de vie offrent-elles déjà aux flics ? Comment au fond la police fonctionne déjà en notre sein, créant une disposition à la collaboration ? Il y a sans doute tout le petit jeu des embrouilles qui n’arrivent pas à s’assumer franchement en désaccords, des rumeurs colportées sur tel ou telle, toute cette machine à produire des identités et des étiquettes bien pratiques quand il s’agit ensuite de les ranger en organigramme… Mais plus essentiellement le problème semble concerner la densité politique des « mouvances » potentiellement ciblées par la police. Autrement dit, ce qui peut permettre de l’empêcher d’opérer préventivement, c’est tout simplement ce qui d’ordinaire doit rendre nos existences et nos initiatives politiques un tant soit peu vivables : un peu moins de défiance et de ressentiment, un peu d’intelligence dans les conflits, un tant soit peu d’intégrité ou de sincérité et surtout une solidarité matérielle et affective qui soit à la hauteur. »

Funny-animals-cats-kung-fu-medium

 

Voici un extrait du texte https://rebellyon.info/Concernant-les-recentes-tentatives-d écrit sur le site d’info alternative Rebellyon.info en 2012. Ce texte est un retour critique de camarades, suite au recrutement d’un indic dans le milieu lyonnais, ou les auteur.e.s se demandent comment les choses auraient pu être mieux faites pour éviter ça. Pour saisir le contexte dans lequel on lieu ces infiltrations policières on peut lire aussi ce texte https://rebellyon.info/22-v-la-la-SDAT ou l’on apprend que cette vague de répression fait suite, entre autre, à la mort d’une militante suite à l’essai d’une bombe artisanale à Chambéry.

Il semble intéressant de ressortir ces textes dans un contexte Grenoblois où le préfet a annoncé qu’il n’y aurait « aucune complaisance avec le milieu anarchiste et libertaire » et où différents médias nationaux commencent à cartographier une « mouvance anarcho-autonome Rhônalpine ». De plus, même si dans certaines interviews du procureur Jean-Yves Coquillat, on apprend que le milieu libertaire est « difficile à infiltrer » (cf. Daubé du du 29/10/2017), cet article de france inter nous apprend, par contre, que l’enquête des services de renseignements se penchant sur la série de sabotage sort désormais du cadre Grenoblois. On pourra dénombrer trois services nationaux sur l’affaire : direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, direction générale de la police nationale et bureau de lutte antiterorriste de la direction générale de la gendarmerie nationale. Voilà pourquoi une analogie peut être faite avec la situation lyonnaise d’il y a 7 ans.

A titre préventif, pour protéger nos réseaux et pour trouver des solutions collectives, je vous invite à lire les textes cités plus haut, en débattre et les divulguer. Pourtant, je ne voudrais pas que cela déclenche chez certain.e.s d’entre nous des accès de paranoïa démesurée les poussant à voir des flics partout autour d’elleux, ce qui serait absurde et aurait l’effet inverse. Les scénarios d’infiltration hollywoodiens occupent tant nos cerveaux qu’on a tendance à oublier les formes très bénignes qui peuvent faire de nous des informateur/trice : parler en garde à vue, véhiculer des ragots et des rumeurs au téléphone, dans des soirées du milieu, dans certains dossiers universitaires et, phénomène nouveau et inquiétant, sur les réseaux sociaux.

Et bien sûr, comme dit plus haut « toute cette machine à produire des identités et des étiquettes bien pratiques quand il s’agit ensuite de les ranger en organigramme »

En espérant entamer là à une réflexion collective sur la protection de nos lieux et de nos vies.

Salutations

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Préparons-leur un hiver ardent !

Déclaration commune d’habitant.es de territoires en lutte face au sommet climat du 12 décembre à Paris

Urgence dans les territoires comme dans la rue !

Habitant.es de zones menacées ou à défendre, nous nous sommes réuni.es à plusieurs reprises pour décréter ensemble un mois d’urgence des luttes de territoire. En effet, le mois de décembre qui approche risque fort de recouvrir un sens particulier pour nous, à au moins deux titres.

D’abord, ce sera l’occasion pour le gouvernement Macron – le 12 décembre – de célébrer les deux ans de la farce tragique que fut la COP21. Nul doute que notre Banquier national se fera une joie de se revendiquer héritier de l’accord sur le climat, et de se poser en champion incontesté de la « croissance verte », à peine un mois après avoir soutenu publiquement un projet destructeur de mine d’or en Guyane, et pris position, par la voix de son ministre, en faveur de l’enfouissement des déchets radioactifs.

De la COP 21, nous retenons pour notre part l’amertume d’avoir vu les principaux responsables du saccage climatique se rassembler impunément fin 2015 et prétendre avoir les solutions à leur propre folie, et la colère d’avoir vu nos manifestations interdites sous couvert d’état d’urgence. Mais nous nous rappelons aussi l’arrivée à Versailles et la joie débordante d’une tracto-vélo venue de Notre-Dame-des-Landes et rendant superflue commune après commune l’application stricte de ce nouveau régime d’exception…

Deux ans plus tard, le souvenir de ces convois venus de l’Ouest, mais aussi de l’Est et du sud-Est est encore bien vivace, d’autant plus que décembre 2017 pourrait bien être un mois charnière dans la lutte contre le projet d’aéroport. Il verra en effet se clore la « médiation » à l’issue de laquelle le gouvernement devrait statuer sur le sort de Notre-Dame-des-Landes. Qui sait, alors, si nous ne devrons pas retourner chercher les bâtons que nous avions plantés symboliquement près de la ferme de Bellevue en octobre 2016 pour, de nouveau, défendre la ZAD ? Qui sait si, en cas d’abandon, Notre-Dame-des-landes ne servira pas à faire mieux accepter une expulsion violente du Bois Lejuc, à Bure, ou de la forêt occupée de Roybon ? Quelque part dans ce champ de possibles, un moment historique se jouera dans tous les cas et nous nous tenons prêt.es à le saisir au vol.

L’heure de la convergence

C’est donc depuis ce double contexte que nous parlons, et que nous prétendons mettre le doigt sur ce qui, au-delà de la singularité de nos luttes, nous tient ensemble et nous anime. Quoi de commun en effet entre un éco-quartier à Dijon, un aéroport à Notre-Dame, une poubelle nucléaire à Bure, un transformateur électrique à Saint-Victor, une usine à pellets sur le plateau de Millevaches, une centrale à Biomasse à Gardanne, des forages miniers en pleine forêt amazonienne, une autoroute à Strasbourg, une autre entre Saint-Étienne et Lyon, une usine à gaz à Landivisiau, des mines en Centre Bretagne, de l’extraction de sable en baie de Lannion, etc. ? Sans doute beaucoup plus qu’il n’y paraît, en réalité.

En bloquant des logiques d’aménagement capitaliste du territoire, nous partageons au moins un certain amour des bocages, des montagnes, des plateaux, des plages, de la mer et des forêts. Nous partageons aussi une volonté de réappropriation de savoir-faire divers et, à travers eux, une intuition de ce que serait une vie plus indépendante des logiques de contrôle et de profit. Enfin, nous avons en commun d’être aux prises avec un certain type de discours écologique institutionnel, tel que celui porté par la COP21 : celui-là même qui maquille l’accumulation énergétique en « transition », qui promeut le nucléaire comme une énergie décarbonée donc « propre », qui verdit grossièrement aéroports et Center Parcs pour les rendre acceptables, qui vend sous les termes de smart et de green une dépossession totale de nos vies par des métropoles devenues intelligentes et connectées.

C’est assez pour nous convaincre de la possibilité d’une déclaration commune et de la nécessité d’un calendrier commun. Et c’est pourquoi nous, habitant.es de divers territoires en lutte, affirmons :

• que nous ne sommes pas dupes des grand-messes environnementales et de leurs commémorations ;

• que nous lutterons partout contre la destruction des terres agricoles et des forêts, que ce soit à la campagne (comme à Bure, à Roybon, à NDDL ou sur le plateau de Millevaches), autour des villes (comme à Strasbourg ou Gonesse) ou dans leur sein même (comme à Dijon) ;

• que le gouvernement ne se débarrassera pas discrètement de la question de NDDL, et que c’est sous notre regard et à portée de nos voix qu’il devra se prononcer ;

• qu’en cas de maintien de l’aéroport, nous sommes encore prêt.es à venir défendre la ZAD depuis nos territoires respectifs ;

• qu’en cas d’abandon, celui-ci ne sera ni la pilule faisant accepter d’autres projets, ni une vitrine sympathique pour l’expulsion violente d’autres zones occupées. Nous appelons à la plus grande vigilance quant à la situation à Bure et à Roybon, tout au long de l’hiver!

Nous nous affirmons donc solidaires les un.es des autres, et prêt.es à nous soutenir mutuellement tout le long du mois de décembre et au-delà!

Calendrier commun des territoires en lutte :

2 décembre : Manifestation à Saint-Afrique contre le transformateur électrique RTE de Saint-Victor-et-Melvieu (plus d’infos : douze.noblogs.org)

6 – 12 décembre : pour la Saint-Nicolas, appel de Bure à une semaine d’actions décentralisées en réaction aux annonces d’Hulot. (plus d’infos : burestop.eu / vmc.camp)

9 décembre : Manifestation sur le plateau de Millevaches contre l’usine à pellets de Carbon Ingen’r Bugeat Viam (CIBV) (contact : biomassecritique@riseup.net)

16 décembre : Fête de la forêt de Roybon (plus d’infos : zadroybon.wordpress.com)

Pour des événements annoncés ultérieurement, il sera possible de consulter tout au long du mois de décembre l’agenda de zad.nadir.org

En parallèle de ce calendrier, d’autres événements organisés par ailleurs: 

8 décembre : Journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (événements à Lyon, Nièvre, Toulouse, le Havre…)

10 décembre : Tribunal des peuples à Paris (plus d’infos : pasuneurodeplus.info)

12 décembre : Actions à l’occasion de l’anniversaire de l’accord de Paris : sommet climatique à l’île Seguin

Signataires :

AVEYRON = L’Amassada (cabane et mouvement de lutte contre le transfo aux mille éoliennes)

BRETAGNE = Grain de sable dans la machine (baie de Lannion) / Collectif Monts d’Arré

BURE = Plein de chouettes hiboux de Bure / Bure Stop 55 / L’EODRA (association d’élus opposés à Cigéo – Bure) / CEDRA (Collectif haut-marnais contre l’enfouissement)

CENTER PARCS = Center Parcs Ni Ici Ni Ailleurs (coordination contre les Center Parcs de Roybon, de Poligny et du Rousset) / Des habitant.es de la forêt de Roybon / comité de rédaction de De Tout Bois (revue de lutte contre le Center Parcs de Roybon) / Assemblée d’opposant.es à Center Parcs (Jura) / Collectif jurassien d’opposant.es à Center Parcs / Collectif Geai du Rousset 71 / Groupe Libertaire 71 / SOS Forêt Franche-Comté

CÉVENNES = Bogues

DIJON = Quartier libre des Lentillères

LYON = Collectif ZAD Lyon

MONTAGNE LIMOUSINE / PLATEAU DE MILLEVACHES = Collectif Biomasse critique

NDDL = Des habitant.es de la zad et opposant.es à l’aéroport de nddl et son monde

SAINT-ETIENNE = Assemblée de lutte contre l’A45… et plus encore

[reçu par mail]

Mort de Durruti : une hypothèse sensée

il y aura 80 ans, mourait Buenaventura Durruti. Après les versions du tireur franquiste dans une zone sans combat, de l’accident grotesque causé par Durruti lui-même, etc. les Gimenologues présentent une hypothèse sérieuse : l’assassinat.

Dans un livre touchant, le marginal révolté qui se croyait anarchiste en 1936, Antoine Gimenez, a raconté sa guerre d’Espagne au sein du Groupe international de la colonne Durruti, un Groupe formé avant les Brigades internationales par les Français Berthomieu, Ridel et Carpentier. Il l’a écrit en 1974-76 et, comme aucun éditeur n’en voulut, le manuscrit fut déposé au Centre international de recherches sur l’anarchisme de Marseille. C’est là que des « doux dingues embéguinés de Gimenez » décidèrent de le publier après avoir accompli un travail de recherche et d’identification des membres de ce Groupe de francs-tireurs appelés à cette époque hijos de la noche. Les éditions Libertalia viennent d’en faire un coffret (les Souvenirs + les Notes issues de la recherche + un CD) à un prix modique (22 €).

 

La guerre de l’italien Antoine Gimenez (son premier nom est Bruno Salvadori) sur le front d’Aragon n’a rien à voir avec la guerre industrielle de 14-18 telle que Maurice Genevoix la raconte avec brio dans Ceux de 14, puisqu’elle est tout en mobilité et en dénuement (les troupes républicaines et en particulier celles des anarchistes n’ont jamais eu les armes nécessaires, ni en quantité ni en qualité), et parce qu’elle s’insère dans le cadre révolutionnaire des combattants : là où Gimenez lutte, se joue aussi un changement d’organisation sociale, et le milicien y apporte sa modeste contribution. Mais parce qu’il a décidé d’écrire sa vie quotidienne, y compris ses aventures sexuelles, parce que son récit n’est pas un chapelet de considérations politiques, de discours théoriques, Gimenez intéresse tout lecteur qui se penche sur son ouvrage, comme l’ont fait les Gimenologues.

 

Cette publication atypique retint notre attention en tant que témoignage personnel et historiquement validé au coeur de la colonne Durruti : Gimenez allait donc compléter nos connaissances sur l’illustre combattant anarchiste. Nous n’avons été déçu ni sur le récit, ni sur le minutieux travail de recherche.

 

 

Ici, nous retenons simplement un point capital. Dans le livre remarquable de Hans Magnus Enzensberger publié en 1972 et titré Le bref été de l’anarchie, qui fit l’objet ici-même d’une note,

http://www.alexandreanizy.com/article-la-vie-de-durruti-recomposee-par-hans-magnus-enzensberger-87572642.html

si les différentes hypothèses relatives à la mort de Durruti le 20 novembre 1936 sont bien présentées et discutées, nous n’étions pas convaincus par celle que privilégiait l’auteur : la mort accidentelle.

 

les-fils-de-la-nuit

Aujourd’hui, en lisant le travail d’investigation des Gimenologues sur ce sujet (nous ne reprendrons pas ici : les témoignages recoupés, l’observation balistique, la description de la veste que portait Durruti, etc.), nous pensons que l’hypothèse communiste qu’ils présentent est la plus probable. Nous vous la donnons sommairement ci-dessous.

 

            « Les pistes les plus sérieuses semblent donc mener à Manzana [NdAA : l’homme de confiance de Durruti, à ses côtés au moment fatidique]. Mais les questions surgissent alors : pourquoi aurait-il agi ainsi, et pour le compte de qui ? (…) Garcia Oliver, dans ses Mémoires, affirme que Largo Caballero accepta, au cours d’une réunion du Conseil supérieur de guerre tenue le 14 novembre, et sur sa proposition, de nommer Durruti à la tête de la Junte de défense de Madrid en remplacement de Miaja (avec pour condition, imposée par Caballero, de garder cette décision secrète pendant 8 jours). Si l’on accepte de croire Garcia Oliver sur ce point (…), on peut se demander si cet accord n’aurait pas fonctionné comme un piège mortel pour Durruti : Miaja, qui était assez fier de sa position et se prenait un peu pour le sauveur de l’Espagne (c’était la raison pour laquelle Caballero voulait le destituer et lui cherchait un remplaçant), n’allait certainement pas se laisser débarquer facilement. On pouvait donc ainsi lui laisser l’initiative, c’est à dire en l’occurrence décider quand et comment se débarrasser de Durruti. Pourquoi ne pas penser alors que Manzana aurait pu obéir à ses supérieurs, le général Miaja et le lieutenant-colonel Rojo, en bon soldat qu’il était (il faut savoir qu’il avait combattu dans le Rif, qu’il avait été plusieurs fois médaillé et que tous ses états de service dans l’armée étaient élogieux [NdAA : Manzana n’a rien du profil anarchiste] ) ? On a déjà émis l’hypothèse qu’il avait obéi à ses supérieurs militaires franquistes, mais a-t-on pensé qu’il a pu obéir à ses supérieurs du camp loyaliste ? Cette hypothèse devrait alors être comprise comme une variante de la piste communiste, qui eut toutes les faveurs auprès des miliciens, puisque aussi bien il était clair à ce moment que Miaja et Rojo étaient en grande partie contrôlés par les communistes et les agents soviétiques, qui profiteront bientôt à outrance de cet ascendant pour placer leurs hommes aux postes clés de l’armée en voie de reconstruction. Si l’on ajoute à cela le fait que Miaja et Rojo étaient membres, avant le 19 juillet 1936, de l’UME (Unión Militar Española) – une organisation secrète au sein de l’armée dont le but était de « dresser le moment venu une barrière capable de sauver l’Espagne du joug communiste » -, et que les communistes le savaient, ce qui constituait pour eux un excellent moyen de pression, on comprend à quel point il était vital pour eux de ne pas laisser entrer le loup Durruti dans la bergerie républicaine. » (dans p.571 à 573)

Monté par le NKVD, ce coup serait suffisamment tordu pour être plausible.

 

Plongez dans le récit d’Antoine Gimenez dans la colonne Durruti, picorez dans les notes biographiques et autres rédigées par les Gimenologues : ce sera une découverte.

médiapart

 

Grenoble : Mais que restera-t-il de cette ville ? [MAJ 23 novembre 2017]

France3 / mardi 21 novembre 2017

C’est un lieu emblématique de Grenoble, la Casemate, qui a été victime dans la nuit de ce lundi 20 au mardi 21 novembre 2017 d’un violent incendie. Le feu a pris peu après 2 heures du matin et a fait d’importants dégâts. La piste criminelle semble privilégiée.


Un violent incendie a dévasté une grande partie des locaux de la Casemate à Grenoble la nuit dernière. Le feu s’est déclaré peu après 2 heures du matin. Les dégâts sont très importants et la Casemate ne pourra sans doute pas rouvrir avant plusieurs mois. La piste criminelle semble privilégiée. Une ou plusieurs personnes se seraient introduites dans le bâtiment juste avant le départ de l’incendie.
Quelques fumées, des vitres explosées, des poutrelles métalliques tordues par la chaleur, une très forte odeur acre, et partout des objets et des meubles calcinés. C’est tout ce qui reste, en ce début de matinée du mardi 21 novembre 2017, des locaux de la Casemate à Grenoble.
L’équipe de direction de la Casemate a été prévenue peu après 2 heures du matin par la société chargée de la surveillance du bâtiment. Une intrusion venait de se produire et peu après un incendie a éclaté. Le feu s’est propagé rapidement. Les pompiers n’ont rien pu sauver à l’intérieur. Heureusement, leur intervention a permis d’éviter la propagation des flammes aux bâtiments voisins.
Pour la direction, l’acte volontaire ne fait aucun doute. La police était sur place peu après 8 heures ce matin pour effectuer les premiers constats.
Toujours selon la direction de la Casemate, les dégâts sont d’ores et déjà estimés à plusieurs millions d’euros. Il faudra sans doute plusieurs mois avant que le bâtiment puisse rouvrir ses portes.

*****

NdAtt. : Casematequoi ? Un lieu de propagande de l’idéologie scientiste et de la technologie.
Selon Wikipedia :  » Le CCSTI de Grenoble, dit « la Casemate » est un centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) situé place Saint-Laurent à Grenoble, en France. Ouvert au public le 4 décembre 1979, il est le second centre culturel scientifique créé en France après le Palais de la découverte.  »

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Le Parquet et le cauchemar des anarchistes…

France3 / mercredi 22 novembre 2017

La liste des incendies non élucidés dans l’agglomération de Grenoble s’est donc allongée avec le feu qui a dévasté la Casemate. Le centre culturel scientifique, lieu emblématique de la capitale des Alpes, a été visé par des incendiaires ce mardi 21 novembre 2017. Pour Jean-Yves Coquillat [sa sale gueule, encore une fois, ci-contre; NdAtt.], procureur de la République de Grenoble, comme pour plusieurs des incendies de ces dernières semaines, la piste des « anarchistes » semble privilégiée.

Si l’incendie de la Casemate n’a pas encore été revendiqué « il ressemble beaucoup aux incendies qui ont été commis ces derniers temps par les anarchistes » estime le Procureur de Grenoble qui a accordé une interview à une équipe de France 3 ce mercredi 22 novembre 2017. Jean-Yves Coquillat cite « le professionnalisme avec lequel on a pénétré dans les lieux », « la découpe du grillage par lequel ils sont rentrés, en passant par les toits ».

L’agglomération de Grenoble a été touchée par une série d’incendies toujours non élucidés à ce jour. Il y a eu l’incendie de la caserne Offner, rue Léon Blum à Grenoble le 21 septembre dernier et puis celui de la gendarmerie de Meylan dans la nuit du 25 au 26 octobre. […]

Pour la Casemate et les gendarmeries, mais aussi pour les voitures brûlées d’Enedis, « l’acte politique » ne ferait donc guère de doute pour Jean-Yves Coquillat même si aucun responsable n’a pour l’instant été identifié. Le procureur de Grenoble se dit inquiet : « ces incendies se rapprochent dans le temps » et « l’activité des incendiaires est de plus en plus importante ». Et de conclure : « Heureusement, il n’y a pas eu de mort, mais on risque d’aboutir à un drame ».

attaque.noblogs..org

lire aussi :Grenoble, France : Le pôle de la technoscience part en fumée

Fleury-Mérogis, France : Krem condamné à trois semaines de mitard [+ Balade autour de la taule en solidarité]

Dans l’affaire de l’incendie de la voiturede flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention. L’une d’elles, Kara a été libérée mardi 14 novembre. L’autre, toujours détenu a été placé depuis samedi au Quartier Disciplinaire (mitard) de Fleury-Mérogis.

Samedi 18 novembre au matin, des matons entrent dans sa cellule. Ils lui demandent de faire son paquetage pour changer d’étage alors qu’il s’entendait bien avec son co-détenu, venait d’avoir accès au sport et finissait seulement de récurer la cellule dégueulasse dans laquelle il était arrivé quelques jours auparavant. Déménager aurait donc signifié tout recommencer à zéro. Ce qu’il refuse. Il est alors emmené de force par plusieurs matons jusqu’au mitard. Ce lundi, il a été présenté devant la commission de discipline. Accusé de « violences physiques à l’encontre d’un membre du personnel », de « refus de se soumettre à une mesure de sécurité », il a été condamné à 20 jours de mitard, dont 6 avec sursis.

Le mitard, c’est l’isolement complet, une seule heure de promenade par jour, un seul parloir par semaine, plus de possibilité de cantiner, et plus aucune activité. Tout ça dans une cellule avec une simple paillasse et des chiottes scellées au sol.
14 jours de prison dans la prison.

Ils tentent de contenir la colère, et de nous faire plier par la répression.
Opposons leur notre solidarité et notre combativité !

[Publié sur indymedia nantes, mardi 21 novembre 2017]


Petite rando du dimanche, autour de la prison de Fleury-Mérogis !

On s’était dit rendez-vous dans deux mois pour remettre ça mais en journée cette fois. Nous étions une trentaine, ce dimanche 19 novembre sur le lieu de rencard, déter’ à nous approcher de la Maison d’Arrêt des Hommes de Fleury.

Après une rapide caravane de voitures, nous nous rassemblons. Bien que repéré.e.s par les keufs, nous pénétrons dans la forêt et nous nous approchons du bâtiment. Nous n’hésitons pas longtemps avant de franchir l’orée du bois qui débouche sur la pelouse bordant le chemin de ronde. Là, aux cris de liberté nous brisons le silence pesant de la taule. Des pétards sont jetés pour alerter les prisonniers de notre présence. Les flics, hébétés, comme si leur seule présence troublerait notre détermination, ne savent que faire et se disposent bêtement devant le grillage et le mur afin de contenir en vain cet assaut… de slogans !
« Liberté pour tous et toutes », « So-so-so-solidarité avec les prisonniers ! », « Crève la taule ! », « les prisons en feu, les matons au milieu ».
Des prises de parole nous permettent d’adresser notre solidarité notamment aux frères d’Adama Traoré, assassiné par les flics en juillet 2016. Nous demandons aux détenus de faire savoir à Krem que nous sommes passés. En effet, au moment de ce parloir sauvage nous le savions relégué au mitard [cf ci-dessus, NdSAD] et nous n’étions pas sûrs qu’il nous entende.
Les nombreuses réponses de détenus s’organisent aux cris de « 1, 2, 3, liberté pour Kara », « wesh la famille »… On assiste presque à une « tentative d’évasion », à coup de bris de fenêtre que nous encourageons aux cris de « pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons » ! D’autres sortent un drapeau confectionné à partir de draps pour répondre à cet échange.
Nous décidons de repartir en promettant de revenir parce qu’on est relou.e.s et déter’ et aussi parce que trois de nos copines sont enfermées à la MAF depuis le jeudi 16 novembre dernier.

Les cris des prisonniers et le dawa dans la taule nous accompagnent pendant la balade de retour jusqu’aux voitures, où des gendarmes nous attendent armés de tablets pour se donner l’impression de prendre la situation en main, mais rien n’y fait, nous étions garés de manière réglementaire !

Bien que l’État construise les prisons loin des centres-ville dans le but d’accentuer l’isolement des détenu.e.s et de compliquer les visites des proches on peut toujours s’en approcher avec, certes, de bonnes chaussures étanches et un peu de motivation ! Comme une tentative de multiplier les ponts entre l’intérieur et l’extérieur…

A la prochaine…

[Publié sur indymedia nantes, mercredi 22 novembre 2017]

Sans attendre demain

Paris : Restons inorientables et ingérables !

De la maternelle à l’université, jusqu’au tombeau, l’école cherche à nous adapter à ce monde, à nous faire accepter la place qui nous y est réservée, à nous caser là où on sera le plus rentable. Cet objectif, on voudrait nous le faire intégrer sous le nom de réussite. Et pour qu’on réussisse, on nous oriente. Pour ne pas perdre de temps et d’argent, on nous sélectionne et on veille à nous éviter l’échec et le redoublement. L’État et ses algorithmes savent ce qui est bon pour nous. C’est bien ça la réforme des universités : faire passer sans douleur un pas de plus dans la bonne gestion du matériel humain que constitue une « population » à mettre au travail et à domestiquer, en rentabilisant tous les moments de la vie. ça s’appelle aussi « valoriser les compétences de la maternelle à l’insertion dans le monde du travail » (comme l’indique le Livret de compétences).

 

Contre cette logique, depuis le mouvement contre la loi Devaquet en 1986, divers mouvements lycéens et étudiants ont eu lieu, qui ont été sans doute les plus vivants de ces dernières décennies. Des formes de refus et de révoltes se manifestent au quotidien de manière diffuse dans le contexte tendu où l’état d’urgence a été inscrit dans le droit commun.

Aujourd’hui on voudrait tous croire qu’il va se passer quelque chose. Les gauchistes s’agitent, les syndicats étudiants se mettent en ordre pour une bataille qu’ils s’apprêtent encore une fois à ne pas mener. D’autres commencent à nous seriner que l’insurrection vient en nous faisant croire que l’insurrection, c’est affronter la police deux fois par semaine dans des rituels vains.
Soyons à la hauteur de la situation. Ne nous laissons pas orienter, gérer, que ce soit par l’État, par les syndicats ou par les vendeurs de soupe insurrectionnelle.
Comprendre enfin que ce qu’il se passe autour de ces questions concerne tout le monde, qu’on soit à l’école ou pas.
Cesser de valider les catégories qui nous étouffent et ont perdu leur sens depuis longtemps (comme la séparation absurde entre étudiants, travailleurs, chômeurs, précaires…).
Ne pas s’en tenir à un affrontement spectaculaire et ritualisé avec la police.
Puiser dans le mouvement qui va peut-être commencer de quoi dépasser tout ça et rendre effectif notre refus commun de ce monde.
Voilà ce qu’on propose de discuter le 23 novembre.

Restons inorientables et ingérables !

Jeudi 23 novembre 2017 à 19h aux Fleurs Arctiques, une bibliothèque pour la révolution, Paris 19e.

[Repris du blog des Fleurs Arctiques.]

titre documents joints

 

Valence [Drôme] Il y a 70 ans, le 4 décembre 1947, Les enjeux de la mémoire…..

A valence ,aux alentour du 22 novembre 1947 , la CGT avait décidé de déposer dans tous les bureaux, usines et chantiers, une demande d’augmentation de salaire de 25 % pour répondre à l’inflation. Les travailleurs sont également consultés en vue d’une grève. Le 24, le socialiste jules Moch est nommé ministre de l’intérieur.Il a été député de la Drôme de 1928 à 1936.On compte sur lui pour écraser la grève sans état d’âme.

Les cheminots ouvrent le bal le 25 novembre. L’intervention des forces de l’ordre pour forcer un départ de train ramène les métallurgistes dans la bataille;ils entrent en grève, rapidement suivi par les ouvriers du bois et du textile, tous solidaires des cheminots : la gare occupée va devenir l’épicentre du conflit.Outre valence c’est l’ensemble de la Drôme qui est rentrée dans la grève

Le 4 décembre en début d’après-midi, 2000 grévistes partent en manifestation et convergent vers la gare, évacuée dans la matinée par la police qui les attend de pied ferme.

« Les manifestants furent accueillis par la gendarmerie, la police et l’armée de l’air qui les reçurent à coup de grenades lacrymogènes. devant une telle réception[ils]] brisèrent les cordons de police, pénétrèrent dans la cour de la gare par la  »petite vitesse  », tandis que la police se repliait à travers les quais. Voyant l’attitude résolue des grévistes,Duperrier, préfet criminel, donna l’ordre de tirer sur le foule »

( Le travailleur transalpin, 5 décembre 1947)

 » Jules Moch  a demandé l’intervention d’une compagnie de CRS de Pierrelatte.
Dans le même temps, un détachement de l’armée venu de la caserne Baquet de Valence a été dépêché pour faire évacuer la gare, devenue noire de monde. » témoignage d’ Albert Thivolle

« Au cours de la lutte, il y eut trois mort et 14 blessés graves du côté des manifestants, tous touchés par balles de 7, 65(pistolets automatique ou pistolet mitrailleur MAS. »

Joseph Chaléat, métallurgiste, Henri Justet, ouvrier du bâtiment et Raymond Penel, cheminot, sont ainsi les premières victimes du triste règne de jules Moch et du gouvernement Shuman.

La bataille est rude : la foule est déchaînée à cause des victimes. Elle s’empare de deux officiers de police, Tardieu et Terrasse.ils sont désarmés et interrogés.. une délégation s’achemine ensuite vers la préfecture , où un député communiste présente le revolver de Tardieu en l’accompagnant de ces mots :  »voilà une arme qui a tué un ouvrier »..

le 7 décembre un cortège de 20000 personnes accompagnent Justet et Penel. Le 8 décembre , ce sont prés de 8000 personnes qui assisteront à l’enterrement de joseph Chaléat.

Ce même jour, à Marseille où le mouvement s’est aussi étendu, Silvain Bettini sera mortellement blessé.

On publiera prochainement  l’histoire de  cet homme tué par la police  à Marseille

ce texte a été publié das le livre « 100 portraits contre l’état policier »

Hambourg, Allemagne : Incendie du parc automobile d’une agence de sécurité en solidarité

Le sabotage est le moyen adapté pour détruire la façade de l’autorité. Là où les agences de gardiennage sont occupées à assurer eux-mêmes leur sécurité et retrouvent ensuite leurs outils de travail en ruines, leur pouvoir est remis en question de manière visible et nous encourage à continuer à enfreindre les règles.

C’est comme ce qui se passe en Suisse avec le constructeur Implenia, qui paye son implication dans un projet de taule par des incendies de ses engins de chantier. Comme ça se passe aussi pour VINCI, SPIE ou EIFFAGE pour les liens que ces entreprises entretiennent avec la répression.

Le 13 novembre à Hambourg, le parc automobile de « Sicherheit Nord » à Barmbeck est détruit par les flammes, car nous avons mis le feu à plusieurs véhicules. Dans dix Länder [1], « Sicherheit Nord » a des partenariats avec les flics, surveille la base de l’OTAN à Lünebourg, les ambassades, les installations où les réfugiés sont enfermés et les magasins dans les quartiers qui paraissent peu sûrs pour les dominants.

Cette action et ce texte sont pour nous. Pour les milliers qui ont rendu possible les émeutes à Hambourg. Pour les prisonniers. Pour les personnes visées par l’opération Scripta Manent en Italie. Un feu en solidarité avec la grève de la faim de Nikos Maziotis et Pola Roupa, un salut à Konstantino G., arrêté pour l’envoi d’un colis piégé et son appartenance à la CCF. Liberté pour Lisa, [incarcérée] pour braquage de banque à Aachen !

Nous encourageons la lutte combative contre l’État à tous les niveaux. La répression ne pourra pas nous arrêter !

Pour l’anarchie !

Des groupes autonomes.

[Traduit par sans attendre demain de l’allemand de chronik]

NdT:

[1] On peut les comparer aux régions françaises, même si les Länder ont plus de poids et de pouvoir décisionnel. L’État allemand en compte 16 au total.