Monthly Archives: octobre 2018

Réflexions préliminaires sur la guerre au Viêt Nam

 

Par Ngô Van (avril 1968)

 

non – fides.infos

lundi 22 octobre 2018

 

Depuis l’offensive du Têt, l’agitation mystificatrice de la propagande n’a cessé de s’intensifier. À quelque dix mille kilomètres d’ici, le jeu de massacre continue et journaux et télévision du monde entier se repaissent quotidiennement des images à sensation d’un insupportable carnage devenu pourtant habituel. Une intoxication à double sens aide à mourir ou à voir mourir lorsque l’enlisement quotidien n’a pas tout à fait endormi la sensibilité.

De jeunes Américains vont pourrir dans les rizières et sur les collines du Viêt-nam sous les roquettes russes ou chinoises pour défendre le « monde libre » du dollar et des bases militaires du Pacifique ; de jeunes Vietnamiens sont envoyés à la boucherie bon gré mal gré dans un camp ou dans l’autre pour l’« indépendance nationale », la « libération nationale », le « socialisme », etc. Un jour, le massacre s’arrêtera de par la volonté de « paix » des maîtres des États, les survivants reprendront le chemin des usines, des bureaux et des fermes d’Amérique ; les gueules cassées, les sans bras, les sans jambes traîneront leur reste d’existence décorée. Là-bas, les « héros de la résistance », paysans et ouvriers du Viêt-nam, retourneront dans les rizières ou seront jetés dans les usines de la nouvelle industrialisation ; ils auront bientôt perdu ce qu’ils ont pu avoir d’illusions. Ni le régime capitaliste à l’américaine ni le capitalisme d’État de Hô Chi Minh ne mettra fin à leur situation d’exploités soumis à une dictature policière et si les bourgeois et les propriétaires fonciers sont chassés, c’est la bureaucratie qui perpétuera l’exploitation, avec davantage d’efficacité.

La guerre du Viêt-nam fait partie de la guerre permanente qui, dans la société actuelle, met aux prises deux blocs capitalistes ; aujourd’hui comme hier, la domination du monde est l’enjeu de cette lutte et, quant à son fond, elle ne diffère pas des guerres de 14-18 et de 39-45. Ce qui en voile l’aspect fondamental, c’est qu’elle absorbe et utilise la révolte paysanne anti-impérialiste qui a surgi au Viêt-nam comme dans d’autres points d’effondrement de la structure coloniale à l’issue de la dernière guerre mondiale. Ces « guerres de paysans » ont porté au pouvoir, avec l’assentiment direct ou indirect des grandes puissances, des partis – nationalistes bourgeois ou communistes – qui se sont érigés en bureaucratie dominante, transformant les révoltés de la terre en troupes hiérarchisées dont le combat profite, en fin de compte, à l’un ou l’autre bloc. Ainsi, en l’absence d’un affrontement direct, les guerres dites de libération nationale permettent à ces deux puissances rivales de mesurer leur force dans le cadre de la guerre froide, la constitution de nouveaux États nationaux ne signifiant qu’un changement dans la forme d’exploitation.

Menant une politique de coexistence avec les Russes et leurs satellites, les Américains acceptent tacitement que ceux-ci neutralisent l’influence des Chinois en faisant parvenir à doses calculées, des armes à Hô Chi Minh et au FNL [1], et les Russes n’ont rien à craindre de la prolongation d’une guerre qui saigne l’Amérique de façon continue. La Chine, puissance en puissance, trouve également son compte dans ce charnier : point de fixation des charognards, il lui laisse le temps de mettre au point son armement atomique et de se préparer à entrer dans la mêlée du Sud-Est asiatique.
Pour ce qui est de la classe ouvrière, son existence n’étant pas directement menacée, elle demeure indifférente à la volonté destructrice de ses maîtres. Il est tragique mais non dépourvu d’enseignement de se rappeler que durant les deux dernières guerres mondiales le monde ouvrier, comme les autres, a, dans sa majorité, marché dans chaque camp derrière le drapeau de ses propres exploiteurs en dépit de la lutte héroïque d’une poignée d’ouvriers et d’intellectuels révolutionnaires.

Aux États-Unis, le mouvement anti-guerre des étudiants, des intellectuels et des hippies, pour intéressant qu’il soit, est impuissant dans son opposition active, en l’absence de réactions ouvrières ; quant aux syndicats américains, ils sont les complices de la politique de Johnson.

Ici, les intellectuels participent à la mystification du camp dit communiste. Ce n’est pas la guerre en elle-même que les Sartre-Russel condamnent quand ils plagient le tribunal de Nuremberg pour dénoncer l’« agression » et les « crimes de guerre » américains : se refusant à s’interroger sur le contenu social d’un conflit qui n’a rien de libérateur pour les ouvriers et les paysans, et qui ne peut aboutir qu’à un simple changement de maîtres, ils adoptent le jargon juridique en vogue depuis la dernière guerre et lui donnent un nouveau poids au lieu de le dénoncer comme un mensonge. Nous ne voyons que des dupes dans les esclaves envoyés à la mort et victimes de la barbarie des deux camps ; quel sens ont pour eux les mots « agression » et « crimes de guerre » quand la paix et la guerre sont décidées par leurs maîtres au-delà de leur volonté. Faut-il penser que ces messieurs, qui appellent les autres à la résistance jusqu’à l’extermination totale, seraient satisfaits si la guerre se faisait avec des baïonnettes et des mousquetons au lieu de napalm, des bombes à billes et des gaz, si les nappes de bombes des B52 ne touchaient que les combattants au lieu de raser les villages et de déchiqueter les femmes et les enfants ?

Chacun est sensible à l’image répandue par la propagande de gauche orchestrée par les staliniens : le Nord sous les traits de David terrassant Goliath ; chacun est révolté par les destructions, chacun compatit aux souffrances d’une population atrocement éprouvée depuis 28 ans ; cet chacun d’applaudir naïvement l’héroïsme des combattants sans se rendre compte que l’héroïsme guerrier peut recouvrir tous les esclavages, servir tous les desseins et appartenir à tous les despotismes. De là une tendance générale à penser que la victoire de Hô Chi Minh et du FNL sur l’Amérique ramènerait une paix « équitable » dans le monde. Devant le sentiment populaire, le PC n’est pas demeuré en reste, surtout après les derniers, événements ; Waldeck Rochet à Hanoï ne s’est pas écarté de la ligne russe, ce qui ne va pas sans servir la politique de De Gaulle.

Pour arrêter cette tuerie et rendre impossible de nouveaux génocides, la seule voie réellement efficace c’est une prise de conscience des ouvriers du monde. La lutte contre la guerre doit venir des ouvriers des États-Unis, des ouvriers et des paysans du Viêt-nam et faire partie intégrante de la lutte émancipatrice contre le capital, qu’il soit « démocratique » ou « communiste ». Il est triste de constater qu’une telle perspective ne se dessine pas mais rien ne doit nous empêcher de lutter contre la mystification qui tend à voiler le vrai visage de cette guerre dont les victimes sont toujours les ouvriers et les paysans.

Ngô Van, avril 1968,
In Cahier de discussion pour le Socialisme des conseils, n° 8 avril 1968.

 

[zad-chambarans] soirée projection – contre les éoliennes industrielles

Samedi 3 novembre, RDV à la Marquise pour une nouvelle soirée
pizza-proj’!

Ce soir-là, au menu: soutien à la lutte contre les éoliennes
industrielles et le méga transformateur à l’Amassade,
Saint-Victor-et-Melvieu, dans le Sud Aveyron.

Pizzas à partir de 19h

20h30: projection de Pas Res Nos Arresta, film sur la lutte de
l’Amassade

Suivi d’une discussion sur l’actualité de la lutte

A bientôt dans les bois!

Des bus depuis Marseille et Valence pour le procès des 3+4

Jeudi 8 novembre 8h30, tout.es à Gap pour faire le procès de frontières ! Relaxe pour les 3+4 de Briançon ! Départ en bus Marseille-Gap PRIX LIBRE : pour s’inscrire, envoyez un mail à mars3plus4debriancon@riseup.net ou appelez 07 58 84 68 75

 

Pour Valence :

Les horaires de départ et de retour sont :

04h00 : départ de Valence- Polygone 04h50 : départ de Crest (lieu à fixer) 05h45 : départ de Die (lieu à fixer) 08h00 : arrivée à Gap – tribunal ——-

17h00 : départ de Gap 19h00 : arrivée à Die 19h55 : arrivée à Crest 20h45 : arrivée à Valence ——

Le PAF suivant devis de la société de transport est de 12 € / personne AR pour 57 personnes. Le prix reste libre et conscient, que chacun.e puisse participer suivant ses moyens.

La réservation ne sera effective qu’à réception du chèque libellé à l’ordre de CNT STP 26 avec rappel du pseudo utilisé et la mention  » 3+4  » Briançon à envoyer à l’adresse suivante : CNT STP 26 – 17, Av. Gal de Gaulle – 26200 MONTELIMAR et à envoyer avant le 02/11/18

Pas de répit pour ceux qui enferment et torturent !

Lille : Le véhicule des matons pris pour cible

Source : La rue ou rien

Actu Pénitentiaire / mardi 23 octobre 2018Ce vendredi 19 octobre 2018, vers 17h00 un véhicule pénitentiaire a été pris pour cibles.
Le véhicule effectué le trajet retour du tribunal de grande instance de Lille vers le centre pénitentiaire de Sequedin. Au niveau du pont du CHR de Lille, deux tirs de paintball sont venu percuter le véhicule pénitentiaire.
Il sera remarqué par les forces de l’ordre lors du dépôt de plainte que les tireurs avaient une réelle précision de tir. Leur volonté de nuire aux personnels était clairement perceptible.

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Prison de Strasbourg : Deux matons à l’hosto

Le Parisien / vendredi 26 octobre 2018

Selon les syndicats pénitentiaires, il y a eu quatre prises d’otages à la prison de Strasbourg en dix ans. Si la tentative de jeudi a échoué, « cela aurait pu être bien plus grave », assure auprès de France Bleu Alsace Christophe Schmitt, secrétaire interrégional de FO. Plus tôt dans la journée, vers 13h15, un détenu a en effet immobilisé une surveillante, en tentant même de l’étrangler avant qu’un collègue ne s’interpose et ne soit lui aussi blessé.
Selon la radio, la surveillante était venue chercher un détenu pour l’accompagner au parloir tandis que trois autres personnes se trouvaient dans cette cellule. Mais l’homme qui devait être amené pour une visite a tenté de passer en force, muni d’une arme blanche artisanale. Un coup visiblement préparé.
En entendant l’altercation et sa collègue en difficulté, un autre surveillant a alors activé l’alarme puis s’est rendu dans la cellule. Lui-même y a alors reçu des coups de lame au niveau du torse, du front et des bras. Il aura fallu l’arrivée d’une équipe d’intervention pour maîtriser l’individu, connu pour d’autres faits de violences.
Toujours selon la radio, l’homme a été placé en quartier disciplinaire et devrait être rapidement jugé en comparution immédiate. L’Union interrégionale des syndicats pénitentiaires FO dénonce « un fait grave qui aurait pu coûter la vie à une surveillante », également blessée à la poitrine et au bras. Les deux gardiens ont été hospitalisés et les médecins ont dû leur faire plusieurs points de suture.

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Prison de Bapaume (Pas-de-Calais) : Elle se venge sur ses bourreaux

La Voix du Nord / mercredi 24 octobre 2018

Une nouvelle agression a eu lieu ce mercredi matin au centre de détention de Bapaume contre trois surveillants pénitentiaires, dans le quartier des femmes.
Une détenue aurait « violemment agressé » une surveillante, alors que celle-ci lui remettait une notification, dénonce Régis Wallet, représentant du syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS). La surveillante serait tombée au sol et ses deux collègues masculins auraient été mordu pour l’un et possiblement blessé au poignet pour l’autre en maîtrisant la prisonnière.
Tous trois ont été conduits à l’hôpital d’Arras pour passer des examens. « Le protocole a été bien suivi (par la direction), la détenue a été placée automatiquement en quartier disciplinaire », apprécie le délégué syndical, qui demande toutefois le transfert de cette dernière dans un autre établissement. Cette détenue aurait déjà été envoyée à l’isolement, suite à des menaces proférées contre le personnel. Et a été jugée récemment pour des faits de violence. Le parquet d’Arras confirme cette agression.
Début août, trois détenus avaient déjà mis le feu à des couvertures pour exiger un transfert. […]

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Orne : Ça chauffe dans les taules

Tendance Ouest / lundi 22 octobre 2018

Il s’est barricadé vendredi 19 octobre 2018 avec frigo, table, armoire métallique : un détenu du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon (Orne) était armé de morceaux de bois, taillés en pointe. L’équipe d’intervention des surveillants a finalement réussi à le maîtriser sans, qu’heureusement, personne ne soit blessé. Le détenu a été placé en quartier disciplinaire.

Un autre incident a eu lieu vendredi 19 octobre 2018, mais au centre de détention d’Argentan-Coulandon (Orne), une bagarre a éclaté au moment de la distribution du repas du soir. La veille, trois surveillants y avaient été agressés par un détenu.

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Prison d’Argentan : Six contre un, mais il tient bon

Actu Pénitentiaire / lundi 22 octobre 2018

Une agression s’est déroulée au centre de détention d’Argentan. Un détenu refusait de regagner sa cellule suite à sa promenade dans la cour de la prison. Six surveillants devront aller le chercher de force, mais le détenu ne se laissera pas faire et deviendra violent. Trois surveillants seront blessés et recevront 10 jours d’ITT avec une morsure au ventre pour l’un d’entre eux. Le détenu était porteur d’une lame de rasoir et d’un pic de confection artisanale.

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Prison de Fleury-Mérogis : Les prisonniers ne se laissent pas faire

Actu Pénitentiaire / vendredi 26 octobre 2018

La remontée des promenades a été agitée ce mardi à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.
Un surveillant va demander à deux détenus bruyants de vouloir se calmer, l’un des détenus ne va pas apprécier et va asséner un coup de tête au fonctionnaire. Le deuxième détenu va lui, bousculer un autre agent. Plusieurs collègues des surveillants vont venir leur porter assistance et les individus seront maîtrisés et placés au quartier disciplinaire de l’établissement. […]

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Prison de Draguignan : Trois d’un coup !

Actu Pénitentiaire / dimanche 21 octobre 2018

Trois surveillants de la maison d’arrêt de Draguignan ont terminé leur service à l’hôpital hier soir.
Alors qu’il réintègre les promenades, le chef de bâtiment va demander à un détenu d’éteindre sa cigarette car il est interdit de fumer dans les lieux à usage collectif. C’est à ce moment que le détenu assène un violent coup de poing au visage du fonctionnaire. D’autre surveillants venus en renforts vont, non sans mal, maîtriser l’individu et le placer au quartier disciplinaire. Deux autres agents seront blessés pendant l’intervention, les trois seront évacués par les sapeurs-pompiers vers l’hôpital. […]

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Prison de Nantes-Carquefou : Le maton pris de court

Actu Pénitentiaire / samedi 20 octobre 2018

Un surveillant de la maison d’arrêt de Nantes s’est fait agresser par un détenu de la prison. Alors que le surveillant demande à un détenu de ne pas stagner à un endroit de la détention et de regagner son étage, ce dernier va d’abord s’exécuter puis va faire demi-tour et va, sans raisons apparentes, s’en prendre au fonctionnaire en lui assénant de multiples coups au visage. Celui-ci surpris par la violence de l’attaque ne va pas pouvoir déclencher son alarme. Fort heureusement, un de ses collègues en poste non loin de l’altercation, va lui, déclencher son alarme. Les renforts vont rapidement intervenir et maîtriser le détenu. Le surveillant s’en sort avec des hématomes au visage ainsi que des griffures, il a été surtout trés choqué psychologiquement.

rassemblement dans la forêt à saint- Bonnet-Tronçais

Bonjour,

 

Comme nous pouvions vous l’annoncer précédemment, les 4 parcours de la Marche pour la forêt organisée par les personnels de l’ONF convergeaient dans la forêt du Tronçais. Cette Marche se termine aujourd’hui 24 octobre.

 

Demain, le 25 octobre aura lieu de 9h à 17h à Saint-Bonnet-Tronçais un grand rassemblement avec des conférences-débats, une expo photo, du théâtre, de la danse, du débardage à cheval, des visites en forêt. Vous trouverez en lien le programme de ce rassemblement : https://marche-pour-la-foret.webnode.fr/rassemblement-programme/

 

La coordination Center Parcs ni ici ni ailleurs (la NINA) sera présente à ce rassemblement et proposera une table de presse où l’on pourra notamment se procurer la revue De tout bois, des bouquins, des T-shirts, etc. et sa dernière publication concernant les zones humides que nous vous recommandons de lire et que vous pouvez retrouver en lien ici :

 

https://zadroybon.files.wordpress.com/2018/10/zone-humide_v-web1.pdf

 

 

 

Concernant, le mouvement contre la marchandisation des forêts que des salariés de l’ONF ont lancé avec cette marche pour la forêt et ce rassemblement à Saint-Bonnet-Tronçais auxquels la NINA s’est associé, nous vous proposons vivement l’article publié dans Bastamag et que vous trouverez en lien ici :

 

 

 

https://www.bastamag.net/Les-salaries-de-l-ONF-veulent-lancer-un-mouvement-contre-la-marchandisation-des

 

 

 

Merci de faire suivre,

 

 

 

Henri Mora

Brochure:Le problème du vol : Clément Duval

Télécharger la brochure Le problème du vol : Clément Duval en PDF.

Tout pris en considération, le besoin d’argent pour vivre, que nous avons tous, peut être résolu de deux manières : soit en travaillant, soit en volant. Et il faut choisir.

Il n’y a pas de doute qu’on fait un choix respectable si on choisit la voie du travail. Celui qui se vend, le fait toujours avec les meilleures intentions du monde. Pour sa survie, la survie de ses enfants, de sa famille. Et c’est sur ce socle incontestable que se construit, petit à petit, toute la structure sociale de contrôle et de répression. Les besoins primaires produisent les secondaires, du besoin de pain on passe au besoin de prestige social, de reconnaissance de sa capacité par d’autres, d’être quelqu’un. Une maison, une voiture, des vacances, des voyages, des bijoux. De petites choses, certes.

Le travailleur produit l’exploitation et l’exploitation reproduit le travailleur.

Villejuif, France : La caméra haute-technologie n’identifiera plus !

Vendredi 19 octobre à Villejuif (Val-de-Marne), la caméra à reconnaissance faciale installée face au stade Gabriel-Thibault, perchée à plus de huit mètres, a disparu. Le mât sur lequel elle était accrochée a été abattu à la disqueuse.

Ce petit bijou de la technologie de surveillance, installé rue Séverine, juste en face de l’avenue de Gournay, était capable, avec ces « yeux électroniques », d’identifier des personnes à plusieurs dizaines de mètres. Ca fera toujours une caméra dernier cri en moins dans l’arsenal du contrôle et de la surveillance !

[Reformulé de la presse]

Grenoble:Discussion et concert à la baf

Le 02/11 à 19h à la baf, bouffe vegan, discussion puis concerts à partir de 19h

* Discussion sur la gentrification et l’impact du tourisme à Vallcarca et à la Salud avec des habitants de ces deux quartiers de Barcelone.
* Veneno, punk hxc de Barcelone
* PAK, weirdo jazz noise de NYC
* Idiot Saint Crazy Orchestra, rock post expé de Dunkerque

Prix libre
Rdv à 19h
La baf
2 chemin des alpins / Grenoble

La baf, kesako ?

Nous sommes un lieu associatif, qui se veut convivial et autogéré.

Nous souhaitons construire des alternatives pour rompre avec le capitalisme et nous émanciper des relations entre individu⋅e⋅s que ce système engendre. Nous voulons nous organiser pour tisser des liens et créer des solidarités, lutter pour une transformation sociale radicale et contre toutes les formes d’exclusion et d’oppression.

Nous revendiquons une autonomie politique, morale et financière vis-à-vis des partis politiques, des syndicats et des institutions. Nous fonctionnons donc sans subvention ni sponsor, l’autofinancement garantissant notre indépendance. Toutefois, il n’y a pas de lien entre l’investissement financier personnel et la place dans le projet.

Nous proposons diverses activités créatives, culturelles et sociales en mettant en avant les personnes et en remettant en cause les rôles d’artiste, d’expert⋅e et de professionnel-le.

Nous nous inscrivons dans une démarche amatrice et nous ne voulons pas faire de profit. Ces pratiques politiques s’inscrivent dans notre quotidien, c’est ce que certain-es appellent le DIY (« Do It Yourself » = fais-le toi-même).

Nous souhaitons être un lieu ouvert et populaire en pratiquant des prix bas, libres autant que possible, et en proposant des activités variées et accessible. Par « ouvert », nous entendons être ouvert et à toute personne curieuse du projet et intéressée par les valeurs et les pratiques qu’il véhicule. D’ailleurs la cuisine du lieu est végétarienne sinon vegan (sans produit d’origine animale) pour que chacun⋅e puisse manger quel que soit son régime alimentaire. Par « accessible », nous entendons accessible financièrement, physiquement et autant que possible à l’abri des comportements malveillants et irrespectueux.

Nous avons conscience que ce lieu ne sera jamais totalement exempt des mécanismes d’oppression mais, têtu⋅e⋅s que nous sommes, nous désirons un espace où une attention collective doublée d’une prise de conscience individuelle permettraient d’établir de meilleurs rapports humains, plus égalitaires. Dans une société inégalitaire, nous reproduisons, parfois malgré nous, des attitudes oppressives. Nous y ferons donc attention et réagirons face à tout comportement discriminant afin que chacune et chacun se sente bien en confiance dans cet espace.

Nous tendons vers un fonctionnement collectif et horizontal, c’est pourquoi l’ambiance et la vie du lieu relève des envies et de la responsabilité de chaque personne participante.

[hors.norme] URGENT: Menace d’abattage du troupeau de Gabriel Dufils

Bonjour,

Suite àl’occupation de la DDPP d’ Evreux, ce mercredi , initié par le comité de soutien  de la ferme  de la Sentelle pour défendre  Gabriel Dufils  et libérer  ses vaches  de l’arbitraire administratif , la Préfecture de l’Eure  menace d’abattre son troupeau!( voir communiqué  ci- joint)

URGENT : SOUTENIR GABRIEL DUFILS EN HARCELANT PAR TELEPHONE LES ADMINISTRATIONS RESPONSABLES DE L’ACHARNEMENT

Devant la fermeté  de la préfecture , nous proposons  de mettre la pression avec nos moyens  en harcelant  dés lundi matin  les administrations  et institutions  suivantes  par téléphone ( avec plein feu sur la préfecture ) histoire de saturer les lignes:

Thierry Coudert, Préfet de l’Eure, tel : 02 32 78 27 27

    • Sous préfecture de Bernay : Tel : 02 32 46 76 81 Tel : 02 32 46 76 70
    • Chantal  Baudin , directrice  de la DDPP de l’Eure , et Madame Miro responsable du dossier  de Gabriel tel: 02 32 39 83 00
    • Le groupement  de défense  sanitaire  ( responsable  de la prophylaxie) , tel 02 32 23 86 86
    • L’Arichin ( équivalent  de l’EDE, responsable  de l’édition  des cartes roses  et vertes)) tel: o235 61 09 75
    •  la chambre d’agriculture ( partie prenante  avec les 4 administrations  précédentes  du chantage  à l’abattage du troupeau  contre indemnisation ) , tel 02 32 78 80 01
    • Pour avoir une chance  de perturber  cette machine  administrative , nous devons  être nombreux  à la faire  et à insister  le plus longtemps  possible..
    • Nous étions trop peu nombreux à Evreux. 400 personnes sur la liste mail, des rencontres un peu partout en France depuis un an. La défense de la ferme de la Sentelle doit nous mobiliser tous. Pour une fois qu’on n’arrive pas après un désastre…

Nous ferons sans doute appel à une mobilisation plus importante dans les semaines qui viennent. Restons prêt à (ré)agir !

collectifs d’agriculteurs et d’agricultrices  contre les normes

zone communiqué en PDF ici

[reçu par mail]

Bar-le-Duc, France : 13 procès et le tribunal évacué

Ce mardi 16 octobre, 13 personnes passaient en procès pour des affaires liées à la lutte anti-CIGEO.
Une spécialité du tribunal de Bar-le-Duc est de rassembler toutes les affaires militantes le même jour, afin d’assurer un déploiement policier proportionné : une centaine de flics.

La journée a commencé à 9h, sur les sièges du tribunal de Bar-le-duc

Malheureusement, une des avocates des militant.e.s, s’étant cassée le pied, ne pouvait pas être présente et avait demandé des renvois pour ses dossiers.
La juge principale (Catherine Buchster-Martin) et le procureur (Olivier Glady) s’en énervent vite et font donc pression sur l’un.e des copaines prévenu.e.s :
« proc : Pourquoi avoir choisi un avocat de Lille alors que vous habitez ici ? »
« juge : Avez-vous choisi maître R par opportunisme pour obtenir un renvoi ? »
ponctué de « vous êtes bien sûr que vous avez choisi cette avocate ? »
puis la juge, daignant enfin regarder ses notes, constate que l’avocate en question avait demandé le dossier pénal de la copaine le 25 juin.

Une avocate de la partie civile (des flics) demande le renvoi de l’un des procès parce qu’elle a eu un accouchement prématuré, le procureur refuse car « elle aurait pu anticiper ». Les avocates présentes dénoncent ce sexisme latent.

7 renvois au 5 février 2019 finissent par être prononcés, les demandes d’allègement de contrôle judiciaire, comprenant des interdictions de territoire et des pointages lourds, sont rejetés pour 2 des 3 copaines qui en avaient fait la demande. On applique donc des restrictions fortes de liberté, pendant plus de 4 mois, pour des personnes « présumées innocentes ».

Les réactions du public face aux élucubrations du procureur et à l’absurdité des procès énervent la présidente du tribunal, au point qu’elle commence à faire évacuer des personnes de la salle au tout début du premier procès. Ainsi, 3 copaines se font trainer jusqu’à l’extérieur du tribunal.

Premier procès

Ce procès s’annonce long, les faits datent d’avril (refus de signalétique, violences, menaces de mort et outrages) et le procureur se met à plaindre les compagnies de gendarmes mobiles :

  • « harcèlement typique que subit au quotidien la gendarmerie mobile à Bure » ;
  • « c’est une sorte de jeu d’aller emmerder les gendarmes » ;
  • « La mairie de Bure doit consacrer presque l’entièreté de son budget pour pallier aux dégradations des opposantes » ;
  • « on peut comprendre que les gendarmes mobiles en ont assez d’être caillassés, d’être insultés, … » ;
  • « A travers leur mission de surveillance les gendarmes subissent trop souvent du harcèlement »

Le harcèlement, dans sa bouche, c’est les gendarmes qui le vivent. Par contre pas de harcèlement policier : à cause du mensonge et du refus de s’identifier des opposant.es, « c’est par l’interpellation systématique que leurs identités se sont révélées ».
En passant, il évoque au juge que les attestations d’hébergement sont « des bouts de papiers, des torchons » et que « c’est du bidon » en déclarant qu’une habitante (qui allait être jugée peu après, et qui donc était dans la salle) est une menteuse. Et puis de toute façon, comme dit Glady, « la maison de la résistance de Bure, que je connais pour m’y être invité plusieurs fois cette année accompagné des forces de l’ordre, est une vaste auberge de jeunesse » et se permet de faire des remarques sur l’intérieur de la maison.

Malgré les différentes incohérences du dossier, le procureur demandera 3 mois fermes avec mandat de dépôt, une révocation de sursis (2 mois) et une interdiction de Meuse pendant 2 ans.
Le jugement pour les parties civiles est reporté mais 7 « victimes » policiers demandent chacun 600 euros d’amende pour s’être fait insulter.

Après une courte pause du tribunal, dossier suivant

Les faits remontent cette fois-ci à janvier 2017 : blocage d’engins de chantier dans le bois Lejuc. Le renvoi demandé précédemment pour manque de pièces au dossier envoyé à l’avocat et car une personne n’avait pas été prévenue qu’elle passait en procès, a été refusé. Ce renvoi avait été négocié la veille entre l’avocat et le procureur, celui-ci bien entendu est revenu dessus, l’avocat n’a donc pas pu préparer le dossier.

Pour excuser ce procès qui se fait en bafouant clairement le droit à la défense, le procureur assurera que la personne est « radicalement introuvable ».

Elle est accusée de s’être tenue sur le chemin devant l’engin pendant … moins d’une minute !

Le procureur évoquera « la ténacité éprouvée pour bloquer l’engin, agripper l’engin est une technique, toute une grappe s’y est accrochée, l’engin de chantier était littéralement recouvert » (par 3 personnes ^^).
Et c’est ce qu’on reproche à la seconde prévenue, l’obstruction des travaux par la « technique de grimpe ».
Elle avait eu la tête projetée contre le rétroviseur, ce qui lui occasionna une blessure au nez. Un vigile déclarera : « elle avait une croûte sur le nez avant, elle l’a frottée avec de la neige pour l’arracher et se faire saigner ». Sa plainte pour coups et blessures a été classée sans suite.

L’avocat rappelle que l’ANDRA avait, auparavant, fait des travaux illégaux dans le bois lejuc. Les travaux bloqués n’étaient donc pas d’utilité publique mais de réparation d’ordonnance pénale, et au vu du contexte (6 mois après l’ordonnance de remettre en état la forêt, avec des machines pas adaptées aux travaux à faire) ils étaient faits purement par provocation par l’ANDRA, pour montrer qu’ils voulaient faire les travaux mais qu’on les en empêchait.

Réquisition : 3 mois de sursis simple pour chacun.e pour « obstruction à des travaux publics par violence ou voie de fait ».
La partie civile (l’ANDRA) demande 2721 euros pour des travaux qui ont été interrompus mais tout de même facturés et 700 euros pour leurs frais d’avocat.

Au cours de cette affaire, une autre rangée de 4 copaines a été « évacuée » du tribunal.

14h, un dossier qui date du 22 février, date de l’expulsion du bois Lejuc

La prévenue de 60 ans est acusée d’avoir violenté les gendarmes qui la portaient lors de son expulsion de la maison de la résistance. Elle leur aurait donné des coups de pied au niveau de la tête et de l’avant-bras.

Le procureur joue la victime :

  • « le discours de la défense est teinté de situationisme et de conspirationisme »
  • « on pourrait croire que je suis un manipulateur de projet politique »
  • « il paraît que je ne serais qu’une moitié, voir moins d’une moitié de magistrat »
  • « un judas, un vassal du nucléaire, cela a même été taggué dans le tribunal »
  • « dans tous les torts de l’histoire, je serais parmi les plus grands scélérats »
    Pour conclure avec un « c’est un petit peu agaçant »

La défense évoque la complexité de voir toutes les prévenu.e.s en Garde à Vue car les gendarmes font en sorte de les éparpiller à travers le département. Le procureur répond :  » on n’allait pas lancer une invitation à l’ensemble de l’équipe des avocats des opposants pour le 22 février, puisque cette perquisition était inopinée ».

Une copaine ne tient plus et un rire lui échappe, la juge ordonne son « évacuation », ce à quoi les Gendarmes mobiles procèdent en filmant. Le procureur continue sa plaidoirie alors que nous protestons contre la présense d’une caméra dans la salle d’audience, ce qui est strictement interdit.

Un huis-clos non-officiel, non-assumé

La juge ordonne l’évacuation immédiate de la salle, puis une suspension de l’audience. Les GM nous encerclent tout en filmant. Nous sommes poussé.e.s, pressé.e.s vers la salle d’à côté.
Devant l’escalier, nous sommes poussé.e.s plus violemment. Deux autres copaines finiront le trajet vers la sortie (comprenant 2 volées d’escaliers) en étant portées jusqu’à la porte.

Peu de temps après, l’audience reprend. La juge déclare qu’elle reste publique et que les portes sont ouvertes. Malgré cela, les GM ne laisseront entrer que les prévenu.e.s restant.e.s et les avocates. Un huis-clos non-officiel, non-assumé.

Réquisition : 3 mois de sursis simple pour le dossier qui était en cours au moment de l’évacuation de la salle.
La partie civile (le commandant Dubois, qui n’en est pas à sa première affaire) demande 300 euros.

L’affaire suivante, qui a donc été jugée dans ce huis-clos non officiel, concerne une copaine arretée début septembre alors qu’elle marchait dans les rues de Mandres en Barrois. Les flics la contrôlaient pour la 9e fois en 3 semaines, il se serait énervé et les aurait traité de nazis. Les flics l’ont interpellé. En l’entendant crier, pas mal de monde a débarqué, les GMs ont pris peur et ont gazé. La copaine interpellé crache suite au gazage, il sera donc chargé d’outrage et de rebellion en réunion (puis d’un refus de signalétique : photos et empreintes).

Le réquisitoire du procureur s’appuie principalement sur le casier judiciaire de la copaine (2 condamnations), pour démontrer sa culpabilité. Le crachat poserait des problèmes sanitaires et aurait une portée symbolique.

La partie civile fait savoir, par recommandé, qu’elle demande 69 euros pour une paire de lunettes et 450 euros pour le crachat.

Réquisition : payer les parties civiles + 6 mois de prison avec mandat de dépot dont 3 avec sursis et mise à l’epreuve : obligation de travailler et interdiction de Meuse pendant 2 ans.

La juge exprimera qu’elle regrette les propos de l’avocate par rapport à la police, celle-ci ayant dénoncé le harcèlement et l’acharnement policier au sens large.

Dernier procès

La dernière personne est jugée pour un outrage qui aurait eu lieu lors d’un contrôle routier à 10m de la maison de résistance, en août dernier. Cette personne a fait le choix de se présenter sans avocat.
Le proc attaque le droit à garder le silence en dressant un profil psychologique type anti-tout « et peut-être même anti-anti ». Pour appuyer ses propos il se réfere une fois de plus à l’audience du 19 mars où des copaines avaient fait le choix de ne pas se prêter au jeu de la justice.

Réquisition : 3 mois de sursis avec mise à l’epreuve : obligation de travailler et interdiction de Meuse pendant 2 ans

Tous les rendus des procès seront donnés le 13 novembre.

[Publié sur Manif-Est.info, 20.10.2018]