Archives mensuelles : décembre 2014

Barcelone : résumé de la manifestation solidaire avec les incarcérés de l’opération Pandora

lu et repris à partir de celui-ci

Samedi 27 décembre, la manifestation lancée à 17h en solidarité avec les anarchistes incarcéré-e-s en préventive par le juge Javier Gómez Bermúdez dans le cadre de l’opération Pandora a parcouru les rues du centre de Barcelone.
La manifestation, qui a commencé dans de larges rues au milieu des cris de solidaruité avec les incarcéré-e-s, contre la police et contre l’Etat, s’est terminée dans le quartier de Gracia. A l’entrée du quartier, des compagnon-ne-s masqué-e-s ont attaqué sans complexe une multitude d’agences bancaires, l’hôtel 5 étoiles Casa Fuster (qui fut le siège du consulat de l’Allemagne nazie à Barcelone en 1936, puis celui du Comité de défense de la révolution au printemps 1937, puis repris par la Phalange fasciste en 1939, et devenu hôtel de luxe lors de la Transición, après des tentatives du mouvement associatif de quartier de le transformer en équipements sociaux) et quelques locaux commerciaux de multinationales.
Malgré plusieurs menaces de la police de charger les manifestants, une bonne partie des compagnons sont restés ensemble afin de pouvoir continuer d’attaquer les représentants du capital dans la ville et de ne dissoudre la manifestation qu’après s’être débarrassés du matériel d’attaque, et de finir de marcher en groupes loin de la zone.
On ne reporte pas d’arrestations.
Liberté immédiate pour nos compagnons !
Feu à cette paix sociale construite sur nos frères et soeurs incarcéré-e-s !
Mort à l’Etat et vive l’anarchie !

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 30 December 2014]

Bolivie : Une porte ouverte de plus pour le capitalisme

Alors qu’à Fukushima le corium fait son trou en silence, le nucléaire ne  fait plus  la une des médias nationaux. De la Turquie et la Bolivie le nucléaire aime bien les zones sismique

text information reprise de contra info

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Sur le territoire dominé par l’État de Bolivie est prévu de construire une centrale d’énergie nucléaire dans le département de La Paz. Le pantin du Pouvoir ne cache pas ses intentions progressistes, civilisatrices et développementistes et nous avons pu voir ces dernières années à quel point il a protégé les intérêts capitalistes, néo-coloniaux et bourgeois, en essayant par exemple de construire une route qui fasse partie de la IIRSA* qui passerait par le TIPNIS**, la route du Dakar ou son satellite en tant qu’icône de surveillance et de bénéfices des multinationales de la télécommunication. Selon le pouvoir, ces intérêts ont des fins « pacifiques » pour la recherche et le développement de nouvelles technologies en matière de recherche médicale et agroalimentaire. L’État bolivien est obsédé par l’installation d’un réacteur, une centrale nucléaire ne peut en aucun cas n’avoir aucun lien avec l’entreprise militaire.

Dans les pays qui ont installé ce type d’énergie depuis des années, cela a été un échec, malgré le fait que cette énergie émette moins de carbone que les résidus fossiles, car ils ne savent pas comment éviter de générer des résidus radioactifs et créer un stockage sécurisé. Leur impact commence dès l’extraction de l’uranium, puis par la fabrication des combustibles nucléaires, l’opération des centrales atomiques s’achevant par la génération de déchets hautement radioactifs.

Plusieurs facteurs nous font rejeter ce type d’énergie, en tant que stimulateurs du capitalisme, de l’expérimentation sur les animaux, des mutations génétiques sur les animaux humains et non-humains, les maladies cancéreuses, la pollution, l’emmagasinage des déchets toxiques dont le danger se prolonge sur le long-terme pour des centaines de milliers d’années, un potentiel péril radioactif qui peut devenir hors de contrôle et la fabrication d’armes de guerre. Le Pouvoir n’est pas intéressé par ces motifs, parce que son contrôle cherche à s’étendre et à se renforcer.

Rejet total de tout projet capitaliste et destructeur de la terre.
Motivons-nous pour combattre l’État/Capital.

NON A LA CENTRALE NUCLEAIRE !

depuis irakunditxs

Note de Contra Info : * IIRSA = “Initiative d’intégration de l’infrastructure de la région sud-américaine”, un projet néolibéral ayant pour but de développer des infrastructures (routes, aéroports, voies navigables, chemin de fer, liaison à fibre optique, etc.) pour promouvoir le commerce et les échanges et les meilleures conditions pour la libre exportation.
** TIPNIS = “Territoire indigène et parc national Isiboro Secure”

San Francisco, USA : Solidarité avec les prisonnier-e-s de Pandora

texte repris contra info
Solidarité avec le 7 anarchistes prisonniers en Espagne

Solidarité avec les 7 anarchistes prisonniers en Espagne

Le 22 décembre 2014, un groupe d’anarchistes est passé par le consulat espagnol à San Francisco. Après avoir jeté des tracts à l’intérieur du consulat, retiré le drapeau espagnol et crié des slogans, le groupe est reparti sans incident.

Le 15 décembre 2014, l’État espagnol a fait passer la loi « mordaza » (loi muselière), une loi qui transforme en crime le fait d’insulter un flic, de le filmer, ou de se rassembler en grands groupes. Le 16 décembre, l’État espagnol a pris d’assaut plusieurs maisons et appartements à Barcelone. Après avoir saisi matériel électronique, documentation et vêtements, l’État a enfermé 7 anarchistes sur des charges floues de terrorisme. Ces anarchistes doivent devenir l’exemple de ce qu’il se passe lorsque l’on relève la tête contre le fascisme.

Si l’État espagnol souhaite emprisonner et criminaliser les anarchistes, nous sommes plus que volontaires pour riposter.
Plus jamais de dictature ! Liberté pour les prisonnier-e-s ! A bas l’État !

Vive l’anarchie !

[Etats-Unis] De Ferguson à Oakland, 17 jours d’émeutes et de révolte dans la Bay Area

ndlc:Le texte  pulié sur cette page pourra être l’occasion de fréfléchir aux liens avec la situation dans l’ hexagone, où plus de 120 personnes ont été tuées par la police depuis le début des années 2000. Pourront également être abordées des questions entourant le mouvement qui a fait suite à la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre dernier, mouvement,quelque part toujours en cours, notamment contre les violences policières. Pour ce qui concerne l’hexagone, on peut rappeler le lynchage de Wissam El Yamni par la police, un 1er janvier lui aussi (en 2012 à Clermont-Ferrand), et la mort d’une balle dans le dos d’Amine Bentounsi, en avril 2012 à Noisy-le-Sec.

..repris de :
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Une révolte anti-police sauvage et croissante est en plein essor dans la Bay Area. C’est un épicentre dans le mouvement national croissant suscité par l’insurrection à Ferguson [1] à la suite de l’exécution par la police de Michael Brown, et en même temps c’est une poursuite des luttes locales remontant au moins aux émeutes Oscar Grant de 2009 à Oakland. Certains d’entre nous qui ont participé aux manifestations dans la baie au cours des deux dernières semaines et demi désirent communiquer de toute urgence aux autres partout à travers le monde à propos de ce qui se déroule ici. Notre but n’est pas de revendiquer des droits de vantardise ou d’établir Oakland comme la capitale américaine de l’émeute. Au contraire, il est nécessaire de répandre le mot à propos de la nature sans précédent de ces événements, précisément parce qu’ils semblent soudain plus que jamais possibles, avant que cette révolte contre la suprématie blanche et la police puisse s’étendre au-delà des espaces habituels de protestation.
Afin d’illustrer l’ampleur de ce qui s’est déroulé depuis que le grand jury a annoncé qu’il n’inculperait pas Darren Wilson pour avoir tué Michael Brown, nous devons clarifier un point: nous avons perdu la trace du nombre d’autoroutes qui ont été bloquées, de magasins pillés, de carrefours qui ont vu les combats les plus féroces avec la police. Tout cela s’est déroulé de manière quotidienne pendant plus de deux semaines. Environ 600 personnes ont été arrêtées. Bon nombre des principaux quartiers d’affaires à travers East Bay ont été touchés. C’est devenu habituel d’entendre la police et les nouveaux hélicoptères suivrent chaque nuit la dernière émeute. Des forces de police militarisées de tout le nord de la Californie sont maintenant régulièrement déployées dans nos rues. Oakland, Berkeley, San Francisco, et Emeryville ont toutes expérimenté les émeutes et les pillages.
Beaucoup d’entre nous ont vécu divers mouvements et révoltes à petite échelle à Oakland et dans la Bay Area au cours de la dernière décennie ou plus. Pourtant, c’est quelque chose de différent. Bien que le nombre de personnes descendant dans les rues à la nuit tombée n’est pas massif – habituellement de l’ordre de 500 à 1500 – la forme et le niveau d’intensité que cette vague insurrectionnelle a déchaîné n’ont pas été vus ici depuis des décennies. Tout cela s’est déroulé en dehors du contrôle de toute organisation ou clique politique. À ce stade, il n’y a que peu d’appels spécifiques pour des marches ou des rassemblements: des foules de voisins, d’étudiants, d’activistes et de militants se rassemblent maintenant chaque soir de leur propre initiative, et ce de manière chaotique. Une alliance informelle de bandes de graffeurs, de groupes d’amis composés principalement de jeunes rebelles noirs et métisses, d’amas d’anarchistes de tendances et d’origines diverses a vu le jour pour créer les tendances les plus dynamiques et combatives du soulèvement. Ceux qui se montrent avec des suggestions quant au lieu où l’énergie de la foule pourrait être mieux appliquée s’expriment publiquement, et parfois leurs propositions sont effectuées. Ceux qui tentent de calmer et de gérer la situation sont ignorés, et souvent attaqués s’ils tentent d’entraver les actions des autres.
La première vague d’émeutes, de marches et de blocages à Oakland au cours de la semaine du 24 novembre n’a été que le début. S’en est suivi plusieurs blocages des autoroutes 880 et 980, de nombreux die-ins bloquant des routes, et fermant la station BART (transport en commun) de l’ouest d’Oakland – puis les émeutes ont commencé pour de bon. Voici une chronologie approximative des événements de ces 18 derniers jours, suivie de nos premières réflexions.

Révolte contre la police dans la Bay Area: 24 novembre – 10 décembre 2014

24 novembre: le grand jury à Ferguson refuse d’inculper l’agent Darren Wilson pour le meurtre de Michael Brown. Ferguson brûle. Plus de 2500 personnes se rassemblent dans le centre d’Oakland et procédent au blocage de l’autoroute 580 pendant des heures. Puis la foule retourne à travers le centre-ville jusqu’au poste de police, où des affrontements éclatent sur Broadway. Les participants érigent des barricades enflammées et pillent plusieurs magasins d’entreprise, dont un ‘Starbucks’ et un magasin d’alimentation générale ‘Smart & Final’. Des dizaines de personnes sont arrêtées.
Des manifestants bloquant l'autoroute, érigeant des barricades et pillant des magasins le 24 novembre 2014
Des manifestants bloquant l’autoroute, érigeant des barricades et pillant des magasins le 24 novembre 2014
25 novembre : une petite foule envahit l’autoroute 880 à Oakland. Une plus grande foule bloque l’autoroute 580 plus tard pendant la nuit et presque 100 personnes sont arrêtées. La foule restante montent des barricades enflammées en masse à travers Télégraph pour retenir la police. Une série de magasins d’entreprises sont pillées au nord d’Oakland et les entreprises de la gentrification sont détruites. D’autres arrestations de masse se produisent près d’Emeryville à la fin de la nuit.
26 novembre: Une marche destructrice joue au chat et à la souris avec la police au centre-ville et à l’ouest d’Oakland pendant des heures avant d’être dispersés par la police. Plusieurs entreprises du centre-ville sont endommagées et d’autres manifestants sont arrêtés.
28 novembre: Une action de désobéissance civile coordonnée à la station BART de l’ouest d’Oakland stoppe tous les services de transport dans et à l’extérieur de San Francisco pendant plus de deux heures. Cette nuit-là, à San Francisco, près de 1000 manifestants assiègent le quartier commercial de l’Union Square pendant le Black Friday, s’affrontant avec la police et endommageant des magasins de luxe. Ils marchent à travers le quartier Mission, où les magasins sont pillés et les banques sont brisées. La nuit se termine par une vague d’arrestation massive, alors que la foule diminue.
Barricades sur la Telegraph Avenue le 25 novembre ; la marche Black Friday 28 novembre
Barricades sur la Telegraph Avenue le 25 novembre ; la marche Black Friday 28 novembre
3 décembre: Un grand jury de New-York omet d’inculper tout officier de police impliqué dans la mort par étouffement d’Eric Garner. Des foules bloquent Market Street à San Francisco. À Oakland, une marche traverse le centre-ville; la police anti-émeute l’empêche d’atteindre le quartier général de la police d’Oakland. Au lieu de cela, les participants défilent à travers le quartier riche Piedmont.
4 décembre: Une autre marche se faufile à travers le centre-ville d’Oakland, pour finalement se diriger à l’est vers le quartier Fruitvale, où il y a une épreuve de force avec la police d’Oakland et une arrestation de masse. À San Francisco, un « die-in » bloque Market Street une deuxième nuit.
5 décembre: Des centaines de personnes défilent au centre-ville d’Oakland, tenant une manifestation bruyante devant la prison pour soutenir les personnes arrêtées lors de la révolte. La foule se déplace pour reprendre l’autoroute 880 avant d’être repoussée par la police. Ensuite, la manif encercle la station BART de l’ouest d’Oakland et détruit les portes protégeant les policiers anti-émeutes à l’intérieur. La station est fermée pendant une heure avant que la marche retourne au centre-ville, où se produisent la destruction de biens, des affrontements avec la police, et des arrestations.
6 décembre: Une manif provenant des environs du campus universitaire de Berkeley s’affronte avec la police de Berkeley, près de leur siège et procède aux pillages de plusieurs magasins, dont un ‘‘Trader Joe‘ et ‘Radio Shack‘. La foule grossit au fur et à mesure que les étudiants prennent les rues. En réponse, les services de police de toute la région convergent dans le centre de Berkeley, en tirant des dizaines de grenades de gaz lacrymogènes et s’attaquant physiquement aux manifestants et aux passants, causant de graves blessures.

Perturbation du réseau de trnasport en commun lié aux manifs le 5 décembre; affrontements du 6 décembre

Perturbation du réseau de transport en commun lié aux manifs le 5 décembre; affrontements du 6 décembre
7 décembre: Le dimanche soir, un autre marche débute à Berkeley et se déplace au nord d’Oakland, s’affrontant avec la police, détruisant plusieurs véhicules de police de la California Highway Patrol (CHP) et en envahissant l’autoroute 24. Des officiers de la CHP utilisent du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pour repousser la foule. Les gens réagissent avec des pierres et des feux d’artifice, puis défilent de nouveau dans le centre-ville de Berkeley, en détruisant les façades des banques et des distributeurs automatiques. Ils attaquent des magasins d’appareils électroniques et de téléphonie, culminant avec le pillage de ‘Whole Foods‘. La nuit se termine avec des centaines de personnes se rassemblant autour de feux de joie au milieu de Telegraph, en faisant couler à flots les bouteilles de ‘Prosecco‘ expropriées. La police craint de s’engager face à la foule, mais certains participants sont extirpés lors d’arrestations ciblées.

émeute durant un blocage d'autoroute le 7 décembre 2014

émeute durant un blocage d’autoroute le 7 décembre 2014
8 décembre: La troisième marche de Berkeley est de loin la plus grande. Plus de 2000 personnes prennent l’Interstate 80, stoppant tout le trafic pendant deux heures, tandis qu’une autre partie de la manifestation boque la voie ferrée parallèle à l’autoroute. La foule tente de marcher sur Bay Bridge, mais est repoussée à Emeryville, où plus de 250 personnes sont arrêtées en masse.
9 décembre: La quatrième marche de Berkeley s’engage une fois de plus sur la Telegraph Avenue à Oakland et coupe un autre secteur de l’autoroute 24 et la station BART « MacArthur ». Des affrontements plus violents s’ensuivent avec les flics en tenue anti-émeute de la CHP, qui ouvrent le feu avec des balles en caoutchouc et des cartouches assourdissantes, causant de nombreuses blessures et repoussant finalement la foule hors de l’autoroute. Puis la marche tourne en boucle dans le centre-ville d’Oakland et fait son chemin dans Emeryville, où un magasin alimentaire Pak N Save a été pillée ainsi qu’une pharmacie CVS et un 7-Eleven. La soirée s’est terminée avec une autre série d’arrestations, dispersant la foule.
10 décembre: Des centaines d’étudiants du lycée de Berkeley organise une grève sauvage et un rassemblement se tient à la mairie. Une cinquième manif plus petite partie de Berkeley se fraie son chemin dans Oakland où un magasin T-Mobile est dépouillé et d’autres magasins d’entreprises sont attaqués. Des personnes démasquent des flics infiltrés de la CHP dans la foule et les attaquent. Les flics répondent en pointant leur gun sur la foule lors d’une arrestation.

Flic infiltré menaçant les manifestants avec son arme lors d'une arrestation

Flic infiltré menaçant les manifestants avec son arme lors d’une arrestation
Le rythme de l’agitation a changé de cadence à plusieurs reprises au cours de ces vingt jours, mais cette agitation ne montre aucun signe d’apaisement. La révolte s’est transformée de manière fluide entre en différentes formes de résistance – passant de marches relativement calmes à des barrages routiers en masse, d’intenses combats de rue et à des expropriations ciblées. Cela a maintenu le mouvement tenace et capable de faire appel à un large éventail de nouveaux participants, jour après jour, même quand il y a eu des désaccords profonds au sujet des tactiques à employer et un petit consensus sur la direction que devait prendre le mouvement.
Il est difficile de prévoir ce qui va arriver. Personne n’avait prévu que cette révolte aurait maintenu ce niveau d’intensité plus de deux semaines après le premier rassemblement à 14th and Broadway alors que Ferguson brûlait. À ce stade, il semble probable que l’élan se poursuive sous une forme quelconque au moins jusqu’à la semaine de Noël [2].
Les répercussions à long terme ne sont pas claires. Tout du moins, il semble que la période réactionnaire de décomposition sociale qui a suivi les points forts de la lutte ici dans la baie en 2011 et au début de 2012 soit terminée, et que quelque chose de nouveau et d’encore plus féroce prenne forme. Nous pouvons également conclure provisoirement que la tactique de blocage de grandes infrastructures, notamment des routes, s’est propagée bien au-delà de ce qui avait été précédemment établie par les blocus de ports du mouvement Occupy. Il y a eu au moins dix barrages routiers rien que dans l’est de la baie au cours des deux dernières semaines; un tel blocus est maintenant considéré comme une tactique efficace, même par ceux qui s’identifient comme “des manifestants pacifiques.”
Pendant ce temps, le rythme constant des manifestations combatives qui traversent les municipalités pousse les infrastructures municipales du maintien de l’ordre jusqu’à ses limites. Les Unités de police sont de plus en plus réticentes à s’engager face aux foules; les officiers qui se trouvent piégés dans des combats de rue se retirent le plus souvent. Les rapports des médias suggèrent que les deux premières semaines de manifestations ont coûté à la ville d’Oakland $ 1,360,000 en heures supplémentaires rien qu’en heures supplémentaires.

Deux manifestantes arrêtées à Oakland à la suite du blocage d'une station des transports BART le 28 novembre 2014

Deux manifestantes arrêtées à Oakland à la suite du blocage d’une station des transports BART le 28 novembre 2014
Bien sûr, la cadence sans relâche des événements a également mis à rude épreuve l’infrastructure anti-répression qui est devenue une force considérable de soutien vital pour les mouvements rebelles ici dans la baie. Cette infrastructure est l’une des manifestations locales durables d’Occupy Oakland; ses racines remontent au ‘Oakland 100 Support Committee‘, et s’est formée au lendemain des émeutes initiales d’Oscar Grant. Des arrestations se produisent maintenant tous les soirs, des interpellations tous les jours, des balades doivent être constamment organisées en direction de mais aussi depuis la prison Santa Rita constamment et de l’argent supplémentaire est malheureusement nécessaire pour renflouer les personnes arrêtées avec des accusations plus graves. La façon dont nous mènerons à terme notre action par des affichages de solidarité et du soutien matériel direct pour les personnes arrêtées déterminera combien de force nous gagnerons grâce à ce soulèvement en allant de l’avant.

Berkeley le 7 décembre 2014

Berkeley le 7 décembre 2014
Debout dans les rues d’Oakland en décembre 2014, il semble que nous avons bouclé la boucle presque exactement six ans après qu’Oscar Grant ait été exécuté par le policier de la BART Johannes Mehserle. Tout a commencé à la station BART de ‘Lake Merritt’ le 7 janvier 2009, lorsque la première voiture de la police d’Oakland a été fracassée, a entrepris de nombreuses rebondissements à travers différentes vagues de manifestations et de mouvements, dont beaucoup ont manifesté de façon émeutières et en s’affrontant avec la police à l’intérieur et aux alentours du centre d’Oakland. Pendant ce temps, une vague de petits soulèvements s’est déroulée dans un nombre croissant d’endroits à travers le pays en réponse aux meurtres policiers les uns après les autres: Portland en 2010, Denver en 2010, Seattle en 2011, San Francisco en 2011, Atlanta en 2012, Anaheim en 2012, Santa Rosa en 2013, Flatbush en 2013, Durham en 2013 [3], Salinas en 2014, Albuquerque en 2014. Dans chacun de ces soulèvements locaux, le nom d’une personne dont la vie a été prise par l’Etat a été arraché à l’oubli et gravé dans la mémoire collective à travers les actions de ceux qui ont choisi de se révolter.
Les personnes courageuses de Ferguson ont repoussé ce passé au point de non-retour en refusant obstinément de quitter la rue, nuit après nuit, montrant que ces révoltes pourraient s’étendre dans le temps et croître en intensité. S’il y a une réponse à ceux d’entre nous quant à savoir pourquoi nous nous trouvons maintenant dans une situation quasi-insurrectionnelle ce soir, c’est tout simplement ceci: nous ne sommes plus seul-e-s. Une autre ville a établi un nouveau précédent en matière de résistance à l’Etat policier raciste, donc Oakland n’est donc plus un cas particulier.
Le nouveau paradigme de la lutte émanant de Ferguson a été renforcé au cours de la deuxième semaine de révolte, vu que les nouvelles se sont répandues qu’un grand jury de New-York avait pris la décision d’inculper aucun officier du NYPD pour l’étranglement mortel d’Eric Garner.
Ce qui avait précédemment été limité aux explosions singulières de rage en réaction aux cas individuels de meurtres policiers visant les personnes noires est devenu une lutte généralisée de confrontation avec les structures du pouvoir blanc et la violence d’Etat dans ce pays.
Cette lutte n’est plus seulement à propos de Michael Brown, Eric Garner, ou Oscar Grant, ou même les milliers de personnes tuées par la police dont les noms ne sont jamais entrés dans la conscience collective. Il s’agit de la marginalisation violente et de la mort sociale imposées aux comnunautés noires et métisses dans leur intégralité. Il s’agit du rôle de la police exerçant la force léthale en toute impunité afin de maintenir cet ordre et faire respecter les fondements de l’Etat esclavagiste du capitalisme américain.
Nous pouvons enfin parler d’un mouvement national contre la police qui a été fait par les incendies et les barrages fin 2014. Cela devrait être célébrée comme une victoire massive pour la résistance aux Etats-Unis. Un étape importante a été atteinte et nous suivons tous les soirs ce qu’il se passe devant nos yeux.
Il y a quelques jours, c’était impossible de prévoir ce qui allait se passer. Nous espérons que ces événements incontrôlables se propagent à d’autres localités par des formes de désordre et d’attaques encore plus créatives.
Des Antagonistes d’Oakland, 10 décembre 2014
Traduit de l’anglais de crimethinc
Notes de traduction:
[1] Voir plusieurs articles à propos de la révolte à Ferguson: celle-ci s’est passée en plusieurs étapes entre l’assassinat et le verdict du grand jury:
• début de la révolte à Ferguson (août 2014):lechatnoiremeutier.antifa-net.fr/?s=Ferguson
• La suite: lechatnoiremeutier.noblogs.org/?s=Ferguson
[2] Ce texte date de début décembre, et d’autres meurtres depuis ces révoltes ont été commis par la police, ce qui a rallumé les feux de la révolte, principalement dans les régions où les manifs anti-police se sont exprimées de manière incontrôlées et offensives: Même si quelques assassinats n’ont pas suscité autant de rage spontanée dans la rue, les décisions successives des grands jury de ne pas inculper les flics en question a aussi ravivé la rage urbaine. A la veille de Noël, c’est à Berkeley, dans la banlieue de Saint-Louis, qu’un homme noir s’est fait flinguer par la police à la suite d’un contrôle: La population locale, rapidement sur les lieux, a immédiatement répondu à cette normalité raciste de l’Etat d’une manière adéquate.
[3] On peut aussi consulter ce zine en anglais sur cette révolte à Durham: Unforgiving and Inconsolable: Durham Against the Police, Collected Texts Winter 2013-2014

[Paris & Alentours] Solidarité avec les anarchistes emprisonné-e-s en Espagne

http://cestdejatoutdesuite.noblogs.org/files/2014/12/protesta-barcelona-644x362.jpg

manifestation à Barcelone : “Liberté pour les prisonnier-e-s anarchistes / S’il en touche un-e, ils nous touchent tou-te-s”

texte repris de ce site

Ces derniers jours, à Paris, Ivry, Kremlin-Bicêtre, Gentilly, 5 distributeurs de billets et une agence immobilière ont été détruits à coups de masse et trois véhicules de constructeurs et fournisseurs de prison (Vinci, Sodexo, Onet) ont été incendiés.

Solidarité avec les anarchistes incarcéré-e-s en Espagne !

Liberté pour toutes et tous !

Suisse : La liberté pour Marco Camenisch de nouveau refusée

 texte repris de non fides

Après plus d’un an de réflexions, le Tribunal fédéral de Lausanne a refusé d’accorder la liberté conditionnelle à Marco, en se basant (comme l’ont fait les précédents fonctionnaires) sur un principe politique selon lequel, Marco ne se dissociant pas de sa position politique, la liberté conditionnelle doit lui être refusée. La Cour suprême de la Suisse insiste aussi sur sa position politique pour ne pas le faire sortir de prison.

Depuis mai 2012, Marco pouvait être libéré avec une conditionnelle car il avait déjà purgé les 2/3 de sa peine. Une demande présentée au Bureau de l’administration pénitentiaire avait été rejetée le 3 avril 2012. Il avait été fait recours contre cette décision, ce qui avait été rejeté tout d’abord par la « Direction de la justice et l’intérieur du canton de Zurich », avant que le « Tribunal de l’administration cantonale » n’approuve le recours et ne renvoie l’affaire au Bureau de l’administration pénitentiaire situé sur la Feldstrasse à Zurich. Il y a de nouveau une audition de Marco en février 2013 et la sortie de prison en liberté conditionnelle lui est refusée. Les motifs invoqués sont encore la dénonciation de sa « violence chronique et conception du monde promouvant la délinquance », dont le sens doit être bien compris et met l’accent sur pourquoi la liberté est refusée à Marco. Les fonctionnaires auraient mieux fait (et plus rapide) s’ils avaient simplement pu écrire que Marco restait un révolutionnaire anarchiste. […]

[Traduit de l’italien par nos soins de Croce Nera.]

notice :E’ stata diffusa una chiamata internazionale alla solidarietà con le compagne e i compagni arrestati per l’Operazione Pandora: attacco repressivo contro la conflittualità anarchica in Catalunya e a Madrid.
Per sabato 27 dicembre sono in programma diverse iniziative solidali in Spagna, Sud America e Grecia e si invita a organizzarne ovunque e in qualunque forma.

“Terrorista è chi ci condanna a una vita di miseria e non chi si ribella contro di essa, solidarietà a compagne e compagni anarchic* prigionier*.”

 

Italie : Arrestations domiciliaires pour les 4 « NoTAV »

 arrampicare-dolomiti

texte repris de non fides

Une semaine après leur condamnation, Chiara, Claudio, Niccolò et Mattia sont envoyé.e.s aux arrestations domiciliaires, avec toutes les restrictions. Ils sortent de prison, donc, mais doivent rester enfermé.e.s « chez eux » et ont l’interdiction de rencontrer (et de communiquer avec) toute personne n’étant pas domiciliée dans la même maison.

Entretemps, hier, Lucio aussi a été transféré, comme Francesco et Graziano, dans la section AS2 de la prison de Ferrara.
Voici l’adresse pour leur écrire :

Francesco Sala
Graziano Mazzarelli
Lucio Alberti

c/o C.C. via dell’Arginone, 327 – 44100 Ferrara

[Traduit par nos soins de l’italien de Macerie]

[Marseille] Évenement “FACE À LA PRISON” En soutien au collectif KAMELIBRE

 information reprise de marseille information autonome

LE 17 JANVIER 2015 À PARTIR DE 15H À LA TORPILLE 23 RUE DES PHOCÉENS 13002 MARSEILLE

Programme /

15H : OUVERTURE DES PORTES, INFOKIOSQUE, POINT ECOUTE
16H : PROJECTION DE “SUR LES TOITS” EN PRESENCE DU REALISATEUR
17H30 : DEBAT SUR LE FILM EN PRESENCE DU REALISATEUR

18H : DEBAT DISCUSSION “ Comment survivre, résister, lutter, en prison comme dehors, aujourd’hui ?”
20H : REPAS VEGAN
21h30 :CONCERT HIP HOP

Cette journée “Face à la prison“, sera l’occasion de partager un moment de rencontre autour de la thématique “Comment survivre, résister, lutter, en prison comme dehors, aujourd’hui ?”

Il nous semble essentiel, aujourd’hui plus que jamais, de prendre le temps, tous et toutes ensemble, de partager un temps de discussion autour de ces pratiques liées à la survie, à la résistance, et aux luttes, qui ont lieu dans et à l’extérieur des prisons.

Partager ces expériences, ces histoires vécues, ces pratiques, c’est refuser l’isolement qu’on nous impose, dans et hors des taules. C’est reprendre en main une partie de ce qui fait de nous des individuEs. C’est arracher un petit bout de liberté au milieu de cette société carcérale, qui voudrait tous et toutes nous voir soumisEs et obéissantEs.

C’est pourquoi nous vous invitons vivement à venir participer à cette discussion, à partir de 18H, à laquelle seront présents des collectifs de solidarité contre la taule, des proches de personnes incarcérées, des ancienNEs prisonnierEs et des individuEs qui se battent contre la prison, et le monde qui va avec.

Il y a aura tout au long de l’après-midi et de la soirée la possibilité d’écouter des documents audios qui parlent de la prison (émissions de radios anticarcérales, textes de témoignages), de lire de la documentation ou des brochures, de voir un film sur les mutineries des maisons d’arrêt de Toul et de Nancy dans les années 70.

A partir de 20h30, un moment pour partager un repas vegan ensemble , et à partir de 21h30 Un concert de hip hop avec RPZ, L’Amiral, Ladja, Cerna, çA, Chiraz et un open-mic tout au long de la soirée, ainsi que des interventions, lectures de textes ect…

Entrée libre. Prix libre, maximum de solidarité avec le collectif Kamelibre.

 

vlcsnap-2014-08-30-16h43m01s148

KAMELIBRE
“Même leurs meilleures intentions créent nos pires realités. L’abolition de la peine de mort a aboutie à un allongement des peines,
Les peines infligées sont tout les jours plus lourdes, Les aménagements de peines sont a présent inexistants ou tardifs et avilissants.
Les nouvelles prisons et leurs techniques d’aneantissement sont plus efficaces. On laisse mourir a petit feu ou au mieux on laisse sortir psychologiquement démoli et dépossédé.”

Une des proies de ce système mortifère est Kamel Boubdallah. A 27 ans, il a déjà passé plus de 10 ans en prison. Il est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt des Baumettes, à Marseille.En Juin 2014 il a été condamné à 25 ans de réclusion pour vol à main armée et pour une prétendue tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique. Il a fait appel. Aujourd’hui Kamel parle de sa volonté de se réinsérer, il dénonce la spirale prison-délinquance-prison qui détruit trop de vies. Mais la justice pourrait confirmer son élimination sociale avec une condamnation pouvant aller jusqu’à la perpétuité (30 ans). Suite à des actes de résistance à l’intérieur il a déjà été condamné à d’autres peines.

A travers des évènements comme “FACE A LA PRISON” le collectif Kamelibre entend faire parler de l’histoire de Kamel, mais surtout créer des rencontres entre personnes confrontées à la prison, pour s’entraider et faire connaître ce qui se passe à l’intérieur.
La journée du 17 janvier sera aussi l’occasion de récolter de l’argent pour payer ses frais de défenses et subvenir à ses éventuels besoins. Un moyen de mettre notre solidarité en pratique, une occasion de réfléchir ensemble à des moyens de faire face à la prison. Toute autre initiative en solidarité avec Kamel est la bienvenue.

Pour toutes infos suplémentaires concernant Kamel vous pouvez nous écrire à l’adresse
kamelibre.collectif@gmail.com

Et pour plus d’info sur des précision vis à vis de l’événement “Face à la prison” vous pouvez nous écrire:
concertkamel@gmail.com

Solidarité avec les prisonnier-e-s de l’Opération Pandora

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2014-04-13_Calais_Antifa_Defendons_les_squats-400x337Mardi 16 décembre, 14 maisons, appartements et locaux ont été perquisitionnés à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid. 11 personnes ont été arrêtées et accusées d’appartenir à une organisation terroriste de caractère anarchiste. Le jeudi 18 décembre, les accusés sont transférés à Madrid où le juge Javier Gómez Bermúdez envoie en prison préventive à sept d’entre eux. Les quatre autres devront aller signer au palais de justice le plus proche de leur domicile, une fois par semaine.
La boîte de Pandore de l’antiterrorisme espagnol

Le matin du mardi 16 décembre nous a surpris avec une vague de perquisitions et détentions…On ne va pas mentir, le matin du 16 décembre ne nous a pas surpris.
La police autonome catalane, les Mossos d’Esquadra, la guardia civil et les agents
judiciaire de la cours nationale ont pris d’assaut 10 domiciles et quelques locaux anarchistes à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid, effectuant perquisitions et arrestations, confisquant du matériel de propagande et informatique. Ils en ont également profiter pour mettre à sac, utilisant tout le corps anti-émeute des mossos d’escuadra, la Kasa de la Muntanya, un espace occupé qui vient de fêter ses 25 ans.

La presse, démontrant une fois de plus son rôle de porte parole de la police, affirme que l’objectif de ces détentions est de désarticuler “une organisation terroriste et de
caractère anarchiste violente”. Même si cela paraît facile de répéter une fois de plus la même phrase, nous le faisons: l’unique organisation criminelle à caractère violent qui cherche à terroriser les gens est l’état et ses tentacules: la presse, l’appareil judiciaire, son corps répressifs et ses hommes politiques de n’importe quel bord.

Pourquoi n’avons nous pas été surpris par la répression? Parce que nous l’attendions.
Il ne s’agit pas de jouer aux oracles, mais de savoir lire entre les lignes ou de
manière littérale les évènements. Comme cela est déjà arrivé avec la détentions d’autres camarades l’année dernière, cela fait déjà longtemps que des vagues comme celle de mardi dernier sont orchestrées contre les milieux libertaires et antiautoritaires. Même si les descentes précédentes n’étaient pas si importantes, elles laissaient présager des situations de ce type.

Opération “à l’italienne”

Depuis environ 20 ans, le milieu anarchiste de la région voisine italienne subit régulièrement, et de plus en plus ces dernières années, des macro-opérations similaires à celles de mardi dernier. La similitude n’est pas seulement dans le format des descentes simultanées et perquisitions de différentes maisons, mais aussi dans
l’utilisation de noms faciles à retenir et tintés d’humour noir. Cette opération, par exemple porte pour nom “pandora”. Selon la presse, répétant ses sources judiciaires “il
s’agit d’une boîte, malgré nos nombreuses frayeurs, impossible à ouvrir”. Avec “nombreuses frayeurs” ils font référence à différentes actions réalisées ces dernières années sur tout le territoire de l’Etat espagnol. Pour revenir aux opérations en Italie, on se souvient malheureusement de l’opération Thor, faisant référence à des accusations d’une série d’attaques au marteau contre des distributeurs automatiques et autres bureaux. L’opération Ixodidae, nom scientifique du tique, mot utilisé par les fascistes pour appeler les communistes et les anarchistes. Et d’autres comme Osadia, Cervantes, Nottetempo etc.
En plus du procédé et de l’utilisation de ces noms, un autre facteur nous rappelle beaucoup ce pays voisin: le rôle de la presse. Celle-ci nous a également aidé à voir ce qui se dessinait à l’horizon. Depuis environ trois ans ou un peu plus, la presse espagnole a commencé une campagne pour préparer le terrain de façon à ce
qu’une opération comme celle-ci soit non seulement possible mais même
prédictible. Ils ont désigné des milieux, dans certains cas des lieux précis, des personnes avec noms et prénoms, des collectifs etc. La presse a contribué à construire une image caricaturale et quelque peu étrange d’un ennemi intérieur, habituel
depuis des décennies, mais qui ces dernières années est caractérisé de façon
très spécifique: “l’anarchiste violent,” l’insurrectionaliste”, “l’anti-système s’infiltre
dans les mouvements sociaux” etc.

Le fiasco Chilien
2010 fut une année glorieuse pour l’état chilien. En plus d’être élu président, l’entrepreneur et quatrième fortune du pays, le droitiste Sebastian Piñera orchestre une opération policière, médiatique et judiciaire contre le milieu antiautoritaire qui va se solder par une dizaine de réquisitions et arrestations. Connue comme l’opération Salamandre, populairement nommée “caso bombas”, elle est basée sur l’enquête qui
a suivit une série d’attentats à l’explosif qui avaient eu lieu les années précédentes. Grâce à l’imaginaire policier, une macro-structure en réseau hiérarchisée et responsable de toutes ces détonations est inventée pour les besoins de l’opération. Un cirque qui a non seulement fragilisé l’image de l’Etat, le tournant en ridicule mais qui a surtout mis en évidence le côté abject des méthodes des enquêteurs : falsifications de
preuves, chantage ou pression pour obtenir des informateurs ou des “repentis”, le hasard  etc.

Lors du procès tout les inculpés ont finalement été absous. Mais l’Etat Chilien a gardé une soif de vengeance contre ces accusés et leur entourage. Un an après la fin de
la farce “caso bombas”, les ministères, juges, policiers espagnols et chiliens travaillent ensemble sur un nouveau cas, cette fois-ci de ce côté-ci de l’Atlantique. Mónica Caballero et Francisco Solar, tout deux anciens inculpés du “caso bombas” sont arrêtés
(avec trois autres personnes qui seront ensuite “innocentés”) à Barcelone où ils
vivaient à ce moment-là. Monica et Francisco sont accusés d’avoir posé un
artéfact explosif dans la basilique de Pilar à Zaragoza, d’avoir conspiré pour
un fait similaire et de faire partie d’une supposée organisation terroriste. Ces camarades sont actuellement en prison préventive en attente d’un procès dont nous ignorons la date. Nous ignorons également dans quelle mesure cette dernière vague répressive va modifier leur procédure.

La situation est connue
plus ou moins de tout le monde et s’il y a une chose dont nous sommes sûrs
c’est que les dernières arrestations servent à donner corps à une théorie qui
ne se suffit pas à elle seule.
Quelques heures avant les arrestation de mardi dernier, le gouvernement espagnol annonçait à travers ses médias que les “ministères de l’intérieur espagnols et chiliens
ouvraient une nouvelle phase de collaboration renforcée dans la lutte contre le terrorisme anarchiste”. Lundi 15 décembre, le ministre de l’intérieur espagnol, Jorge Fernandez Diaz s’est réuni au Chili avec le vice-président et ministre de l’intérieur chilien Rodrigo Peñailillo au palais de la Moneda, siège du gouvernement, à Santiago.

“Dans la lutte contre le terrorisme, le Chili pourra compter sur l’Espagne comme sur
un allié solide”, se vantait l’espagnol pendant qu’il était décoré de la grande croix de l’ordre du mérite chilien, “la plus grande distinction du pays au mérite civil” selon la presse, un trophée que l’Etat chilien offre dans ce cas en remerciement au travail policier et comme prix pour la détention des camarades Monica et Francisco, l’année dernière.
En plus d’éloges et de prix, l’agent commercial Fernandez est allé vendre ce qu’il sait
faire: conseils policiers, judiciaires, matériel répressif etc.

Quel est le pas suivant de la répression ? Nous ne le savons pas. On sait peu de
choses pour le moment sur la situation de nos camarades, sur ce dont on les
accuse exactement, à quels moyens répressifs ils seront soumis, s?ils vont
être mis en préventive ou non, etc.

Ce qui est certain c’est que cette opération n’est pas un fait isolé, elle se rajoute à
une chaîne telle un nouvel anneau. Une chaîne répressive, par moment brutale,
d’autres fois plus subtile, dans la quelle sont inclues les nouvelles lois (il suffit de penser à la récente loi Mordaza), la pression à laquelle sont soumis les sans-papiers au travers de coups de filet racistes chaque fois plus important, la brutalité policière, jusqu’à l’ambition de gérer la misère et
d’administrer la répression, c’est après tout, ce que fait l’État avec une
pseudo-gauche (et Podemos à sa tête) qui rend à chaque fois plus évident
qu’elle n’est qu’une parodie d’elle-même. Expulsions, bâtons, fascismes,
durcissements légaux et punitifs de tout type, mirages nationalistes et
socio-démocrates, c’est ce que nous procurera le présent. Il n’y a rien de
pire à espérer, le pire a toujours été là. L’éventail des possibilités de l’antiterrorisme espagnol est un fouillis dans lequel tout rentre. On le trouve ici, à la vue de tous, pour nous rappeler que pour l’État, lutter, c’est du terrorisme. Cela fonctionne comme un épouvantail. Cela va-t-il nous faire peur ?

L’État et ses agents disent avoir ouvert la boîte de Pandore. Dans la mythologie grecque, Pandore est l’équivalente de l’Ève biblique. Avec cette misogynie caractéristique des deux mythologies, Pandore ouvre sa boîte, tout comme Ève
mange sa pomme, et libère tous les maux qui s’y rencontrent.

Nous sommes capables de créer notre propre récit et nous nous mettrons leur merde
mythologique où bon nous semble. Notre histoire est différente. La boîte ouverte par
cette opération répressive nous pousse à agir, à ne pas baisser la garde, à être attentives à ce qui va suivre. Cela nous fait penser et repenser le monde que nous voulons et la distance qui nous en sépare. Cela nous amène à penser qu’il est urgent d’agir, d’aller de l’avant. Les compagnons en détention font partie de différents projets, espaces, collectifs, etc… Il est fondamental que tout cela ne s’effondre pas, que la ruine (dans tous les sens du terme) à laquelle ce type de situations ont l’habitude de mener, ne génère ni impuissance ni sentiment de paralysie. On dit toujours que la meilleure solidarité est de continuer à lutter. Bien, mais qu’est-ce que cela peut signifier dans la pratique? On dit aussi toutes en choeur que si l’on s’attaque à l’une d’entre nous, on s’attaque à nous toutes… C’est ce que révèlent les ripostes et les manifestations qui ont eu lieu à différents endroits, tout comme l’ardeur inconditionnelle des compagnons
à l’extérieur.

On peut être sûres d’une chose, c’est que les compagnons incarcéréEs peuvent sentir cette ardeur dépasser les barreaux et l’isolement, car c’est cette même ardeur qu’elles
ont su nous transmettre en différentes occasions.

Barcelone, 18 décembre 2014

repris du site marseille infos autonome

A propos du livre d’Alexis Escudero : quelques éléments du débat

 

mardi 23 décembre 2014, par Yves

Le samedi 22 novembre un commando dit  » LGBT » a empêché un auteur (Alexis Escudero) d’exposer le contenu de son livre puis a tenté de le vider manu militari du Salon du livre libertaire de Lyon.

Témoin des faits, je ne suis pas intervenu pour trois raisons :

1° – je ne suis pas un partisan de la liberté d’expression totale pour tout le monde contrairement à de nombreux anarchistes. Je n’ai pas oublié l’affaire Faurisson et ses défenseurs ultragauches qui défendaient la « liberté d’expression » des négationnistes ; Chomsky, Baillargeon et Bricmont qui défendent eux aussi la liberté d’expression des fascistes ; ou les défenseurs du groupe raciste antimusulmans Riposte laïque dans le mouvement libertaire.

Si vraiment le contenu de ce livre est aussi réactionnaire que le prétendent ses critiques, je ne vois pas pourquoi un tel auteur a été invité au Salon.

Mais d’un autre côté s’il faut chasser d’un événement libertaire tous ceux qui défendent des thèses contestables au sein du mouvement anarchiste, la tenue même d’un tel salon deviendrait impossible. Chacun, en fonction de ses positions, pourrait facilement établir une liste noire des auteurs, des compagnons de route de l’anarchisme, ou des organisations indésirables : les bouffeurs de viande pour les vegans ; les soutiens des mouvements de libération nationale pour les anars hostiles à tout Etat ; les partisans des coopératives pour les anarcho-communistes conséquents, etc.

2° j’étais influencé (peut-être à tort) par les comptes rendus négatifs de son ouvrage.

3° je ne suis pas anarchiste et ne peux me réclamer de ma foi en une éthique anarchiste me permettant de juger de ce qui est juste – ou pas – dans le cadre de cette éthique militante.

N’ayant pas lu le livre d’Escudero j’ignore donc si cet auteur méritait d’être invité ou pas à ce salon du livre libertaire.

Par contre, pour les avoir entendus crier dans leur mégaphone, je crains que les adversaires d’Escudero par leurs insultes destinées à l’auteur mais aussi à tous ceux et toutes celles qui voulaient empêcher son expulsion, leur refus de débattre et d’avancer des arguments et leur violence aient renforcé les thèses d’Escudero plutôt que contribué à faire avancer leur cause.

Voici deux textes pour éclairer le débat

- Un appel à boycotter la présence d’Escudero au Salon

- Le témoignage d’une personne présente et en accord avec Alexis Escudero

P.S. Je préciserai aussi que, même si je suis partisan de l’égalité des sexes, je ne suis pas « féministe » vu la variété de sens que l’on donne à ce mot. Si le féminisme va d’Yvette Roudy à Emma Goldman, d’Alexandra Kollontai à Anne Zelensky, je crains que ce terme mérite quelques éclaircissements et que les LGBT n’aient pas grand-chose à faire des prolétaires et de la lutte des classes, du moins si l’on en croit leurs textes… Comme le disait une féministe sur un forum « La lutte des classes, ça me saoule »… Pour ma part, je suis prêt à être « saoulé » par la lutte des classes tous les jours, n’en déplaise à tous les postmodernes, déconstructionnistes, relativistes culturels et autres multiculturalistes réformistes.

Y.C. Ni patrie ni frontières, 22/12/2014

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