Buenos Aires (Argentine) : Une compagnonne blessée lors d’une attaque à la bombe, plusieurs arrestations

Attaque.noblogs.org

reçu par mail / jeudi 15 novembre 2018

Le mercredi 14 novembre, à Buenos Aires, quasi simultanément, deux endroits ont été attaqués à la bombe. La première attaque, au cimetière de la Recoleta, n’a malheureusement pas marché, la bombe explosant dans les mains d’une des deux personnes qui la menait. Elle visait la tombe de Ramón Falcón, chef de police qui fut responsable de la mort de 11 manifestants le 1°mai 1909, et qui fut pour cette raison assassiné plusieurs mois après par l’anarchiste Simón Radowitzky. La compagnonne qui a mené l’attaque est dans un état grave à l’hôpital et le compagnon qui l’accompagnait a été arrêté.

Quelques heures après, une bombe a été jetée contre la maison du juge fédéral Claudio Bonadi. Le compagnon qui menait l’attaque a rapidement été arrêté lui aussi.

Dans la nuit du mercredi à jeudi, ce sont 10 personnes qui ont été arrêtées dans un squat de Buenos Aires.

Pour rappel, le G20 à Buenos Aires commence dans seulement 2 semaines.

[résumé à partir de la presse argentine, sitôt que plus d’informations publiés par des compagnon-ne-s argentins sortira nous le diffuserons]

*****

NdAtt. : d’autres infos (en espagnol) sur Instinto Salvaje (ici pour l’attaque au cimetière et ici pour celle contre la maison du juge)

Valence, france :au centre pénitentiaire ça démolit aussi

dans la presse locale du 16//11 , la destruction de la maison d’arrêt de l’avenue de chabeuil  est  belle et bien commencée avec les tractopelles et les rondes de camions
Le chantier de démolition de l'ancienne maison d'arrêt de Valence a débutéLe chantier de démolition de l’ancienne maison d’arrêt de Valence a débuté

france bleu drome Ardèche 15 novembre 2018 à 18:59

la prison de Valence

Valence, France

La journée a été particulièrement tendue à la prison de Valence avec une première agression à 8h20 quand un détenu qui n’était pas prêt pour la promenade a saisi un gardien à la gorge.

Deux heures plus tard, un détenu mécontent de sa livraison cantine a sauté sur un agent et l’a frappé à coups de poing au visage et au niveau du cou.

Deux nouveaux agents blessés dans l’après-midi

Après la double agression du matin, un détenu s’en est pris à deux surveillants aux parloirs. L’homme tentait de dissimuler un sachet au niveau de ses parties génitales, un sachet qui contenait 17 grammes de résine de cannabis. Le détenu leur a porté plusieurs coups, il a même essayé de les mordre.


Comme le disait quelqu’un, « la dignité est très précieuse, on ne peut la perdre qu’une seule fois. »

La seule réforme acceptable des prisons est de les raser au sol, en même temps que la société autoritaire qui les produit et en a besoin.

 [Avis de tempêtes, bulletin anarchiste pour la guerre sociale
n. 9, 15 septembre 2018]

solidarité aux prisonniers

 

Lyon : Six antifascistes en garde à vue

15 novembre attaque.noblogs.org

Six individus ont été interpellés à leur domicile, ce mardi matin à l’aube, par la police lyonnaise. Ces militants antifa sont soupçonnés d’avoir muré, le 10 avril, les locaux de l’association d’extrême droite Bastion Social, le Pavillon noir (quai Pierre-Scize, Lyon 5e). Dissimulés sous des capuches, ils avaient utilisé des parpaings et de la mousse expansive pour condamner la porte d’accès du local.

Des tags contre l’extrême droite et anti-police avaient été par ailleurs été relevés sur le bâtiment et dans le quartier.
Lors des perquisitions, des objets de propagande ont été trouvés. Les individus, qui nient les faits, passent en comparution immédiate ce mercredi pour « dégradations en réunion par personnes dissimulant tout ou partie de leur visage, outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique et association de malfaiteurs ».

Le mardi 6 novembre, la Ville de Lyon a fermé par arrêté le local du groupuscule identitaire le Bastion social pour des raisons touchant à la sécurité des lieux. Cette décision a été «motivée par des manquements graves concernant la sécurité des personnes dans un établissement recevant du public».

*****

Ils sont sortis !

extrait de Rebellyon / mercredi 14 novembre 2018

Mardi 13 novembre, à 6h du matin, six militant.e.s antifascistes ont vu leurs portes défoncées par des policiers cagoulés. Après plus de 24 de garde-à-vue, elles et ils sont accusé.e.s d’avoir, une nuit d’avril dernier, muré le local fasciste « Bastion Social » et sont poursuivis pour dégradation, outrage et même « association de malfaiteur ». […]

Mercredi 14 novembre, le compte FB du Groupe Antifasciste Lyon et Environs publiait le message suivant :
« [Répression du mouvement antifasciste]
Pour information nous sommes toujours sans nouvelles de nos 6 camarades qui se sont fait casser leurs portes par des policiers cagoulés hier matin à 6h et emmener en garde à vue.
Une opération de police simultanée sur plusieurs départements avec bélier, armes automatiques pour des motifs minables : dégradation, outrage et « association de malfaiteurs ».
Des sacs entiers de matériel ont été emmenés.
Nos avocats nous confient être abasourdies devant l’absence totale de preuves qu’un quelconque délit ait été fait par nos camarades.
L’acharnement politique et policier se poursuit sur notre organisation à l’image de tout ceux et celles qui se mettent en travers de l’extrême-droite et qui manifestent leur solidarité avec les exilé-e-s. »

11 novembre, la guerre de 1914-1918 : le creuset des totalitarismes

Les commémorations du 11 novembre 1918 occultent toujours le souvenir du carnage et préfèrent exalter le martyre des soldats en sacralisant leurs combats. Elles fabriquent le mythe de la guerre nationale, la mémoire des combats est déformée, le culte du soldat est quasi religieux et s’incarne dans les monuments aux morts et les cérémonies. La République, et avec elle le pouvoir en place (quelle que soit son étiquette politique), profite de ces moments pour s’autocélébrer, sans se soucier de véracité historique.

On sait combien ces messes laïques sont capables de se transformer en révisionnisme ; on se souvient encore comment le bicentenaire de 1789, sous la direction intellectuelle d’un historien réactionnaire (François Furet) et dont les festivités furent conduites par le publicitaire des Galeries Lafayette (Jean-Paul Goude), a été l’occasion d’enterrer le concept même de révolution.

Il est donc important de revenir sur cette période pour comprendre que leur démarche a pour objectif de produire du consensus national, et découle d’une vision politique des classes dominantes. Car si tout le monde admet théoriquement que la Première Guerre mondiale fut bien la matrice du XXe siècle, on oublie volontiers que l’Europe fut, pendant quelques années, le champ de multiples soulèvements dont la défaite a ouvert grandes les portes du totalitarisme.

La Seconde Internationale l’avait promis : si le monde capitaliste était assez fou pour déclarer la guerre, il sombrerait dans la révolution. Le socialiste allemand August Bebel annonçait en 1911 au Reichstag : « Je suis convaincu que cette grande guerre mondiale sera suivie d’une révolution mondiale. Vous récolterez ce que vous avez semé. Le crépuscule des dieux approche pour le régime bourgeois. »

Des révolutions jetèrent bas les Empires russe, allemand, austro-hongrois.

La prédiction a donc paru, un court instant, pouvoir se réaliser. Entre 1917 et 1921, l’Europe fut secouée par des soulèvements d’importance. Mais, hélas, c’était trop tard, la défaite avait été forgée dès ce funeste 4 août 1914 ! La conscience et la détermination prolétariennes ne furent pas suffisamment aiguisées pour jeter par-dessus bord les conséquences de la reddition que fut l’Union sacrée réalisée dans chaque camp. Et, comme deux précautions valent mieux qu’une, les révolutionnaires affaiblis tombèrent ensuite sous les balles de leurs ennemis de toujours et d’aujourd’hui encore : les pouvoirs constitués, quelle que soit leur couleur.

Les opposants au système capitaliste réduits, laminés par la guerre puis par la répression, plus rien n’empêchait la classe dominante d’asseoir sa puissance sans souci aucun de la forme qu’elle pouvait prendre. Fascisme, stalinisme, Etat keynésien, peu lui importait, pourvu que l’ordre soit maintenu et que les affaires continuent, même en cas de crise. Le siècle était bien installé dans la barbarie. Il se réclamait des « Lumières », il s’est enfoncé dans les ténèbres des fascismes brun et rouge, autant de joyeusetés opposées sur le papier, mais qui se sont souvent alliées lorsqu’il s’est agi de mettre hors jeu les victimes révoltées de la barbarie capitaliste.

La guerre de 1914 nous a tous forgés, même celles et ceux qui en ignorent tout. Pour nous, elle a marqué le déclin d’un mouvement révolutionnaire que l’Espagne de 1936 a tenté, mais en vain, de faire survivre ; là encore, ils s’y sont tous mis, unis par leur union sacrée contre la classe ouvrière.

Les leçons à tirer sont énormes et multiples, mais la principale est sans doute que la lutte contre cette union sacrée est la priorité des priorités. Une politique d’union sacrée qui s’insinue par tous les pores de la politique et des luttes, qui gangrène des têtes autrement plus critiques et méfiantes mais qui finissent par accepter une vision bipolaire du monde : le bien et le mal, choisir l’un des deux camps… Il serait indécent de ne pas se rappeler les conséquences de cette vision.

.

Une personne appelait de tous ses voeux l’union des prolétaires en Europe pour éviter que les totalitarismes ne gouvernent le monde, en expliquant bien la situation complexe de l’époque, c’est Jean Jaurès : 25 Juillet 1914 : à Vaise, l’ultime discours de Jaurès contre la guerre, cinq jours avant son assassinat.

.

La Chanson de Craonne

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours et sans trompettes
On s’en va là-bas en baissant la tête


Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Nos pauvr’ remplaçants vont chercher leurs tombes


Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés

C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’ purotins
Et les camarades sont étendus là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là


Ceux qu’ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, nous, les trouffions
On va se mettre en grève
Ce sera vot’ tour messieurs les gros
De monter sur l’plateau
Si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Courant Alternatif – 1914 – 1918 : Le creuset des totalitarismes

PDF - 3.8 Mo

Sommaire

- 14-18 creuset des totalitarismes ……..p. 3
- Les causes de la boucherie ……..p. 4

Le contexte (Stefan Zweig) ……..p 7
« Le 4 août n’est pas tombé du ciel » (RosaLuxembourg) ……..p.8

- Le mouvement ouvrier vers l’Union sacrée ……..p. 9
La CGT ……..p 9
Le Parti socialiste ……..p. 10
La CGT vire de bord ……..p. 10
Les Anarchistes ……..p. 11
Les causes du reniement ……..p.12
Jaurès ……..p.13

- L’opposition à la guerre s’organise en Europe ……..p. 14
La conférence de Zimmerwald ……..p. 14
Déclaration franco-allemande ……..p. 16
Déclaration de Karl Liebknecht ……..p. 19
Les soldats indigènes : les oubliés ……..p. 19

- Le mouvement anarchiste et la guerre ……..p. 20

L’Internationale anarchiste contre l’Union sacrée ……..p.20
Le manifeste des seize pour l’Union sacrée ……..p.20
Réponse au manifeste des seize ……..p. 21
Un insoumis : Louis Lecoin ……..p. 22
Un ralliement prévisible ……..p. 23

- Mutineries et révoltes de 1917 ……..p. 24
Les poilus contre l’armée française ……..p. 25
1917 : la reprise des grèves ouvrières ……..p. 27
Alsace : la liberté est en marche ……..p. 29

JPEG - 17.6 ko

Ce numéro spécial ne traite bien sûr pas de tout ce que nous aurions voulu aborder. Il reste, malgré quelques incursions hors des frontières, très hexagonal pour ce qui concerne les soubresauts tragiques que connut le mouvement ouvrier. Dans l’Hexagone, il aurait fallu sans doute insister sur l’arrière, les immenses fortunes qui se sont constituées dans la foulée de la « modernisation » capitaliste qui fut finalement l’enjeu de ce massacre. Il aurait fallu aborder plus à fond les bouleversements sociologiques que cela entraîna : l’arrivée des femmes dans les usines et le déclin des paysans (ils étaient encore 50 % de la population active en 1914) dans les champs. Et le désarroi idéologique qui s’est installé ensuite entre les deux guerres. Le seul regret que nous n’avons pas est d’avoir laissé de côté l’histoire strictement militaire.

P.-S.

Mensuel « Courant Alternatif » Hors-Série N°14 paru en décembre 2008 édité par l’Organisation Communiste Libertaire
Disponible en kiosque au laboratoireanarchiste..

Yoyo numero 2, journal de lutte contre les barreaux

 

Indymedia Nantes / jeudi 8 novembre 2018

Yoyo, c’est un petit journal contre toutes les prisons qui paraît régulièrement de manière irrégulière. Ce numéro 2 est en réalité un troisième numéro, où on aura l’occasion de mettre un bon coup de dissolvant sur le vernis humaniste de la justice.

Celle-ci redore son blason par la construction d’un nouveau tribunal à Paris, écrasant mais néanmoins inflammable. Dans la même veine on évoquera les lieux d’hébergement, qui sous couvert d’accueil et de solidarité, sont là pour fliquer toujours plus les personnes demandeuses d’asile.
Un bon coup de décapant sera également passé sur la façade anti-carcérale de certains discours parfois dégueulasses, du style « pas de ça chez nous », lorsqu’il s’agit d’une nouvelle prison.

À l’inverse, on adhère à certaines formes de résistance et de révolte contre les prisons et toutes leurs composantes. Par exemple quand à l’intérieur, des prisonnièr.es se révoltent et agissent collectivement contre leur geôliers ou les murs qui les entourent. Ce fût le cas des personnes jugées à Poitiers en septembre dernier ainsi que de celles qui se sont mutinées récemment à la prison de Liancourt pour s’opposer à une fouille massive. Et puis d’autres continuent d’essayer de briser la glace par des parloirs sauvages !

A bientôt et bonne lecture !

Publication, France : Nucléaire ou lignite – Fragments de luttes contre le jus de ce monde

sans attendre demain

Télécharger la brochure au format PDF

 

TABLE DES MATIERES

  • Editorial p.4
  • Chronologie de la répression à Bure et des actions directes en France(27.07.2006-12.10.2018) p.6-12
  • Retour sur la lutte à la fin des années 1980 p.13-15
  • Face à la répression et nos faux-amis – fin juillet 2006 p.16
  • Pluie de convoc’ pour le saccage de l’hôtel-restaurant de l’Andra p.17
  • Lettre de Laura depuis la prison de Nancy p.18-20
  • Récit du procès des 3 inculpé.e.s au TGI de Bar-le-Duc (19.03.2018) p.21-22
  • Série de perquis’ et d’arrestations à Bure et alentours (20.06.2018) p.23[+ feux pour Loïc]
  • Début du chantier de la voie ferrée – 28.10.2018 p.24

ANNEXES :

  1. Lutte anti-THT – Affiche collée dans les Hautes-Alpes (09.2015) p.26-27
  2. Sur la lutte dans la forêt de Hambach contre la mine de lignite
  • Présentation p.28
  • Infos sur les incarcérations et la répression en général(11.2016-10.2018) p.28-29
  • Nous avons squatté Mannheim p.30
  • Chronologie d’actions directes contre la mine à ciel ouvertet ses défenseurs (oct.2015-oct.2018) p.29-33
  1. Conflens (Ariège) : Contre la réouverture de la mine de tungstène p.34-36
  • Sur l’incendie de la mine (avril 2017) p.34
  • La CGT et les chasseurs unis pour l’exploitation et l’industrie de guerre p.34
  • Mine de Salau : Mine de mort (Affiche collée en Ariège) p.35

Edito

Le centre d’enfouissement de déchets atomique à Bure, dans la Meuse, nous donne à toutes et tous de multiples possibilités pour lutter d’une part contre cette poubelle nucléaire, mais plus globalement contre le nucléaire et toutes les entreprises et les humains qui y collaborent. Ce projet de l’Andra n’est qu’une facette de ce monde qui ne cesse d’avoir recours à toujours plus d’énergies pour faire fonctionner cette société du mieux possible. Cette énergie dévastatrice une fois utilisée a, comme tant d’autres, besoin d’une décharge. Et c’est bien sûr avec l’aval des institutions et politiques locaux de la Meuse, en échange de pots de vin pour la région, que ce projet écocide a pu avoir lieu là-bas. Bon nombre d’entreprises y prennent part, que ce soit le géant du BTP Vinci, mais encore Enedis (ancien EDF) et ses avatars de l’énergie. Les ingénieurs d’Ingérop et ses filiales permettent également la réalisation de cette décharge enfouie à des milliers de kilomètres de profondeur. La plupart d’entre elles sont présentes partout, ce qui permet d’étendre le conflit (cf le blog lesmonstresdecigeo.noblogs.org, qui donne de nombreuses infos sur les divers promoteurs et collaborateurs de ce projet). Ce n’est pas qu’à Bure que ça se passe, mais partout.

Des luttes contre les lignes THT dans le Cotentin ou dans les Alpes à celles contre les transports CASTOR de déchets radioactifs de Valognes à Gorleben, les constructions d’EPR et de nouvelles centrales disséminées sur le territoire, toutes ont ce dénominateur commun de lutter contre l’énergie atomique. Mais d’autres luttes contre ce monde énergivore émergent ici et là : à Couflens en Ariège, le projet de réouverture d’une mine de tungstène rencontre une hostilité en mots et en actes (cf Annexe III.), tandis que dans la forêt de Hambach, en Allemagne, les opposant.e.s au projet de mine de charbon occupent la zone, mènent des opérations de blocage et de sabotage du chantier de la société énergivore RWE (cf Annexe II). Comme d’autres entreprises qui se sont impliquées dans les expulsions de la forêt, cette dernière est prise pour cible aux quatre coins de l’Allemagne, partout où elles sont implantées. En Nouvelle-Calédonie, la société Le Nickel (SLN) prévoyait d’étendre la mine de nickel mais elle se heurte à une résistance farouche et déterminée d’une partie de la population locale. Bon nombre de Kanaks – notamment les plus jeunes – qui, contrairement aux chefs de la communauté ne demandent aucune compensation pour les arbres coupés et les terres expropriées, ne négocient pas la dévastation de l’environnement et luttent sans médiation contre la société minière et ses collaborateurs : à la dizaine de sabotages incendiaires qui ont sérieusement perturbé le fonctionnement de la mine en moins d’un an s’est ajouté une opération de blocage de la porte d’accès par les opposant.e.s, empêchant ainsi les travailleurs d’œuvrer à ce projet écocide et mortifère : des centaines de personnes tiennent des barricades à l’entrée et se relaient jour et nuit pour paralyser son activité. SLN a finalement annoncé la fermeture de la mine mi-septembre 2018¹.

A l’heure où à Bure l’État et ses forces répressives multiplient perquisitions et arrestations d’opposant.e.s, les traînant ensuite devant les tribunaux, quadrillent et contrôlent la zone tout en distribuant à la pelle « interdictions de territoire » et « assignations à résidence », il est plus qu’urgent de désenclaver le conflit contre le projet CIGEO, de l’étendre partout dans l’Hexagone et au-delà.

A l’heure où une partie des opposant.e.s érige la destruction du mur de l’Andra en août 2016 dans le bois Lejuc comme principal symbole de la lutte (vantant son caractère d’action de masse et écartant de fait les multiples attaques nocturnes contre Enedis), on n’oublie pas que d’autres personnes sont poursuivies pour d’autres actions destructrices tout aussi belles et efficaces, notamment le saccage du labo de l’Andra ou encore de son hôtel-restaurant.

A l’heure où le site de la lutte vmc.camp a été fermé par ses administrateurs par peur de la répression, nous restons persuadé.e.s que la meilleure façon de rester uni.e.s et solidaires, c’est de continuer à informer des suites judiciaires contre les camarades et compagnon-ne-s, à lutter et à attaquer CIGEO, ENEDIS et ses collaborateurs, à mettre des bâtons dans les roues de la machine énergétique qui alimente ce monde.

L’objectif principal de cette brochure est de se rappeler des actes offensifs contre les installations et (infra)structures de cette société nucléarisée et énergivore, afin de leur redonner un second souffle et de faire en sorte qu’ils se répandent.

Un texte (page 16) datant de juillet 2006, rappelle également à quel point nous devons enterrer toute théorie de composition, toute perspective de lutte menée aux côtés d’anti-nucléaires légalistes et citoyennistes. Qu’elles luttent de leur côté, sans mettre leur nez dans le conflit que nous menons. Nous voyons leur présence dans la lutte comme un problème de fond, car la représentation médiatique, la médiation et le respect des lois sont des choses inconciliables avec nos manières de lutter contre le nucléaire et cette société qui en a besoin.

Si nous luttons contre le nucléaire, c’est à la fois parce qu’il dévaste la planète et empoisonne le vivant, parce qu’il est un parfait outil de contrôle de la population aux mains de l’État, tout en étant la ressource idéale d’un monde qui produit toujours plus d’énergies pour satisfaire toujours plus de besoins (que la domination les appelle « renouvelables » (éoliennes²) ou non, peu importe.). Nos désirs de liberté sont incompatibles avec leur contestation démocratique. C’est pourquoi nous inscrivons notre lutte contre le nucléaire et toute autre ressource énergétique dans notre combat pour la liberté totale.

Quelques Bure à Mater


Note :

¹cf plus d’articles sur la lutte contre l’extension de la mine de nickel en Nouvelle-Calédonie.

²Notons les beaux incendies de parcs éoliens dans plusieurs régions de France durant l’été 2018 : les premières flammes saccageuses dévorent une éolienne et endommagent une autre à Marsanne (Drôme) dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Le sabotage, revendiqué sur le net aurait coûté plus de deux millions d’euros de dégâts à la société gestionnaire RES. Fin octobre, on apprend qu’elles n’ont toujours pas été remises en marche. Mieux, celle qui s’est fait cramer sa nacelle, les trois pales ainsi que le moyeu (hub), ne sera pas opérationnelle avant mars 2019! Ensuite, c’est une éolienne du parc des Monts d’Ain (Ain) qui est incendiée dans la nuit du 2 au 3 août (communiqué de revendication à lire ici). Enfin, vendredi 28 septembre vers 8h30, un incendie détruit une machine du parc éolien de Sauveterre, situé près du col de Salettes sur les sommets de la Montagne Noire à près de 1 000 m. d’alt.

Chambéry, Rodez et Ploemel : Ni leur guerre, ni leur paix

publié par attaque

Chambéry : Les gerbes en morceaux et les drapeaux volatilisés

Le Dauphiné / mardi 13 novembre 2018

Les gerbes déposées pour les cérémonies du 11-Novembre ont été détruites entre le dimanche 11 et le lundi 12 novembre, au monument aux morts du Clos Savoiroux, à Chambéry. C’est ce qu’ont constaté dans ce parc près du centre les services techniques de la Ville ce lundi matin. Déjà, dimanche matin, en préparant le site pour la commémoration du centenaire de l’Armistice, ils avaient eu la désagréable surprise de découvrir le vol de quatre drapeaux tricolores installés au sommet des mâts.


Rodez : Morts pour la France, morts pour rien

France3 / dimanche 11 novembre 2018

Le monument aux morts de Rodez, situé avenue Victor-Hugo, a été vandalisé, il y a une quinzaine de jours. Une des deux vitres qui protègent les noms des victimes gravés dans le marbre a reçu un grand coup : le verre est étoilé et les noms des soldats de la Grande Guerre sont désormais illisibles.
A la veille de l’inauguration du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, cet acte de vandalisme est lourd de sens. A l’heure actuelle, aucune information ne permet d’en comprendre la motivation exacte. Une plainte va être déposée. Et la vitre rapidement remplacée.

*****

Ploemel (Morbihan) : Ni nation ni religion

Le Télégramme / dimanche 11 novembre 2018

Grosse colère du maire de Ploemel, Jean-Luc Le Tallec, ce dimanche 11 novembre, vers 16 h, lorsqu’il a constaté les dégradations et le « saccage » autour du monument aux Morts de la commune. Averti par un passant que les drapeaux et le gerbe posés quelques heures auparavant, lors de la cérémonie du 11-Novembre, avaient été arrachés et jetés sur le parvis, et les pots de fleurs autour également dégradés, il s’y est immédiatement rendu sur place et a averti la gendarmerie.
Des gendarmes des brigades d’Etel et de Port-Louis sont venus faire les constats. Le maire a été rejoint par des représentants des Anciens combattants, ainsi que ceux de la paroisse qui ont aussi constaté que de l’argent et des cierges dans l’église avaient été volés. Tous étaient choqués et partageaient un sentiment de colère et d’incompréhension.
Pour le maire, ces actes sont « inimaginables, impensables ». Il portera plainte et ne laissera pas tomber cette affaire, « par respect pour la population et surtout les enfants », qui étaient si nombreux à la cérémonie le matin. Les anciens combattants trouvent ces actes « blessants ». Tout le monde est particulièrement navré à l’égard des enfants et les élèves des écoles ploemeloises, qui [qu’il faut dresser à être les bons citoyens et, qui sait ?, les bons soldat de demain, non? NdAtt. ]avaient préparé leur participation à cette cérémonie et sont venus en nombre, avec leurs enseignants.
La compagnie de gendarmerie de Lorient a fait savoir, en soirée, que plusieurs personnes avaient été contrôlées mais qu’aucune interpellation n’avait eu lieu. Des témoignages recueillis évoquent la présence de deux jeunes filles, qui se seraient intéressées un peu plus tôt au tronc de l’église, avant d’être dirigées vers la sortie par le diacre. Ces deux jeunes filles auraient également été aperçues non loin du monument aux Morts. La gendarmerie les recherche pour les interroger.

2014-18 – Le passé et le futur vs. le présent

le présent

Cent ans. Considéré avec une certaine distance, cela semble microscopique, à peine un soupir d’un point de vue historique. Mais c’est aussi le moment charnière entre grands-parents et arrière-grands-parents, entre des visages connus et des photos jaunies, entre des caractères proches et des histoires lointaines. 1914-1918.

Beaucoup de commémorations s’approchent, sans doute en présence de messieurs dames hauts dignitaires. Des discours sont tenus prétendant que « nous » avons appris de l’histoire, que « nous » sommes maintenant sur le bon chemin. Une note éphémère ici (c’est qu’il y a toujours des améliorations possibles), une tape réconfortante dans le dos par là et en apothéose, cet inévitable « Plus jamais de guerre ». Une blague indémodable ; les gens du pouvoir qui s’érigent en pacifistes. Les obsèques de Mandela ont aussi constitué une de ces pièces de théâtre dont les acteurs sont connus. Ceux qui revendiquent le monopole de la violence, commandent et arment les armées et les milices (ou polices si vous voulez), concluent des alliances pour conquérir et occuper des territoires (war on terror ou mission de paix en pure novlangue), tamponnent les licences d’exportation de matériel de guerre avec des destinataires souvent fl ous mais des buts toujours clairs ; de l’oppression à l’extermination. C’est une blague amère.

Le souvenir d’une catastrophe inconcevable (et tout sauf naturelle) comme celle de 1914-1918… que dois-je en faire en tant que jeune homme ? Même les protagonistes qui mourraient par centaines et milliers dans les tranchées, qui gardaient des cicatrices indélébiles de ces quelques années, ne pouvaient pas en empêcher la répétition, à certains égards en superlatif. En toute honnêteté, il faut ajouter que les opposants les plus virulents à la guerre, lorsqu’ils n’ont pas servi de chair à canon sur le champ de bataille, sont morts dans les années ré- volutionnaires qui ont suivi le massacre, une baïonnette dans le ventre ou un couteau dans le dos quand ils ont tenté de se débarrasser de leurs maîtres. Opprimer et exterminer, cela ne faisait ni chaud ni froid à la nouvelle société.

Quelle est alors la leçon que je pourrais tirer de l’histoire ? Qu’elle se répète toujours ? Cet énorme cliché sans cesse épousseté et en même temps nié ?

Les causes de la catastrophe de ‘14- ’18 me disent quelque chose, elles paraissent même quelque peu banales. Une société qui se croit incontestable dans son savoir-faire. Des dirigeants qui aspirent à rendre leur pouvoir totalitaire, c’est-à-dire tangible dans tout geste et toute pensée (en se servant de l’instrument séculaire du patriotisme). Un Progrès technologique implacable qui fait miroiter des paradis tout en faisant surtout approcher l’extermination de masse.

Les comparaisons sont faciles (trop faciles ?). Un jeu de poker financier dans lequel les perdants accidentels payent par la banqueroute les risques et les profits des gagnants. Ensuite, un « faites vos jeux ! » et on se retrouve au prochain tour. La démocratie qui ne tolère la contestation que dans la mesure où elle se déclare en accord avec la démocratie et qualifie le reste de terrorisme. Des dirigeants qui veulent se faire valoir jusque dans les moindres gestes (en indiquant par exemple, où vous pouvez vous asseoir, ou ce que vous pouvez mettre dans vos poubelles). Un nationalisme qui n’a en fait jamais disparu, mais redessine de temps en temps ses frontières afin de paraître à nouveau frais et alléchant. Une énième catastrophe soi-disant exceptionnelle (Fukushima et le Golfe de Mexique en sont des exemples les plus récents et spectaculaires), qui rend un territoire inaccessible pour des centaines d’années, mais ne fait pourtant pas chanceler la technologie. Bien au contraire même, les scientifiques résoudront ces problèmes avec plus de technologies, avec de meilleures technologies.

Peut-on étudier des causes, tirer des conclusions ? Et alors ? Voulons-nous continuer à nous répéter avec nos cris contre la guerre et les dirigeants, attendons-nous une autre issue ?

L’histoire qui se projette dans l’avenir peut-elle être niée ? Peut-être que oui. N’est-ce pas ce que font les anarchistes? Se battre, contre toute raison (c’est-à- dire, contre la raison de cette société), pour une autre possibilité, celle de la liberté ? Pas parce que nous voulons être des martyres ou des pédants aspirant à une place dans les livres de l’histoire, comme « ceux qui étaient dans le vrai depuis le début ». Ces mêmes livres démontrent déjà qu’un tel espoir est vain. Les anarchistes qui se battaient contre les mobilisations de guerre étaient convaincus de leur cause. Eux ou leurs idées ont-ils eu quelque reconnaissance après ? Pas du tout. Cela rend-il leurs efforts futiles voire même ridicules ? Absolument pas. Parce qu’une répétition de l’histoire, un conformisme avec cette société, n’est pas la vie. La vie perd son sens, vivre comme mouvement, lorsqu’elle devient une fatalité, si nous refusons d’agir.

[Publié dans la revue anarchiste Salto n°4, août 2014]

Appel à la solidarité avec les anarchistes russes

Le vendredi 9 novembre 2018

repris de : 325

Les services spéciaux russes sont en train de préparer la destruction du mouvement anarchiste. Leur excuse sont les attaques explosives de jeunes anarchistes.

« Never forget our fallen comrades! » Melbourne, Australia.

L’anarchiste Mikhail Zhlobitsky, de 17 ans, s’est fait exploser dans un local du FSB dans la ville d’Arkhangelsk, le matin du 31 octobre. Avant l’explosion, il a posté des messages sur le réseau social Vkontakte et sur le chat de la messagerie Telegram Rechi Buntovshchika (Paroles de rebelles – t.me/rebeltalk). Dans ces messages, plusieurs minutes avant l’explosion, il annonçait l’action qu’il allait mener et en disait les motivations – propagande par le fait et vengeance pour la torture et la répression de la part du FSB contre des anarchistes.

Le complice supposé de Mikhail, qui a 14 ans, a été arrêté par les service spéciaux à Moscou le 2 novembre. Ils accusent Kirill Kuzminkin de préparer une attaque à la bombe contre une manifestation néo-nazi. Kirill nie ces accusations. Les flics disent avoir trouvé chez Kirill les composants nécessaires à la préparation d’explosifs. Le père de Kirill déclare que ce sont des composants pour la fabrication de pétards et les service spéciaux sont en train d’essayer de présenter l’ado comme un terroriste.

Au même moment, à travers tout le pays, police et services spéciaux interrogent anarchistes, socialistes, antifascistes et même libertariens. Les abonnés à Narodnaya Samooborona (Autodéfense populaire), la plus grande base de donnée anarchiste russe, et de Rechi Buntovshchika (Paroles de rebelles), le chat anarchiste sur Telegram, où les messages de Mikhail Zhlobitsky sur l’attaque imminente ont été postés, sont contrôlés en masse. Par exemple, à Krasnodar, environ cent personnes ont été convoquées par la police. Elles ont été interrogées sur leur attitude vis-à-vis de l’anarchisme, de Narodnaya Samooborona et de l’action de Zhlobitsky. Il semblerait que police et services spéciaux veuillent contrôler tou.te.s les abonné.e.s de Narodnaya Samooborona – 26000 personnes.

À la suite de l’opération des forces de sécurité, sont déjà apparues des nouvelles enquêtes contre des anarchistes. Le 4 novembre, l’anarchiste Vyacheslav Lukichev a été emprisonné à Kaliningrad ; il est connu dans le milieu anarchiste pour ses activité animalistes et antifascistes. Vyacheslav est accusé d’apologie publique de terrorisme pour avoir publié le message de Mikhail Zhlobitsky sur le canal anarchiste Prometeus de Telegram (t.me/class_war). Malgré le fait que ce message ait été publié par de nombreux média du pays, Vyacheslav se trouve maintenant à risquer sept ans de prison. C’est évident qu’une telle « justice » sélective est due aux opinions anarchistes de Vyacheslav et la haine des forces spéciales envers les anarchistes et Prometheus. Le FSB a essayé d’accuser la compagne de Vyacheslav de ce délit, après quoi il s’est auto-accusé pour la sauver. Nous avons toutes les raison de croire que ces détentions sont seulement le début d’une nouvelle grosse vague de répression contre les anarchistes russes.

Apparemment, le FSB va utiliser cette situation pour réprimer le mouvement anarchiste et Narodnaya Samooborona, qui est le plus grand mouvement anarchiste en Russie au jour d’aujourd’hui. Il promeut l’anarchisme sur les réseaux sociaux, créant la plus grande base de donnée anarchiste du pays, et se bat contre les mafieux et les patrons sans scrupules. Dans les deux dernières années, Narodnaya Samooborona a organisé une série de campagnes qui ont été suivies dans des dizaines de villes russes. Après la campagne sur l’affaire « Réseau » [la répression contre des anarchistes de Penza et Saint Petersbourg; NdAtt.], organisée par Narodnaya Samooborona en février et mars de cette année, les services spéciaux ont entamé la répression contre ce mouvement. En février, plusieurs anarchistes ont été arrêtés à Chelyabinsk, car suspectés d’avoir posé la banderole « le FSB est le seul terroriste ». Les anarchistes ont été enfermé.e.s par les forces spéciales du FSB et torturé.e.s pour qu’ils/elles avouent avoir mené cette action. Le FSB a aussi essayé de les faire passer pour la cellule locale de Narodnaya Samooborona, afin de présenter ce mouvement comme une organisation extrémiste, ce qui, selon la loi russe, permettrait de créer une nouvelle grosse affaire répressive contre des anarchistes.

De plus, il y a eu de la répression à Moscou à la veille des élections présidentielles. En février, plusieurs anarchistes ont été arrêté.e.s et accusé.e.s de s’en être pris aux bureaux d’Edinaya Rossiya (Russie Unie), le parti au pouvoir. En mars, à la veille des élections, les forces spéciales et la police politique ont mené une opération contre les anarchistes de Moscou, avec une série de perquisitions de maisons d’anarchistes. Un de ces anarchistes, Svyatoslav Rechkalov, que le police suspectait d’être l’administrateur du média anarchiste Narodnaya Samooborona, a été torturé avec des électrochocs. Pendant qu’il était torturé, on lui demandait d’avouer être le « chef des anarchistes », l’organisateur de Narodnaya Samooborona et de toutes les campagnes anarchistes menées récemment dans le pays. Pendant les tortures dans les locaux de la police politique, ça lui a été clairement dit que la raison de cette répression à l’encontre des anarchistes était leur activité grandissante et leurs actions dans les villes russes.

Ceux-ci sont loin d’être les seuls exemples de répression visant des anarchistes cette année. Plus tôt, le FSB a monté une affaire pénale à Penza et Saint Petersbourg, torturant des anarchistes de ces villes et les accusant d’avoir crée une organisation terroriste, le « Réseau ». En février-mars de cette année, il y a eu une descente de police contre les anarchistes de Crimée. Pendant ces opérations aussi, des activistes ont été torturés. Un d’eux, Evgeny Karakashev, est toujours en taule, accusé de terrorisme. Un autre anarchiste de Crimée, Alexander Kolchenko, a choppé une condamnation à dix ans de prison pour une action définie comme criminelle, faite avec le réalisateur Oleg Sentsov.

En plus, l’autre jour une autre affaire pénale a été intentée contre le vétéran du mouvement anarchiste Ilya Romanov. Ilya a commencé son activité anarchiste à l’époque de l’URSS et a écopé de plusieurs condamnations de prison. A l’heure actuelle il est en prison pour une affaire de terrorisme, fabriquée par le FSB, à cause de l’explosion d’un pétard. Romanov critique la gestion de la colonie pénale où il se trouve, du coup une nouvelle affaire pénale a été montée contre lui. L’administration de la colonie pénale a crée un compte Facebook à son nom et y a publié une vidéo avec un appel à rejoindre Daesh. Cela a suffit pour qu’Ilya Romanov reçoive une nouvelle condamnation. Il y a aussi des nouvelles du début d’une affaire contre cinq anarchistes à Chelyabinsk, pour des tags contre la réforme des retraites.

A Irkusk, les procès continuent contre Dmitry Litvin, accusé d’« offense aux sentiments des croyants » pour avoir publié une photo sur les réseaux sociaux dans laquelle il fait le doigt d’honneur sur le fond d’une église. L’année dernière il y a eu des descentes de police contre des anarchistes d’Irkutsk pour avoir posté cette photo. Les appartements des anarchistes ont été ravagés par les forces spéciales.

Évidemment, à cause de toute cette répression et de cette terreur étatique, la nouvelle génération d’anarchistes sera consciente du fait qu’il n’y a pas de différence entre la lutte armée et les protestations légales – dans tous les cas tu sera considéré comme un terroriste et torturé.

Cela pousse les jeunes anarchistes vers les bombes. Malheureusement le mouvement anarchiste russe est extrêmement fragmenté et a plein de conflits, et on ne se soutient pas les uns les autres en cas de répression. De nombreux mouvements anarchistes se sont déjà dépêchés de condamner les jeunes poseurs de bombe et les désavouer, disant qu’ils n’ont aucun lien avec l’anarchisme. Auparavant, même la répression contre de nombreux autres anarchistes était ignorée. Malgré l’augmentation des affaires pénales et la persécution des anarchistes, les information à ce propos sont ignorées à cause de conflits personnels et des considération conjecturales.

Nous faisons appel à la solidarité avec tou.te.s les anarchistes russes qui subissent la répression – à Penza, Saint Petersbourg, Moscou, Chelyabinsk, Kaliningrad, Irkutsk et en en Crimée. La Russie est en train de devenir une dictature terroriste et cela pousse déjà les jeunes anarchistes vers les bombes.

Notre contact : media_ns [at] riseup.net

[N.B. : traduction avec gogole – à prendre donc avec réserve ]

source : https://attaque.noblogs.org/post/2018/11/11/appel-a-la-solidarite-avec-les-anarchistes-russes/#more-22259

Paris,France la lutte contre la machine à expulser en appel – 2 novembre 2018

Le 2 novembre 2018 à Paris se tiendra une audience relais de la Cour d’appel pour fixer la date définitive du second procès de la lutte contre la machine à expulser. Le 22 juin 2018 en première instance, sept camarades et compagnon.ne.s avaient pris un total de 9 mois de prison ferme et 5 mois avec sursis ou en jours-amende, suite aux visites inamicales dans les agences Air France et SNCF de mars 2010, quelques heures après la condamnation à des années de taule de dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

De 2006 à 2011, une lutte contre la machine à expulser a touché des centaines d’objectifs de manière variée, avec le feu comme avec le marteau ou l’acide, sans compter les balades sauvages et les discussions publiques, ou les idées (affiches, banderoles, tags, tracts) directement adressées à la rue au-delà de tout rapport virtuel. Une lutte sans sujet ni centre politique, qui proposait à chacun l’auto-organisation sans médiation et l’action directe diffuse à partir d’un angle particulier, la machine à expulser, une lutte au nom de la « liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers ».

Après des mois d’enquêtes menées par les petits soldats de la section anti-terroriste (SAT) de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres et deux vagues de perquisitions en février et juin 2010 dans une quinzaine de domiciles, deux vastes instructions judiciaires furent ouvertes. Elles ont fini sept années plus tard par des jugements qui se raccrochent aux branches, faute d’avoir pu mettre la main sur les anonymes qui avaient mené toutes ces attaques. La première a ainsi conduit à la condamnation en juin 2017 de trois personnes à 4 mois de prison avec sursis, pour des tags suite à une promenade nocturne (« dégradations en réunion »). La seconde a de son côté conduit à la condamnation le 22 juin 2018 de sept camarades et compagnon.ne.s pour un total de 9 mois de prison ferme et 5 mois avec sursis ou en jours-amende, sans compter quelques milliers d’euros distribués de ci de là (soit, en passant, des peines supérieures à celles demandées par le procureur). En cause ? Des visites inamicales rendues à l’agence Air France de Bastille et à la boutique SNCF de Belleville, qui durent rester porte close pendant plusieurs jours, ainsi qu’une pauvre vitrine d’un magasin Bouygues redécorée dans un même élan (saccages constituant des « dégradations ou détériorations du bien d’autrui commises en réunion »). Ces deux actions s’étaient déroulées le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation à des années de taule de dix sans-papiers accusés de l’incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

A travers le verdict du 22 juin 2018, rendu ironiquement 10 ans jour pour jour après cette même révolte destructrice du CRA de Vincennes, c’est l’ensemble de la lutte contre la machine à trier, enfermer et expulser les indésirables, ponctuée ces années-là de vagues de sabotages, que le pouvoir a souhaité viser en guise d’avertissement contre toutes celles et ceux qui continuent aujourd’hui de lutter contre elle, de Calais à Paris ou de Ouistreham à Briançon. Notamment parce que l’attaque de ces mille et uns rouages reste une possibilité toujours actuelle, contre Air France, Bouygues et la SNCF, et contre beaucoup d’autres encore.
Mais si l’État n’a pas oublié de boucler sa petite vengeance, y compris de longues années après, c’est aussi pour une petite raison supplémentaire : frapper une manière de lutter et de s’auto-organiser de façon autonome au sein de la guerre sociale. Une manière sans partis, syndicats ou journaflics où on se met en jeu à la première personne pour agir directement contre tout ce qui nous opprime, des frontières à l’enfermement, du contrôle social aux guerres technologiques, de l’exploitation à la domination, une manière sans médiation pour en finir avec le vieux monde de l’autorité.

Pour ne donner que quelques exemples, alors que les fins limiers de l’anti-terrorisme ne sont jamais parvenus à identifier les joyeux saccageurs d’Air France et de la SNCF, le tribunal a fourgué 4 mois ferme à un camarade qui passait dans la rue pour avoir interrompu une balance qui filmait avec son téléphone portable, au prétexte que « le fait d’interdire le tournage de la scène de vandalisme commise par d’autres relève de la co-action ». Ou comment un tribunal rappelle à tous que le fait de filmer des actes illégaux relève du civisme élémentaire et participe à la délation – des actes à encourager -, tandis que l’empêcher relève d’un salutaire réflexe de solidarité – un acte à punir. Pour d’autres accusé.e.s, le fait « d’avoir des centres d’intérêts en rapport avec les mobiles des infractions commises », soit plus prosaïquement d’avoir à la maison des livres, des brochures et des affiches subversives, suffit à justifier pour les charognes en toge l’existence « d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’il/elle ait commis des dégradations en réunion, outre l’existence de raisons plausibles de soupçonner qu’il/elle avait commis une infraction ». Misère de la démocratie totalitaire qui justifie a posteriori à travers du papier saisi en perquisition des peines qui vont jusqu’à 2 mois de prison ferme en jours-amende pour les seuls refus d’ADN et de signalétique, en l’absence de toute autre accusation concernant un fait spécifique.
Les grosses ficelles ont donc été comme souvent de sortie ce 22 juin, ce qui n’est pas une surprise contre des accusé.e.s dont le profil ou le casier correspondent à leur non-collaboration depuis le début de cette affaire : celui d’individus rétifs à la loi. Rien de nouveau sous les fourches caudines de la justice, dont l’objectif est d’effrayer et de punir quiconque s’oppose ou fait obstacle à la marche radieuse de l’ordre social et de la paix des marchés. Qui plus est quand on refuse obstinément de se confesser aux flics, de s’auto-ficher dans leurs poulaillers ou de renier ses idées anti-autoritaires devant les tribunaux. Qui plus est quand on ne se reconnaît pas dans les catégories d’innocent et de coupable, mais qu’on défend l’idée d’une liberté en acte contre le pouvoir.

Les sept camarades et compagnon.ne.s ont fait appel du jugement du 22 juin 2018 prononcé par la 16e chambre du tribunal correctionnel composée, qu’on se le dise !, de Bruno Deblois (premier vice-président), Ankeara Kaly et Kévin Genest (juges assesseurs), assistés du procureur Damien Brunet. La Cour d’appel a posé une première audience relais le 2 novembre 2018, en vue de fixer la date de cette prochaine échéance judiciaire.
Sans attendre de connaître cette dernière, chacun peut d’ores et déjà exprimer sa solidarité de la manière qu’il trouvera la plus adéquate ! De la Méditerranée devenue un gigantesque cimetière marin à la mise en camps des migrants qui forcent les frontières terrestres, de la construction de dizaines de nouvelles prisons aux technologies de contrôle de la ville-carcérale et à l’extension des frontières intérieures, …saboter la machine à expulser et à enfermer est bien le moins que l’on puisse faire.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !

Des ennemis de toutes les frontières

[Publié sur indymedia nantes, 02.11.2018]