Allemagne : Lettre de Lisa pour les journées anti-carcérales de Berlin (Octobre 2017)

[Lettre de la compagnonne incarcérée à Cologne pour braquage de banque à Aachen, comme contribution aux discussions anti-carcérales qui se sont tenues à Berlin du 6 au 8 octobre 2017]

Il n’existe certainement aucun autre endroit tel que la prison où l’injustice, l’exploitation et l’oppression sont aussi acérées. Même si on dit que certaines choses se sont apparemment améliorées ou assouplies en détention par rapport à la décennie précédente, ça ne se ressent absolument pas en régime de détention classique. Souvent, les conditions dans de nombreuses prisons sont même bien pires qu’il y a dix ans par exemple. Il n’y a généralement qu’une heure de promenade par jour, peu ou pas de travail, des possibilités incroyablement réduites pour communiquer avec le monde extérieur (surtout en détention préventive), une assistance médicale désastreuse, une négligence vis-à-vis des prisonnier.e.s souffrant de maladies physiques et mentales, d’énormes difficultés pour les étrangers, pour les personnes qui ne parlent pas allemand ou qui sont analphabètes, c’est-à-dire la grande majorité des personnes incarcérées. De plus, il n’existe quasiment pas d’options d’apprentissage, de formation continue ou d’activités, toujours plus de grilles et de « mesures de sécurité ».

Certes, on parle constamment de re-socialisation mais en fin de compte ça veut simplement dire intégrer les prisonniers au sein du système d’esclavage salarié ou même aussi, une fois sortis de prison, de les garder comme des exploités domestiqués et dépendants, auquel cas pèse sur les prisonniers la menace constante de la punition et de l’aggravation de leur situation, qui finit bien sûr par tomber. On peut déjà remarquer comment, depuis des décennies voire des siècles, le système de punition au sein de la prison s’est sans cesse perfectionné mais on peut aussi remarquer que, d’un autre côté, il continue en vérité à fonctionner comme à ses débuts. Aujourd’hui, il y a moins de passages à tabac et de tortures en Allemagne, mais de toute manière, les matons vous enlèvent le peu de choses qui ne vous a pas encore été volé. Les matons peuvent vous supprimer visites ou appels, tout contact avec les codétenu.e.s, travail ou activités, retirer la télévision de votre cellule ou vous isoler et vous enfermer dans un bunker ou dans un quartier de haute-sécurité. Les menaces sont présentes en permanence, les exécutions aussi ; la prison consiste uniquement à écraser et à briser tout type de personnes libres, rebelles ou simplement « inadaptées », en les éduquant ou sinon en les punissant. Bien sûr, toute forme d’intervention sociale, de solidarité ou d’organisation avec les autres détenus afin de faire face aux injustices quotidiennes est particulièrement sanctionnée, en les qualifiant immédiatement de « soulèvement » ou de « mutinerie », même s’il s’agit d’une broutille ridicule ou du simple fait de défendre ses propres droits.

L’isolement en tant que remède permanent à « tous les maux » ne s’applique pas uniquement comme punition pour un fait en particulier mais aussi en d’autres occasions. De toute évidence, il est régulièrement utilisé contre des prisonnier.e.s dit « politiques » pouvant être « dangereux » ou qui ont le soutien de « mouvements dangereux », généralement en détention préventive lorsqu’il y a des « séparations de criminels » et que des prisonnier.e.s de droit commun sont isolé.e.s des autres. Même au cas où une personne serait porteuse d’une maladie contagieuse ou refuserait de se faire examiner par le médecin, elle est ensuite placée en quelque sorte « en quarantaine » dans la même prison et est privée de tout contact humain, ce qui l’exclut et l’isole complètement. Les prisonnier.e.s sont traité.e.s comme de la merde, des personnes qui ne valent rien. Seul importe l’ordre au sein même de la prison, que rien ne fonctionne de travers, même si tout être est annihilé : « tout va bien » tant que personne ne se suicide.

Les lois, règlements et règles sont en général très stricts, tandis que les droits accordés sont minimes. Ceci donne souvent aux matons une énorme marge de manœuvre dont ils peuvent profiter à leur convenance. Dans certaines périodes calmes, ils tolèrent davantage de choses de la part des prisonniers, mais c’est aussi fait dans le but d’habituer les prisonniers à un « régime assoupli » et donc de les rendre plus vulnérables au chantage, de sorte que cette condition/ ce privilège puisse être annulé sur le champ au cas où les détenu.e.s ne se comportent pas comme le système carcéral le voudrait. Ces putains de règlement leur permettent tout.

Il y a bien sûr beaucoup de racisme, d’exploitation et de violence patriarcale en taule entre les prisonnières elles-mêmes. Dans la section des femmes ce sont presque toujours les femmes d’origine roms et tziganes qui sont les plus ciblées, même si d’autres groupes et minorités peuvent en être la cible.

Le pouvoir et l’abus qui en découlent sont constamment utilisés, et ce de manière abusive de la part de ceux qui l’ont, mais aussi à la base parmi les prisonnier.e.s, ce qui explique qu’il règne un pouvoir et une impuissance incroyable, conduisant certain.e.s à la solitude ou à la dépression, à un égoïsme et à une soumission totale chez beaucoup d’autres. Malheureusement, seul.e.s quelques prisonnier.e.s sont en mesure de se dresser contre cette injustice permanente. Bien souvent, ces interventions solidaires sont stoppées ou brisées en séparant et en transférant les personnes dans d’autres centres de détention. Parmi toutes ces vexations, il est important d’agir intelligemment tout en restant digne, de savoir clairement quelle conséquences on peut supporter, en réfléchissant à l’avance à ce qui est le mieux pour soi. Sinon, on vous écrase ici, tout simplement. Cependant, il est tout aussi important de ne pas tout accepter, mais de s’impliquer et de se battre, sinon vous serez impacté.e.s sur le plan humain. Mais il n’est pas facile d’équilibrer ces deux modalités.

Le système carcéral n’est pas extérieur à la société mais en est un élément fondamental sans quoi l’État et son système de répression et de domination n’existeraient pas. On menace par des peines et de la prisons afin que les gens s’intègrent à ce monde misérable, n’outrepassent simplement pas les limites fixées, se contrôlent et se refrènent, sinon on les enferme. En permanence on parle des viols et des crimes sexuels, ce qui fait que l’on justifie tout le système pénal et que l’on intimide la société. Cependant, la plupart des prisonniers sont à l’intérieur pour des délits liés à l’argent, à l’économie et des atteintes à la propriété, surtout quand il s’agit de la propriété des riches et des puissants. De nombreuses personnes incarcérées viennent des couches les plus pauvres et les plus misérables et tentent simplement de mener une vie un peu plus digne. Par ailleurs, les femmes sont confrontées à la violence patriarcale et à l’exploitation et finissent aussi souvent en prison pour cela.

La répression et la prison visent aussi à avoir un effet dissuasif sur nous, anarchistes, de sorte que nous ne soyons pas trop sauvages, rebelles ou organisé.e.s et avant tout pour que nous ne représentions aucun danger pour le système. En même temps, la prison est toujours associée à l’isolement total, à la solitude, à l’ennui et à l’emprisonnement constant qui, bien que cela puisse être le cas, ne peut pas être la seule chose qui existe. Ici aussi, à l’intérieur, c’est important de tirer le meilleur parti de chaque situation, de résister de manière active et multiforme, de tisser des liens sociaux, d’apprendre beaucoup des autres mais aussi de soi-même et de ne jamais abandonner.

C’est vachement important de combattre notre propre peur collective de ce système carcéral de merde et de tirer les points forts de nos expériences, de vécu et de résistance, mais nous ne devrions jamais jouer de manière trop frivole ou inconsciente avec notre propre liberté. Mais la vie et la lutte continuent aussi en prison et après le temps que l’on y a passé. Souvent, ce sont justement ces expériences difficiles dans nos vies qui nous sensibilisent davantage, nous radicalisent, nous soudent, et nous donnent une force et une détermination que nous n’aurions jamais eu autrement.

Par ces mots, je vous envoie des salutations solidaires et combatives, à Berlin pour les journées anti-carcérales. J’espère vraiment avoir vent de discussions et de débats très passionnants et qu’en naîtront de nombreux projets et complicités.

Prenez soin de vous ! Continuez ! Et ne vous laissez jamais domestiquer ! Beaucoup de force à tou.te.s celles et ceux qui doivent passer par la taule !

Jusqu’à ce que toutes les prisons soient en ruines et que toute forme de domination et d’autorité soit détruite !

Pour la rébellion, la liberté et l’anarchie !

Lisa

Août/septembre 2017

Pour lui écrire:

Lisa, nº 2893/16/7
Justizvollzuganstanlt (JVA) Köln
Rochusstrasse 350
50827 Köln (Allemagne)

[Traduit de l’allemand par sans attendre demain de antiknasttage2017, 13. Oktober 2017]

Une autre lettre de Lisa de juin 2017

Fleury-Mérogis ( Essonne)Plus 120 prisonniers refusent de regagner leurs cellules

18/:01 2018  15h30 selon divers médias

COLÈRE -123 prisonniers de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, en Essonne, ont refusé jeudi midi de réintégrer leur cellule, a appris BFMTV. Ils ont commencé à les rejoindre aux alentours de 14h30, et sont fouillés dans le calme. L’équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) est intervenue.

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image des ERIS

Valence ( centre pénitentiaire) :Téléphones fixes en prison ? Est ce que c’est une revendication?

lors qu’on parle de » maintenir le lien » nous  on informe  que la prison de valence:

note:   Valence Centre pénitentiaire  dés l’ouverture du centre pénitentiaire l’émission de radio( téléphone du dimanche)  qui avait lieu tous les dimanches ont été impossible car Gepsa et les surveillants  et la direction de la prison n’ont pas permis d’afficher  la publicité à l’intérieur( comme cela se passait dans l’ancienne maison d’arrêt) pour cette émission de radio qui permettait aux familles de prisonniers de communiquer, faire des dédicaces…. à travers la radio aux proches incarcérés.LLes animateur-e-s de l’émission, suite aux persécutions continuelles de l’AP, ont décidé d’arrêter l’émission..


www.francetvinfo.fr

Téléphones fixes en prison : aux Baumettes, les familles sont contentes, les surveillants grondent

LLe ministère de la Justice a annoncé mardi l’installation progressive de téléphones fixes dans chaque cellule dans les prisons françaises. À la prison des Baumettes à Marseille, la mesure satisfait les familles mais suscite un tollé chez les surveillants.

 

Un téléphone public à disposition des détenus du centre pénitentiaire de Nancy (illustration).

 

 C’est une bonne chose. En-dehors du parloir, on peut quand même s’appeler », se réjouit Déborah, devant l’entrée de la prison des Baumettes à Marseille. Elle est venue lundi avec une dizaine d’autres femmes apporter les cadeaux de Noël aux détenus. « Le parloir, c’est une fois par semaine, 45 minutes », rappelle-t-elle. Le téléphone permet de « maintenir un lien » et représente « une aide morale quand ça ne va pas ». Présente également devant la prison, Sarah se réjouit de cette mesure : « Ils pourront nous passer plus de coups de téléphone. Ça permet d’être rassuré, savoir s’il va bien ».

Plus de 50 000 téléphones vont être installés

Les téléphones vont être progressivement installés dans l’ensemble des cellules des établissements pénitentiaires français. Cette mesure fait suite à une expérimentation menée en 2016 dans la prison de Montmédy. Le ministère a d’ailleurs décidé de faire vite. L’appel d’offre pour la fourniture des 50 144 téléphones sera clôs dans une semaine.

Pas de quoi rassurer les surveillants de prison. « Ça ne résoudra rien du tout, ça ne fera qu’engendrer des problèmes », s’alarme Catherine Forzi, du syndicat Force Ouvrière. Selon la représentante syndicale, les détenus ont déjà accès à des téléphones publics pour joindre « leurs familles et leur avocat ». « Ils veulent téléphoner en toute discrétion, ils vont se dire que c’est surveillé, donc il y aura toujours des trafics, peut-être même encore plus », ajoute Catherine Forzi qui s’inquiète de la capacité à pouvoir surveiller ces appels.

On n’arrive pas à les surveiller, à faire les écoutes comme on devrait les faire. Vous imaginez avec le nombre qu’ils vont rajouter

Grenoble : Prison de Varces les prisonniers résistent

       France bleu isère mercredi 17 janvier 2018 à 20:33

20 mois de prison ferme pour l’agression de deux gardiens à Varces.

Il avait tabassé un gardien après un parloir et craché au visage d’un officier 4 jours plus tard. Le premier est depuis en arrêt de travail

la prison de Varces
la prison de Varces © Maxppp –

Un détenu multi-récidiviste de 20 ans,  a été condamné, ce mercredi à 20 mois de prison ferme pour avoir agressé 2 gardiens de prison à Varces (banlieue de Grenoble), les 7 et 13 décembre 2017. A savoir, un an ferme plus la révocation de trois sursis pour un total de huit mois.

A la sortie d’un parloir, le gardien qui accompagne Ilyes …, procède à la fouille, comme c’est souvent le cas(, ça se passe mal . Le détenu casse la figure au fonctionnaire. Et comme le matériel de transmission marche mal, les autres gardiens sont prévenus en retard.    Hier il passait devant un tribunal pour la 22ème fois.  A 15 ans c’était pour du cannabis, à 16 ans, pour port d’armes, à 17 ans pour violence en réunion.

A 18 ans, il fume 15 joints par jour. C’est lui qui le dit.  Il enchaîne les admonestations et les sursis. Ce n’est qu’à la veille de ces 18 ans qu’il découvre la prison.   Depuis, il a passé 3 mois en liberté. A Varces, Il agresse régulièrement les gardiens et les autres détenus. Il a comparu 23 fois, devant le conseil de discipline. Il passe la moitié de sa peine au quartier disciplinaire.

Ce jeune né en 97 an Algérie, arrivé en France à l’âge de 5 ans, s’exprime beaucoup mieux que la moyenne des prisonniers. Il est intelligent, bien qu’il ait arrêté l’école en 3ème( sic). Mais 15 pétards par jour. ça ne développe ni les neurones ni la sociabilité. Et les gardiens de prison n’ont pas beaucoup de solutions pour gérer( sic) les prisonniers comme lui.

PAR AILLEURS (avec AFP, )

Deux surveillants ont été agressés, l’un mardi et l’autre mercredi, à la maison d’arrêt de Grenoble-Varces (Isère) qui connait un taux d’occupation de 156%, a dénoncé le syndicat Ufap-Unsa, appelant à une action jeudi matin.  

Mardi matin, « un collègue a failli se faire crever l’oeil car on a pas mal d’oeilletons cassés qui n’ont plus de protection. Quand il s’est approché pour regarder dans la cellule avant d’ouvrir, le détenu a passé un stylo », a expliqué à l’AFP Dimitri Garot, responsable syndical local.

Mercredi matin, un surveillant « arrivé il y a trois mois », « a refusé à un détenu sa demande d’aller immédiatement à l’infirmerie en lui rappelant les procédures. Le détenu lui a mis des coups de poing dans l’abdomen », a poursuivi M. Garot.  A Varces, « nous sommes en théorie 100 surveillants mais en réalité 80-85 et plus de la moitié de l’effectif sont des stagiaires, c’est-à-dire avec moins d’un an d’ancienneté », a-t-il détaillé.

Pour dénoncer ces dysfonctionnements et demander la réparation des oeilletons, l’Ufap-Unsa appelle les agents à une action, « débrayage ou blocage » à décider jeudi matin.  Pour Dominique Verrière, délégué régional Ufap-Unsa, la sur-occupation à plus de 150% de Varces-Grenoble comme de  Saint-Quentin-Fallavier (Isère) est au-dessus de la moyenne rhônalpine (environ 110%).   De plus, une des particularité de Varces est d’accueillir « la population pénale grenobloise » réputée pour son « niveau de dangerosité important », reflet de la délinquance et de la criminalité liées au trafic de drogue de la capitale des Alpes, a souligné M. Verrière.

Le procureur de la République de Grenoble a dressé mercredi en audience de rentrée solennelle un sombre tableau : « les chiffres 2017 de la délinquance et de la criminalité ne sont pas très bons » pour le ressort.  Jean-Yves Coquillat a mis en exergue un « phénomène particulièrement inquiétant: des mineurs étrangers ( la chasse aux étrangers [note du laboratoire])  ont été embauchés par des trafiquants de drogue » d’un quartier de Grenoble, à un tarif de « 100 euros net par jour pour faire le guet, ce qui est nettement plus que le Smic et démontre la vitalité économique du secteur » (

note:.les syndicalistes profitent du mouvement national pour demander plus de prisons et de la monaie, la éclatration du procureur de Grenoble  va faire plaisir au sinistre Collomb. (auteur de la circulaire du 12 décembre 2017).

Un livre:Trimards – «  Pègre  » et mauvais garçons de Mai 68

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L’’affiche a pu être imprimée sur du papier de couleur. Un exemplaire déposé à la Libreria Anomalia porte le tampon du groupe Berneri de la FA, à Marseille.

Lu sur ACL : « Le livre de claire Auzias présente à la fois la passion que fut Mai 68 en France, mais aussi sa complexité, sans occulter les divisions qui existaient dans l’extrême gauche. Le tableau qu’elle nous présente de ces «  trimards  » et autres mauvais garçons, nous invite à sérieusement réviser les lectures abstraites et théoriques sur la révolution. Ce travail confirme qu’une autre histoire est toujours possible.

Trimards à Lyon, loulous à Grenoble, zonards à Nantes, katangais à Paris ou Mouvement révolutionnaire octobre à Bordeaux, pour l’auteure ce Lumpenproletariat était l’autre face de la Révolution.

Claire Auzias a publié «  Un mai mineur  » il y a trente ans, un titre hommage à Deleuze et Guattari, dans lequel elle conte ses «  Mémoires d’une révolutionnaire  » (IRL, 1988). Elle a aussi précisé quelques aspects de son Mai 68 dans Claire l’enragée, un dialogue avec Mimmo Pucciarelli (ACL). Ici, elle est historienne de ce qu’elle connaît si bien, grâce à une abondante documentation inédite. Son travail sur l’histoire montre que, en scénographie comme en littérature, les éclairages peuvent se déplacer, se croiser, se renforcer et s’illuminer à l’infini.

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Publication:Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale #1

Une nouvelle publication, Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la
guerre sociale, vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est
en format A5, et celui-ci fait 12 pages), on pourra retrouver chaque
nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog : avisdetempetes.noblogs.org

« Recommencer, toujours. C’est le sort, qui peut sembler quelque peu
tragique, de tous ceux qui sont en guerre contre ce monde d’horreurs
infinies. En cours de route, certains tombent sous les coups, d’autres
ne résistent pas aux sirènes qui appellent à se résigner et à rentrer
dans les rangs, voire retournent carrément leur veste. Les autres,
celles et ceux qui persistent se battre entre hauts et bas, doivent à
chaque fois retrouver force et détermination pour recommencer. Pourtant,
à bien à y réfléchir, la tragédie n’est pas de recommencer, de repartir
de zéro, mais d’abandonner et de se trahir soi-même.La conscience,
toujours individuelle, peut être un fardeau lourd à porter, et devient
cruelle quand on l’a trahie sans disposer de suffisamment
d’anesthésiants. Car ce monde n’en manque pas, et les distille même à
volonté. Une petite carrière alternative à son propre compte, des
dimanches pour aller s’émerveiller dans un parc naturel, un projet
humanitaire ou culturel, voire des drogues carrément plus dures : écrans
en tout genre, réalités et socialités virtuelles, abrutissement total.
Non, un tel sort nous effraie bien plus que toutes les souffrances, que
toutes les peines liées à l’échec de détruire l’autorité… »

Paris : la lutte contre la machine à expulser en procès

indymedia nantes

Mercredi 31 janvier 2018 à 13h30, sept camarades et compagnon.ne.s passeront en procès à Paris à la 16e chambre du tribunal correctionnel. Deux sont accusé.e.s d’avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la société Air France », un autre est accusé d’avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la SNCF et de Bouygues Télécom », et tous sont accusés du refus de livrer leur ADN et leur signalétique (dont quatre uniquement de cela).

La lutte contre la machine à expulser en procès…

Mercredi 31 janvier 2018 à 13h30, sept camarades et compagnon.ne.s passeront en procès à Paris à la 16e chambre du tribunal correctionnel. Deux sont accusé.e.s d’avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la société Air France », un autre est accusé d’avoir « volontairement dégradé ou détérioré des locaux professionnels de la SNCF et de Bouygues Télécom », et tous sont accusés du refus de livrer leur ADN et leur signalétique (dont quatre uniquement de cela).

Ces petites visites inamicales d’une trentaine d’inconnus dans les locaux d’Air France à Bastille puis dans ceux de la SNCF à Jourdain se sont produites en plein jour le 17 mars 2010, quelques heures après la condamnation de dix sans-papiers à des années de prison ferme pour l’incendie du centre de rétention de Vincennes. Elles s’inscrivent plus largement dans le cadre de la lutte contre la machine à trier, enfermer et expulser les indésirables, ponctuée ces années-là de vagues de sabotages contre une partie de ses nombreux rouages. Un peu moins de huit années après des faits gérés par la section anti-terroriste du 36 quai des Orfèvres, l’Etat n’oublie rien, et ça tombe bien, car nous non plus !

La SNCF est toujours un auxiliaire zélé du ministère de l’Intérieur à Vintimille comme ailleurs, Bouygues s’enrichit toujours sur l’enfermement et la mise en cage, Air France continue sa collaboration aux déportations forcées parfois assassines (dernier mort en date, un expulsé algérien de 34 ans sur le vol Air France Copenhague-Paris le 22 novembre dernier), les indésirables «sans-papiers» ou «réfugiés» sont toujours traqués, tabassés, humiliés et expulsés quotidiennement sous nos yeux dans les rues de Paris comme de Calais, et la Méditerranée se remplit toujours de milliers de cadavres qui avaient le tort d’être dépourvus d’un petit bout de papier.
En outre, l’Etat se prépare désormais à expulser en masse beaucoup de celles et ceux qui à force de courage et de détermination sont parvenu.e.s ces dernières années à passer entre les mailles du filet. Le projet de loi sur l’immigration examiné à partir d’avril prévoit ainsi le doublement de la durée de rétention jusqu’à 105 jours (en cas de refus d’expulsion) grâce à la construction de 400 places supplémentaires dans les prisons pour étrangers sans-papiers (les CRA) ou jusqu’à 24h de «retenue administrative» en cas de contrôle d’identité dans la rue ou les transports pour les détenteurs de carte de séjour. Dès le 12 décembre, la circulaire Collomb avait d’ailleurs donné le ton avec la création d’une brigade mobile spécialisée dans le tri des réfugiés à l’intérieur des structures d’hébergement, ou encore en augmentant la fréquence de vols spéciaux privés et de charters pour suppléer Air France.

Car au-delà des sept nouveaux individus que l’Etat a choisi de renvoyer laborieusement en procès après des années d’instruction (trois autres ont déjà été condamnés en juin 2017 à 4 mois avec sursis pour des «dégradations en réunion» dans un autre volet de ces enquêtes), c’est bien toute une lutte qui sera jugée : celle contre la machine à expulser qui, de 2006 à 2011, a touché des centaines d’objectifs de manière variée, par le feu ou le marteau, le sabotage à l’acide ou à la colle, sans compter les balades sauvages, les manifestations et les discussions publiques, les collages d’affiches ou la diffusion de tracts et autres propositions adressées à la rue. Une lutte sans sujet ni centre politique, qui propose à chacun l’auto-organisation sans médiation et l’action directe diffuse à partir d’un angle particulier, une lutte au nom de la « liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers ».

C’est donc aussi cette manière de lutter et de s’auto-organiser de façon autonome au sein de la guerre sociale qui sera jugée, une manière sans partis ni syndicats où on se met en jeu à la première personne pour agir directement contre tout ce qui nous opprime, des frontières à l’enfermement, du contrôle social aux guerres technologiques, de l’exploitation à toutes les dominations, une manière qui est aujourd’hui plus que jamais d’actualité pour en finir avec le vieux monde de l’autorité.

Des ennemis de toutes les frontières

Discussion publique
lundi 22 janvier 2018 – 19h
CICP – 21ter rue Voltaire – 75011 Paris

 

Pièces jointes

Tract en PDF

Chili : Les églises crament à la veille de la visite du pape

Attaques incendiaires et explosives coordonnées contre cinq églises, avant la visite du Pape

Dans la nuit du 12 janvier, une série d’attaques explosives et incendiaires ont frappé la capitale chilienne, trois jours avant la visite du Pape François Ier, leader pourri et monarchie d’une institution tachée de sang et fondé sur la torture, le pillage et l’inquisition.

1. Attaque incendiaire contre la paroisse « Santa Isabel de Hungria », en calle Las Catalpas # 99, dans la commune d’Estacion central, à Santiago.
Ici, des inconnus ont sauté le grillage et vers minuit quinze un engin incendiaire a fortement endommagé la porte et un vitrail. Les prêtres et des voisins ont essayé d’éteindre l’incendie, évitant que l’église brûle entièrement.
Des tracts revendiquant l’action ont été trouvés sur le lieux. Les flics du GOPE [groupe d’interventions spéciales des Carabineros; NdAtt.] et de la police scientifique sont arrivés, mais personne n’a été arrêté.

2. Attaque explosifs contre la chapelle du « Cristo vencedor », en calle Peninsula #2167, dans la commune de Peñalolén.
Vers 3h10, un engin explosif fabriqué avec de la poudre noire entassée dans un extincteur a explosé, endommageant une partie du mur extérieur et laissant un trou à côté de la porte principale. Ici aussi ont été retrouvés des tracts qui revendiquent l’action et ici également le GOPE et la police scientifique sont arrivés pour examiner les restes de l’engin, sans interpeller personne.

3. Attaque explosive contre la chapelle « Emmanuel, Parroquia Santos Apóstoles”, située calle Salzburgo #4068, dans la commune de Recoleta.
A 3h20, un engin explosif fabriqué avec de la poudre noire pressée dans un cylindre en métal a explosé, faisant tomber la porte principale de la chapelle, en plus de briser les vitres de cette partie de l’église.

4. Attaque incendiaire ratée contre l’église « Cristo Pobre”, matucana #540, commune de Quinta Normal.
Au matin du 12 janvier, en engin incendiaire qui ne s’est pas enflammé a été retrouvé devant la porte de l’église. Il était composé d’une jerrican avec 5 litres de combustible et d’un minuteur, qui n’a pas marché. La prese a essayé de lier cette attaque au « Movimiento Juvenil Lautaro » [une organisation marxiste-leniniste; NdAtt.], à cause de tags et tracts présents dans le quartier, mais cette orga a essayé de mener une autre typologie d’agitation de rue contre la visite du Pape, avec la perspective d’une organisation de masse, très lointaine de ce type d’attaques incendiaires et explosives.

5. Attaque incendiaire ratée contre la paroisse « Jesús Maestro”, en avenida Central #3895, dans la commune de Quinta Normal, à l’intérieur de Villa Portales.
Le matin du 12 janvier a été retrouvé un engin composé d’une jerrican de combustible et d’un minuteur qui n’a pas marché.
Les flics du GOPE et de la scientifique sont arrivés faire les constats sur les lieux, trouvant encore le même tract.

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Voici le texte du tract :

Nous ne nous soumettrons jamais à la domination qu’ils veulent exercer sur nos corps, nos idées et nos actes, puisque nous naissons libres de décider le chemin à prendre.
Contre toute religion et tout.e prédicateur.ice.
Corps libres, impurs et sauvages.
Attaquons avec le feu de la lutte, en faisant exploser leur morale dégueulasse.
Liberté pour tou.te.s les prisonnier.e.s du monde.
Wallampu [la terre Mapuche; NdAtt.] libre. Autonomie et résistance.
Pour François : les prochaines bombes seront sous ta soutane !

[Traduit de Noticias de la Guerra Social par Attaque]

Besançon, france : Banderolle en solidarité avec la compagnonne incarcérée à Cologne

sansattendre.noblogs.org

Dans la nuit de jeudi à vendredi, dans les environs de la gare TGV, nous avons accroché une banderole en solidarité avec Lisa, compagnonne incarcérée à Cologne pour un braquage de banque à Aachen, en Allemagne.

Sur la banderole on peut lire « Solidarité révolutionnaire avec Lisa, anarchiste incarcérée pour un braquage de banque à Aachen (Allemagne). Feuer allen Knästen (Feu à toutes les taules) (A) ».

Lisa vient de se voir refuser sa demande de révision de peine (à 7 ans et demi de prison) et de se faire transférer dans une prison en Espagne, afin d’être moins éloignée de ses proches. Cette nouvelle nous a mis en colère et nous n’entendons pas la laisser seule dans le silence morbide de l’isolement carcéral.

Liberté pour Lisa !

Liberté pour tou.te.s !

Source: larueourien

[Publié sur indymedia nantes, vendredi 12 janvier 2018]

valence [ Drôme] Centre pénitentiaire une manifestation de solidarité des matons

 

 france bleu drome ardèche lundi 15 janvier 2018 à 7:30