Transféré* à Condé-sur Sarthe.

Salut,

Un mail pour faire état de la détérioration des conditions de détentions
des détenus suite au mouvement de maton-ne-s qui sévit depuis l’attaque
de deux matons à la prison haute-sécurité de Condé-sur-Sarthe.

Le 05 mars dernier Mickael Chiolo et sa compagne attaque à l’aide de
deux couteaux céramiques deux matons de la prison. Condé c’est une
prison ultra-moderne, à quelques pas d’Alençon dans l’Orne. Y sont
enfermés à l’isolement les détenus jugés les plus dangereux par la
pénitentiaire, et pas mal de longues peines. On y trouve entre autres
quelques cellules et une unité dédiée aux détenus dits » radicalisés ». La
prison n’est pas contrairement à d’autres surpeuplée. Les détenus sont
confinés dans leur cellules individuelles de 9 m2. Ce qui n’est pas gage
de meilleures conditions de détention mais d’isolement des taulards.

Dans les heures qui suivent les matons et les matonnes de Condé entrent
en grève et bloquent les parloirs. Sur place on voit encore pas les
traces de suie sur le bitume due à l’occupation du rond point jouxtant
l’entrée du site. Durant une quinzaine de jours, le mouvement mené par
différents syndicats dont la CGT-pénitentiaire et soutenus par leurs
collègues de plusieurs taules, mais également par les gilets jaunes
locaux, réclament des revalorisations salariales, un recrutement, un
durcissement des moyens répressifs ( tasers, fouille à corps des détenus
et des visteur-se-s, renforcement des ERIS ), mais également
vidéosurveillance et écoute des unités de visite familiale dans lesquels
les détenus peuvent rencontrer leurs proches, la suppression des espaces
de « convivialité » et d’activités aussi dangereuses que la jardinage ou
la boxe. Bref, il s’agit de réduire encore plus drastiquement les
maigres libertés que les détenu-e-s réussissent à arracher à
l’administration pénitentiaire et de faire payer aux engeolés et à leurs
proches l’attaque. Durant cette grève et dans les jours qui suivent, les
détenus ne peuvent sortir de leurs cellules individuelles, accéder aux
promenades, aux activités. Plus de 20 jours sans pouvoir sortir de leur
9 m2.

Finalement, après une quinzaine de jours de lutte l’administration et le
ministère cède sur pas mal de revendications. Mais seulement sur Condé.
Ce qui ne manquera pas d’irriter les collègue de Caen, du Havre, de
Cherbourg et de tas d’autres taules. Les matons en lutte de Condé sont
des « traitres » : ils et elles n’ont lutté que pour leur gueule !

Vendredi dernier, le syndicat PRP – syndicat pour la protection et le
respect des prisonniers – qui réunit quelques proches de détenu-e-s
appellent  un rassemblement. Nous ne sommes qu’une dizaine dont 4
proches de détenus. Elles veulent alerter sur les conditions de
détention à l’intérieur du centre. Ces proches, dont certaines s’étaient
déplacées de plusieurs centaines de kilomètre n’ont pu avoir accès aux
parloirs. L’administration refuse même de communiquer avec elles. Elles
n’apprendrons qu’en fin de journnée qu’elles ne pourrons voir leur
proches. Larbitraire de la taule dans toute sa splendeur. Sur les
réseaux sociaux, des matons nomment les plus militantes « putes à
parloir ». L’une d’entre elles nous balance ironiquement : « si j’avais pu
toucher de la thune à chaque fois, ça m’aurait arrangé ! »Elles attendent
de savoir si elles pourront les voir ce mercredi 27.

Tout celà aurait mérité un beau parloir sauvage. Mais ni le nombre, ni
le lieu ne s’y prête réellemnt. Entre une quatre voix toute proche, une
zone indutrielle, les grillages qui repoussent les murs d’enceinte d’une
bonne centaine de mètre, des murs d’enceinte bien haut difficile
d’espérerse faire entendre. Juste quelques coup de klaxon lors de notre
départ en convoi. Tandis qu’autour du site, entre les enceintes de
confinement et les barbelés extérieurs, paissent quelques dizaines de
moutons que la pénitentiaire a posé là, tout aussi enfermés que les
détenus qui peuvent les observer. Le meilleur des mondes écologique en
quelques sorte.

Bref, ce mouvement de matons et de matonnes aura permis de légitimer et
durcir encore davantage la torture pénitentiaire. Vient s’y ajouter
aujourd’hui un durcissement des conditions de détention dans l’ensemble
des mitards de France.

Pour prolonger la réflexion et peut-être motiver certains et certaines
d’entre vous à passer à la discussion contre la construction de la
nouvelle prison de Ifs le vendredi 05 avril prochain à 18 heures au
local Apache, voici quelques liens :

Sur le durcissement du mitard :
https://paris-luttes.info/le-durcissement-du-mitard-11826
L’appel du 22 :
https://paris-luttes.info/appel-a-rassemblement-devant-la-11838
Le texte de l’Envolée sur la question :
http://lenvolee.net/le-vrai-drame-de-conde-sur-sarthe-cest-son-existence-meme/

Contre toutes les prisons,
Un d’Apache avec la complicité de quelques autres.

[reçu par mail]]
 Note du laboratoire: * Depuis deux ans  les émeutes du centre pénitentiaire permettent à France  bleu  Drome Ardèche de faire la propagande anti prisonniers révoltés , le laboratoire etc.. est solidaire du prisonnier transféré à condé sur Sarthe..