Monthly Archives: janvier 2015

[Espagne] Un an après l’assassinat de Ceuta

26 janvier 2015. Il y a un an, le 6 février 2014, 15 migrant-e-s sont mort-e-s à Ceuta, tué-e-s par la guardia civil espagnole.

Alors qu’ils/elles tentaient de rejoindre par la mer l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc, les flics espagnols ont tiré des balles en caoutchouc et des billes en plastique pour crever les bouées auxquelles ils/elles s’étaient accrochés. 15 personnes sont mortes noyées.

En même temps, le gouvernement espagnol vient d’annoncer la construction de trois nouveaux CIE (centros de internamiento para extranjeros, centres de rétention espagnols), qui vont venir s’ajouter aux huit déjà existant : à Madrid, Málaga et Algeciras.

Aux abords de Ceuta et Melilla, la répression bat son plein contre les migrant-e-s qui tentent régulièrement de passer par dessus les rangées de grillages et de barbelés pour atteindre l’Europe. De l’autre côté, quand ce ne sont pas les balles, ce sont les rafles et l’enfermement dans les prisons pour étrangers qui les attend.

Plusieurs initiatives sont organisées en Espagne pour rappeler qu’il n’y a ni oubli ni pardon.

– à lire : Douze morts, par quelques anarchistes

– Un texte du collectif catalan, Te Kedas donde Kieras :

Le 6 février dernier, la garde civile a tué 14 personnes pour les empêcher de traverser la mer en directions des côtes ibériques. Il y a un an, 200 personnes ont tenté de passer la frontière à la nage, ce à quoi la garde civile a répondu avec des balles de caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des coups pour couler les flotteurs. La violence a continué à coups de crosse de revolver pour empêcher que les migrant-e-s ne s’accrochent aux rochers de la jetée. 14 d’entre-eux sont morts, huit gravement blessés ou disparus et ceux qui réussiront à arriver seront expulsés illégalement au Maroc grâce aux “devoluciones en caliente” (pratique qui consiste à expulser immédiatement les migrant-e-s passé-e-s en Espagne au Maroc, par les portes des barrières de Ceuta et Melilla, sans aucune base légale, ndlt).

Dans les dix dernières années, plus de 27 000 personnes – et beaucoup plus qui n’ont laissé aucune trace – ont perdu la vie en cherchant à traverser une des nombreuses frontières que les états européens construisent et défendent pour protéger leurs privilèges. Privilèges qu’ils ont obtenus il y a des centaines d’années par le vol et l’assassinat, produits des politiques colonialistes. Aujourd’hui ils protègent avec brutalité ce qu’ils ont pris hier par la violence systémique.

Les routes de la Méditerranée ne seront jamais égales selon qui les emprunte. D’un côté, des navires de croisière chargés de hordes de touristes prêts à consommer les lieux et à détruire des communautés. De l’autre les migrant-e-s qui pour une raison ou une autre décident de se déplacer. Pour les premier-e-s toutes les portes sont bien ouvertes tant que leurs poches, leur classe et leur provenance parlent d’abord. Pour les seconds, les attend dans la majorité des cas un voyage sans fin. Et quelques fois la mort. Comme le 6 février dernier.

Colonialisme, frontières, tourisme, sont les nombreux visages d’un même modèle que nous ne voulons pas accepter. Parce que nous croyons dans la liberté de se déplacer et de décider de sa propre vie.

source

Thessalonique [ grèce] : attaque d’un commissariat aux molotovs

Le 17 janvier 2015, nous nous sommes présentés au commissariat de police de la zone de Charilaou à Thessalonique pour rendre un peu de violence à ceux qui sont les premiers à l’exercer au quotidien.

Si nous faisions une liste des faits de brutalité policière au cours des derniers mois, nous verrions qu’elle serait bien longue : La répression des manifestations du 17 novembre et du 6 décembre dans toute la Grèce, la répression contre les femmes de ménage licenciées du ministère des finances, la répression contre les protestations de personnes handicapées et les opérations de nettoyage contre les migrants, ne sont que quelques-uns des faits enregistrés. Aucun de ces événements ne nous a surpris, ils n’ont fait que nous remplir de plus de haine encore. Les vagues dénonciations d’un usage démesuré de la violence, mis à part qu’elles ne nous intéressent pas, ne servent qu’à tromper et à occulter l’essence même du rôle que jouent ces ordures en général. En tant que gardiens du système ils seront toujours imprégnés de haine pour celles et ceux qui luttent contre et perturbent l’ordre, et devront provoquer crainte et peur chez tou-tes les autres.

Indépendamment du fait qu’ils reçoivent leurs ordres d’un gouvernement arrogant et ouvertement fasciste ou d’un gouvernement « gauchiste » à fleurs, leur rôle sera toujours le même : la protection des puissants et du Capital.

Il y a peu, l’État grec a inauguré les prisons de sécurité maximale de Domokos, qu’il préparait depuis quelque temps pour imposer des conditions d’enfermement plus dures à la population carcérale en lutte, cherchant à envoyer un message clair quant à ce que l’avenir réserve à celles et ceux qui luttent. De plus, le fait que la surveillance
extérieure des prisons deviennent une tâche relevant des flic leur donne carte blanche pour imposer leurs intimidations et leurs brutalités contre les prisonniers à n’importe quel moment.

Ainsi, la mémoire bien fixée dans la conscience, nous n’oublions pas ceux qui torturent dans les cachots et lors des interrogatoires, celles et ceux qui ont été exécutés dans les rues, qui se son fait tabasser dans les manifestations, qui sont privé-es de leur liberté dans les sales pattes des flics, qui n’ont pas hésité à résister aux attaques, aux tabassages, aux perquisitions et aux fouilles corporelles, qui gardent leur haine intacte et inébranlable.

Avec ou sans prétexte, les flics resteront toujours un objectif à attaquer.

Peu importe combien de fleurs promet le printemps gouvernemental qui vient, un molotov sera toujours plus beau.

Ne laissons rien sans réponse. Attaquons les appareils de l’État et du
Capital.

Solidarité avec les révolutionnaires emprisonné-es

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, source en grec, 28 January 2015]

repris dans le site brèves du désordre

[Berlin] Destroika cible l’industrie carcérale – 29 janvier 2015

La nuit dernière (du 28 au 29 janvier 2015, NdT), DESTROIKA a retenti à Berlin et a transformé deux véhicules de l’industrie carcérale en ruines. Par cette piqûre d’aiguille, nous allons limiter la flexibilité des entreprises concernées. Cela a touché un van de WISAG à Lichtenberg et un autre de SODEXO à Moabit.

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La société WISAG fournit, en plus du secteur du nettoyage esclavagiste, le personnel de sécurité pour les services de transport tels que la BVG, et se charge de remplir les prisons de Berlin de fraudeurs avec des contrôleurs de tickets en civil comme en uniforme.

La société Sodexo fait de nouveau marcher cinq prisons au Royaume-Uni sous leur propre responsabilité depuis la privatisation de la justice britannique. D’autre part, Sodexo est sur une liste noire en Belgique pour leur implication dans les centres de rétention et fournit en services les lager pour réfugiés. L’entreprise appartient au groupe Zehnacker, qui se présente de cette façon:

En tant que partenaire des forces armées, nous les accompagnons dans leurs affectations dans le pays et à l’étranger. Notre mission est de s’occuper à la fois des troupes et de leur commandement pour une meilleure qualité de vie. Sous la surveillance du ministère de la Justice, Sodexo conçoit et propose des solutions qui contribuent à lisser les opérations dans les établissements correctionnels. Dans toutes nos activités, nous respectons nos valeurs et nos principes éthiques. Notre travail dans ce domaine est une preuve supplémentaire de notre engagement dans la société.

Liberté pour les prisonniers de l’opération Pandora et tous les autres !

Le 18 mars à Francfort, réduisons la banque centrale européenne en ruines et en cendres !

Groupe autonome “Muslim Hù”

(Muslim H. avait 28 ans et était originaire du Kosovo lorsqu’il a été tué le 24 mai 2014 par 8 officiers de justice dans la prison de Landshut par vengeance car il avait résisté avec succès à son expulsion vers la Hongrie.)

repris du chat noir emeutier

[valence] la Prison Tue

Ce n’est pasl a nouvellele prison  qui vont arranger quelque chose!!.

nouvelle du journal local

Le corps sans vie d’une détenue a été découvert ce jeudi matin à la maison d’arrêt de Valence. Âgée de 40 ans, cette Drômoise était placée sous mandat de dépôt dans le cadre d’une exécution de peine et d’un prochain jugement en comparution immédiate pour une affaire de violences en récidive. La quadragénaire a mis fin à ses jours en pendaison. Rapidement sur place après avoir été alerté, un médecin du Samu n’a malheureusement pu que constater son décès.

TGV Lyon-Turin Erri De Luca au tribunal : quel sens donner au mot « saboter » ?

 

Erri De Luca à son procès, le 28 janvier 2015 à Turin (MARCO BERTORELLO/AFP)

Ce mercredi, l’écrivain Erri De Luca comparaît devant la justice italienne pour avoir employé le mot « sabotage », au sujet du projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin (TAV).

C’est dans une interview au Huffington Post italien, publiée en septembre 2013, qu’il a prononcé ces mots : « La TAV doit être sabotée. »

Relance du journaliste :

« Donc le sabotage et les actes de vandalisme sont licites ?

– Ils sont nécessaires pour faire comprendre que la TAV est un chantier nocif et inutile. »

Lyon Turin Ferroviaire (LTF), la société franco-italienne en charge de la construction de la ligne, a porté plainte pour incitation au sabotage. Erri De Luca risque jusqu’à cinq ans de prison.

Comme une grève ou un soldat

Au début du mois de janvier, Erri De Luca publie « La Parole contraire » (éd. Gallimard, 2015), un ouvrage dans lequel cet ancien ouvrier de 64 ans revendique sa liberté d’expression et le droit d’utiliser, au nom de la langue italienne, le verbe « saboter ». Son sens ne se réduit pas à la détérioration physique, explique-t-il. Le débat, au tribunal de Turin, s’annonce passionnant.

Les raisons de son opposition
De Luca participe depuis plus de huit ans à la « légitime défense » du Val-de-Suze.
A Libération, il en expliquait les raisons : « Le projet impose de creuser un tunnel dans une
montagne qui est truffée d’amiante et de pechblende, matériau radioactif.
La perforation de la montagne va mettre à l’air libre ces matériaux et cela va provoquer, et provoque déjà, des nuisances sanitaires et environnementales. […]
Il suffirait de moderniser la ligne ferroviaire existante, qui est utilisée à moins de 20% de sa capacité. »

Dans « La Parole contraire », De Luca développe :

« Son emploi ne se réduit pas au sens de dégradation matérielle, comme le prétendent les procureurs de cette affaire.

Par exemple : une grève, en particulier de type sauvage, sans préavis, sabote la production d’un établissement ou d’un service.

Un soldat qui exécute mal un ordre le sabote.

Un obstructionnisme parlementaire contre un projet de loi le sabote.

Les négligences, volontaires ou non, sabotent. L’accusation portée contre moi sabote mon droit constitutionnel de parole contraire. Le verbe “saboter” a une très large application dans le sens figuré et coïncide avec le sens d’“entraver”. Les procureurs exigent que le verbe “saboter” ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation de sens. »

Il enfonce dans une interview à Télérama :

« On va vivre un moment de vraie confrontation entre la liberté de “ parole contraire ” et la négation de ce droit. »

A l’audience de ce mercredi, le procureur a affirmé qu’il n’y avait pas d’ambiguïté sur le sens du verbe saboter, rapporte l’AFP.

Des peines de prison pour des opposants

En solidarité, des lectures publiques d’extraits de ses œuvres ont été organisées, à Nantes par exemple.

Le 17 décembre dernier, quatre opposants au TGV ont été condamnés à trois ans et demi de prison pour avoir causé des dégâts sur le chantier en mai 2013. Lundi, le tribunal de Turin a prononcé des peines de prison pour 47 personnes pour des affrontements avec la police italienne en 2011.

Erri De Luca a affirmé qu’il ne ferait pas appel de la décision de justice à son encontre. La prochaine audience de l’écrivain est fixée au 16 ma

source

[Romans sur isère] FBFC , AREVA chronique des incidents survenu en 2014

Les individus associés qui se retrouven au laboratoire pour les écoutes collectives de la fabrique de l’oubli ne sont pas des      lanceurs d’alerte ni des personnes demandant l’arrêt immmédiat descentrales nucléaire à l’état  La liste de ces incidents est une indication pour les gens de Romans qui habitent dans cette ville longtemps sous l’emprise de deux partis politique qui occultaient l’histoire et  la suite Le mépris de la population locale et l’obligation de soumission continue sous l’actuel municipalité Pour les autres villes alentour c’est le même problème Nous avons décidés de ne pas publier la liste des incidents survenus à la centrale de cruas Prochain rendez vous pour lesécoute de lafabrique de l’oubli le 11 février 2014
Le 9 décembre 2014 : Fuite d’une solution de nitrate d’uranyle radioactif, défaillance de la première barrière de confinement et 3 salariés au moins menacés. Dans les installations de l’usine TU5 (Installation TU 5 et W, usine AREVA NC) de transformation de substances radioactives au Tricastin (Vaucluse-Drôme) une fuite a conduit au déversement de 3,5 m3 d’une solution de nitrate d’uranyle dans la rétention prévue à cet effet et dont une partie s’est écoulée dans un couloir adjacent et dans un local situé au niveau inférieur. Une rupture d’une bride sur un circuit contenant le nitrate d’uranyle en serait à l’origine. Dans cette installation Areva transforme le nitrate d’uranyle issu des opérations de retraitement des produits usés de fission radioactive, d’une forme liquide, en oxyde d’uranium (U3O8 – trioxyde d’uranium) une forme de poudre radioactive.
La solution de nitrate d’uranyle chaude a dégagé des vapeurs nitreuses, absorbés ensuite par le système de ventilation avant d’être rejetées dans l’air par la cheminée de l’installation TU5. Ces vapeurs ont conduit au dépassement de la concentration en oxydes d’azote (NOx) autorisée pour les rejets de l’installation en fonctionnement normal, pendant environ une heure.

Trois salariés qui travaillaient dans le local concerné et à proximité, bien que munis d’équipements de protection individuelle (masques et tenues de protection) ont été évacués et conduits au service médical du site pour y faire l’objet d’une vérification de contamination. L’installation a du être isolée et les locaux évacués immédiatement.
Pour l’ASN, préalablement à la remise en service de l’installation, AREVA NC doit assainir les locaux et réparer d’urgence l’équipement à l’origine de la fuite. Une analyse approfondie de l’origine de l’événement et de son déroulement est exigée par les contrôleurs. En raison de la défaillance de la première barrière de confinement de la matière uranifère, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Fuite-d-une-solution-de-nitrate-d-uranyle-dans-les-installations-de-l-usine-TU5


. Le 2 décembre 2014 : Non-respect des règles d’entreposage de 4 bombonnes (bouteillons) de matière radioactives uranifère dans l’usine Areva FBFC et CERCA de fabrication de produits radioactifs située sur la commune de Romans-sur-Isère (Drôme). Cet incident, constaté par un salarié dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre, concerne l’installation nucléaire de base dédiée à la fabrication d’éléments « combustibles » standards utilisés dans les réacteurs à eau sous pression. La matière nucléaire utilisée dans cette installation est de l’uranium enrichi à un taux maximal de 5%.
Les « bouteillons » entreposés au sol n’étaient plus éloignés les uns des autres de la distance obligatoire minimale de sécurité de 60 cm afin d’éviter une possible criticité (réaction en chaîne). D’après Areva-FBFC il semblerait que les 4 bouteillons de matières radioactives ont été accidentellement déplacés lors de la manipulation d’un chariot, sans que leur déplacement n’ait été détecté. En raison du dépassement d’une limite de sûreté relative à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé par l’ASN au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-regles-d-entreposage-de-bouteillons-de-matiere-uranifere


. 22 novembre 2014 : Non-respect d’une règle de contrôle par « modération » pouvant conduire à une situation de criticité (déclenchement incontrôlé d’une réaction nucléaire en chaîne). Le défaut de culture de sûreté de l’usine de fabrication de substances radioactives Mox (improprement appelé « combustible » nucléaire) d’Areva-Melox à Marcoule (Gard) a encore frappé. Les règles générales d’exploitation de l’installation imposent la vérification du respect des limites autorisées en produits hydrogénés. C’est la moindre des choses. Mais pas ici car on passe outre. Ce n’est que lors de la recherche de l’enregistrement de cette opération dans l’outil permettant le suivi des quantités de produits hydrogénés présentes dans les boîtes à gants (espace confiné de manipulation de produits toxiques mortels radioactifs) qu’Areva s’aperçoit de l’oubli… L’ASN se fâche : ‘Cet évènement met toutefois en évidence un défaut de culture de sûreté dans la mesure où un paramètre d’exploitation qui garantit la marge prise pour assurer la sûreté de l’installation n’a pas été respecté et contrôlé. AREVA NC doit transmettre à l’ASN sous deux mois un rapport d’analyse complet pour identifier l’origine de ce dysfonctionnement et présenter les mesures correctives prises afin d’éviter qu’il ne se reproduise. » En raison du non-respect d’une règle de criticité, l’ASN classe cet évènement significatif au niveau 1 de l’échelle INES, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-regle-de-criticite-relative-au-controle-par-la-moderation et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/127129

. 23 octobre 2014 : des tests d’étanchéité obligatoires de cylindres de transport de l’hexafluorure d’uranium (UF6) non-conformes à la réglementation dans l’installation TU 5 et W (usine AREVA NC de transformation de substances radioactives au Tricastin (Vaucluse-Drôme). Lors des opérations de maintenance périodique obligatoire de 160 cylindres de transports de matière radioactive 30B et 48Y, la pression utilisée s’est révélée être inférieure aux 6,9 bars exigés par la réglementation, rendant donc caducs les résultats des tests d’étanchéité. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Ecart-reglementaire-lors-de-la-maintenance-de-colis-destines-au-transport-d-hexafluorure-d-uranium et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/126721


. 2 octobre 2014 : Découverte d’un entreposage d’uranium clandestin dans une armoire de stockage de matériel à l’usine Areva-FBFC de Romans-sur-Isère (Drôme) dédiée à la fabrication d’éléments combustibles pour les réacteurs de recherche. Cette armoire qui n’est évidemment pas un lieu autorisé d’entreposage de la matière uranifère a donc accueilli (pendant combien de temps ?) de la poudre uranifère et des plaques métalliques d’uranium. A la bonne franquette. La matière nucléaire utilisée ici est de l’uranium très enrichi et les éléments combustibles fabriqués dans cette installation sont composés d’assemblages de plaques de matières métalliques et uranifères de différents formats. Les activités de l’atelier ont été suspendu et l’ASN a décrété qu’elle ne reprendront pas tant que l’inventaire en cours ne sera pas terminé et que des mesures de renforcement du suivi des entreposages n’auront pas été prises. C’est la moindre des choses. L’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.
Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Ecart-aux-regles-d-entreposage et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/126374


. 18 septembre 2014 : Non-respect des dimensions de certaines plaques de combustible nucléaire et du nombre entreposé pouvant entraîner un processus de réaction en chaîne critique au sein de l’usine Areva FBFC et CERCA de fabrication de combustible et de substances radioactives à Romans-sur-Isère (Drôme). Afin de prévenir les risques de criticité (réaction en chaîne nucléaire incontrôlée) le nombre maximal de plaques d’éléments combustibles pouvant être entreposées ensemble dans un casier d’entreposage est limité en fonction des dimensions des plaques qui évoluent aux différentes étapes de la fabrication. Sur les 21 plaques présentes dans le casier, 9 ne respectaient pas les dimensions requises pour être entreposées de cette façon. Et ces plaques avaient été fabriquées en… 2002 sans plus être conforme aux obligations adoptées en 2006. Autrement dit, depuis des années, aucune vérification de conformité des entreposages anciens n’avait été effectué. En raison du dépassement d’une limite de sûreté relative à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Dimensions-de-certaines-plaques-combustibles-entreposees-en-casier-en-ecart-au-referentiel et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/126094

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/public/photos/Vaucluse/Areva-Tricatin_Conteneurs_pattes-UF6.jpg
. 2 septembre 2014 : Non respect de la densité maximale en uranium prescrite pour la fabrication et le transport d’éléments combustibles afin de prévenir les risques de criticité dans l’usine Areva-FBCF de Romans-sur-Isère (Drôme). Dans le cadre du renouvellement de l’agrément d’un type d’emballage de transport d’éléments combustibles, AREVA FBFC s’est aperçu inopinément que la densité maximale prescrite par le rapport de sûreté pour les éléments combustibles du Réacteur à Haut Flux (RHF) de l’Institut Laue-Langevin (ILL) à Grenoble (Isère) n’était pas respectée pendant la fabrication et le transport de ces éléments. Aucun contrôle n’a porté sur la densité malgré les prescriptions du rapport de sûreté (densité de 1,13) ce qui a conduit a une densité supérieure à la sécurité. L’événement serait dû à une erreur de retranscription du rapport de sûreté dans les documents opérationnels. A quoi tient la vie de la planète… Après la détection de cet événement, la production et l’expédition des éléments combustibles RHF ont été suspendus et l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-de-la-densite-maximale-en-uranium-prescrite et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/125851
. 19 août 2014. Non respect pendant 3 mois de l’agrément international de transport de cylindres ( type « 48Y ») vides obligeant au contrôle des pattes de levage de manutention et d’arrimage des conteneurs. Installation TU 5 et W (usine AREVA NC) de Transformation de substances radioactives – AREVA-Tricastin. En décembre 2013 une patte de levage dessoudée sur un cylindre « 48Y » sur le site de Pierrelatte (26) a été découverte et un nouvel agrément international de transport des cylindres a imposé à compter du 24 juin 2014 la réalisation de contrôle visuel systématique des quatre pattes de levage de chaque cylindre avant son transport. AREVA-Tricastin s’est rendu compte qu’elle ne mettait pas en œuvre la nouvelle disposition de l’agrément de transport quand le destinataire affolé d’un cylindre défectueux a pu constater une patte de levage détériorée. Pas moins de 9 expéditions avaient été réalisées dans ces conditions . En raison du caractère générique de l’évènement et d’un défaut de culture de sûreté, l’ASN a classé l’incident au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-de-l-agrement-international-de-transport-de-cylindres-de-type-48Y-vides et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/125695


. 16 juin 2014 : Humidité en excès, supérieure à la valeur maximale de 3% exigée par la réglementation avec risque de déclenchement d’une réaction en chaîne atomique dans des bouteillons de poudre d’uranium enrichi en sortie des deux cyclofiltres. Dans l’installation nucléaire de base (INB) Areva-FBFC dédiée à la fabrication d’éléments « combustibles » standards utilisés dans les réacteurs à eau sous pression, la matière nucléaire utilisée est de l’uranium enrichi à un taux maximal de 5%. Afin de prévenir les risques de criticité, le taux d’humidité présent dans les matières fissiles est limité. Cet événement n’a pas été détecté lors des actions précédentes de vérification de la conformité des bouteillons produits par les cyclofiltres. En raison du dépassement de la limite de sûreté relative à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Presence-d-humidite-en-exces-dans-des-bouteillons-de-poudre-d-uranium-enrichi et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/121069
. 15 mai 2014 : 4 fûts de solvant au lieu de 4 fûts de diluant dans une cuve de préparation de réactifs pouvant générer un risque d’explosion, non-respect de la réglementation à l’usine de traitement d’éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3 A) et de transformation de substances radioactives chez AREVA-La Hague. La teneur en tributylphosphate (TBP) d’une solution utilisée pour le traitement des combustibles usés a augmenté contrairement aux exigences des règles générales d’exploitation. Cette teneur doit être maintenue à des niveaux faibles dans plusieurs unités des ateliers T2, T3 et T4 en vue de prévenir tout risque d’explosion. Le TPB permet, par un phénomène d’échange liquide-liquide, d’extraire sélectivement les éléments chimiques comme l’uranium et le plutonium et de les séparer des produits de fission. Un risque de décomposition exothermique du TBP en milieu acide et en présence de nitrates peut apparaître à partir d’une température de 130°C. Ce phénomène peut conduire à une explosion. Ce n’est que 5 jours plus tard que l’erreur a été détectée. Ce non-respect des règles générales d’exploitation a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-RGE-Depassement-limite-de-la-teneur-en-solvant-d-une-solution et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/120714


. 23 avril 2014 : Inversion et découpe d’un conteneur contenant de la poudre d’uranium enrichi alors qu’il devait être vide de tout uranium et finir en déchet dans l’usine AREVA FBFC de fabrication de combustible située sur la commune de Romans-sur-Isère (Drôme). Les conteneurs métalliques contaminés et hors d’usage doivent être vidés avant leur découpe dans un sas et conditionnement comme déchets nucléaires. Un des deux salariés affectés à cette tâche a constaté que le conteneur en cours de découpe était rempli de produits fissiles. En fait les deux conteneurs pleins n’étaient pas des conteneurs rebutés. Les opérations sur les deux conteneurs ont été immédiatement interrompues et le conteneur qui avait été découpé a été confiné. Un événement similaire s’est déjà produit en 2009. La récurrence de ce type d’incident a conduit l’ASN a classer cette situation au niveau 1 de l’échelle INE. Source officielle : http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Decoupe-accidentelle-d-un-conteneur-contenant-de-la-poudre-d-uranium-enrichi et http://www.asn.fr/layout/set/print/content/view/full/119661

[Turin] Maxi procés des 53 inculpé-es de la manifestation du 3 juillet 2011)150 ans de prison

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cette sentance continue un long fil rouge de répression parfois sanglante contre ceux qui résistent face à ceux qui  au nom de la civilisation et du progrès

Les condamnations pour le maxi-procès viennent de tomber, aujourd’hui, mardi 27 janvier. 47 des 53 incupés ont été condamnés globalement à 150 ans de prison et des milliers d’euros d’amendes pour les journées de lutte du 27 juin et 3 juillet 2011.Certains ont été condamnés jusqu’à quatre ans et,six mois de prison.

Les présents dans la salle d’audience ont hurlé leur dégoût à la face des juges et ils ont clamé leur solidariité avec les inculpés ,Chiara, Niccolo, Claudio, Mattia, Lucio, Francesco et Graziano« Ci sentiamo uniti nella lotta con Chiara, , Niccolò, Mattia, Graziano, Lucio e Francesco – hanno detto alla fine della sentenza ricordando gli anarchici coinvolti nel blitz notturno del 14 maggio 2013 – Ora e sempre resistenza. Giù le mani dalla Val Susa”.

valletteJuste après la sentence la route   en face de la prison Vallette (Turin) où s’est tenu le procès a été bloquée par un groupe de No Tav.

Dans la soirée du 27 janvier l’autoroute a été bloqué à hauteur de Bussoleno et la police a chargé les manifestants , 4 personnes a été arrêtées

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certains ont été condamné jusqu’à quatre ans et,six mois de prison.

informations en italien dans leur presse

et un autre article: de presse avec des vidéos

les manifestants se sont promis de se retrouver le 28 janvier à Busselone à partir de  21h

le samedii 31 janvier l’ après-midi  tou(te)s en Clarea à côté de Chiomonte

 

 

 

 

NUCLÉAIRE ET SERVITUDE – Misère de l’écologisme

ce texte et repris de ce  site

Partout où l’énergie nucléaire s’est imposée, l’organisation militaro-industrielle ayant permis son développement a aussi réussi à élever et à formater des populations acceptant nolens volens de cohabiter avec la radioactivité. Les batailles menées contre l’implantation généralisée de centrales nucléaires, comme au Japon ou en France, ont partout échoué dans l’isolement. Désormais, chaque contestation antinucléaire surgissant ici où là ne porte que sur les conséquences de choix déjà inscrits dans la réalité. Refusant de remettre en cause l’organisation sociale du monde qui a permis la production du monstre nucléaire, les opposants se retrouvent dans la peau de citoyens indignés laissant des contre-experts plus ou moins auto-désignés ferrailler à coups de becquerels et de millisieverts avec des experts autorisés.

En France, l’incapacité à influer sur le cours des événements a laissé le champ libre aux nucléaristes hexagonaux pour opérer une réorganisation bureaucratique et politique du nucléaire, qui s’est faite sans aucune réaction de la part des écologistes : pendant qu’ils succombaient aux sirènes du Grenelle de l’environnement en abandonnant toute opposition au nucléaire sur l’autel de l’effet de serre, qu’ils approuvaient au Parlement européen le rapport de Copenhague qualifiant le nucléaire « d’alternative à l’effet de serre », que les Verts s’abstenaient au Conseil régional de Normandie, permettant ainsi l’acceptation de l’EPR de Flamanville, les nucléaristes faisaient passer, le 21 avril 2008, un décret instituant un nouveau « Conseil de politique nucléaire » gérant désormais l’ensemble de la filière. Ce qui permet d’y confiner l’ensemble des décisions visant à développer sans contradiction l’industrie atomique – les instances sanitaires, environnementales et l’autorité de sûreté en étant dorénavant exclues. Et aujourd’hui la catastrophe de Fukushima, faillite de l’industrie nucléaire, devient même pour ces forcenés un argument de vente pour les EPR.

 

Le parallèle entre les populations colonisées par le totalitarisme nucléariste et les populations arabes, elles aussi incarcérées dans des sociétés dominées par les enjeux géopolitiques et énergétiques définis par les oligarchies, est explicite. Les révoltes qui se déroulent aujourd’hui au Proche et au Moyen-Orient, et le fait même qu’elles cherchent à remettre en discussion l’organisation des choses et des hommes, éclairent en retour la spécificité des régimes nucléaristes où règne un silence effrayant.

 

La fusion en cours de plusieurs réacteurs de la centrale de Fukushima autorise un autre parallèle. Elle permet de mesurer les progrès de la domination et la place particulière qu’y a prise l’idéologie catastrophiste du pouvoir depuis Tchernobyl.

 

En 1986, les autorités présentaient l’industrie nucléaire comme parfaitement maîtrisée et, quelle que soit l’ampleur du désastre, il fallait le cacher comme cela avait été le cas en 1957 pour Tcheliabinsk dans l’Oural et la même année à Windscale (devenu Sellafield) en Angleterre, de crainte que la connaissance des faits ne produise une prise de conscience de l’horreur nucléaire : un effet de panique non maîtrisable, une révolte, pensait-on peut-être dans les milieux nucléaristes. Les autorités de l’époque étaient, dans ce scénario, au diapason de l’écologisme de l’époque : il fallait pour les uns défendre la ligne du déni et du mensonge pendant que les autres revendiquaient la transparence. Rappelons que c’est seulement l’indiscrétion des balises de mesure de radioactivité de la centrale suédoise de Forsmark qui a permis à l’Agence France Presse de révéler, le 28 avril 1986, la catastrophe de Tchernobyl.

 

De Tchernobyl, on sait désormais tout, ou presque : le déroulement des événements, leurs causes, leurs conséquences, les lampistes désignés, les liquidateurs sacrifiés. Même le bilan humain et environnemental, s’il reste en partie nié par les soi-disant responsables, est régulièrement rendu public par les ONG sous forme d’estimations dont les plus basses seraient suffisantes pour remettre en question cette source d’énergie. Or tout cela reste sans conséquence. Et la catastrophe de Fukushima, pour l’instant, n’y change rien.

 

Contrairement à la majorité des écologistes, les gouvernants et les industriels – pour le nucléaire il s’agit des mêmes – semblent avoir compris que la consommation non critique de l’information de masse conduit à une forme d’ignorance modernisée. À ce propos, rappelons que, dès 1958, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisait : « Du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude. »

Nous y sommes, et ce n’est pas une politique de censure qui a eu les effets les plus délétères, ce sont les mutations d’une conscience collective qui se sont produites en Occident et qui ont conduit à accepter les effets bien réels, pathogènes et mortifères, de l’industrie nucléaire.

 

Les tourments dont souffrent les populations actuelles sont un effet de ce qu’on peut qualifier de « pragmatisme gestionnaire ». À l’origine des sociétés capitalistes, il a pu s’envisager comme un moyen d’aller vers une perspective de liberté, en guidant les hommes et leurs affaires sur le chemin de l’efficacité – en réalité, celui de la rentabilité et du contrôle social… Nous avons eu des siècles pour éprouver le cauchemar dans lequel nous nous sommes laissés enfermer, ce moyen s’étant mué en une fin.

 

Ce qui se passe au Japon en ce moment nous donne une image très claire de la violence quotidienne dans laquelle nous sommes maintenus. Il en résulte un sentiment d’incarcération dans un dispositif social. Le nucléaire, plus que n’importe quelle autre technologie, nous ramène sans cesse à l’impossibilité d’en sortir, il nous rappelle à l’ordre. D’un point de vue technique, arrêter demain l’ensemble des réacteurs obligera à les refroidir et à gérer leurs déchets pendant des millénaires. Cette démesure dit tout de la prise en otages à durée indéterminée à laquelle nous sommes condamnés.

Comme forme de domination et de soumission, le pragmatisme gestionnaire se marie très bien avec un délire irrationnel. Autant du côté des nucléocrates que des écologistes. Chacun étant convaincu de la disparition à moyen terme (trente, cinquante ou cent ans) de la plupart des matières premières aujourd’hui en usage, ils rivalisent de perspectives « alternatives ». Pour les premiers, incarnés notamment par le CEA (rebaptisé opportunément Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), il s’agit, rien de moins, de reproduire sur Terre de manière « confinée » le processus énergétique du Soleil, avec ITER à Cadarache comme site phare. Pour les seconds, il faut couvrir des territoires entiers d’éoliennes industrielles et de panneaux solaires, en sachant d’avance que les matières premières pour les fabriquer seront toujours rares et qu’il faudra des États toujours plus puissants et des multinationales de l’énergie pour les mettre en oeuvre et en garder le contrôle. Déjà ces derniers n’hésitent pas à nous démontrer leurs meilleures intentions tout en cherchant à convaincre qu’il faut bien se soumettre à un certain « pragmatisme gestionnaire » si l’on veut un résultat… Un marché de dupes, car les nucléaristes auront le même laps de temps pour faire avancer leur technologie et la rendre toujours plus présentable et incontournable – ah, le merveilleux « mix énergétique » !

 

Surtout, ces « projets alternatifs » ont ceci d’effrayant qu’il n’est plus insupportable pour personne de devoir utiliser les mêmes arguments d’efficacité, de rentabilité et de compatibilité avec l’économie capitaliste pour convaincre de leur crédibilité. Et pour les plus radicaux des contre-experts, partisans d’une réduction drastique de nos besoins énergétiques, c’est toujours en termes comptables qu’on voudrait rendre présentable ce « nouveau » monde à venir.

 

Ces « alternatives » produisent aussi l’autosatisfaction de ceux qui les développent, par illusion d’avoir surmonté leur impuissance. On entend déjà tous ces promoteurs de « positivité » asséner leur sempiternel slogan : « Il est vain de lutter contre, il faut lutter pour…» C’est ainsi que le sentiment de révolte est maintenant perçu comme pathologique.

 

Retenons tout de même une chose de cette obsession des alternatives : aujourd’hui, les populations ont à se soucier de se réapproprier la définition de leurs besoins et des moyens d’y répondre, c’est une évidence. Mais il est tout aussi certain que le système de domination actuel ne disparaîtra pas par un simple changement de technologie. On ne dira jamais assez qu’il ne s’agit pas tant d’en finir avec le nucléaire que de rompre avec le monde qui l’a engendré. C’est-à-dire avec le mode de production qui a permis et nécessité son développement et avec le monde qu’il a contribué à façonner depuis. Avec ce goût démesuré du contrôle mesquin de tout et des désastres qu’il fabrique.

 

La fuite en avant technoscientiste reste toutefois entre les mains d’oligarques qu’il est encore possible de faire « dégager » de nos vies pour libérer l’horizon des possibles. Stopper immédiatement le nucléaire est la seule perspective soutenable, la seule manière de conserver un sens au sentiment de l’insupportable. Et même si un arrêt immédiat des centrales ne nous sortira pas de leur gestion avant des dizaines de milliers d’années, rien ne peut justifier de se précipiter à la table de la cogestion de ce désastre permanent. Ce renversement-là ne se fera pas autour d’une table, à la tribune d’un débat public ou encore par les urnes. Il nécessitera un mouvement capable de débrancher les centrales immédiatement, c’est-à-dire composé d’individus associés prenant parti pour l’aventure de la liberté.

 

11 juin 2011, Association contre le nucléaire et son monde

acnm@no-log.org

 

Enquête judiciaire sur les mobilisations survenues en 2012 au centre de détention de Roanne

Fin octobre 2014, nous animateurs de l’émission anti-carcérale Papillon, diffusée sur Radio Dio à Saint-Etienne, avons été convoqués en tant que témoins par la police judiciaire de Lyon dans le cadre d’une commission rogatoire portant sur les luttes des prisonniers survenues en 2012 à Roanne.

Nous, animateurs de l’émission Papillon, souhaitons contextualiser cette enquête. Entre 2012 et 2013, de nombreuses luttes individuelles et collectives ont eu lieu dans différentes détentions, un peu partout en France. Des prisonniers témoignent, rédigent des plate-formes de revendications et des pétitions, tournent des vidéos, et pour se faire entendre, certains réussissent parfois à entrer en contact avec des journalistes et/ou à accéder à l’Internet. Ils ne dénoncent pas uniquement leurs conditions de détention : ils exigent que cessent le racket et l’exploitation subis au profit d’entreprises privées ; ils se mobilisent contre l’arbitraire et la répression de l’administration pénitentiaire, les violences des matons, le cumul des peines à l’intérieur, les régimes différenciés, les quartiers d’isolement et les mitards ; ils réclament des aménagements de peine et le rapprochement familial ; ils hurlent le manque de soin, les morts en détention. Pourtant, les médias privilégient le discours corporatiste des syndicats pénitentiaires, et rares sont ceux qui s’attachent alors aux paroles de l’intérieur pour rendre compte de ce qui se passe. Malgré une faible audience, les médias alternatifs et anti-carcéraux ont à cœur d’assurer un relais régulier de la situation des détentions pour soutenir les prisonniers, et poser le problème politique de l’enfermement et de l’existence même de la prison.

Le centre de détention de Roanne ouvre en 2009. Nous constatons très rapidement que les incidents en détention sont de plus en plus judiciarisés. Le tribunal local qui était menacé de fermeture retrouve un peu d’activité. Dommage pour les prisonniers qui voient leurs peines se cumuler. Nous tentons alors de comprendre et de faire savoir ce qu’il s’y passe, sur la base des écrits et des dires de prisonniers, ex-prisonniers et parfois de leurs proches. Certains se retrouvent en conflit larvé avec l’administration pénitentiaire, d’autres subissent des mauvais traitements de la part de surveillants, nombreux croupissent en régime fermé au D0, peu bénéficient de permissions de sortie et d’aménagements de peine, des familles sont humiliées au parloir, etc. A tel point qu’en 2012, parce qu’ils ne sont pas des chiens, des prisonniers rédigent une lettre de revendication collective et anonyme. Un peu plus tard une charge de surveillants sur des prisonniers refusant de remonter de promenade est filmée et diffusée sur l’Internet. Encore récemment, entre novembre et décembre 2014, trois prisonniers prennent le risque de monter sur un toit, pour partir de cette prison, même en transfert disciplinaire.

En 2012, ce qu’il se passe au CD de Roanne revient régulièrement sur la place publique et des actes de solidarité avec les prisonniers ont lieu à l’extérieur. Ne pouvant tolérer autant de révoltes médiatisées et soutenues, les surveillants syndiqués sont passablement énervés de ne plus avoir le monopole de la parole et de subir une dénonciation frontale. L’administration pénitentiaire doit reprendre le contrôle sur la détention et sur la circulation de l’information entre dedans et dehors. Si elle concède de menues améliorations des conditions de détention, elle orchestre surtout une répression sévère, divise les détenus et cherche des « meneurs ». Une commission rogatoire est alors ouverte afin de sanctionner une liste d’actes soi-disant commis en lien avec ces événements.

Nous animateurs de l’émission Papillon avions pour certains un proche incarcéré dans ce CD à qui nous rendions visite au parloir. Cela a pu être un prétexte pour la pénitentiaire de le désigner comme un de ces « meneurs ». Si la police judiciaire s’intéresse aujourd’hui aux activités de ses proches, amis ou contacts, elle s’intéresse également à d’autres prisonniers soutenus publiquement à cette époque, ainsi qu’aux médias l’Envolée, Rebellyon et le Numéro Zéro qui ont relayé les histoires de Roanne, et aux différentes formes d’échanges entre l’intérieur et l’extérieur.

Nous profitons de cette occasion pour adresser un message aux prisonniers qui n’acceptent pas la prison et l’enfermement. Depuis des années, certains sont en conflit avec des surveillants, portent plainte contre l’administration pénitentiaire, rédigent des plates-formes de revendications, refusent de réintégrer leurs cellules, participent à des mouvements collectifs, font des prises d’otages, etc. Vos paroles sont filtrées, censurées et rarement audibles. Vous êtes passés par les cases justice et prison, eh bien vous êtes condamnés au discrédit. Vos prises de position, vos luttes seraient scandaleuses… Vous exprimez souvent la nécessité de l’existence de médias, de collectifs anti-carcéraux et d’associations de soutien qui vous donnent la parole et brisent l’isolement. Cela dit, vous êtes les mieux placés avec vos proches pour décrire vos expériences propres du quotidien carcéral comme préalable à la critique de l’institution et du pouvoir pénitentiaire. A l’heure où l’enfermement se généralise dans un contexte économique et social toujours plus dégradé et dégradant, il nous semble essentiel de dire que ce que vous vivez nous concerne. A nous tous dehors, de nous y intéresser, d’établir et de renforcer des solidarités.

Les animateurs de l’émission Papillon.

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