Paris/Rennes/Nantes/Toulouse : « Ni Le Pen Ni Macron », affrontements, casse et incendies

Brèves Du Désordre

Présidentielle : à Paris, 29 gardes à vue à l’issue d’un rassemblement antifasciste

Figaro, 24/04/2017 à 11:37

Six policiers et trois manifestants ont été légèrement blessés lors de ces heurts qui ont rassemblé plusieurs centaines de manifestants. Une quarantaine d’actions ont été recensées en province dimanche soir.

Ils comptaient organiser une « nuit des barricades ». À Paris, plusieurs centaines de militants antifascistes s’étaient réunies dimanche soir contre Emmanuel Macron et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour de la présidentielle. Selon les chiffres de la préfecture de police, 143 personnes ont été interpellées et 29 placées en garde à vue. Six policiers et trois manifestants ont été légèrement blessés. Les heurts ont eu lieu principalement dans l’est de la capitale.

Les manifestants avaient pris position sur les marches de l’Opéra Bastille avant même les premières estimations de résultats. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, avaient préventivement bloqué la circulation. Les policiers ont chargé après avoir essuyé des jets de bouteilles et de pétards. Une centaine de manifestants, souvent vêtus de noir et cagoulés, a ensuite joué au chat à la souris toute la soirée avec les forces de l’ordre dans l’Est de Paris, scandant « tout le monde déteste la police ». Sur leur passage, cinq véhicules ont été incendiés, plusieurs Autolib’ dégradés de même que quatre véhicules de police. Quatorze établissements commerciaux ont aussi été pris pour cible ainsi que du mobilier urbain, selon la Préfecture de police.

« Contre Marine et contre Macron »

Au micro, place de la Bastille, un organisateur avait initialement appelé tout le monde à venir manifester « contre Marine et contre Macron ». « On est venus protester contre la mascarade que représente cette élection », a déclaré à l’AFP un manifestant sous couvert d’anonymat. « Tous les principaux candidats, Macron, Fillon, Le Pen, ne sont là que pour perpétuer le règne de l’oligarchie qui confisque le pouvoir et vole les richesses au peuple. Ils n’ont aucune légitimité, il y a donc une crise de représentativité grave en France », a-t-il estimé. À partir de 22h45, la place de la Bastille était vide de manifestant Ils étaient 400 toujours réunies place de la République avant de se disperser aux alentours de minuit.


À Toulouse, des débordements en marge de la soirée électorale

Côté Toulouse, 24/04/2017 à 11:05

Les forces de l’ordre sont intervenues à deux reprises pour disperser des manifestants, dimanche 23 avril 2017, à Toulouse. Des commerces ont été dégradés, près du Capitole.

Vers 21 h 45, une petite centaine de personnes était rassemblée sur la place du Capitole, pour une manifestation spontanée. Des projectiles auraient été lancés sur les CRS présents sur place, rapporte une source policière. Pour disperser la manifestation, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes, permettant ainsi le retour au calme.

Des commerces dégradés

Plus tard dans la soirée, peu après 23 h, près de 80 sympathisants de l’ultra gauche auraient tenté de rallier la place du Capitole, après être partis de la place Arnaud-Bernard. Sur leur chemin, qui empruntait la place Saint-Sernin et la rue du Taur, ils auraient dégradé plusieurs commerces, à coup de tags et de coups de pied dans les vitrines.

Les policiers pris pour cible

C’est au niveau de la rue du Taur qu’ils ont croisé le chemin des forces de police, qu’ils auraient pris pour cible avec divers projectiles. Là encore, les policiers ont utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Deux interpellations

Deux individus ont été interpellés. Le premier, âgé de 21 ans, était en possession d’une petite quantité de stupéfiants et a été interpellé pour dégradations volontaires et violences aggravées. Le second, âgé d’une trentaine d’années, a été interpellé pour dégradations volontaires et participation à une manifestation non autorisée avec le visage dissimulé.

Ils ont tout deux été placés en garde à vue.


Dimanche soir, c’était calme (presque) plat. Aucun appel à défiler émanant de partis ou de syndicats. Rien à Marseille, Besançon, Lille, Lyon ou Bordeaux. Et lorsqu’une mobilisation avait lieu, c’était anecdotique et émaillé de violences. A Rouen, une centaine de personnes ont bien tenté de défiler, mais en ont été empêchées par les forces de l’ordre. A Tours, une centaine de jeunes ont crié leur dépit devant l’affiche du second tour, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Plusieurs interpellations ont eu lieu à Nantes, où environ 300 personnes ont manifesté derrière une banderole proclamant « Ni banquier ni raciste » et au cri de « Nantes debout soulève-toi, ni Le Pen ni Macron », selon l’AFP. Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et cassé quelques vitrines d’agences bancaires. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et de désencerclement, ainsi que par des tirs de gomme-cogne.

A Rennes, où tout rassemblement était interdit, une centaine de personnes se sont malgré tout retrouvées entre 18 heures et 22 heures sur la place Sainte-Anne, à l’appel du collectif Rennes ingouvernable. Après l’annonce des résultats, environ 200 personnes ont commencé une manifestation « sauvage » dans les rues du centre-ville. Dans le cortège, on pouvait entendre des slogans comme « Macron, Le Pen, on n’en veut pas ».

(Après la qualification du FN, des manifestations sporadiques et quelques échauffourées à Paris et Nantes, Le Monde, 24.04.2017 à 10h24]


Strasbourg : Un mineur toujours en garde à vue après une manifestation anti-FN

20Minutes, 24/04/17 à 11h44

Plus d’une cinquantaine de manifestants antifascistes ont défilé contre le FN dans les rues de Strasbourg après l’énoncé des résultats du premier tour. Un jeune homme a été interpellé…

Quelques petites tensions ont émaillé une manifestation dimanche soir dans le centre de Strasbourg, peu après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Dans une « ambiance fumigènes », les manifestants ont brièvement bloqué le tram entre les arrêts Langstross et Homme-de-fer, peu avant la dispersion du groupe. Un jeune homme, encore mineur, a été placé en garde à vue pour un outrage à la profession policière (par tags). Il est, ce lundi matin, toujours en garde à vue.

Quelques petites tensions ont émaillé une manifestation dimanche soir dans le centre de Strasbourg, peu après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Dans une « ambiance fumigènes », les manifestants ont brièvement bloqué le tram entre les arrêts Langstross et Homme-de-fer, peu avant la dispersion du groupe. Un jeune homme, encore mineur, a été placé en garde à vue pour un outrage à la profession policière (par tags). Il est, ce lundi matin, toujours en garde à vue.

La manifestation regroupait une cinquantaine de personnes anti-FN qui ont défilé de la Krutenau où ils étaient rassemblés depuis 17 heures pour une « Grande fête contre le cirque électoral le soir du premier tour », au centre-ville, proche de la place Kléber.

 

 

 

 

Valence ( 26000) : le 29 avril réunion publique: Ecran total Appel de Beauchastel

En décembre 2015, un collectif de travail d’enseignants de l’Education nationale venant de partout en France se réunissait en Ardèche. Ce collectif fait partie du groupe Ecran Total qui se définit comme critique de la place de l’informatique et de la gestion dans nos vies.

Ces professeurs, en véritables lanceurs d’alerte, voient les conséquences de l’exposition aux écrans et au numérique trop tôt sur leurs élèves (en moyenne 4h30 par jour). Ils déplorent la dégradation de leurs conditions de travail due aux injonctions de mettre du numérique partout et pour tout en dépit du bon sens.

Pour eux, le numérique à l’école n’est pas un « outil » mais il transforme en profondeur les conditions de transmission du savoir et met à mal l’acquisition des enseignements fondamentaux (lire, écrire, calculer, et les capacités de raisonnement) tout en accentuant et multipliant les pathologies : dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, dysphasie, difficultés de concentration et de mémorisation, problèmes de micro-motricité…

Alors que l’on parle d’économies à faire et d’austérité, la numérisation de l’éducation se révèle être une fuite en avant et une gabegie énorme de moyens publics – orchestrée et décidée arbitrairement par des gens du gouvernement très éloignés des salles de classe mais obstinés à mettre des Tableaux blancs interactifs et des tablettes de partout – et dès le plus jeune âge – tout en supprimant les manuels papier et des postes d’enseignants afin de faire prospérer et rayonner les industries et communicants du numérique pour la croissance.

Tout cela malgré des études de plus en plus nombreuses (1) qui montrent que le numérique à l’école n’améliore en rien les résultats scolaires ni ne prépare à une bonne utilisation d’Internet ou de l’informatique pour plus tard. Il serait même contre-productif et fonctionnerait au développement des inégalités sociales.

Conscients que la fracture numérique s’est inversée  – c’est dans les milieux populaires que l’on retrouve le plus d’écrans, alors que les milieux aisés en préservent leurs enfants en les mettant dans des écoles onéreuses – comme les cadres de la Silicon Valley – ; que vivre avec son temps ce n’est pas être victime de son temps et que penser, c’est savoir quelquefois dire non, ces enseignants ont écrit un appel contre l’école numérique (2).

Cet appel a circulé d’abord de main à main, puis par courrier avant d’être publié par la presse. Il est cité aussi dans certains ouvrages récents sur les questions du numérique à l’école (3).

Il a reçu beaucoup de soutien de la part de parents démunis, de bibliothécaires, de documentalistes et de collègues professeurs signataires.

Afin de favoriser le débat sur le numérique à l’école, ce groupe d’enseignants signataires viendra à la médiathèque de Valence le samedi 29 avril de 15h00 à 17h00 faire le point et exposer – sous forme de conférence en partie gesticulée – les raisons de leur refus d’utiliser les outils numériques qui leurs sont imposés, tout en faisant part des discriminations et pressions qu’ils subissent.

N’hésitez-pas à venir nous rencontrer.

Comme pour la précédente conférence de La Voulte-sur-Rhône de décembre dernier, nous espérons vous voir nombreux, et nous vous invitons à transmettre ce message à qui serait intéressé par cet évènement : personnel de l’Education nationale, parents d’élèves ou personnes se souciant simplement des questions éducatives.

Ovnivalence pour Ecran Total Appel de Beauchastel, le 10 avril 2017

Notes :
(1) cf. l’étude de l’OCDE  Connectés pour apprendre –  septembre 2016 : « En moyenne, au cours des dix dernières années, les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les technologies de l’information et de la communication dans le domaine de l’éducation n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences ». C’est certainement une litote.

(2) cf. Appel de Beauchastel sur le site de PMO : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=824

(3) Par exemple Le désastre de l’école numérique, Karine Mauvilly et Philippe Bihouix  ed. Seuil, 2016.

p.s. : Comme lors des rencontres de décembre 2016, les enseignants signataires de l’Appel de Beauchastel viendront bénévolement et parfois de loin (Paris, Alsace, Tarn, Lyon, Marseille…)  pour se rencontrer à Valence samedi 29 pour la conférence et à La Voulte-sur-Rhône dimanche 30 avril pour travailler collectivement sur la suite à donner à nos démarches : ​​livret LSUN, pouvoir faire des interventions dans d’autres régions avec des sous groupes locaux…

p.s.2 : pour ceux qui ne connaissent pas, voici l’Appel de Beauchastel et le texte No-Tice pour le collège que nous avions écrit :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=741

Et bien sûr, nous acceptons de nouveaux signataires en envoyant nom prénom et établissement à : ovnivalence@gmail.com

Caen ( calvados) le 29 avril, 14 h à la pétroleuse, Causerie autour des enragé-e-s dans la révolution française.

trouvé su rhttps://unsansculotte.wordpress.com/

Salut,

Vous trouverez ci-joint le fly annonçant la prochaine causerie autour du cycle sur l’anarchisme. En présence de Claude Guillon auteur de plusieurs ouvrages sur les enragé-e-s dans la révolution française, nous reviendrons sur le rôle joué par ceux et celles que les historiens et les historiennes ont réunis sous ce nom.

fly pour la causerie en PDF

 

Assemblée contre la mascarade électorale et ses suites : Le combat ne se joue pas dans les urnes mais dans la rue !

note :mercredi 26  avril lors des heures d’ouverture du local le laboratoire anarchiste  discussion contre la mascarade  électorale et ses suites ( lecture du texte et …… le texte en PDF permet de le faire circuler..


reçu par mail d’une personne de  l’assemblée contre la mascarade électorale

Vous trouverez ci-joint le texte : Le combat ne se joue pas dans les urnes mais dans la rue !
Et notre invitation à se joindre à une assemblée contre la mascarade électorale et ses suites,  le 24 à 18 heures, arrêt de tram université.

Un de l’assemblée.

texte  Le combat ne se joue pas dans les urnes mais dans la rue ! en PDF

 

valence: Le jour des élections, tous dans la rue !

photo du local après le passage de la tornade  noire

le 23 avril, à 20h 01  on continue ?

-non , on n’oubliera la dissociation de certain-e-s  militant-e-s  réuni-e-s » pour un programme de formation avec fiches « dans un cinéma de la ville après le saccage  du local de la négation politicienne  de la politique.

-non, on n’oubliera pas, la facilité laissée( par la police nationale)  aux  militants du FN  pour  entrer au tribunal  de valence afin  d’assister    au procès  des mutins du QMC du centre pénitentiaire

-oui se retrouvez dans les rues et inventer du  » agir politique »,,toujours solidaires dans les luttes , solidaires face à la répression . une brochure en PDF

Ardèche ( vallée de l’Eyrieux et +) Actions  » anti électorales » autres que « citoyennistes »

France bleu Drôme ardèche  21 Avril 2017

Qui s’en est pris aux panneaux électoraux en Ardèche ?

Des emplacements électoraux situés sur une vingtaine de communes ardéchoises ont été recouverts par des affichettes durant la nuit de jeudi à vendredi. Au moins une commune, celle de Saint-Fortunat-sur-Eyrieux, a porté plainte.

Au matin de ce dernier jour de campagne officielle avant le premier tour de la présidentielle, les habitants d’une vingtaine de communes ont découvert de drôles d’affiches recouvrant les panneaux électoraux. A Guilherand-Granges près de la mairie, les visages des onze candidats étaient barrés du mot « annulé ».

Des visages de militantes féministes ou anarchistes

A Saint-Fortunat-sur-Eyrieux, les visages étaient tous recouverts de portraits de militantes féministes ou anarchistes, celle de la française Louise Michel, de l’américaine Audre Lorde ou de la zapatiste mexicaine comandanta Ramona. Des actions similaires ont eu lieu à Saint-Georges-les-Bains, La Voulte et dans plusieurs communes de la vallée de l’Eyrieux.

Drapeaux arrachés à Saint-Fortunat

Ce périple s’est accompagné de dégradations à Saint-Fortunat où les drapeaux français et européen de la mairie ont été déchirés. Cette action n’est « pas digne de la démocratie » selon le maire de la commune Christian Ferroussier qui a déposé plainte. Les techniciens en identification criminelle de la gendarmerie sont venus sur place faire des relevés d’empreintes.

Dégrader un panneau électoral est passible d’une amende de 3ème classe. Déchirer un drapeau est un délit.

Avis aux amateurs : Inauguration du Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP)

Brèves du Désordre

Pour infos, plusieurs services de l’administration pénitentiaire, dont le Bureau Central du Renseignement Pénitentiaire (BCRP) créé par décret du 16 janvier 2017 au sein de la toute nouvelle Sous-direction de la sécurité pénitentiaire qui remplace l’ancien Bureau de renseignement pénitentiaire (EMS 3) créé en 2004 au lendemain des attentats de Madrid, sont regroupés depuis janvier 2016 sur un nouveau site au 35, rue de la Gare – 75019 Paris (Site Olympe de Gouges)*. Cet immeuble de 7 étages, 32 000 m² de bureaux et 1 600 agents réunis, a été conçu par le cabinet d’architecte KPF et réalisé par la société Icade pour un coût de 223 millions d’euros.

Spectaculaire vs inodore…

Officiellement, la mission du BCRP et des CIRP (cellules interrégionales du renseignement pénitentiaire) ne se limite pas au seul « terrorisme », mais « consiste à recueillir, analyser et diffuser l’ensemble des informations utiles, d’une part, à la prévention du terrorisme et de la criminalité et de la délinquance organisés et d’autre part, et à la prévention des évasions, au maintien de la sécurité et du bon ordre dans les établissements pénitentiaires« . D’ailleurs, dans son discours d’inauguration du 21 avril 2017, le ministre de la Justice a étrangement insisté sur ce point :  » Enfin 3ème défi : éviter l’écueil qui consiste à être accaparé par la lutte contre le terrorisme. Cette menace est majeure, prégnante et visible. Mais elle ne doit pas occulter le défi de la criminalité organisée. A la différence des groupes terroristes qui cherchent à faire connaître leur cause en se livrant à des actes de violence spectaculaires, les ramifications criminelles agissent dans le plus grand secret. Elles ont beau être silencieuses, parfois inodores, elles n’en demeurent pas moins une menace absolument déterminante. Vous devrez continuer d’y consacrer une attention soutenue. »
Depuis le début de l’année, un officier de la DGSI et un autre du SCRT (ex-RG) ont été mis à la disposition du renseignement pénitentiaire, et un autre de la SDAO (sous-direction de l’anticipation opérationnelle de la gendarmerie) et de la DRPP (direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris) devraient suivre**.

CAR à ta gueule

Au titre de la Loi de finances 2017, 6 millions d’euros ont été budgétés pour accompagner la montée en puissance technologique du BCRP : 4 millions destinés à l’acquisition d’équipement de renseignement (IMSI catchers, sonorisation des cellules et des parloirs,…) et 2 millions consacrés au développement d’un système informatique. En attendant ce dernier, le renseignement pénitentiaire utilise toujours son logiciel interne CAR (« Collecter/Analyser/Renseigner »), qui intègre les données de ses autres fichiers, dont celui conçu spécialement pour l’AP en 2011 contre 5 millions d’euros par l’entreprise d’ingénierie Sopra Steria basée à Annecy : GENESIS (« gestion nationale des personnes détenues en établissement pénitentiaire« ), déjà chargé de collecter un max d’infos sur chaque prisonnier à l’intérieur et venu remplacer GIDE (« gestion informatisée des détenus en établissement« ) en 2013-2015, toujours consultable par les matons***.

L’autre logiciel de l’AP désormais relié au CAR, est le fameux cahier électronique de liaison (CEL) également accessible aux magistrats, et qui fiche quotidiennement les prisonnierEs à partir d’un nombre étendu d’items proposés aux matons sur la base d’une observation comportementale : « propension à gérer un leadership par des moyens négatifs« , « déprime« , « incapacité à vivre avec les autres/non-adhésion aux règles de la collectivité« , « refus de promenade« , « pas de visites aux parloirs« , « souhait de rencontrer un visiteur de prisons« , « ne reçoit pas de courrier« , « n’envoie pas de courrier« , « se plaint« , « s’isole« , « ne s’exprime pas« . etc. Parmi les nombreuses rubriques à renseigner dans le CEL par « oui/non/ne se prononce pas », on pouvait déjà relever celle sur la gestion de la « dangerosité » avec ce magnifique « d) Facteurs sociaux : instabilité dans l’emploi avant incarcération ; instabilité dans le logement ; absence de visites ; nie les faits objets de la condamnation ou de la détention provisoire ; accepte l’incarcération« . A l’intérieur comme à l’extérieur, les services de renseignement n’ont pas besoin de partir de zéro, puisque par l’autofichage (réseaux sociaux, téléphone, bavardage intempestif) ou à travers les fichiers existants, ils n’ont souvent qu’à faire un tri laborieux en rajoutant des larbins spécialisés. A moins bien sûr que l’inodore, qui n’est pas le cas le plus fréquent, ne nécessite des méthodes spéciales d’infiltration…
A ce titre, sur les 250 postes actuels du renseignement pénitentiaire, on compte notamment l’embauche récente de 15 « analystes-veilleurs », de 20 « investigateurs numériques » et de 10 traducteurs d’arabe (mais pas que). Le travail des premiers consiste par exemple à attribuer un degré de crédibilité au renseignement afin de pouvoir l’exploiter selon la méthode dite de « cotation ». Cette dernière se présente sous la forme d’un “bigramme” dont la lettre indique la qualité de la source et le chiffre donne la valeur du renseignement. Ces coefficients sont susceptibles d’être modifiés si d’autres sources le confirment ou l’infirment (par recoupement). La qualité de la source est codifiée de A à F (source complètement sûre pour A, à sûreté ne pouvant être appréciée pour F). La valeur du renseignement est codifiée de 1 à 6 (confirmé par d’autres sources pour 1, à exactitude ne pouvant être appréciée pour 6).

* Pour l’Outre-Mer, les services de l’administration pénitentiaire (dont ceux du renseignement), sont situés au 42 rue Denis Papin, 94 200 Ivry-sur-Seine (selon ses offres de recrutement récentes parues sur le site de la Bourse Interministérielle de l’Emploi Public (BIEP), ou au n°48 selon l’annuaire).
** Assemblée nationale. Audition du ministre de la justice par la mission d’information de suivi des conclusions de la commission d’enquête sur la lutte contre le terrorisme – Mercredi 18 janvier 2017
*** Sopra Steria ne travaille pas qu’au service de l’AP, cette entreprise est aussi sous contrat avec l’OTAN, les forces armées britanniques, la marine allemande et l’armée française, pour laquelle 150 de ses consultants, architectes système et intégrateurs sont par exemple chargés de livrer « des configurations adaptées aux centres de commandement Terre, Marine, Air et interarmées« . Sopra Steria dispose ainsi d’un Data Center basé près de Rennes et exclusivement dédié aux activités de Défense à caractère opérationnel. Et comme tout est lié, en plus de la justice et de l’armée, c’est aussi elle qui a mis en oeuvre et assure la maintenance du système de contrôle de l’immigration EURODAC et a signé un accord de Recherche&Développement avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA Tech). Et on vous passe tout le reste.


Renseignement, des moyens inédits déployés en prison

La Croix, 21/04/2017 à 7h41

Jean-Jacques Urvoas inaugure vendredi 21 avril 2017 le Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP) . Face à une radicalisation accrue et une menace terroriste maximale, la pénitentiaire se dote de moyens inédits.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En l’espace d’un an, le nombre de détenus radicalisés est passé de 700 à la fin de l’année 2015 à près de 1 400 aujourd’hui. Les auteurs d’infraction terroriste actuellement incarcérés avoisinent les 400 – contre 90 fin 2014. Autant de profils à surveiller de très près pour éviter que les condamnés de droit commun ne « basculent » lors de leur passage par la case prison.

Face à ces nouvelles menaces, l’exécutif a un temps tergiversé. Et notamment Christiane Taubira, convaincue que le déploiement de l’espionnage en détention alimenterait encore la défiance des détenus envers les agents. L’arrivée de Jean-Jacques Urvoas à la Chancellerie, en janvier 2016, a changé la donne. Depuis, le renseignement pénitentiaire s’est considérablement étoffé.

Des agents dotés d’une puissance inédite

L’inauguration ce vendredi du Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP) en est sans doute la meilleure démonstration. « Cette nouvelle entité aura pour mission d’établir des synthèses quotidiennes à partir des remontées de terrain », explique-t-on à la Chancellerie. Doté d’une quarantaine d’agents, le bureau devra aussi, et surtout, jouer les courroies de transmission entre les agents chargés de l’espionnage en détention et les services centraux spécialisés (Uclat, DGSI, etc.)

Les moyens technologiques octroyés aux agents vont, eux aussi, changer du tout au tout. La loi contre le crime organisé et le terrorisme – votée en juin 2016 – a en effet fait entrer le renseignement pénitentiaire dans le second cercle du renseignement.

La mesure pourrait paraître technique et secondaire, il n’en est rien. Intégrer ce fameux « second cercle » confère aux agents de la pénitentiaire des techniques de surveillance d’une puissance inédite – et ce, hors contrôle du juge.

Ils seront ainsi équipés d’IMSI catchers, ces petits ordinateurs capables d’« aspirer » – sur une zone définie – l’ensemble des données des téléphones portables et le contenu des communications. Appels, SMS, mails, tout y passera…

Un réseau densifié

Autre outil de choix entre les mains de la pénitentiaire : il sera désormais possible de sonoriser cellules ou parloirs à l’insu des détenus. Là encore, aucun contrôle préalable du juge ne sera nécessaire. Objectif : détecter des cas de radicalisation passés inaperçus chez les détenus pratiquant la « taqîya » (la dissimulation).

Côté effectifs, la chancellerie s’est engagée à « densifier le réseau ». Concrètement, en l’espace de quelques mois, elle a multiplié par deux le nombre d’agents dédiés au renseignement. Les cellules interrégionales du renseignement pénitentiaire (CIRP) sont ainsi passées d’une quarantaine de fonctionnaires à un peu plus de 80. On compte par ailleurs 44 délégués locaux au renseignement pénitentiaire (DLRP) et 143 à temps partiel.

Enfin, des profils plus techniques viennent d’être recrutés : quinze emplois d’analystes-veilleurs, vingt d’investigateurs numériques et dix de traducteurs.

20 avril : Center Parcs de Roybon : le jugement du Conseil d’État serait rendu en juin

Bonjour,

je transfère cette information.

La situation risque d’être tendue en juin.

Merci de faire circuler l’information.

Jean-Pierre pour Confrontations


Les travaux de construction du Center Parcs de Roybon dans les Chambarans ont été arrêtés avec l’occupation du chantier par des opposants au projet à partir du 1er décembre 2014. Auparavant des perturbations avaient ralenti le chantier qui avait débuté le 17 octobre. Ces travaux ont également été arrêtés par la suite par la justice. Mais le sont-ils définitivement ?

Le 16 décembre 2016, la Cour administrative d’appel de Lyon a confirmé les deux jugements du tribunal administratif de Grenoble : annulation de l’arrêté préfectoral « loi sur l’eau du 3 octobre 2014 (1) et maintien de l’arrêté préfectoral du 16 octobre 2014 sur les espèces protégées (2). Par contre, l’arrêté du 15 octobre 2012 autorisant les travaux de réalisation d’une canalisation d’eaux usées entre Roybon et la station d’épuration de Saint Sauveur qui n’avait pas été inquiété en première instance a été annulé (3).

Aujourd’hui donc les travaux sont toujours officiellement arrêtés, mais Pierre & Vacances n’a toujours pas abandonné ce projet puisqu’il a fait appel devant le Conseil d’État.

Le Conseil d’État peut très bien contester les jugements rendus précédemment par la Cour administrative de Grenoble et la Cour d’appel administrative de Lyon. Il a d’ailleurs pour cette même affaire déjà annulé l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble qui avait permis de suspendre les travaux le 23 décembre 2014. L’annulation de la suspension des travaux n’avait alors pas eu d’effet puisque moins d’un mois après le Tribunal administratif annulait l’arrêté préfectoral « lois sur l’eau » et par conséquent ne donnait plus le droit à Pierre e & Vacances de faire les travaux sur le site prévu.

Nous apprenons maintenant que le jugement serait rendu en juin (4). À cette date, le Conseil d’État pourrait très bien reconnaître que les jugements précédents étaient sans fondement et les casser (les annuler), ce qui redonnerait l’autorisation à Pierre & Vacances de recommencer – à l’instant même – ses travaux puisque l’arrêté préfectoral « loi sur l’eau » ne serait plus annulé.

Si tel est le cas, l’évacuation de la ZAD serait de nouveau à l’ordre du jour. Il est donc nécessaire de l’envisager dès maintenant.

Collectif grenoblois de soutien à la ZAD des Chambarans

——————————–

1 – https://haro-grenoble.info/spip.php?article160

2 – https://haro-grenoble.info/spip.php?article159

3 – https://www.haro-grenoble.info/spip.php?article162

4 – http://www.ledauphine.com/isere-nord/2017/04/17/le-president-du-departement-croit-encore-au-projet-de-center-parcs-nkwx

 

Publication: Se rendre ingouvernable à la société « collaborative »

reçu par ce  mail parmi d’autres publications:

Nous vous écrivons du nord de la France. Symbole de la désindustrialisation, celui-ci ressemble à d’autres nords, des États-Unis ou d’Angleterre, qui résument et révèlent le point de rupture où se trouve l’économie mondiale. Cette terre de désespoir, de chômage, d’alcoolisme et de votes Front national provoque deux réflexes de survie : la ré-industrialisation et/ou la « Troisième révolution industrielle ». Qu’importe le chemin, tant qu’on entrevoit un espoir. Passant des corons au coworking, nous nous sommes donnés pour objet d’attaquer dans un même élan le vieux monde industriel et le nouveau monde technologique.

Filant la métaphore nécrophage contre les « vautours » et les « rapaces » (au besoin : l’Europe, la Finance, les Lobbys), les nostalgiques du vieux monde industriel s’acharnent à lui redonner vie. En 2012, avec Métro, Boulot, chimio1, nous rappelions que pour nos poumons cet âge d’or avait d’abord été celui du charbon. Cinq ans plus tard, la réindustrialisation laisse la place à un nouveau mythe économique issu des départements de R&D de la Silicon Valley : celui d’un « post-capitalisme » high-tech prétendument collaboratif, horizontal, démonétarisé.2

Or, c’est un autre horizon qui se profile, dans lequel les déclassés survivront à la merci d’ un revenu universel payé par les robots, cependant qu’ une nouvelle espèce post-humaine se connectera aux machines.

A lire ici en pdf : Au nord de l’économie

1Ouvrage collectif, éd. Le monde à l’envers, 2012.

Blois( loir- et- cher 41000) Rassemblement le 22 /04 « Justice et vérité pour Angelo » : devant le tribunal à 15h

voir plus d’informations ici

 reçu par mail:

Chers Amis,

La voix des Rroms appelle tous ceux qui le peuvent à rejoindre la famille d’Angelo Garand lors de ce rassemblement Samedi à Blois, et à soutenir financièrement la constitution de partie civile afin que la lumière soit faite sur la mort d’Angelo. Merci

« Le 30 mars, Angelo Garand a été exécuté par les gendarmes à Seur, dans le Loir-et-Cher. Les membres de la famille, traités comme des criminels, ont été mis en joue et brutalisés, en présence d’un enfant de trois ans.

Venus pour l’interpeller, les hommes du GIGN l’ont abattu à bout portant, dans la petite remise où il s’était caché. Il ne voulait pas retourner à la prison de Vivonne, où il purgeait une condamnation pour vol.

– Pourquoi le procureur de Blois fait-il passer Angelo pour un fugitif dangereux, alors qu’il avait bénéficié d’une permission de sortie ?

– Pourquoi faire intervenir le GIGN, alors qu’Angelo n’avait pas résisté lors de sa précédente interpellation ? Qui a ordonné cet assaut macabre ?

– Pourquoi les gendarmes sont-ils entrés mitraillettes en mains dans la pièce où s’était réfugié Angelo, au lieu d’attendre qu’il sorte ?

Depuis le lendemain du drame, la famille reste sans réponse. Aujourd’hui elle réclame justice et vérité pour Angelo, comme pour les autres victimes de la violence des forces de l’ordre. »

La famille Garand et ses soutiens appellent à un rassemblement à la mémoire d’Angelo, le samedi 22 avril à 15h, devant le tribunal de Blois. »