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Chronologie de l’antisémitisme en France (1945-2016)

dimanche 10 avril 2016, par Yves

Cette chronologie (accompagnée d’un tableau des stéréotypes judéophobes cf. http://www.mondialisme.org/spip.php?article2441 ) a été distribuée, sous une forme un peu résumée, aux participants d’une réunion-débat consacrée à l’histoire de l’antisémitisme en France depuis 1945, à l’université Paul Valéry de Montpellier le 5 avril 2016, réunion organisée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, le SCUM, que je remercie pour son accueil chaleureux.

L’objectif de cette chronologie était de fournir des dates et des chiffres précis pour celles et ceux qui ne les connaîtraient pas parfaitement et également de donner un cadre concret à la discussion. En effet, beaucoup de débats autour de l’antisémitisme et du sionisme sont marqués par une ignorance de l’histoire de l’antisémitisme mais aussi des multiples discussions agitant les « communautés juives » ou tout simplement les Juifs et les juifs…

Le but était aussi de montrer que l’antisémitisme a une histoire en France, que ce fléau a muté et a évolué, même si l’on ne s’intéresse qu’aux 70 dernières années. Son évolution a été influencée à la fois par des facteurs internationaux (création d’Israël et guerres coloniales successives menées par cet Etat, antisémitisme d’Etat au sein des pays du bloc de l’Est, utilisation politique du judéocide, etc.) mais aussi par des transformations intervenues au sein des Juifs de France (poussée de la religiosité, des identitarismes juifs aux côtés d’autres identitarismes, « sionisation » et rôle du CRIF, craintes suscitées par l’antisémitisme) et au sein de la société française.

Toute critique et amélioration de cette chronologie sont évidemment les bienvenues.

D’autres textes suivront…

Y.C. Ni patrie ni frontières 10/04/2016

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Valence (26) »Sentez-vous le vent de la révolte!? »

dauphiné libéré le 11/04/ 18h30

Après la manifestation Nuit Debout, le kiosque Peynet de Valence a été tagué. Un message est désormais écrit sur les marches du monument classé : « Sentez-vous le vent de la révolte ? » « C’est inacceptable. Je vais demander aux services municipaux de remettre en état, et en fonction des conséquences financières, on se retournera vers les organisateurs » de la manifestation, a réagi le maire LR Nicolas Daragon.

[Hautes- Alpes] 05 Non à la THT – Mises à jour de la résistance contre les lignes à haute tension

lu sur informa azione

En prévision de la manifestation contre les lignes THT qui se tiendra dans la Haute Durance ( à quelques dizaines de kilomètres après le col de Montgenèvre)  dans la prochaine journée de  mai, nous traduisons et la diffusion d’un communiqué de presse publié par le mouvement Non THT sur les événements qui ont eu la la semaine dernière lors de l’occupation des bureaux de RTE (filiale d’EDF, la compagnie d’électricité française, qui traite de la construction de nouvelles lignes) à Saint-Crépin.

L’événement de la Journée mai, qui débutera à 11 heures à partir du stationnement sur la route nationale 94 à L’Argentière La Bessée et qui est attaché à l’affiche, sera une occasion importante d’apporter notre solidarité avec / pour les militant(e)s impliqué(e)s dans la mobilisation contre cette ‘encore un autre projet polluant et à réaffirmer que la lutte contre les nuisances ne connaissent pas de frontières!

Alpes libres


 communiqué de presse reçu par mail

Une conférence de presse publique est organisée vendredi 1er avril à 18h, salle de la mutualité à GAP pour dénoncer l’action violente du PSIG ayant provoqué l’accident dont il est fait état dans le communiqué ci-dessous :

Retour sur la journée du 29 mars 2016 : Nous refusons que la Haute Durance ne devienne un nouveau Sivens.
Hier, une cinquantaine de militants No THT ont occupé toute la journée, de manière pacifique et bon enfant, les locaux de RTE à ST CRÉPIN (Hautes Alpes).
Au son des violons et des guitares, ils manifestaient à nouveau leur opposition à la construction de deux lignes à très haute tension dans la vallée de la Durance.
Pendant que des militants étaient en bas du bâtiment, une dizaine d’entre eux a pris possession du toit du bâtiment.
Cette occupation symbolique, nous a permis d’arborer fièrement les couleurs de notre drapeau sur le toit des bureaux, occupés habituellement par les techniciens en charge du projet.
Malgré une présence policière nombreuse durant toute la journée, l’ambiance était détendue, et les militants se sont relayés sur le site.
Notons la présence du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) d’embrun en fin d’après midi, très présent en bas du bâtiment pour assurer selon les dires de l’un d’eux, la sécurité des militants perchés sur le toit. D’une hauteur de 9 m, ce toit est entouré de barrières seulement stabilisé par des contrepoids.
Le soir nous avons décidé de poursuivre l’occupation, les uns restants sur le toit, les autres en bas assurant le ravitaillement à coup de lancer de paquets de bonbons, de fruits, de baguettes de pain. S’en est suivie l’installation d’une tyrolienne afin de faire passer couvertures et duvets pour la nuit. Cela provoque un mouvement irraisonné, dangereux et violent de la part des gendarmes. Ces derniers montent sur le toit à 4, couteau brandi en avant (pour couper la corde de la tyrolienne) dans l’obscurité la plus totale et tombe à bras raccourci sur les militants regroupés et accrochés à l’extérieur des barrières.
Plusieurs militants se sont fait frapper, étranglés, l’un des gendarmes hurlait « j’ai un couteau j’ai un couteau ».
Cette intervention a entraîné un mouvement de panique et une personne terrorisée par cette violence a sauté du toit et a atterri sur une terrasse intermédiaire avant de s’écraser au sol.
Elle est aujourd’hui hospitalisée.
Nous dénonçons :
– L’action irréfléchie des gendarmes du Psig, alors que cette journée était calme et bon enfant.
– Le fait que le Psig a volontairement créé, sans aucune nécessité une situation de violence inouïe face à des militants qui tentaient de s’organiser pour se protéger du froid en réceptionnant des sacs de couchage et des couvertures.
– Le fait que 4 gendarmes du Psig (caméra go pro baissés, alors que jusqu’à ce moment là, ils filmaient) se sont rués sur les manifestants
(qui tentaient de récupérer le sac à dos) couteau à la main en criant « j’ai un couteau, j’ai un couteau ».
– Le fait que l’obscurité étant totale et les militants accrochés à l’extérieur de la barrière, les gendarmes n’ont pas hésité à les frapper à coup de poing et étrangler en brandissant un couteau.
Une personne prise de panique durant l’intervention a voulu échapper à cette violence et a sauté du toit sans que personne ne s’en aperçoive, ni de notre côté, ni du côté des forces de l’ordre.
Les gendarmes ont coupé la corde, puis se sont retirés en criant « bisous bisous »
Au même moment, un garde chien du Psig et des vigiles étaient en bas du bâtiment, eux n’ont rien vu non plus…
La personne a pu rejoindre le parking très péniblement où de la, quelqu’un l’a transporté à l’hôpital. Le diagnostic est en suspens, elle est touchée aux vertèbres et au coude.
Ici comme ailleurs, l’intervention des forces de l’ordre dans des contextes de luttes sociales et environnementales se solde par la mise en danger de la vie d’autrui.

Pour plus d’infos sur la lutte contre le projet d’implantation des lignes à haute tension :

https://notht05.noblogs.org/

Bien que nous conchions  face de bouc ce compte appartient à la lutte  https://www.facebook.com/no.tht05/

 

Espagne : A propos de la condamnation à 12 ans de prison des anarchistes Mónica et Francisco

Brèves du désordre

Le 30 mars dernier a été rendue publique la sentence du procès des anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar. Dans celle-ci, la quatrième chambre de l’Audiencia Nacional, présidée par la juge Angela Murillo, a résolu de condamner nos compagnons à 7 ans de prison pour les charges de « dommages à finalité terroriste » et à 5 ans pour les charges de « blessures à finalité terroriste » ce qui aboutit à un total de 12 ans de prison pour chacun d’entre eux.
Ils sont aussi condamnés à payer une indemnisation de 22.000 euros à la femme légèrement blessée à un tympan, et une autre de 182 000 euros à la Municipalité de Saragosse pour les dommages matériels occasionnés au temple religieux. D’autre part, ils sont relaxés des accusations d’« appartenance à une organisation terroriste » et de « conspiration ». La sentence, qui coïncide avec les modifications faites par la partie civile au cours du procès, celle-ci changeant les charges qu’elle a fini par maintenir, s’explique de la manière suivante :

Appartenance aux GAC/FAI-FRI
Les accusations d’appartenance à une organisation terroriste GAC/FAI-FRI sont tombées basiquement pour deux raisons. La première est liée à la définition des GAC et de la FAI-FRI en tant que « terroristes ». Dans son argumentaire, et après une brève description de ce que le tribunal considère être la FAI-FRI, ses méthodes et ses stratégies il est conclu que :
« La FAI-FRI est une « organisation » informelle typique de l’insurrectionalisme, composée d’un nombre indéterminé de groupes d’affinité dispersés à travers le monde » ; « ayant tous parfaitement identifié leur ennemi générique – l’Etat – ils n‘ont pas besoin d’organe supérieur hiérarchique qui les guide, les organise et les active pour l’attaque ; ils agissent de manière indépendante et anonyme« . De la même manière, les GAC : « se sont constitués en une sorte de coordination qui a représenté une idée novatrice dans cette branche de l’anarchisme puisque qu’elle coordonne et organise la violence, aussi bien dans l’attaque avec des engins incendiaires ou explosifs contre l’Etat au travers de ses symboles ou contre des représentants du système, que par son ingérence dans des mobilisations collectives, afin de les radicaliser et de provoquer de forts épisodes de fracture sociale ».
Il est considéré que ni les GAC ni la FAI-FRI ne peuvent être catalogués comme des organisations « terroristes », car elles ne rentrent pas strictement dans les définitions prévues dans le code pénal espagnol, et précisé qu’« une organisation avec une structure horizontale n’est pas une organisation ».
Le second motif a directement à voir avec la participation de Francisco et Mónica à la FAI-FRI ou aux GAC, à propos de laquelle il est affirmé qu’il ne peut être prouvé qu’ils appartenaient à un groupe lié à l’un de ces sigles, considérant donc qu’ils ont agi de manière autonome.

Dévastations à finalité terroriste
La figure de « dévastations à finalité terroriste » si elle ne disparaît pas totalement, se transforme en « dommages à finalité terroriste ». Même s’ils enlèvent de la gravité aux faits en affirmant que « l’engin explosif manquait de puissance destructrice » il n’empêche que Mónica et Francisco sont considérés comme responsables de l’action à la Basilique del Pilar. Basiquement, cette décision est justifiée en accordant de la crédibilité aux différents rapports et témoins policiers, qui centrent leurs arguments sur les images captées par les caméras de surveillance et sur les experts anthropométriques, en plus du fait que « tous deux sont des anarchistes insurrectionalistes qui visent à attaquer l’Etat »

Blessures à finalité terroriste
La plainte déposée par la témoin de l’explosion pour blessures dues à l’onde expansive de l’engin explosif est prise en compte et, de la même manière qu’ils considèrent Mónica et Francisco responsables de l’action, ils les rendent responsables des blessures de cette personne. Pour les charges de blessures, la partie civile demandait aussi l’interdiction de résider à Saragosse pendant 10 ans, une fois la peine purgée comme mesure d’éloignement de la témoin. Cette réquisition n’a pas été retenue dans la sentence.

Conspiration contre le monastère de Montserrat
Pour les accuser de cette charge, il a suffi d’une visite au Monastère de Montserrat effectuée par Mónica et Francisco juste la veille de leur arrestation (fait que les compagnons ont toujours reconnu), et de mettre l’accent sur le fait qu’ils ne montraient aucun intérêt pour les statues religieuses. Malgré la tentative de l’accusation, cette charge disparaît, puisqu’il est estimé qu’il n’y a pas d’indices suffisants pour assurer que l’objectif de cette visite aurait été de préparer une attaque.

Après ce bref exposé de la sentence contre les compagnons, laissons de côté le cirque judiciaire, sa logique et ses fondements, pour ajouter quelques petites choses.

Anarchistes, nous ne reconnaissons pas la justice de l’Etat, ni rien de ce qui l’alimente dans son projet de Domination. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Pour nous, cela signifie que nous avons l’intention de maintenir et de continuer activement la lutte contre toute autorité, sans nous laisser paralyser ou nous perdre dans les méandres scabreux de l’engrenage légal qui nous punit. Ou devrions-nous nous mettre en permanence dans la tête du juge, du flic, du maton ? Cela ne nous semble pas une attitude qui nous correspond. L’offensive répressive de l’Etat cherche à briser les liens et à affaiblir les luttes, ainsi qu’à creuser encore sa tâche de contrôle social au sens large, avec ses habituelles conséquences pacificatrices. La pratique de la punition et du « châtiment » n’est déjà que trop connue. De fait, les prisons sont là comme l’expression maximale de la vengeance étatique contre les rebelles et les indésirables de ce monde, monde qui a fait de l’enfermement et de la punition quelque chose de naturel et d’assumé.
Au-delà de l’information technique et légale, les interrogations, les réflexions et les initiatives tournent autour de nos propres luttes et de tout ce que nous voulons exprimer et projeter à partir d’elles. Nous pensons que la manière dont nous affrontons la répression dit quelque chose sur la manière dont nous comprenons la lutte et dans laquelle nous nous y lançons. Dans ce sens, beaucoup d’entre nous continueront à mettre l’accent sur la solidarité et à insister sur l’affrontement contre la domination à partir de cette perspective qui conçoit la vie et la lutte comme inséparables. En ne renonçant pas aux idées, toujours en opposition et en répondant aux coups qu’ils nous donnent, nous plaçons la lutte à l’intérieur de notre projet révolutionnaire, et c’est en partant de là que nous continuerons à aller de l’avant.

Pour terminer, ajoutons que Francisco a été transféré, et qu’il se trouve à nouveau dans la prison de Villabona, dans les Asturies. Jusqu’à aujourd’hui, Mónica était encore dans la prison d’ Estremera (Madrid).

De cette partie du monde, toute notre force et notre solidarité avec Mónica, Francisco et leur attitude ferme face à l’enfermement et dans le tribunal, ainsi qu’à tous les anarchistes et aux personnes en lutte qui ne se rendent pas, et aux révolutionnaires qui continuent à tenter de détruire et d’ouvrir les cages du système.
Notre complicité la plus sincère et chaleureuse à toutes celles et ceux qui, plutôt que d’héberger passivement les idées, se lancent frénétiquement dans leur mise en pratique sous ses multiples formes, rendant possible au présent la capacité de continuer à tenter le tout pour le tout…
Pour l’anarchie !

Des anarchistes
Barcelone, avril 2016

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 04 abr 2016]


Sabotages de DAB à Barcelone

Aux premières heures du 31 mars, deux DAB ont été sabotés, l’un de la banque santander dans l’Avenida Mare de Deu de Monserrat, dans le quartier La Salut, et l’autre de la Caixa Catalunya, rue Concepcion Arenal, dans la zone de La Sagrera. Les écrans ont été détruits à coup de marteau, utiliser un petit marteau brise-vitres comme ceux qui se trouvent dans les autobus et les trains et qu’on appelle aussi marteaux de sécurité, permet de saboter les DAB de manière discrète, rapide et silencieuse puisqu’il suffit d’un seul coup pour détruire l’écran. Au lieu de détruire les vitres d’une seule banque avec tout le bruit que cela implique, nous avons opté pour endommager le plus de DAB possibles. C’est à cause du grand nombre de
passants qu’il y avait dans les rues, bien que ce soit de nuit et dans la semaine, que nous n’avons pas pu endommager autant de DAB que prévu. Cette action a été réalisée le jour où a été connue la condamnation à 12 ans de prison de Monica Caballero et Francisco Solar, et cette action est un geste minimal de solidarité et de complicité avec elle et lui, ainsi qu’avec les autres compagnon-ne-s emprisonné-e-s et réprimé-e-s.

Que les attaques contre le Pouvoir se reproduisent partout.
Anarchistes pour la révolte permanente

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 06 abr 2016]

Fertrève (Nièvre) : sabotage d’un projet d’éoliennes industrielles

 

Vandalisme, menaces et plainte autour d’un mât de mesure de vent d’une éolienne de Fertrève

Centre France, 08/04/16 – 18h11

Le mât de mesure de vent à Fertrève a été dégradé. Le porteur du projet éolien a déposé plainte.

Les éoliennes n’ont pas que des amis… Et ne font pas que des heureux. Dans la nuit de lundi à mardi, le mât de mesure du vent, installé sur la commune de Fertrève, plus précisément sur le terrain du maire Bernard Marceau, a été « victime ». Il a été vandalisé. Les haubans le faisant tenir droit ont été démontés, le déstabilisant et le faisant tomber au sol.

Dès que les dégâts ont été constatés, le porteur du projet éolien dans les Amognes, VSB énergies éoliennes a été informé et a déposé plainte au commissariat de police de Rennes, lieu de son siège social. VSB a également reçu des menaces d’un particulier.

Ce mât était installé depuis 2013. Il a mis en évidence des vents suffisamment forts pour faire tourner des éoliennes. Aussi, VSB a déposé un dossier auprès des services de l’Etat pour l’implantation d’une éolienne à Diennes-Aubigny et de cinq éoliennes à Fertrève. Ces dossiers sont encore en cours d’instruction. Afin d’avoir quelques mesures supplémentaires, l’installation d’un nouveau mât de 85 m est prévue, au sud de la zone concernée par les études de VSB.

Les Amognes ne sont pas le seul territoire qui voit pousser des projets éoliens. La Nièvre semble être un nouvel Eldorado pour les nombreux développeurs de projets éoliens, qui viennent, dans le département, chercher de nouvelles terres alors que les zones les plus rentables sont déjà équipées de parc éoliens. C’est notamment le cas du Morvan, où un parc de dizaines d’éoliennes est à l’étude, entre la Nièvre et la Saône-et-Loire.

Brèves du désordre

 

Paris : une joyeuse déambulation nocturne et « Nuit debout » fait appel aux keufs

Indy Nantes, 10 avril 2016

A Paris, la révolte et la Nuit Debout ont bien du mal à être canalisées par les citoyennistes de tout poil, qui sont pourtant à la manoeuvre. Les gens ont la rage, et des manifs sauvages s’enchaînent. Hier soir, des caméras de vidéosurveillance, des banques et un comico ont été visés. Une manif est même partie en pleine nuit vers le logement de Manuel Valls, avant d’être repoussée par les flics.

Face à cette détermination difficilement contrôlable, les « leaders » de la Nuit Debout (c’est un mouvement qui se dit sans hiérarchie, mais pas sans porte-paroles et représentant-es, ni Service d’Ordre…) ont fini par appeler les flics, révélant très vite ce qu’ils et elles visent véritablement : maintenir la contestation dans les cadres du pouvoir, contrôler la colère pour la détourner vers des logiques électoralistes comme ce fût le cas avec Syriza et Podemos. Alors que la répression a rarement été aussi intense pour briser une lutte sociale, ces gentils citoyens ont choisi leur camp : travailler avec la police.

Sur la chaîne parlementaire, deux « représentants » de la Nuit Debout félicitaient même la police pour son savoir-faire et son calme. Et ce n’était pas de l’ironie… Faut-il rappeler qu’à Paris, il y a déjà eu des dizaines et des dizaines d’arrestations, parfois des cars entiers remplis de personnes interpellées, et tout autant de blessé-es…

Vive le feu !


Paris, nuit du 9 au 10 avril : visite chez Valls, comico caillassé, Autolib cramée et banques pétées, « Nuit debout » collabos des keufs

(Paris-luttes, 10 avril)

[21h30] Un petit groupe de 200 personnes se sont rendues à Stalingrad pour dégager les grilles empêchant les migrants de s’installer à nouveau en campement.

23h30 Un cortège de plusieurs milliers de manifestants se dirige vers le domicile personnel du premier ministre Manuel Walls, rue Keller dans le 11e

00h20 Le cortège a été gazé par les gendarmes, au niveau de la rue de la Roquette, puis nassé. Des camarades sont venus en soutien.

00h45 Plus de 200 personnes partent en manif sauvage de la place Voltaire à la place de la République. De nombreuses banques se font défoncer au passage et des slogans anti-pub ornent désormais les panneaux JC Decaux.

03h00 : Toujours un gros millier de personnes sur la place, pendant que ça s’enjaille au centre sur du gros son d’autres commencent à bloquer la circulation au niveau de la rue du Temple à l’aide de barrières de chantier et de poubelles. Une caméra de surveillance est taguée sous les acclamations de la foule.

03h45 : Pendant que la fête bat son plein, une autolib est incendiée, les flics commencent à gazer, quelques projectiles en réponse.

04h00 : Ambiance émeutière : charges, grenades de désencerclement et tirs nourris de flashball. Au moins une arrestation sans motif apparent. Des blessé-e-s dont certain-e-s graves pris-e-s en charge par l’infirmerie de garde de la Nuit debout. Certain-e-s évacuées par les secours. Malgré tout du monde reste encore sur la place et la fête continue avec fanfare et batucada.


« Nuit Debout » : des manifestants tentent de prendre « l’apéro chez Valls »

AFP, 10/04/2016 à 08:31

Après avoir décidé de « prendre l’apéro chez Valls », de nombreux participants qui se trouvaient place de la République ont, d’un pas rapide, pris le chemin du domicile parisien du chef du gouvernement. Ils ont d’abord été bloqués non loin de la place de la République, avant de parvenir à poursuivre leur route par un autre chemin. Ils ont ensuite à nouveau été bloqués par un dispositif policier à proximité du domicile de Manuel Valls, dans l’est parisien.

« Paris, soulève-toi ! »

Des projectiles ont été jetés sur le commissariat du XIe arrondissement, par un petit groupe de quelques dizaines de personnes, dont les actions violentes étaient visiblement désapprouvées par la plupart des manifestants. « Paris debout, soulève-toi ! » ont crié des manifestants, ont indiqué des journalistes sur Twitter.

Huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé ce dimanche la PP. Ces personnes ont été arrêtées pour des « jets de projectiles, port d’arme prohibé, vol par effraction, dégradations et dégradations par incendie », a précisé la préfecture dans un communiqué de presse.

« Des projectiles et des pierres ont été jetés sur la façade du commissariat du 11e arrondissement et deux véhicules de police en stationnement ont été fortement endommagés« , explique la préfecture, ajoutant que les manifestants avaient tenté en vain d’entrer dans le commissariat. Vers 0h30, les forces de l’ordre ont procédé à la dispersion des manifestants, avait expliqué samedi soir une source policière à l’AFP.

Une agence d’intérim et des banques visées

Des dégradations – vitrines brisées, distributeurs de billets endommagés, tags – ont été aussi commises boulevard Voltaire dans « six agences bancaires » dont trois ont été victimes d’intrusion. « Une agence d’intérim et une agence de mutuelle » ont également été dégradées.

Place de la République, à 2h50, un responsable de « Nuit Debout » a demandé le concours de la force publique « en raison de la difficulté de son service d’ordre à assurer la sécurité » sur la place, selon la PP. Des policiers ont été envoyés pour sécuriser le rassemblement, et ils ont fait « l’objet de provocations et de nombreux jets de pierres« . Un véhicule Autolib a été « incendié à l’angle de la Place de la République et du boulevard Saint-Martin« , nécessitant l’intervention de sapeurs-pompiers, relève encore la PP.

lu sur Brèves du désordre

Ile-de-France/Montpellier/Vaulx-en-Velin : affrontements et incendies devant les lycées

Brèves du désordre

Vaulx-en-Velin : les arrestations se poursuivent chez les lycéens

MLyon, 08/04/2016 à 10h01

Une vague de caillassage envers les force de l’ordre sévit depuis lundi devant le lycée Robert Doisneau de Vaulx-en-Velin.

Ce ne sont pas moins de 6 mineurs qui ont été interpellés jeudi soir pour avoir lancé des projectiles sur la police à plusieurs reprises. Le commissaire et son adjoint directement pris pour cible ont fait les frais des cailloux aux alentours de 14 heures. L’un des protagonistes, seulement âgé de 11 ans avait un lance-pierre en sa possession lors des attaques.

Le bilan des interpellations s’élève dorénavant à 15, deux des responsables sont présentés ce vendredi en comparution immédiate devant le tribunal, trois autres seront déférés au parquet des enfants.

Mouvement lycéen à Vaulx-en-Velin : quatre interpellations

Le Progrès, 08/04/2016 à 19:04

Le rassemblement contre la loi Travail d’environ 150 lycéens de Vaulx-en-Velin a été parasité, ce vendredi matin, par des casseurs qui ont affronté les forces de l’ordre.

Depuis le début de la semaine, les lycéens manifestent à Vaulx-en-Velin contre le projet de loi El Khomri. Depuis ce vendredi matin, environ 150 jeunes sont rassemblés dans le centre-ville. Ils vont et viennent du lycée Doisneau au lycée des Canuts, suivis par des caillasseurs qui parasitent le mouvement. Ils en profitent pour affronter la police, qui réplique au gaz lacrymogène.

Le bilan final de la journée du mouvement lycéen à Vaulx se monte à quatre interpellations, notamment l’une d’un anarcho-libertaire de 21 ans qui a tenté de s’opposer à l’arrestation d’un caillasseur de 17 ans ; un jeune de 13 ans qui avait mis le feu à une poubelle devant le collège Valdo a également été interpellé ; un majeur qui a caillassé la police devant le commissariat a aussi été arrêté.

Au total, le bilan des interpellations depuis lundi se monte à 19.


De nouveaux incidents dans plusieurs lycées en France

AFP, 08/04/2016 15h02

LOI TRAVAIL – Voiture brûlée, policiers caillassés, feux de poubelles : des incidents ont à nouveau eu lieu matin dans plusieurs lycées d’Ile-de-France, conduisant la police à procéder à 38 interpellations, dont 15 pour contrôle d’identité, a-t-on appris de sources concordantes.

Dans les Hauts-de-Seine, 16 personnes on été interpellées, selon la préfecture de police de Paris. Neuf d’entre elles l’ont été devant le lycée Paul-Lapie, à Courbevoie, pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre et des dégradations.

En Seine-Saint-Denis, la police a recensé 22 interpellations, 15 pour contrôles d’identité et 7 pour des infractions diverses (jets de projectiles, incitation à l’émeute…), selon une source policière.

La tension a été particulièrement forte devant le lycée Hélène-Boucher à Tremblay-en France (Seine-Saint-Denis), où une centaine de lycéens, cagoulés selon une source policière locale, ont fait face à une dizaine de policiers. Un véhicule a été incendié, deux autres retournés, et les policiers « copieusement caillassés« . Une personne a été interpellée.

Pour se dégager, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et, à une reprise, du flash ball, a indiqué la préfecture de police de Paris. Une lycéenne a dit avoir été blessée légèrement au cours de l’affrontement, se plaignant d’un hématome à la jambe. L’établissement a été fermé vers 10h.

Trois interpellations ont également eu lieu à proximité du lycée Voillaume, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour jets de projectiles et incendies de poubelles. Par ailleurs, plusieurs lycées ont été bloqués dans le 11e arrondissement de Paris et à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Trois lycées mobilisés à Montpellier

Béatrice Gille, rectrice de l’académie de Créteil et chancelière des universités, a « renouvelé » dans un communiqué sa « plus ferme condamnation face à ces nouveaux actes de violence et de dégradation« . « Les atteintes aux personnes et aux biens ne sauraient être tolérées et feront l’objet de poursuites systématiques », a-t-elle ajouté.

A Montpellier, trois établissements (Clémenceau, Mermoz et Guesde) ont connu une certaine agitation, avec quelques débordements avant que des cortèges de lycéens se retrouvent sur l’Esplanade, où des poubelles ont été incendiées, selon Midi Libre.

Jeudi, des feux de poubelles et jets de pierres avaient déjà été recensés dans plusieurs lycées d’Île-de-France, aboutissant à 29 interpellations et 13 gardes à vue. Huit de ces jeunes, interpellés dans les Hauts-de-Seine, ont été présentés vendredi à un juge pour un rappel à la loi.

Mercredi, un jeune majeur a été condamné à Paris à 70 heures de travaux d’intérêt général après des incidents en marge de la manifestation de la veille contre le projet de loi travail qui avait rassemblé plus de 23.000 personnes (selon la police) dans toute la France.

Des tensions entre manifestants et policiers sont récurrentes depuis le début du mouvement contre le projet de loi Travail, dans lequel les lycéens sont en première ligne.

notes:l’illégalisme…

lu  à partir de mondialisme .org

Rien ne sert de le dissimuler, car, qu’on le reconnaisse ou non, il y a des anarchistes qui résolvent leur question économique de façon extralégale, c’est-à-dire par des moyens impliquant atteinte à la propriété, par l’usage constant ou occasionnel de différentes formes de violence ou de ruse, la pratique de métiers ou professions que la police ou les tribunaux désavouent.

C’est en vain que les doctrinaires, anarchistes communistes – et pas tous- veulent se désolidariser des « illégalistes », tonner contre « la reprise individuelle », qui remonte cependant aux temps héroïques de l’anarchisme, à l’époque des Pini, des Schouppe, des Ortiz, des Jacob. C’est en vain que les doctrinaires de l’anarchisme individualiste, tels les Tucker, combattront 1’outlawry anarchiste : il y a eu, il y aura toujours des théoriciens de l’illégalisme anarchiste, spécialement en pays latins.

Avant de nous enquérir de ce que disent ces « théoriciens » qui sont surtout des camarades qui cherchent à expliquer et à s’expliquer la tournure d’esprit de l’illégaliste annarchiste, il convient de faire remarquer que la pratique de l’illégalisme n’est ni à prôner ni à propager ; il offre de redoutables aléas. Il n’affranchit économiquement à aucun point de vue. Il faut des circonstances exceptionnelles pour qu’il n’entrave pas l’épanouissement de la vie individuelle ; il faut un tempérament exceptionnel pour que l’illégalisme ne se laisse pas entraîner et finisse par être réduit au rang de déchet social.

Ces réserves faites et proclamées à son de trompe, s’il le faut, s’ensuit-il que le camarade qui se procure son pain quotidien en recourant à un métier stigmatisé par la coutume, interdit par la loi, puni par « la justice », ne doive pas être traité en « camarade » par celui qui accepte de se faire exploiter par un patron ?
Somme toute, tout anarchiste, adapté ou non, est un illégal, parce qu’il nie la loi. Il est illégal et délinquant toutes les fois qu’il émet et propage des opinions contraires aux lois du milieu humain où il évolue.
Entre l’illégaliste intellectuel et l’illégaliste économique, il n’y a qu’une question d’espèce.

L’anarchiste illégaliste prétend qu’il est tout autant un camarade que le petit commerçant, le secrétaire de mairie ou le maître de danse qui ne modifient en rien, et pas plus que lui, les conditions de vie économique du milieu social actuel. Un avocat, un médecin, un instituteur peuvent envoyer de la copie à un journal libertaire et faire des causeries dans de petits groupes d’éducation anarchistes, ils n’en restent pas moins les soutiens et les soutenus du système archiste, qui leur a délivré le monopole leur permettant d’exercer leur profession et aux réglementations duquel ils sont obligés de se soumettre s’ils veulent continuer leur métier.

La loi protège aussi bien l’exploité que l’exploiteur, le dominé que le dominateur, dans les rapports sociaux qu’ils entretiennent entre eux et, dès lors qu’il se soumet, l’anarchiste est aussi bien protégé dans sa personne et ses biens que l’archiste ; dès lors qu’ils obtempèrent aux injonctions du « contrat social », la loi ne fait pas de distinction entre eux. Qu’ils le veuillent ou non, les anarchistes qui se soumettent, petits artisans, ouvriers, fonctionnaires, employés, ont de leur côté la force publique, les tribunaux, les conventions sociales, les éducateurs officiels. C’est la récompense de leur soumission ; quand elles contraignent l’employeur archiste à payer demi-salaire au salarié anarchiste victime d’un accident de travail, les forces de conservation sociale se soucient peu que le salarié, intérieurement, soit hostile au système du salariat ; et la victime profite de cette insouciance.
Au contraire, l’insoumis, le réfractaire au contrat social, l’anarchiste illégal a contre lui toute l’organisation sociale, quand il se met, pour « vivre sa vie », à brûler les étapes. Il court un risque énorme et il est équitable que ce risque soit compensé par un résultat immédiat, si résultat il y a.

Tout anarchiste, soumis ou non, considère comme un camarade, celui d’entre les siens qui refuse d’accepter la servitude militaire. On ne s’explique pas que cette attitude change quand il s’agit du refus de se laisser exploiter.
On conçoit fort bien qu’il y ait des anarchistes qui ne veuillent pas contribuer à la vie économique d’un pays qui ne leur accorde pas la possibilité de s’exprimer par la plume ou par la parole comme ils le voudraient, qui limite leurs facultés de réalisation ou d’association dans quelque domaine que ce soit. Tout bien considéré, les anarchistes qui consentent à participer au fonctionnement des sociétés où ils ne peuvent vivre à leur gré, sont des inconséquents. Qu’ils le soient, c’est leur affaire, mais qu’ils n’objectent pas aux « réfractaires économiques ».

Le réfractaire à la servitude économique se trouve obligé, par l’instinct de conservation, par le besoin et la volonté de vivre, de s’approprier une parcelle de la propriété d’autrui. Non seulement cet instinct est primordial, mais il est légitime, affirment les illégalistes, comparé à l’accumulation capitaliste, accumulation dont le capitaliste, pris personnellement, n’a pas besoin pour exister, accumulation qui est une superfluité. Maintenant qui est cet « autrui » auquel s’en prendra l’illégaliste raisonné, conscient, l’anarchiste qui exerce une profession illégale ?

Ce ne sera pas aux écrasés de l’état de choses économiques. Ce ne sera pas non plus à ceux qui font valoir par eux-mêmes, sans recours à l’exploitation d’autrui, leur « moyen de production ». Cet « autrui », mais ce sont ceux qui veulent que les majorités dominent ou oppriment les minorités, ce sont les partisans de la domination ou de la dictature d’une classe ou d’une caste sur une autre, ce sont les soutiens de l’Etat, des monopoles et des privilèges qu’il favorise ou maintient. Cet « autrui » est en réalité l’ennemi de tout anarchiste – son irréconciliable adversaire. Au moment où il s’attaque à lui – économiquement – l’anarchiste illégaliste ne voit plus en lui, ne veut plus voir en lui qu’un instrument du régime archiste.

Ces explications fournies, on ne saurait donner tort à l’anarchiste illégaliste qui se considère comme trahi lorsque l’abandonnent ou s’insoucient d’expliquer son attitude les anarchistes qui ont préféré suivre un chemin moins périlleux que celui sur lequel lui-même s’est engagé.

A l’anarchiste révolutionnaire qui lui reproche de chercher tout de suite son bien-être au point de vue économique, l’illégaliste lui rétorque que lui, révolutionnaire, ne fait pas autre chose. Le révolutionnaire économique attend de la révolution une amélioration de sa situation économique personnelle, sinon il ne serait pas révolutionnaire ; la révolution lui donnera ce qu’il espérait ou ne le lui donnera pas, comme une opération illégale fournit ou ne fournit pas à celui qui l’exécute ce qu’il escomptait. C’est une question de date, tout simplement. Même, quand la question économique n’entre pas en jeu, on ne fait une révolution que parce que l’on s’attend personnellement à un bénéfice, à un avantage religieux, politique, intellectuel, éthique peut-être. Tout révolutionnaire est un égoïste.

Quant aux objections de ceux qui font un travail de leur goût, qui exercent une profession qui leur plaît, il suffira de leur opposer cette remarque que me fit personnellement Elisée Reclus un jour qu’à Bruxelles, je discutais la question avec lui : « Je fais un travail qui me plaît, je ne me reconnais pas le droit de porter un jugement sur ceux qui ne veulent pas faire un travail qui ne leur plaît pas. »
L’anarchiste dont l’illégalisme s’attaque à l’Etat – ou à des exploiteurs reconnus – n’a jamais indisposé « l’ouvrier » à l’égard de l’anarchisme. Je me trouvais à Amiens lors du procès Jacob qui s’en prit aux églises, aux châteaux, aux officiers coloniaux ; grâce aux intelligentes explications de l’hebdomadaire Germinal, les travailleurs amiénois se montrèrent très sympathiques à Jacob, récemment libéré du bagne, et aux idées de reprise individuelle. Même non anarchiste, l’illégal qui s’en prend à un banquier, à un gros usinier, à un manufacturier, à une trésorerie, etc., est sympathique aux exploités qui considèrent quelque peu comme des laquais ou des mouchards les salariés qui s’obstinent à défendre les écus ou le papier-monnaie de leur exploiteur, particulier ou Etat. Des centaines de fois, il m’a été donné de le constater.

Bien que je ne possède pas les statistiques voulues, la lecture des journaux révolutionnaires indique que le chiffre des emprisonnés ou des tués, à tort ou à raison, pour faits d’agitation révolutionnaire (dont la « propagande par le fait ») laisse loin derrière lui, le nombre des tués ou emprisonnés pour faits d’illégalisme. Dans ces condamnations, les théoriciens de l’anarchisme, du communisme, du socialisme révolutionnaire ou insurrectionnel ont une large part de responsabilité, car ils n’ont jamais entouré la propagande en faveur du geste révolutionnaire des réserves dont les « explicateurs » sérieux entourent le geste illégaliste.

Dans une société où le système de répression revêt le caractère d’une vindicte, d’une vengeance que poursuivent et exercent les souteneurs de l’ordre social sur et contre ceux qui les menacent dans la situation qu’ils occupent – ou poursuit l’abaissement systématique de la dignité individuelle – il est clair qu’à tout anarchiste « l’enfermé » inspirera plus de sympathie que celui qui le prive de sa liberté ou le maintient en prison. Sans compter que c’est souvent parmi ces « irréguliers », ces mis au ban des milieux fondés sur l’exploitation et l’oppression des producteurs, qu’on trouve un courage, un mépris de l’autorité brutale et de ses représentants, une force de résistance persévérante à un système de compression et d’abrutissement individuels qu’on chercherait en vain parmi les réguliers ou ceux qui s’en tiennent aux métiers tolérés par la police.

Nous nourrissons la conviction profonde que, dans une humanité ou un milieu social où les occasions d’utiliser les énergies individuelles se présenteraient au point de départ de toute évolution personnelle, où elles abonderaient le long de la route de la vie, où les plus irréguliers trouveraient faculté d’expériences multiples et aisance de mouvements, les caractères les plus indisciplinés, les mentalités les moins souples parviendraient à se développer pleinement, joyeusement, sans que ce soit au détriment de n’importe quel autre humain.

E. ARMAND

[Brenner, Autriche] Manif vénère contre les frontières (et leurs gardiens) – 3 avril 2016

"Welcome" is painted to the Austrian Border sign after protests in the village of Brenner on the Italian-Austrian border, Sunday, April 3, 2016. Austria's defense minister said his country will deploy soldiers at a key Alpine pass to stop migrants arriving from Italy. Hans Peter Doskozil told German daily Die Welt that the move anticipates a shift in migrant flows from the Turkey-Greece route to the central Mediterranean. In an interview published Saturday, the newspaper quotes Doskozil saying that the military can provide "considerable support to border security" at the Brenner pass. (AP Photo/Kerstin Joensson)Dimanche 3 avril, environ 1000 personnes se sont rassemblées pour manifester contre les contrôles aux frontières et les frontières à Brenner [1]. Après avoir décoré les passages à la frontière, près de 30 flics avec trois fourgons se sont mis en travers du chemin Nous avons tenté à plusieurs reprises de forcer les lignes policières, ce qui a cependant été empêché par la violence policière. Par vengeance, les flics ont mangé des pierres, des bouteilles et des feux d’artifice. Par ailleurs, la gare a pu être bloquée pendant près d’une heure. Nous nous solidarisons avec tous les réfugiés dans le monde et ferons s’écrouler l’Europe forteresse! D’autres actions sont d’ores et déjà en projet.

NO BORDER – NO NATION – STOP DEPORTATION !

[Traduit de l’allemand de linksunten]

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Un petit complément d’infos de la presse autrichienne:

La circulation des trains a été suspendue pendant une heure. Un groupe entre 30 et 50 personnes masquées ont attaqué les flics autrichiens, en en blessant légèrement trois. En tout, près de 15 personnes ont été blessées. Des véhicules des forces de l’ordre ont également été endommagés. Plusieurs personnes ont été arrêtées et identifiées, dont la majorité serait originaire d’Italie d’après les flics.

A la suite de l’accord entre l’UE et la Turquie et l’accélération des procédures d’expulsion de migrants, l’Etat autrichien a annoncé vouloir renforcer les infrastructures de sécurité (clôtures, containers, etc…), et mener des contrôles drastiques aux frontières à douze endroits différents: en mettant notamment le paquet sur les routes vers la Hongrie, la Slovénie et en l’occurence vers l’Italie.

NdT:

[1] Le col de Brenner est situé en plein coeur de la région paisible et conservatrice du Tyrol, à l’extrême-sud de la ville autrichienne d’Innsbrück, à la frontière avec l’Italie.

traduit par le Chat Noir Emeutier


 

publié sur informa azione

Nuit debout et manif sauvage, récit en photo d’un soir de lutte

 lu sur rebellyon..info

Après la manif contre la loi travail, des centaines de personnes se sont regroupées dans la Croix Rousse, d’abord place Colbert, puis sur l’esplanade. Un groupe est ensuite parti en manif sauvage dans les pentes avant de revenir festoyer en haut.
Récit en photo de la manif sauvage à l’occasion d’une nuit debout dans les pentes de la croix rousse

Comme on pouvait s’y attendre il y a du monde à la manifestation de l’après-midi. La tête de cortège nous a donné la pêche, tenir la police à distance, l’envie de s’arrêter à Bellecour n’étant pas là, rencard est pris à Colbert, 18h.

Besoin de reprendre des forces, on se pose on boit un coup. On discute de ce qui vient de se passer place Bellecour, avec un goût amer dans la bouche, l’envie de bouger se fait sentir. On commence à voir les keufs tourner autour de la place sous les huées de la foule. Finalement on bouge direction l’esplanade, le départ se fait dans la bonne humeur, chants, collages et tags sont au rendez vous.

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Sur l’esplanade de la grande côte, on se pose un peu, mais on ne voit pas vraiment comment réussir à prendre place, à faire en sorte que la journée ne s’arrête pas tout de suite. On galère un peu à discuter de ce qu’on veut faire ensemble. Pendant ce temps les murs sont redécorés. Çà traînes çà hésites, des caddies de bière commence à arriver, elles servent à soutenir des copains en taules. Une partie des personnes présentes n’a pas envie d’en rester là, l’envie d’arpenter les rues, de s’éprouver ensemble, se fait sentir, c’est reparti pour un tour.

Un cortège s’élance derrière une banderole « Nos nuits sont plus belles que vos jours » . Certains décident de rester pour tenir la place. On descend en zigzaguant dans les pentes, assez vite les sprays sont de sorties on laisse diverses traces de notre passage, ce qui permet aux retardataires de retrouver le cortège. On chante « la loi travail on s’en fou on veut pas de boulot du tout » « on est nombreux, on fait ce qu’on veut ». La flicaille se serait-elle vexée des ces chants outranciers ? En tout cas on croise un fourgon rue Burdeau, des pétards leurs sont lancés, mais le cortège semble hésitant on met trop de temps à se décider. Des armées de robocops nous attendent un peu partout. Le cortège explose certains montent d’autres descendent. La banderole s’engouffre alors vers le bas des pentes. Un des fragments du cortège éclaté finit sa course dans les vitres du commissariat rue des capucins. L’autre partie du cortège se fait chasser par la BAC, l’ordre de disperser tout ce petit monde a rapidement été exécuté. Un groupe se fait contrôler place des Terreaux. Il semblerait que deux personnes se soient faites arrêtées.

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De retour sur la place, on s’assure que tout le monde va bien. Assez vite on partage un sentiment d’impuissance, petit échec stratégique, on a envie de repenser ensemble ces moments. L’impression qu’à ce nombre et avec cette énergie on pourrait imaginer une manière de se tenir, de faire bloc.

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Une AG est en cours, beaucoup de monde est encore là à discuter, certains les rejoignent. On finit par quitter la place, on ne lâchera rien, il nous faut juste un peu de sommeil pour imaginer la suite.