Archives de l’auteur : anarchiste

Voiture des flics au barbec’ : Trois manifestants en taule

attaque

Le Monde / jeudi 2 juin 2016

Un Américain de 27 ans, le cinquième suspect dans l’enquête sur l’attaque d’un véhicule de police incendié alors que deux agents se trouvaient à l’intérieur le 18 mai à Paris, a été placé jeudi en détention provisoire, selon une source judiciaire. Après son interpellation, le 26 mai, au cours d’une manifestation, il avait été mis en examen lundi pour « tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, destruction de bien en bande organisée, violences en bande organisée et participation à un attroupement armé et le visage dissimulé ».

La cour d’appel de Paris examinait jeudi après-midi le cas des quatre premiers mis en examen, âgés de 18 à 32 ans, présentés comme des militants antifascistes par le parquet de Paris. La cour a notamment ordonné l’incarcération d’un des mis en examen, qui avait été remis en liberté par une précédente décision, ce qui avait suscité la colère des syndicats de police. Elle a confirmé la détention provisoire de son frère cadet. Les deux autres mis en examen qui avaient été libérés ont vu leur contrôle judiciaire renforcé par la chambre de l’instruction.
[…] Le plus jeune des gardés à vue a fait appel de sa détention provisoire, tandis que le parquet a contesté la remise en liberté sous contrôle judiciaire des trois autres. […] Les cinq mis en examen ne contestent pas leur présence sur les lieux des violences, mais ils disent ne pas y avoir participé. Aucun des cinq suspects n’a été identifié par les enquêteurs comme étant celui qui aurait lancé le fumigène.
Les suspects ont été identifiés grâce à un témoignage anonyme, mais qui s’est avéré être celui d’un policier infiltré sur place, son nom apparaissant dans un procès-verbal par erreur. Les avocats des mis en examen dénoncent une enquête bâclée et sans preuve.

Nantes: 8 mois de prison ferme et 12.000 € pour une vitrine. Ouest-France, Police, Justice… Complices ?

indymedia nantes

Lors de la manifestation de jeudi dernier à Nantes, un jeune de 21 ans a été interpellé suite à quelques dégradations sur les locaux de Ouest-France.

 Lundi 30 mai avait lieu sa comparution immédiate au Tribunal de Nantes. Comme depuis le début du mouvement contre la Loi Travail lors de comparutions immédiates, la peine a été très lourde : 8 mois de prison ferme en tout (6 mois pour cette affaire et 2 mois pour la révocation d’un sursis suite à une autre affaire) et 12.000 € d’amende ! A cela s’ajoute également… 30 € pour avoir participé à une manifestation interdite par la Préfecture… on nage en plein délire !

Mais ce qui est surtout intéressant dans cette « affaire » c’est le traitement de cette information, par Ouest-France justement, dans le journal d’aujourd’hui (voir ci-dessous). Contrairement à pratiquement tous les articles concernant les comparutions immédiates de ces dernières semaines, l’article est relativement petit et s’excuse presque du traitement de l’information concernant cette « affaire » de bris de vitres et de peinture… Mais surtout, l’article « oublie » de dire que le jeune de 21 ans a été condamné à une amende d’environ 12.000 € pour le « préjudice matériel » et… « l’atteinte à l’image de Ouest-France » * !
Non, vous ne rêvez pas, Ouest-France a trouvé bon d’aller réclamer 12.000 € de dommages et intérêts à un jeune de 21 ans qui se trouve déjà en prison pour 8 mois !

Après cela, comment s’étonner que les façades de Ouest-France soient peinturlurées ? Qu’il y ait une défiance envers certains médias ?

http://www.bretagne-info.org/wp-content/uploads/2016/05/Article_Ouest_France_Manifestation_Loi_Travail_Nantes_2016_05_31.jpg

Nous souhaiterions savoir si certain-e-s journalistes ou leurs syndicats à Ouest-France se manifesteront pour demander des explications sur cette « amende » ?

* Information publiée dans le Presse-Océan du jour également.

 

Paris/Nantes : manif sauvage et destructions

Brèves du désordre

Paris : quand la manif sauvage ravage le 15e arrondissement

Un récit de la manif
Paris-luttes (extrait), 2 juin 2016

… Au niveau du métro Sèvres-Babylone, la manif s’arrête. Le chemin vers le Ministère des Transports (en fait celui-ci s’appelle officiellement Ministère de l’Environnement, de l’énergie et de la Mer, mais bon, osef) est bloqué par la police… On aurait pu prendre des chemins de traverse, d’autres rues, le dispositif policier n’étant pas très impressionnant à cet endroit. Mais le mot a couru qu’un certain François Hollande était au même moment au parc des expositions de la porte de Versailles, où se tenait le congrès des maires de France. Héhé, ça donne envie, quand même !

Donc là, on aurait pu faire demi-tour et faire enfin une longue manif jusque là-bas, mais assez vite l’idée d’y aller en métro à circuler, puis des manifestant-e-s ont pris le mégaphone pour inciter tout le monde à y aller ensemble en métro. C’est ce qu’on a fait, dans la joie et la bonne humeur !

Pour éviter d’être pris-es au piège par les flics à la sortie du métro Porte de Versailles, on a décidé (assez judicieusement) de sortir à la station d’avant, métro Convention.

On était plusieurs centaines, peut-être un millier, je ne sais pas trop. Et là, c’est parti en manif sauvage sur la rue de Vaugirard (la plus longue voie de Paris intra-muros, ça aurait été marrant de la faire en entier cette vieille rue de bourges du Monopoly…), d’abord assez tranquillement (on s’attend), puis heureusement un peu plus énergiquement par la suite. Ça gueule « Grève, blocage, manif sauvage« , « Haaa, anti, anticapitalistes » et autres slogans habituels. Puis on tombe assez vite sur un chantier en libre service : des barres de fer et autres objets de mobilier urbain sont saisis, notamment pour ériger quelques petites barricades sur la route, mais pas seulement ! De premières banques sont attaquées, et jusqu’à la porte de Versailles, pratiquement toutes les cibles capitalistes y passeront ! Panneaux de pub bien sûr, mais aussi agences immobilières, agences d’intérim, magasin de location de voitures, etc. L’ambiance est super offensive mais ça avance assez sereinement en direction de la porte de Versailles. François, on arrive !

Arrivé-e-s face au parc des expositions, on se retrouve sans surprise face à des rangées de CRS. Et aussi au milieu de passant-e-s, et d’autres manifestant-e-s, car un rassemblement de cégétistes s’y tenait déjà.

Pendant quelques minutes, la situation ne bouge pas, on se demande quoi faire et on sent bien qu’on ne réussira pas à passer pour faire un coucou à François d’un peu plus près… Au moins on bloque complètement le tramway, mais bon, on a envie de plus que ça !

Alors on regarde vers le boulevard Lefebvre (ça monte) et on le sent pas trop. On tente de partir vers le boulevard Victor (ça descend) mais un gros paquet de CRS se mettent à courir pour nous empêcher de passer (et plus, si affinités). Ça ressemblerait presque à un début de nasse, et là, l’intelligence collective est immédiate : demi-tour en trottinant, on se redirige vers la rue Vaugirard, hop hop, re-manif sauvage ! On est quelques centaines, toujours le sourire aux lèvres sous les masques. Le Subway voit sa vitrine pétée, hop hop, et au lieu de reprendre le même chemin (pratiquement tout a été attaqué) la manif sauvage prend la rue de la Croix Nivert sur la gauche. En chemin, les banques, qui ne manquent pas dans le quartier, seront quasi systématiquement attaquées (vitrines et DAB). Des barricades de poubelles sont mises en place un peu partout pour ralentir les flics qui s’aventureraient derrière nous. Au croisement avec la rue Desnouettes, des flics sont caillassés et gardés à distance sur la gauche pendant que tout le monde court sur la droite (rue Desnouettes, donc). On court pas mal, mais c’est nécessaire, ça nous permet de continuer avec un ou deux temps d’avance. Sur le chemin, d’autres vitrines sont fracassées, notamment SFR et un magasin Nicolas où plusieurs bouteilles de champagne sont pillées (je bois pas d’alcool, mais ça m’a bien fait marrer quand même, t’inquiète – tant qu’elles ne sont pas bues sur place et qu’on garde tou-te-s notre lucidité émeutière). Certain-e-s trouvent quand même le temps de taguer des banques : « Brisons le capital« , « Brûle les banques« , etc.

Au bout de la rue Desnouettes, on reprend la rue de Vaugirard, et on repart sur la gauche dans je ne sais pas quelle rue (une banque est à nouveau pétée à cet endroit-là, ça n’arrête pas j’vous dis !).

À ce moment-là, on s’aperçoit qu’on est quand même moins nombreux-euses, la dispersion de fait a commencé. Et la flicaille en nombre commence à se rapprocher. Le mot circule pour que la dispersion se fasse bien collectivement, et je ne sais pas combien de temps ça a duré du côté de la rue Blomet mais il me semble que beaucoup se sont dispersé-e-s là, vers la mairie du 15e. J’espère sans arrestation ni heurts.

En tout cas c’était encore bien intense aujourd’hui.
La rage est toujours vive. La loi Travail et son monde, on n’en veut toujours pas.

Grève, blocage, sabotage, manif sauvage : la lutte a besoin de la multiplication des moyens d’action. Que la colère se répande, et nos perspectives révolutionnaires aussi !


Paris : une centaine de casseurs sème la panique dans le XVe arrondissement
Le Parisien | 03 Juin 2016, 01h18

« Une horde sauvage », « une violence incroyable ». De la Porte de Versailles à la Croix-Nivert (XVe), les riverains sont pétrifiés par les événements qui se sont déroulés hier après-midi. Une quinzaine de vitrines brisées, des tags… Il était un peu plus de 16 heures lorsqu’une centaine de casseurs cagoulés, armés de barres de fer, de barrières de chantier et de haches, ont fait irruption rue de Vaugirard et créé un véritable mouvement de panique chez les habitants et les commerçants.

Arrivé à hauteur de la mairie d’arrondissement, le groupe, poursuivi par les CRS, s’est acharné à coups de hache sur plusieurs fenêtres et portes, les endommageant sérieusement. Philippe Goujon, le député-maire (LR) du XVe, a immédiatement annoncé qu’il déposait plainte contre les casseurs. Ces derniers avaient manifestement infiltré une manifestation non autorisée de cheminots anti-loi El Khomri. Elle se déroulait devant le parc des expositions de la porte de Versailles, où se tient le congrès des maires de France qui accueillait la visite de François Hollande.

« Le groupe était déchaîné, et extrêmement mobile, brisant les vitrines les unes après les autres, au péril des commerçants qui se trouvaient à l’intérieur et des passants, détaille un témoin. Ces scènes insoutenables ont duré au moins une heure… » En fin d’après-midi, enfin, 17 personnes ont finalement été interpellées et maintenues à terre sur les marches de l’église Saint-Lambert, avant d’être placées en garde à vue… Mais la plupart d’entre elles, faute d’avoir été surpris en flagrant délit, ont été libérées.

Face à l’ampleur des dégâts, particulièrement porte de Versailles et rue de Vaugirard, Philippe Goujon, ne cache pas sa colère, ni son exaspération. « En matière d’ordre public, tonne-t-il, la préfecture de police est défaillante, alors que c’était autrefois son domaine d’excellence ! A quelques jours de l’Euro, mon inquiétude est à son comble. Quand les pouvoirs publics se décideront-ils à agir, alors que nous sommes en plein état d’urgence ? A chaque manifestation, le même scénario se reproduit. C’est un scandale. »


Rennes. 17 distributeurs de billets toujours hors-service suite aux violences

Le Télégramme, 01 juin 2016 à 19h32

Alors qu’une nouvelle manifestation contre la loi Travail doit se tenir ce jeudi à Rennes, la capitale bretonne panse toujours ses plaies suite aux violences de ces dernières semaines.

Les banques ont payé un lourd tribut avec des vitrines cassées, ainsi que des distributeurs de billets endommagés. À ce jour, 17 d’entre eux sont d’ailleurs toujours hors-service. Le 23 mai dernier, le préfet réunissait mairie, métropole et acteurs économiques pour installer la commission d’indemnisation promise par Bernard Cazeneuve. L’objectif : chiffrer les dégradations commises par les casseurs en marge des manifestations. Si les commerçants ont eu la confirmation que les franchises d’assurance liées aux sinistres seraient prises en charge par l’État, le préfet est resté campé sur ses positions quant à la non prise en compte des pertes d’exploitation dans le préjudice.

Baisse du chiffre d’affaires « à chaque manifestation »

Rappelons que certains commerçants ont eu des baisses de ventes jusqu’à 40% sur certains jours de manifestation. Argument du préfet pour refuser : même à Paris, à la suite de l’attaque du Bataclan, les pertes d’exploitation des commerces n’ont pas été prises en compte. Commerçants, banques et CCI ont rappelé au préfet que s’il était difficile de faire le lien à Paris entre perte d’exploitation et attentat, ce n’était pas le cas à Rennes. « À chaque manifestation, nous avons constaté une baisse du chiffre d’affaires », fait remarquer l’un des participants à cette réunion.


Nantes : la mairie, les flics et une permanence électorale

Loi travail : nouveaux heurts en marge de la manifestation contre à Nantes
Le Parisien, 02 Juin 2016, 14h02

De nouveaux heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et forces de l’ordre en marge de la manifestation contre la loi travail organisée à Nantes dans le cadre d’une nouvelle journée d’action, a constaté l’AFP. Peu après 13H00, plusieurs centaines de jeunes ont décidé de poursuivre leur défilé dans les rues, après la fin de la manifestation syndicale entamée vers 11H00 par 2.500 personnes, selon la préfecture, et 5.000 à 6.000, selon les syndicats, derrière une banderole de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-Unef proclamant « Retrait du projet de loi travail », et aux cris de « Ni amendable, ni négociable, retrait, retrait de la loi travail ».

Certains des jeunes manifestants ont jeté des projectiles, dont des pavés et des bouteilles, en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes, alors que la manifestation se trouvait en centre-ville. Un passant a fait un malaise et a été évacué par des forces de l’ordre, a constaté l’AFP. Le cortège s’est ensuite scindé en plusieurs groupes.
Après une nouvelle charge des forces de l’ordre, un manifestant a été blessé à l’arcade sourcilière par un projectile et évacué, la tête en sang, par des équipes médicales du cortège, a constaté un photographe de l’AFP. Il souffre d’une plaie au front et a été pris en charge par les pompiers, selon la police, qui a indiqué par ailleurs qu’au moins une personne avait été interpellée.

Plusieurs incidents avaient auparavant déjà émaillé la manifestation.

Arrivés vers 11H30 devant le siège du Medef de Loire-Atlantique, certains manifestants ont lancé fumigènes, pétards et billes de peinture sur la façade.
Peu après, un face-à-face d’un quart d’heure entre plusieurs dizaines de jeunes, cagoulés et le visage dissimulé, et les forces de l’ordre, a eu lieu au niveau d’un pont menant au commissariat central, dont l’accès a été fermé par des barrières anti-émeutes.
Aux cris de « Tout le monde déteste la police« , des manifestants ont tagué l’une de ces barrières d’un « Nike la police » et jeté fumigènes et bouteilles remplies de peinture rose, vers les forces de l’ordre, qui n’ont pas répliqué.
Le cortège est ensuite reparti, en chantant notamment l’Internationale.
Vers 12H30, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes, en réponse à des jets de projectiles lancés par des manifestants, qui venaient de s’en prendre aux vitres de la façade de l’hôtel de ville. Peu avant, la façade de la permanence du député écologiste François de Rugy avait été visée par des jets de peinture.

Brest (Bretagne) : coup de chaud pour le temple de la consommation

Brèves du Désordre

Brest. Chariots incendiés au Carrefour Iroise, bureaux endommagés

Le Télégramme, 28/05/2016 à 16:10

Il est un peu plus de minuit, dans la nuit de vendredi à samedi, quand les pompiers sont appelés pour se rendre au magasin Carrefour Iroise, à Brest.

Plusieurs chariots ont été rassemblés et empilés les uns sur les autres sur 100 m² par un groupe de jeunes, avant d’être incendiés. La fumée s’est propagée à quelques bureaux, qui ont été endommagés.

Grenoble : sabotage à l’acide de 70 composteurs de tram

 repris  à partir de Brèves du Désordre

A Grenoble, 70 valideurs de tickets de tram ont été dégradés en l’espace d’un week-end

F3 Alpes, 02 juin 2016 à 19:57

Dans l’agglo de Grenoble, les détériorations des valideurs, bornes d’achat ou abris sont quotidiennes. Mais des actes de vandalisme de cette ampleur, c’est du « jamais vu ! », explique la Sémitag, responsable des transports en commun, après « un mouvement sauvage » sur 70 valideurs.

Vous l’avez peut-être remarqué, pour composter son titre de transport avant de monter dans le tram, il faut s’y prendre à plusieurs fois. En cause, les valideurs du réseau TAG, qui sont régulièrement cassés.

Jusque-là, rien d’exceptionnel, explique Benjamin Berard, responsable marketing et communication de la Sémitag. En effet, la société « reçoit tous les jours des signalements de dégradations sur les valideurs, les abris ou bien les bornes d’achat de tickets« .

Mais ce n’est rien, comparé au week-end du 21 et 22 mai, durant lequel 70 valideurs ont été cassés, sur les 550 du réseau, « au cours d’un mouvement sauvage ». « Du jamais vu », selon la Sémitag, qui a les réparés la semaine suivante.
La méthode employée pour les briser n’a pas été divulguée par la société, mais un salarié a évoqué des destructions avec de l’acide. Aucune plainte n’a été déposée auprès des services de police. Car la priorité, indique la Sémitag, est de remettre en état de marche les valideurs endommagés tous les jours, le plus vite possible.

Amiens (Picardie) : Double évasion à l’ancienne !

attaque

Courrier Picard / mardi 31 mai 2016

Lundi soir, deux hommes se sont évadés de la maison d’arrêt d’Amiens en sciant les barreaux et en passant par les toits. Ils sont activement recherchés par les hommes de la police judiciaire d’Amiens. Les deux hommes sont passés par les toits des ateliers. Un complice les attendait certainement à l’extérieur. Ils ont utilisé des cordes, attachées à un arbre, dans un jardin proche.

Selon nos informations, les hommes de la police judiciaire se sont rendus sur les lieux vers 1h30 dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont saisi les cordes laissées par les fugitifs ainsi qu’un grand sac ayant probablement servi à transporter le matériel.

Le complice a été interpellé par les policiers. Les deux fugitifs sont activement recherchés. Il s’agit de deux personnes de nationalité Grecque et Albanaise. L’un était en détention pour trafic de stupéfiants, le deuxième pour cambriolages multiples.

Une évasion similaire a eu lieu en novembre 2015. Trois détenus avaient scié leurs barreaux. Ils étaient eux aussi passés par le toit des ateliers avant de s’enfuir par les mêmes jardins. L’un s’était rendu à la police à Reims, les deux autres avaient été interpellés en Norvège quelques jours plus tard.

[Publication] La Bourrasque n°2 – Juin / Août 2016

La Bourrasque est un bulletin qui ne se construit depuis aucune base politique, idéologique ou morale, considérant que ce ne sont que trois facettes d’une même domination. Les textes proposés ici ne se nourrissent que de rages et de désirs. La rage contre ce monde pourri par l’autorité et le fric. Le désir de vivre des instants d’insoumission et de liberté. S’il nous tient à cœur de mieux comprendre et évoquer dans ces lignes comment s’articulent les dominations qui traversent cette société, ce n’est pas pour en être les spectateurs-trices indignéEs mais pour envisager des pratiques et des horizons offensifs contre tous les pouvoirs. Allergiques aux dogmes et aux avant-gardismes, nous ne souhaitons ni convaincre, ni persuader. Dans La Bourrasque, nous voyons plutôt un souffle qui circule de rencontres en affinités. Une rafale qui recherche les brèches du vieux monde pour s’y engouffrer et les élargir. Un peu de vent pour que le feu se propage.

Pour télécharger le PDF clique là

Voir le blog du bulletin et les articles du n°2

La lettre d’infos de Batotopie, les rendez-vous à la ferme des roussets

Reçu par mail

Bonjour à tou.te.s,

cela fait quelques temps qu’on n’a pas donné de nouvelles, pourtant on est toujours debout…
Et tellement nombreu.ses.x à réaffirmer que nous ne voulons pas du monde tel qu’il va, à nous réunir, nous parler, décider de passer à l’action, tenter de créer des formes de vies différentes, essayer simplement de rester humain, fragiles dans l’orage mais bien vives!
Chantier collectif rénovation terre-paille
du lundi au jeudi jusqu’au 8 juillet

Le chantier de rénovation de la fumière avance: le bâtiment est au sec, les murs sont debout de paille et de bois, l’enduit terre est en cours, mais il reste encore pas mal de travail: dalle GREB, enduits de finition, bardage bois, isolation du plafond en paille et pose du fermacel, aménagements intérieurs…, bref: nous ouvrons un chantier collectif permanent tout le mois de juin, du lundi au jeudi! Rejoignez-nous pour un jour, 4 jours ou 1 mois, on a de toute façon grand besoin de coups de mains! Camping à la ferme possible, 1 caravane disponible, on vous accueillera avec plaisir.

Prévenez-nous de votre venue.

Combe Laval fait son cirque!
samedi 11 juin, sous le Pont du tram à St laurent en Royans, à partir de 13h jusqu’au bout de la nuit.
Événement organisé par l’association la 5ème Saison: une multitude de spectacles, danse et cirques toute l’après-midi avec des groupes amateurs, professionnel, de tous âges, et un grand concert dansant avec The Big Ukélélé Syndicate le soir. Le concert aura lieu au parc du Gymnase de la Providence. Gratuit

Rassemblement contre le center parc de Roybon
Les opposant.e.s au center parcs de Roybon, issues des différentes associations et collectifs, se réunissent pour un goûter partagé avec des ateliers, spectacles et de la musique le samedi 18 juin à partir de 15h, place du champs de mars à St Marcellin.  Alors que de nouvelles décisions juridiques vont bientôt être rendues, soyons nombreu.ses.x à réaffirmer notre opposition à ce projet destructeur.

Concert à la ferme avec bÜlbÜl, Accorduo vocaloustic
samedi 18 juin, buvette, repas partagé, tartines à partir de 19h et concert à 20h30
Un accordéon, deux voix, vous emmènent jusqu’au confins des Balkans, en passant par la musette toxique des années 30…
une jolie occasion de se retrouver! prix libre
https://vimeo.com/127696911 , https://vimeo.com/127698835 & https://vimeo.com/130530040

Projection en plein air du film Les aventures d’Ivan Tchonkine
Dimanche 31 juillet à 21h

Proposé par Caméra en Campagne, rencontres cinématographiques sur le thème Moissons rouges, cinéma des pays communistes et post-communistes
En 1941, surveillant un « coucou » accidenté, le soldat Tchonkine, réputé naïf, file le parfait amour avec la factrice du village et suscite l’hostilité des habitants et des autorités. Une fable satirique et antimilitariste qui dénonce les errements du régime socialiste.

Prenez un petit coussin ou un fauteuil et une petite couverture s’il fait frais!

Chantier construction d’un poulailler mobile
du 1er au 7 août

Les premiers animaux font leur entrée à la ferme!  5 moutons ont pris leurs aises, nous souhaitons adopter maintenant une quarantaine de poulettes, et leur construire un poulailler mobile pour pouvoir changer de place selon le terrain et les saisons.
Le chantier sera coordonné par Matthieu, ancien compagnon qui nous a rejoint pour quelques temps, expert es poulailler! les plans et le matériel seront déjà sur place, il restera toute la mise en œuvre…

– arrivée possible dès le dimanche 31 juillet

– hébergement sous tente sur le terrain
– repas à midi préparé ensemble et pris avec l’équipe Batotopie pour se rencontrer
– repas du soir entre participant.e.s au chantier.
– les repas sont pris en charge par Batotopie.

– si vous avez du matos pour travailler le bois et que vous êtes d’accord de l’apporter c’est bienvenu.

Formation avec l’atelier paysan, coopérative d’auto-construction
Construction d’un petit hangar agricole du 15 au 19 août
Une formation-chantier pour réaliser un hangar agricole sur le terrain de maraîchage
Toutes les infos et inscriptions auprès de Jonas Miara de l’atelier paysan
j.miara@latelierpaysan.org
07 84 38 07 41
04 76 65 85 98
http://www.latelierpaysan.org/
Sous la falaise, 2eme édition
Samedi 24 septembre
Il y aura des contes, le plaisir d’être ensemble, des discussions, de la musique, de la danse, un super dance-floor, et on vous en dira plus bientôt! mais vous pouvez déjà noter la date 🙂
Nouveau: pizzas alla ferme tous les vendredis! Margharita ou di stagione, goûtez des pizzas bio aux légumes du jardins. A retrouver lors de la vente à la ferme le vendredi de 17h à 19h avec le pains, légumes, miel, et les fromages de brebis de Presles. Et aussi au jardin, vente de légumes le mercredi de 9h à 12h.

Merci pour tous les coups de mains, les soutiens…*A bientôt*

L’équipe de Batotopie

[Parution] N°3 Du pain sur la planche

Feuille d’agitation anarchiste

 Dérailler

[deraje] v.I. -1. Sortir des rails. 2- Familier : fonctionner mal ; se dérégler. 3. S’écarter du bon sens, (synonyme : déraisonner, divaguer)

weiis-fillejetseauEmbouteillage géant, échappatoire zéro. Je crève d’envie de mordre le volant, jeter la tête en arrière, hurler, courir…Défoulement éphémère_ô combien jouissif_de cette frustration sauvage, contenue. À chaque fois le cri monte de mes tripes, étreint ma cage thoracique et reste bloqué derrière mes lèvres… et je mesure la profondeur du dressage, tout ce qu’il a fallu araser, canaliser chez chacune des milliers de personnes prises dans ce flux pour en faire ces dociles automates fonçant à toute allure dans la même direction ou capables d’encaisser cette situation anxiogène sans péter une durite, partir à pied, se défouler sur le premier radar ou uniforme venu. Route des vacances, route du turbin, même combat.

Jour après jour, l’économie nous vole notre temps, la marchandise et ses « loisirs de masse» tend à nous déposséder de nos désirs et de nos rêves, les prothèses technologiques envahissent et n’en finissent plus d’appauvrir les relations… Jour après jour l’alcool, les drogues, calmants, servent d’étouffoir à la rage et à la frustration, amputent et bousillent les trop vivant-es, brouillon-es, sensibles pour mieux garder intacte cette société mortifère. Jour après jour les sangsues religieuses tentent d’incruster leurs préceptes autoritaires, homophobes, patriarcaux et sexistes jusqu’au fond de nos cerveaux. Les paradis qu’ils nous promettent ont tous le sale goût du mensonge et de la résignation . Jour après jour les médias, l’école et autres larbins du pouvoir (…) tentent de formater notre regard sur « le monde », d’ imposer une vision de l’histoire qui nie la continuité des actes d’insoumission, révoltes et rébellions qui ont tenté au fil des lieux et des époques de saper toute autorité. Sous la plume de ces chacals, des attaques ciblées deviennent des « actes isolés », les révolté-es des « déséquilibré-es », ou des «casseur-euses », la lutte contre un projet de la domination un « cancer » à éradiquer. Selon eux, la seule violence acceptable est celle que l’ État exerce au quotidien pour maintenir son contrôle, violence complétée par d’autres formes de répression d’autant plus difficiles à identifier et affronter qu’elles sortent des lieux d’enfermement pour prendre, entre autre rouages sociaux la voix de nos « proches ». Sous prétexte d’inquiétude, ce sont elles et eux qui se font souvent les meilleurs relais de la domination, nous priant de rester dans le rang, ne pas faire de vagues, baisser la tête, obéir aux patron-nes et aux uniformes (…). Que le travail nous bouffe notre temps, notre intelligence et notre santé, que le couple (« obligatoirement » hétérosexuel, exclusif et amené à se reproduire) nous oppresse, atrophie notre individualité, étouffe nos sentiments (…) importe peu. Ils et elles tentent, sous prétexte d’amour (et par tous les moyens possibles) de nous faire rentrer dans le rôle que la société a prévu pour nous, de nous insérer. Aliénation, chantage affectif, menaces et violences de toute sorte, camisole chimique, mise sous tutelle, enfermement… Gare aux volontés rebelles ! Les enfants qui refusent de se soumettre au dressage parental sont qualifié-es de « capricieux-ses » ou « d’hyperactifs » (et cachetonné-es), les femmes qui bataillent contre le sexisme (…) facilement traitées de « folles » ou d’« hystériques ». Pour qu’il ne reste aucun doute, les blouses blanches définissent « au nom de la science » ce qui est sain et ce qui est pathologique. Ces crapules utilisent leur légitimité de spécialistes pour tenter de faire porter à celles et ceux qui ne désirent ou ne parviennent pas à s’insérer la responsabilité de leur « inadaptation ». Si on les écoute, souffrir de subir cette société autoritaire, déborder d’une énergie déraisonnable, se révolter, refuser de faire profil bas devant keufs, vigiles et juges (ils appellent ça « trouble de l’autorité ») serait pathologique.

Il paraît que l’infiltration de l’État dans chaque parcelle de nos vies et de l’économie dans chaque parcelle du vivant (et vice versa), la dépossession de nos conflits, la perte d’autonomie alimentaire, le fait d’être tenus dans l’ignorance absolue de nos corps (…), sont des «progrès ». Le fait de vivre en laisse, sous la perfusion et la surveillance permanente de l’État et de la « communauté sociale » (…) serait le seul chemin possible. Des siècles de développement industriel et de rapports de domination amputent notre imagination, laissent des traces indélébiles jusqu’au plus profond de nos intimités, ont un impact durable sur nos corps et sur l’environnement mais la suite ne ressemble pas forcément à cette autoroute que religieux, scientifiques, industriel-es, prétendent tracer devant nous.

Nous n’avons qu’une seule vie, et le compteur tourne. Là où tout pousse à étouffer notre sensibilité pour réduire la souffrance que ce monde nous inflige, rogner notre intelligence, se bricoler des en-dehors et s’enorgueillir peut-être, un jour, d’avoir atteint « l’âge de raison », nous voulons donner à nos existences l’impulsion qui les ferait déborder, tumultueuses, de leurs costumes étroits. Le chemin est long, il y a beaucoup à désapprendre et à inventer pour tenter (et tant pis si c’est maladroit) d’apprivoiser la multitude de sentiments qui affleurent quand se fendillent les camisoles chimiques et sociales, quand on arrête d’être « présentables » pour laisser vivre nos émotions. Il semble bien que le premier pas, vertigineux, soit de s’émanciper des vendeurs d’illusions, des rapports toxiques, des relations qui nous entravent, nous empêchent d’interroger ce que nous aimerions vivre, pour se positionner enfin au centre de nos existences. Tenter de détruire, passionnément, tous les carcans.

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