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Valence [Drôme] Le centre pénitentiaire en feu, la mutinerie , un mouvement collectif!!

France bleu Drôme Ardèche dimanche 27 novembre 2016 à 13:17

Valence : nouvelle mutinerie à la prison ce dimanche

 

incendie en cours à la prison de Valence

 

De nouveaux incidents ce dimanche midi à la prison de Valence. Des détenus sont retranchés dans le quartier maison centrale et ont mis le feu à des matelas. Aucun surveillant n’est retenu en otage.

C’est vers 11h45, au retour de promenade que deux détenus ont menacé un surveillant avec une arme artisanale. Ils lui ont placé une sorte de lame sous la gorge pour qu’il leur remette ses clés avant de le laisser s’en aller. Les prisonniers sont ensuite remontés dans les étages du quartier maison centrale. Au troisième étage, ils ont incendié des matelas dans trois cellules. Ils ont aussi ouvert l’ensemble des portes du bâtiment. A priori, une cinquantaine de détenus sont donc seuls à l’intérieur sans gardien, mais tous ne sont pas sortis de leur cellule, certains ne veulent pas se mêler à ces violences. Les mutins auraient également coupé les filets métalliques entre chaque étage. Six véhicules de pompiers sont arrivés vers 13 heures sur place, mais ils ne peuvent pas intervenir pour l’instant. Il n’y a aucune visibilité sur ce que font les détenus dans l’enceinte du bâtiment puisqu’ils ont cassé toutes les caméras de vidéo-surveillance à l’intérieur. On ignore pour l’instant les motifs de cette nouvelle flambée de violence au quartier maison centrale. Depuis l’extérieur on entend les cris des détenus.

A 14 heures, les ERIS équipe régionales d’intervention et de sécurité sont arrivée de Lyon. Une trentaine d’hommes en tout. Ces unités de l’administration pénitentiaire sont spécialement formées pour intervenir en cas de tension dans une prison. Une cellule de crise est en place a l’intérieur du centre pénitentiaire de Valence avec la direction, la préfecture ainsi que les services de police et de justice.

le ministère de la justice lui préfère évoquer : « un mouvement collectif à la prison de Valence ».

Dauphiné libéré du 27 novembre 15h35

Les bureaux des surveillants ont été saccagés. L’incendie est maîtrisé.


En milieu de journée dimanche 27 novembre, plusieurs détenus de la prison de Valence dans la Drôme s’en sont pris à l’un des surveillant. Ils lui ont dérobé des clefs en le menaçant avec une arme blanche. Ils se sont ensuite retranchés à l’étage, comme l’explique un communiqué du ministère de la Justice.

Il n’y cependant pas eu de prise d’otage. Tous les membres du personnel ont pu quitter le niveau concerné.  Les équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) ont été dépêchées sur place ainsi que les forces de sécurité intérieure pour sécuriser le bâtiment. Les pompiers interviennent également pour éteindre l’incendie de trois cellules au troisième étage.

En septembre, une autre mutinerie avait eu lieu dans le même établissement. Des prisonniers avaient blessé deux gardiens et s’étaient également emparé des clefs. L’intervention de l’Eris avait permis de mettre fin à l’incident.

 

Vive la belle BON VOYAGE ….

La voix du Nord 26/11/2016

Une évasion a eu lieu à la maison d’arrêt ce samedi vers 14 h 30.

D’après le syndicat FO, elle serait survenue au cours d’une promenade, dans le quartier C, celui des arrivants. Le détenu qui s’est fait la malle en escaladant un grillage serait arrivé à la prison de Béthune le 18 novembre. Il s’agirait d’un homme de 28 ans, entré irrégulièrement en France et qui aurait commis des violences avec arme, menace et violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique.

Les recherches ont été très rapidement activées cet après-midi pour retrouver cet individu. La dernière évasion à la maison d’arrêt de Béthune remonterait à deux ans. La direction confirme cette information mais ne fait aucun commentaire.

La région Auvergne- Rhône- Alpes confie la bio aux agro-industriels

j ean-François Baudin, président du Réseau AMAP régional qui sera impacté de la baisse de subventions la plus importante (de 35%).

Rhône-Alpes compte 225 AMAP (l’acronyme signifie “association pour le maintien d’une agriculture paysanne”), il y en aurait une centaine en Auvergne -toutes n’étant pas nécessairement adhérentes au Réseau.

Le retrait progressif de la Région dans le fonctionnement de ces associations et organismes pourrait les étrangler peu à peu, notamment parce que les subventions régionales déclenchent d’autres moyens cette fois versés par l’Europe.

Ces petites organisations mettent en place des contrats de proximité entre producteurs locaux et consommateurs. Le nombre des AMAP a stagné ces dernières années en Rhône-Alpes, en revanche, le nombre d’agriculteurs décidés à rejoindre ces formats de distribution a, lui, augmenté.


lu sur/ reporterre.net

La politique du bio en Auvergne–Rhône-Alpes va être transformée en profondeur. L’exécutif régional, présidé par Laurent Wauquiez, va retirer aux acteurs historiques du bio leur rôle dans le développement d’une agriculture paysanne et locale au profit des promoteurs du productivisme.

Confisquer la bio à ses défenseurs historiques pour mieux la confier aux industriels de la FNSEA : voilà ce que s’apprête à voter demain, jeudi 17 novembre 2016, le Conseil régional d’Auvergne–Rhône-Alpes présidé par Laurent Wauquiez, lors de son assemblée plénière. Il doit adopter un « plan régional de développement de l’agriculture biologique », que Reporterre a pu se procurer :

  • Télécharger le rapport « Agri bio » :
    PDF - 157.4 ko
    Le plan régional de développement de l’agriculture biologique.

Le texte se donne pour objectif de fixer les orientations politiques en matière de bio sur le reste du mandat, de 2017 à 2021. Un plan-cadre qui s’élèverait, selon nos informations, à un peu plus de 2,7 millions d’euros, soit un budget à peu près constant. À première vue, ce n’est donc pas une délibération défavorable à l’agriculture biologique qui s’annonce.

 

« Une purge »

Le réseau des Amap, Terre de liens, la Frapna, le rés’OGM Info, etc. : la liste est longue des associations promouvant le bio qui perdent des financements. À l’image de la Fédération régionale d’agriculture biologique (Frab), pivot dans le domaine, qui va perdre 500.000 euros, passant de 720.000 à 220.000 euros de subventions par an. « On va se battre et chercher d’autres financeurs, mais on ne peut pas se leurrer : une baisse d’une telle ampleur aura forcément des conséquences en termes d’emplois », concède Antoine Couturier, délégué régional de Corabio, membre de la Frab.

D’autres pourraient tout simplement disparaître, comme Appui Bio, une structure de concertation interprofessionnelle qui réfléchissait au développement de la filière. Leur subvention de 30.000 euros de la région est supprimée : « Sans elle, nous perdons aussi le cofinancement de l’État, regrette Véronique Rousselle, membre du bureau. C’est la fin de notre activité. » Idem pour L’Atelier paysan, coopérative d’intérêt collectif qui travaille sur la souveraineté technologique du monde paysan : « Nous étions financés par la région à hauteur de 75.000 euros par an depuis 2014, rapporte Fabrice Clerc, cogérant. À compter de 2017, ce sera 0 euro. »

Pressenti depuis plusieurs mois, le démantèlement des aides régionales au réseau paysan se confirme donc. « Une purge », selon Antoine Couturier, qui pourrait bien profiter aux chambres d’agriculture : la chambre régionale aurait déjà reçu 25.000 euros pour rédiger la stratégie de développement du bio en Auvergne–Rhône-Alpes. « C’est un véritable transfert de fonds des réseaux associatifs vers les chambres d’agriculture », dénonce Corinne Morel-Darleux.

« On veut désormais faire une bio intensive et industrielle, destinée à l’export »

Heureux hasard, on retrouve, à la tête des chambres, la FNSEA, le syndicat agricole français ultramajoritaire, également bien représenté dans l’organigramme de l’exécutif régional. Ainsi Dominique Despras, ancien président de la FDSEA du Rhône, est devenu conseiller régional délégué à l’agriculture bio, tandis qu’ Eric Thébault, ancien directeur de la FRSEA Rhône-Alpes, a été nommé chargé de mission auprès de la vice-présidente à l’agriculture. Mais « la FNSEA porte un projet politique qui entre frontalement en contradiction avec notre vision de l’agriculture », résume Fabrice Clerc.

Autre acteur qui fait son entrée dans la gouvernance du plan Bio, l’Aria, l’Association régionale des industries agroalimentaires. Un nom qui parle de lui-même, avec à sa tête Jean-Claude Guillon, président, et ancien directeur de communication de… Limagrain, grande coopérative spécialisée dans les semences — et les OGM.

Autrement dit, « ce sont les mêmes personnes qui ont freiné pendant tant d’années le développement de la bio en France qui s’en retrouvent aujourd’hui les dépositaires », dit Antoine Couturier. Un basculement qui risque de transformer en profondeur la politique du bio en Auvergne–Rhône-Alpes : « C’est probablement la fin d’une bio paysanne, locale et de saison, craint Véronique Rousselle. On veut désormais faire une bio intensive et industrielle, destinée à l’export. » Une mutation que confirme Antoine Couturier : « Il n’y a pas la volonté de sabrer la bio en tant que telle, il y a l’intention de la recycler dans le logiciel productiviste qui anime l’agriculture conventionnelle depuis 50 ans. »

 

[Berlin, Allemagne] Attaque incendiaire contre l’entreprise Thalès

8719038005-previewÇa se réchauffe, en ce qui concerne les préparatifs pour un mois de juillet brûlant contre le G20. Dans la nuit du 11 au 12 novembre, un bien de Thalès a été détruit.

Thalès est une des onze plus grandes boîtes d’armement avec un chiffre d’affaires annuel de 14 milliards d’euros et s’implique dans d’innombrables programmes de technologie comme le programme satellite Galileo :

Uniquement conçu pour des objectifs civils au début, comme les smartphones, les appareils de navigation, le parlement européen a décidé en juillet 2008, que cette technique devait aussi être « mise à disposition » pour des opérations dans le cadre de la politique de sécurité et de défense au niveau européen.

Thalès a aussi développé le projet « watchkeeper ». Un drone sans équipage (Thales Watchkeeper WK450) a été fabriqué sur commande des forces armées britanniques. Les drones terminés en 2012 ont survolé l’Afghanistan à 140 reprises jusqu’en 2014 et logiquement, les drones ont continué à se développer en 2016. Depuis cette année, il est possible d’équiper chaque drone de 2k d’ogives (partie antérieure d’un projectile, missile, roquette ou torpille. L’ogive est composé d’un détonateur et d’une charge, Ndt) et de laser, ainsi que de contrôle GPS. La technologie de Thalès peut donc aussi tuer directement.

Mais ils se sont aussi faits remarquer dans la jungle de Calais avec leur programme de drones car là-bas aussi leurs produits ont aussi survolé la zone. En Allemagne, une liste des entreprises impliquées dans les programmes d’ expulsions , vous pouvez le trouver icihttps://linksunten.indymedia.org/de/node/194981)

Cela a été notre raison de prendre le philosophe Thalès  aux mots : Ἀνιαρὸν ἀργία (« l’inactivité est une souffrance). C’est pourquoi nous avons dû mettre le feu à une voiture de la société d’armement dans la Weißensee.

Ainsi, la nouvelle de la semaine dernière concernant l’incendie d’une pelleteuse sur la Cuvrybrache à Berlin [1] nous a également réjoui. Et nous aimerions nous joindre aux mots des compagnon-nes : « A Hambourg et ailleurs, nous voulons parvenir à des questions et des conflits au niveau mondial par l’échange et la discussion. Car comme la gentrification ne s’arrête pas à la frontière d’un pays, notre résistance ne devrait pas se limiter en un lieu, mais plutôt circuler ensemble à travers de nombreux endroits et conflits. Sur ce, nous trouvons une tactique commune et une saccade d’attaques apparaît. »

Nous sommes partout. Relions les luttes. Faisons du G20 un désastre.

on peut le  voir ici https://linksunten.indymedia.org/en/node/195308 )

« … un désarroi apparaît en même temps dans les rangs de l’ennemi, car plusieurs foyers de conflits éclatent non seulement là où il nous attend et où il s’y est préparé, mais aussi à d’autres endroits, qui étaient imprévisibles si l’on se réfère au plan stratégique des opérations de flics.

CCF   Internationale Noire.

Groupe autonome

[Traduit de l’allemand d’indymedia linksunten,

Pantin, 93] Ni loi ni travail – Ni prison ni réinsertion

le Chat Noir Emeutier

Ni loi ni travail – Ni prison ni réinsertion

Indy nantes, 23 novembre 2016

Pantin. Nuit du jeudi 17 novembre.

Avons incendié entrée agence intérim Adecco. Poubelles boîtes allume-feux bouteilles essence/huîle. Une réussite. Tentative incendie bâtiment SPIP (Services pénitentiaires inertion et probation) Poisser. Pas réussite.

Attente journées mobilisations. Attente « mouvement ». Non. Identifier ennemi, prendre initiative, créer occasions, mordre. Partout, tout le temps. Vivre lutte au quotidien.

Adecco rouage exploitation. Esclavagiste moderne. SPIP matons redressement prolongement prison.

Passés par ici, repasserons par là.

Solidarité compagnons accusés braquage Aachen. Solidarité compagnons opération « Scripta Manent ».

Pour la liberté.

Guerre à l’armée !

 Publié sur  indymedia Nantes 23 nov. 2016

Texte diffusé sous forme de tract et d’affiche ce mardi 22 novembre à la faculté de lettres de Besançon contre l’armée et tout ce qu’elle sert.]

Tractantimilitariste-medium

affiche  prête à circuler en PDF, sur les murs des villes et villages

Guerre à l’armée !

Ce mardi 22 novembre, l’armée s’invite à la fac de lettres sous couvert de « recherche ». Christophe Lafaye, qui est à la fois réserviste au sein du 19ème Régiment (dont la base est à Besançon) et « chercheur » à Sciences po Aix, sera présent à l’université de lettres dans le cadre d’une conférence intitulée « L’Armée française en Afghanistan – Le génie au combat 2011/2012 ». Ses travaux ont bien sûr été récompensés par le ministère de la défense, signe que le pouvoir sait récompenser ses plus zélés serviteurs.

Son objectif est de venir transmettre à tout ce petit monde l’importance de « collecter et de sauvegarder l’expérience combattante ». Quand l’armée parle d’« expérience combattante », ça signifie en réalité piller et raser des territoires entiers, terroriser et massacrer la population (occupation militaire, viols de femmes et d’enfants, tortures, bombardements, etc…), que ce soit pour maintenir en place un régime dictatorial qui garantit à la France une quantité non négligeable de ressources et de matières premières (synonyme de croissance économique pour la Nation des droits de l’homme) ou pour assurer les activités des entreprises françaises à l’étranger. C’est cela même que les puissants appellent démocratie ou civilisation.

Le rôle de toute armée est aussi de maintenir sous contrôle la population sur le territoire national et de dissuader quiconque de se révolter. Pendant le mouvement contre la « loi travail », on a pu voir par exemple des patrouilles « Vigipirate » se déployer devant plusieurs facs et lycées bloqués. Aux frontières, comme par exemple dans le sud-est de la France, des groupes de militaires chassent les migrants et viennent renforcer les dispositifs matériels et humains existants contre tout indésirable.

L’État met les moyens pour soigner l’image de son armée et ainsi créer chez certains jeunes des vocations de futurs tortionnaires : campagnes de pub et de recrutement omniprésente dans l’espace urbain, les centres commerciaux [1], l’ensemble des médias (TV, journaux, radio…), mais aussi dans les écoles et les universités. Des entreprises se remplissent chaque jour les poches grâce à l’industrie militaire (Thalès, Verney-Carron, Dassault…). Partout, nous devons nous y opposer en mots et en actes !

Alors que viennent d’avoir lieu les commémorations patriotiques du 11 novembre de la Grande Boucherie de 14-18, lors de laquelle des millions de pauvres ont été réquisitionnés par les États pour les envoyer se faire massacrer, nous continuerons coûte que coûte à réaffirmer notre dégoût de l’armée, du militarisme, des frontières et des États.

A bas le bras armé kaki du capital !

Refusons leurs guerres, ne les laissons pas en paix !

[1] Courant avril 2016 à Besançon, l’armée de l’air a tenu durant deux semaines des stands dans la galerie commerciale de Chateaufarine, celle-ci étant la plus fréquentée de Besançon et de sa périphérie. Il y avait bien sûr des « joujous » grandeur nature pour les enfants (« Mirage 2000 » et divers engins de mort), ainsi que d’autres animations débiles et d’endoctrinement. La guerre, c’est tellement ludique !

****

Concernant la conférence de Christophe Lafaye. D’abord, parlons des motifs de la présence de l’OTAN en Afghanistan de 2001 à 2014 : lutter contre les Talibans alors que c’est le camp occidental qui a financé leur développement durant les années 80 dans le contexte de la Guerre froide contre l’URSS ; soutenir les chefs de guerre de l’Alliance du Nord pourtant détestés par la population depuis leurs exactions dans tout le pays et leurs bombardements de Kaboul dans les années 90 ; installer au pouvoir des hommes de main des États-Unis tel que le président Hamid Karzai, ancien consultant du géant pétrolier californien Unocal. Ensuite sur les effets concrets de l’aide occidentale : plus d’une victime civile sur trois a résulté de la barbarie des forces de sécurité afghanes formées par l’OTAN ; le détournement de l’aide internationale pour le compte des narcotrafiquants a permis au pays de redevenir le premier pays producteur de pavot ; les formations progressistes tel que l’organisation révolutionnaire et féministe RAWA (qui malgré tout lutte fièrement depuis 1977) ont complètement été marginalisées. Enfin, il y a de quoi douter sérieusement du souci de l’État français pour la population afghane étant donné le sort que l’UE réserve à ses migrant-e-s (sachant que l’Afghanistan est le premier pays de provenance des mineurs non-accompagnés) : le plan de relocalisation des réfugié-e-s conclu au sein de l’Union ne les concerne pas ; 30% d’entre eux/elles n’y obtiennent pas le droit d’asile (20% en France) alors que les demandes ont augmenté de 350% depuis la « fin » de la guerre ; la Macédoine (une des principales « portes de l’Europe ») leur refuse l’entrée sur son territoire ; un accord UE-Afghanistan a même été signé pour organiser les retours forcés. Alors qu’au niveau médiatique le retrait de l’OTAN depuis 2014 laisse supposer une stabilisation du conflit, au contraire les victimes n’ont jamais été aussi nombreuses depuis 2009 que ces deux dernières années.

« L’amour à trois, Soral, Zemmour, De Benoist » Interview de Nicolas Bonanni

note: trouvé et copié de: haro-grenoble.info

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec « Sale Race ? », Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.

Suite à la manifestation antifasciste de la semaine dernière, et pour poursuivre le débat ouvert avec « Sale Race ? », Haro vous propose un petit détour du côté de l’extrême-droite.

Vous connaissez Alain Soral et Eric Zemmour. Mais les avez-vous lu ? Et savez-vous qui est Alain de Benoist ? Non ? Ce n’est pas grave. Oui ? Cet article est fait pour vous. Parce qu’un petit livre vient de paraître aux éditions Le monde à l’envers intitulé L’amour à trois. Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist. Son auteur, Nicolas Bonanni, lui, a lu ces trois penseurs de l’extrême-droite – ce qui nous arrange bien parce qu’on préfère lire des choses plus intéressantes. Il propose une lecture critique des thèses anti-universalistes, inégalitaires et misogynes de ces intellectuels de « l’autre droite ». Thèses qui irriguent toute la société, et en premier lieu le Front national. Nous lui avons posé quelques questions.

Tu as publié récemment L’amour à trois aux éditions Le monde à l’envers. De quoi s’agit-il ?

Je viens en effet de publier une tentative de décryptage de la pensée de trois intellectuels d’extrême-droite : Alain Soral, Eric Zemmour et Alain de Benoist.
Il faut d’abord revenir sur l’arrière plan de leur succès. Depuis une quarantaine d’années, nous sommes dans une période de crises et de bouleversements, où l’histoire s’accélère. Parmi les phénomènes majeurs, la financiarisation, la robotisation et la crise environnementale créent des tensions sociales qui déstabilisent les systèmes établis… et la vie des individus. Confrontés à un système en crise, à un marché du travail de plus en plus dur et de plus en plus précaire, à l’érosion du lien social et des solidarités traditionnelles, les gens cherchent des échappatoires (télévision, médicaments), ou des réponses politiques.
C’est sur cette toile de fond que ces trois idéologues modernisent le discours traditionnel de l’extrême-droite. Alain Soral agite principalement internet, avec des vidéos très regardées. Eric Zemmour a une forte audience à la télévision, et il a vendu 400 000 exemplaires de son livre Le suicide français. Alain de Benoist, lui, s’occupe de publier des ouvrages érudits et des revues confidentielles, ce qui explique qu’il est moins connu que les deux autres. Leur point commun, c’est de donner une réponse « de droite » à la crise sociale : un repli sur les identités, la mythification d’un passé ou tout était « en ordre ». Il faut selon moi prendre acte que la modernité a dérivé vers un techno-capitalisme destructeur. Mais face à cet état de fait, ils proposent un retour aux aliénations pré-modernes, à la morale religieuse. Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent un discours, des analyses critiques, dans un vide politique généralisé.

Dans ton livre tu montres que Soral, Zemmour et De Benoist expriment dans leurs écrits un mépris terrifiant pour les femmes à qui ils prêtent « une mentalité directement issue de leur anatomie ». Parce qu’elles sont nées femmes, elles sont, selon eux, naturellement « sans vision sociale, sans projet politique ». Tu peux nous en dire plus ?

Le sexisme de ces individus est en effet sidérant. Mais leur argumentation est
finalement assez limitée : les hommes sont des hommes parce qu’ils sont nés comme ça, les femmes sont des femmes parce qu’elles sont nées comme ça. Pour eux, les hommes seraient naturellement tournés vers la conquête parce qu’ils ont des organes génitaux extérieurs, et les femmes seraient naturellement sans vision politique parce qu’elles ont des organes génitaux intérieurs.
Remettons les choses en contexte. Cela fait plusieurs dizaines d’années que des recherches ont mis en avant l’importance de penser, en parallèle de l’approche biologique (le sexe), la construction sociale des identités féminine et masculine (le genre). Les deux éléments ne correspondent pas nécessairement : tout le monde connaît des femmes « masculines » et des hommes « féminins ». C’est que ces identités de genre n’ont qu’un rapport léger avec l’appartenance sexuée. Il nous manque d’ailleurs des mots pour mieux penser cette disjonction : il faudrait des adjectifs qui renvoient à mâle et femelle (les aspects sexués) et d’autres qui renvoient à homme et femme (les aspects genrés) – alors qu’on emploie les termes de masculin et féminin pour les deux, ce qui entretient la confusion.
Toutes ces recherches sur le genre sont ignorées, ou moquées, ou caricaturées, ou combattues, par les trois idéologues que j’ai étudié, qui réassignent systématiquement les individus à leur sexe. Genre = sexe, sexe = genre, et l’ordre traditionnel sera préservé.

Par opposition, tu expliques que leur argumentaire visant à justifier les inégalités entre les « races » est plus subtil.

Sur le terrain du racisme, ils procèdent aux mêmes assignations que pour le sexisme, mais « à l’envers », ce qui leur donne un vernis de respectabilité : ils ne parlent jamais de « races », mais toujours de cultures, de civilisations ou de religions. Peu importe, au fond, puisque pour eux race = civilisation et civilisation = race. Pour eux, les individus appartiennent quasi-mécaniquement à des blocs culturels, homogènes et statiques, attachés à des territoires – une sorte de « race sociale ». Pour eux, la Culture est une seconde nature, à laquelle on ne peut échapper. Ce qui est faux, évidemment, mais qui a l’attrait des simplifications.
Ensuite, ils ne développent jamais un argumentaire en termes « d’inégalité ». Ils se contentent d’un différentialisme radical. Entre leurs « blocs culturels », les différences sont tellement importantes qu’elles prennent le pas sur le commun. Pour eux, les individus appartiennent à leur culture avant d’appartenir à l’espèce humaine. C’est un argumentaire assez malin, puisqu’une fois admis que les individus ne partagent pas une nature commune, il devient finalement impossible de penser l’égalité : on ne peut être égaux que si l’on se reconnaît une appartenance commune – appartenance que le différentialisme se charge de dissoudre.

Si je ne me trompe pas, ce « racisme culturel » a imprégné petit à petit toute la droite. Tu montres que le Front national a récupéré cet argumentaire. Mais n’est-ce pas aussi le cas d’une bonne partie de la droite libérale ? Il n’y a qu’à voir les derniers discours de Sarkozy. Le problème, ce ne sont plus les arabes, mais les musulmans – et on comprend bien qu’au fond il assimile les uns aux autres.

La question des discriminations subies par les maghrébins en France est intéressante. Il est clair que derrière la polarisation du débat public sur les questions de religion, de laïcité (et particulier sur la question de l’Islam) il y a tout le passif non réglé des politiques coloniales et néo-coloniales de la France.
Le débat public français vole assez bas : il n’y a qu’à voir les polémiques ridicules autour du burkini l’été dernier. Les amalgames répétés entre Daech et l’Islam, entre musulmans et arabes, entre immigration et « insécurité » ne font que créer de la confusion, et on sent que le travail de « lepénisation des esprits » dénoncé dans les années 1990 a porté ses fruits. Aujourd’hui, une bonne partie de la classe politique – et des Français – pratiquent ces amalgames. Ce qui ne revient pas à dire que tous les Français sont racistes, mais ces discours produisent des effets. C’est en partie pour cela que de nombreux arabes français se rapprochent de la religion musulmane, même s’ils en étaient éloignés à l’origine. Tant qu’à être assigné à une identité discriminée, autant l’assumer et retourner le stigmate ! [1]
Le discours différentialiste est performatif. En prétendant que les identités culturelles sont homogènes et statiques, que culture = civilisation = religion, que tous les arabes sont musulmans, et en opposant des blocs culturels les uns aux autres, il participe à créer sa propre réalité.

D’ailleurs, est-ce qu’il s’agit d’une vraie mutation idéologique ou est-ce juste une stratégie de façade pour s’adapter à l’antiracisme et au fait qu’il est plus difficile de dire aujourd’hui (et heureusement ) « dehors les arabes » ?

Pour moi, le virage « culturaliste » des questions « raciales » n’est pas une stratégie de façade, mais une vraie modernisation. Alain de Benoist et tout le courant de la Nouvelle droite ont bataillé ferme pour imposer ces nouvelles idées à l’extrême-droite, ce qui leur a valu des inimités durables.
Cette évolution « culturelle » n’est pas propre à quelques idéologues d’extrême-droite. Dans les années 1970, toutes les formations politiques avec un minimum de réflexion ont intégré dans leur pensée des analyses tirées des sciences sociales. Et ont donc mis en avant des déterminismes culturels là où l’on ne voyait auparavant que des déterminismes naturels. La catégorie « race » est aujourd’hui bannie du discours public au profit des mots « religion » ou « culture », tout comme la catégorie « sexe » est systématiquement remplacée par le mot « genre ». Trop souvent, on ne fait que remplacer un mot par l’autre, sans rien changer à l’analyse. Remplacer un déterminisme par un autre n’a jamais fait avancer les idées – cela permet tout au plus de moderniser les structures oppressives.

Ce qui est plus surprenant, ce sont certaines similitudes entre le discours de Soral ou de de Benoist et le discours d’une partie de la gauche influencée par les post-colonial studies, et proche en France d’un parti comme le PIR [Note post-interview : on pense ici à la remise en cause de l’universalisme, la prépondérance d’une sorte de déterminisme culturel, la mise en avant d’identités culturelles ou religieuses… ] Y a t-il similitude entre ces deux discours ? Qu’est-ce qui les différencie ?

La critique de l’universalisme est un thème en vogue. Les mouvements anti-racistes et féministes contestent depuis longtemps – à raison – à l’Occident sa tendance à se croire le centre du monde, et à se confondre avec l’Universel (au nom duquel il doit donc apporter au reste du monde la démocratie, ses droits de l’homme et ses droits des femmes, éventuellement les armes à la main). Cette critique de l’universalisme républicain est pertinente, car tous ces beaux discours ont servi à enrober le colonialisme et une réaction d’autodéfense intellectuelle est évidemment salutaire. Mais elle débouche parfois sur des discours qui prétendent que l’universalisme est nécessairement un faux nez de la domination occidentale ou de la domination masculine. Je crois que si on pousse la logique au bout, si on refuse toute idée d’universalité des conditions ou des valeurs, alors on se prive de toute possibilité de penser l’idée même d’égalité – qui est pourtant le but affiché et explicite des mouvements anti-racistes et féministes. On ne peut être égaux qu’avec des individus avec lesquels on se reconnaît une nature commune : penser l’égalité entre une pomme et une chaise n’a pas de sens, entre deux pommes cela en a un. C’est en cela que l’idée d’humanité commune est précieuse.
C’est cette idée de nature humaine que les idéologues d’extrême-droite ont décidé de détruire, en insistant sur les différences et les particularités. En arrimant chacun à son « identité » (réelle ou fantasmée), qui est censée être plus réelle, plus fondamentale que l’humanité. C’est une de leurs obsessions : découper l’humanité en blocs étanches. Les hommes et les femmes, les européens et les africains… D’ailleurs, quand les arguments culturalistes ne suffisent plus, ils se rabattent sur les vieux arguments « scientifiques ». Voir par exemple le numéro 159 de la revue Eléments qui se fait l’écho de théories scientifiques en faveur d’une origine multirégionale de l’humanité (postulant « l’existence de foyers d’homnisation indépendants, mais non totalement séparés »). En un mot : l’espèce humaine n’en est pas une, mais une collection de différentes espèces hybridables – et remise en cause du « dogme de l’unité du genre humain ». Chassez le racisme biologique, il revient par la fenêtre.
Je pense que l’universalisme, l’idée que les êtres humains partagent une condition commune, c’est l’appui nécessaire pour toute politique qui se veut émancipatrice et égalitaire. À condition de ne pas oublier leur extrême diversité, et sans confondre l’universalisme avec le fait de tout mesurer à l’étalon monétaire.
Je défends simplement l’idée que ce qui réunit les êtres humains, au delà de leurs différences biologiques ou culturelles, est plus fort que ce qui les différencie, mais que ces singularités existent. Pour penser l’égalité, il faut se savoir doté d’une même nature. Penser cette nature commune ne doit pas nous faire croire que nous sommes tous identiques.

Tu disais : « Ce qui explique leur succès, c’est qu’au moins ils proposent quelque chose, dans un vide politique généralisé ». À quoi penses-tu concrètement ? De qui leur succès est-il l’échec ?
Au début des années 1970, une partie non-négligeable de la population mondiale, au Nord comme au Sud, avait de bonnes raisons de mettre ses espoirs dans une révolution qui aurait abattu le capitalisme et rebattu les cartes sociales. Dans les années qui ont suivi, ces espoirs se sont effondrés. Le Capital a repris l’initiative : répression militaire et policière des mouvements révolutionnaires (en Amérique du sud, en Afrique, en Europe, au Japon, aux Etats-Unis….) précarisation du marché du travail, mécanisation, informatisation, financiarisation. Aujourd’hui, on peut dire que ceux qui portent des rêves de justice sociale sont dans le brouillard. Quand on prétend porter ensemble égalité et liberté, et non les opposer, on est un peu démuni : que proposer ? La dépolitisation des rapports sociaux est à son maximum. On baigne dans un individualisme généralisé, alors que les causes de notre exploitation, de notre aliénation et d’un grand nombre de nos problèmes sont avant tout sociales.
La majorité de la population ne croit plus à des possibilités de changement radical de société. C’est le sens du vote PS ou LR. Aucune ambition, aucune idée, aucun programme, aucune différence entre les programmes, c’est cela le vide politique. Ça ne veut pas dire que tout le monde est satisfait de la situation, loin de là, mais tout ce qui peut s’exprimer l’est en négatif. C’est à mon avis le sens d’une partie du vote Front national par exemple – comme le raconte Didier Eribon dans son livre Retour à Reims. Un rejet des élites, du « système », mais qui s’exprime dans le cadre de ce système et sur des thèmes qui ne peuvent permettre aucune émancipation.
Reste un tout petit espace pour celles et ceux qui cherchent à conjuguer liberté et égalité, émancipation collective et émancipation individuelle. Évidemment, cet espace ne se trouve pas dans les urnes. Objecteurs de croissance, presse libre, « cortège de tête », Amaps, contestation anti-Linky, lutte contre l’Etat d’Urgence, Zads, syndicats autogestionnaires… il se passe beaucoup de choses mais l’audience de ces mouvements est mince. Le succès de l’extrême-droite, c’est à mon avis l’échec de cette gauche à porter des propos et des pratiques cohérentes qui rencontrent les préoccupations des gens « d’en bas ». Et puis, il faut bien dire que les discours simplistes fonctionnent toujours mieux que ceux qui essayent de saisir le réel dans toute sa diversité. Il est plus facile de dénoncer quelques boucs émissaires, de jouer sur la peur ou d’en appeler à une « identité » prétendument menacée que de porter une critique véritablement sociale.

Dans L’amour à trois, tu expliques que la critique du capitalisme par Zemmour, Soral et de Benoist n’est que théorie, ou mauvaise foi. Est-ce que ces idéologues ont modifié les rapports triangulaires entre économie, valeurs de gauche et valeurs de droite ?
Le capitalisme a brisé mille liens qui liaient les hommes les uns aux autres, et à leur environnement, pour les remplacer par des liens monétaires. Ce qu’on attendait hier de la solidarité familiale, amicale ou de voisinage, on l’attend de plus en plus des services marchands – éventuellement des services publics. Converties aux valeurs du capitalisme, assimilant libéralisme et liberté, la sociale démocratie comme la droite libérale ont pour unique programme de demander au capitalisme de tenir ses promesses et d’achever de briser tous les liens.
La droite anti-libérale, celle du trio, porte un discours critique du capitalisme, ou du moins de certaines de ses facettes. Mais c’est avant tout un discours moral, éthique et romantique, une critique des « valeurs » du capitalisme qui déracine le hommes. Ils proposent essentiellement d’en revenir au stade « d’avant », ou à ce qu’ils nous présentent comme le stade d’avant – avec toutes les mythifications nécessaires. Avant le capitalisme, avant la modernité, quand les hommes étaient enracinés, pris dans des structures sociales organiques hiérarchiques stables. Hélas (ou heureusement), comme on ne revient jamais en arrière, je pense que la seule conséquence de leur activisme peut être d’ajouter l’aliénation nationaliste ou religieuse à l’aliénation capitaliste ; les tensions identitaires, racistes et sexistes à l’exploitation capitaliste. Ils n’ont rien modifié, seulement mis au goût du jour la critique de droite du capitalisme, qui existe depuis un siècle et demi et qui était traditionnellement portée par les aristocrates et l’Eglise.
En dehors de la droite anti-libérale, de la droite libérale et de la gauche libérale, il reste un espace pour une gauche révolutionnaire, qui couplerait critique sociale et critique culturelle, critique de l’exploitation et de l’aliénation [2]. Une critique du capitalisme qui renoue avec les expériences des anarchistes espagnols, des situationnistes, des briseurs de machines du XIXème siècle. À mon avis, cela implique de sortir du techno-progressisme obligatoire (« on n’arrête pas le progrès »), de s’intéresser aux expériences concrètes et marginales (les squats, la simplicité volontaire…) ainsi qu’aux expériences pré-capitalistes ou non-européennes au lieu de réclamer systématiquement plus d’Etat contre le capitalisme. Cela implique également de porter clairement une pensée libertaire qui ne soit pas libérale. Et de sortir des ghettos militants, et d’appuyer tout effort politique sur les préoccupations populaires (trop souvent caricaturées en « trucs de beaufs »).


Nicolas Bonanni
L’amour à trois
Alain Soral, Eric Zemmour, Alain de Benoist

Novembre 2016
10x14cm, 72 pages, 3 euros

[1Houria Bouteldja dans Nouvelles questions féministes, février 2006.

[2A ce sujet, lire l’article de Mathieu Amiech, « L’indispensable alliage » dans la revue L’inventaire n°3 (hiver 2015).

 


CNT 69] Communiqué de soutien à la librairie « la plume noire » suite à une agression fasciste

note: le laboratoire anarchiste , a déjà commencé l’appel à la solidarité financière avec un  point de dépôt de solidarité financière  est ouvert au bar » le club » rue bouffier valence.  Cet  argent sera transmis à la plume noire pour remettre en état le local et le pérenniser,


Les syndicats de la CNT tiennent à manifester leur soutien à la librairie « la plume noire », victime d’une agression fasciste samedi 17 novembre

Suite à une manifestation d’extrême droite ( GUD, Action Française, Parti Nationaliste Français …) pour s’opposer au projet de reconversion de l’église Saint-Bernard, un groupe de fascistes, casqués et armés, a attaqué la librairie la plume noire, en tentant de pénétrer violemment dans le local : cassage des vitres et d’un volet, blessant des personnes présentes.

Le contexte nauséabond actuel (chasse aux émigrés et aux pauvres, surenchérissement dans les mesures sécuritaires, discours pour séduire l’électorat du front-national, banalisation du racisme, de l’homophobie et du sexisme…) ne peut qu’encourager ces militants fascistes. Ils doivent se sentir forts quand ils peuvent venir armés et casqués, à un rassemblement interdit par la préfecture mais protégé par la police. Ce laissez-faire est un signal d’autorisation ! Cette même police qui s’en prend violemment à la jeunesse qui manifeste contre la politique de gouvernement notamment lors du mouvement contre la loi travail. Cette même extrême droite qui a tenté d’attaquer les cortèges syndicaux au niveau de la manufacture des tabacs. Cette même police qui, en plein cortège syndical, a contrôlé l’identité des militant-es de la CGA, sous prétexte qu’ils et elles étaient regroupés sous la bannière de la CGA ! Cette même extrême droite qui a attaquée à plusieurs reprise le local militant la Ruche à Villefranche. Cette même police qui est intervenu violemment dans un local de la CNT à Lille. Cette même police qui empêche les militant-es antifascistes de manifester à Saint-Jean, territoire réservé aux fascistes. Par cette attaque, c’est l’ensemble du mouvement des travailleurs et travailleuses qui est attaqué, ceux et celles qui luttent contre cette société, contre les inégalités, l’arbitraire, la violence et les discriminations qu’elle génère. Ne nous y trompons pas, si la police laisse faire, c’est que les autorités, dont le rôle est de défendre l’ordre établi, l’ont bien compris. Gageons qu’une fois de plus, la préfecture va faire passer cette complaisance envers les militants d’extrême droite, pour de la neutralité. Ce sont des camarades de lutte qui ont été agressé-e-s. Nous répondons positivement à leur appel à la solidarité et à une réaction large de toutes les composantes du camp progressiste. Un coup contre l’un-e d’entre nous est un coup contre tous !

L’Union Départementale de la CNT 69