Melilla (Maroc/Espagne) : vague d’assauts contre la frontière

 


Maroc : nouvel assaut de migrants pour entrer en Europe

Afriqueinside, août 15, 2014

Une nouvelle fois jeudi, des centaines d’immigrants subsahariens ont lancé un assaut pour atteindre l’enclave espagnole de Melilla frontalière du Maroc. Une situation que l’Espagne et Rabat ont du mal à gérer et qui a terme pourrait être problématique pour les relations entre les deux pays.

Ils étaient environ 250 hier à tenter le coup de force de passer la frontière entre le Maroc et l’Espagne faisant fi des policiers présents. Il aura fallu que les forces de l’ordre deviennent plus menaçantes pour que le groupe d’immigrants finisse par se disperser. Selon les autorités, personne n’a réussi à franchir la frontière grâce au dispositif mis en place. Il n’en reste pas moins que comme les fois précédentes, certains candidats à l’immigration sont restés durant plusieurs minutes à plus de sept mètres du sol sur les grillages qui séparent l’Europe de l’Afrique. Mercredi, environ 600 migrants avaient tenté de franchir la triple barrière grillagée qui sépare le Maroc de Melilla. Une soixantaine de migrants avaient passé plusieurs heures sur l’une des clôtures, espérant, en vain, être recueillis côté espagnol. Ils étaient près de 800 candidats à l’immigration à avoir déjà tenté mardi de passer côté espagnol et près de 80 y sont parvenus.

Ce nouvel assaut contre Melilla démontre bien la pression migratoire de plus en plus intense qu’il y a sur cette frontière. Ces derniers mois, ce sont plusieurs milliers de clandestins qui ont tenté de pénétrer de force sur le territoire espagnole avant d’être violemment repoussés par la police marocaine. Du côté de Ceuta, autre frontière avec l’Espagne, la situation n’est pas plus simple et là aussi les problèmes migratoires font redouter que la situation dégénère. A Melilla où le nombre de places en structure d’hébergement pour les immigrés n’excède pas 480, il y a désormais de gros problèmes puisque près de 2.500 personnes sont désormais présentes sur le territoire.

L’Union européenne fait la sourde oreille

Alors que plus de 4.300 personnes ont pénétré dans l’enclave espagnole en 2013, les ONG s’attendent à ce que cette année le chiffre soit encore plus important. Il n’est pas exclu que d’ici la fin de l’année, plus de 7.000 personnes parviennent à franchir les barrières entre les deux continents. Mais face à la problématique de l’immigration, c’est l’Union européenne, plus que le Maroc qui est montrée du doigt. La politique actuelle ne parvient pas à juguler l’immigration et surtout aucun accord global de coopération entre les pays concernés n’existe réellement. Dans le même temps les institutions de l’Union n’attribuent que peu de moyens aux pays qui sont confrontés à l’arrivée de ces migrants qui pour la plupart se retrouvent dans des conditions de vie déplorables. C’est d’ailleurs les mauvais traitements infligés aux personnes qui ont retenu l’attention de dizaines d’ONG qui accusent le Maroc et l’Espagne de ne pas respecter les droits de l’Homme. Il y’a quelques semaines la mort d’une quinzaine de migrants qui tentaient de rejoindre les côtes à la nage a provoqué une polémique du côté espagnol. Les autorités ont été accusées d’avoir tiré avec des balles en caoutchouc provoquant ainsi directement la noyade des personnes concernées. Face à cette situation, désormais les forces de l’ordre ont pour consigne de ne plus utiliser le matériel anti-émeute.

Devant la pression sans cesse grandissante aucune solution ne semble pour le moment envisagée. Au même titre que Lampedusa, Melilla et Ceuta pourraient bientôt se retrouver dans une situation intenable. L’Union européenne quant à elle, reste toujours sourde aux appels à l’aide et surtout inefficace.

 

Parution du journal sans remède N°5

le numéro 5 de la revue sans remède vient de paraître ( disponible au Labo)

Préambule n°5

  • preambuleimageSans remède est composé d’ anti-professionnel.les de la santé et du social.
  • Sans remède est un journal sur le pouvoir psychiatrique et la médicalisation et l’administration de nos vies, alimenté par des vécus, des confrontations et des points de vue, dans une perspective critique.
  • Sans remède ne reprend pas à son compte les termes de malade, d’usager, de soigné. Nous sommes des individu.es avec leurs histoires, leurs aliénations, leurs contradictions, leurs souffrances, leurs plaisirs, leurs combats, irréductibles à des symptômes.
  • Sans remède n’est pas a priori contre la prise de médicaments et le recours aux professionnels de la santé, mais refuse l’injonction systématique au soin et à la médication.
  • Sans remède parle d’enfermements, d’emprises médicale et médico-sociale et de leurs effets, autant dans les murs qu’en dehors. L’exercice de ces pouvoirs n’est pas le seul fait des médecins et autres experts, il nous implique toutes et tous. Il requiert notre acceptation douce ou violente.
  • Sans remède ne propose pas de critique constructive pour penser un nouveau système de santé. N’importe quel soutien apporté à l’autre ou rapport de soin devient critiquable dès lors qu’il s’institutionnalise. Il ne s’agit pas ici de réinventer l’hôpital ou un quelconque autre lieu de soin.
  • Sans remède n’est pas qu’un journal papier, c’est aussi une tentative, avec les moyens du bord, de s’organiser ensemble pour éviter le plus possible d’avoir recours à l’institution.
  • Sans remède ne laisse pas de tribune aux membres de l’institution médicale, car d’autres moyens d’expression sont à leur disposition, au service de ce pouvoir.

Face aux emprises de la psychiatrie et de la médecine, il s’avère nécessaire de poursuivre la critique, dans la perspective de se défendre et de s’organiser.

Valence [Drôme]Manifestation de soutien aux kurdes Yazidis d’Irak à Valence

Plusieurs dizaines de personnes  ( selon la police)ont défilé dans les rues de Valence samedi 16 aout  l’après midi pour dénoncer les massacres dont sont victimes les Yazidis,  persécutés par les jihadistes . Des dizaines de civils sont  tués, en grande majorité de l’ethnie kurdophone  des Yazidis, au fur et à mesure de la progression des jihadistes de l’Etat Islamique dans le nord Irakien.

Vendredi, ces extrémistes musulmans sunnites sont entrés dans le village de Kocho dans la province de Ninive, et « y ont commis un massacre », selon un responsable irakien . « Ils s’en sont pris aux habitants, en majorité des Yazidis, qui n’avaient pas fui leurs foyers ». « Environ 80 personnes ont été tuées », a-t-il affirmé à l’AFP.

Appel aux dons pour projet de l’association des égoïstes

 

Bonjour 


Le temps de  l’été ne met pas pour autant nos envies d’agir au repos
bien au contraire.

 Nous avons décidé de mettre en place une « m cantine »( pour des luttes sociales à venir) et nous recherchons du matériel afin de constituer celle ci.

Alors si vous avez du matériel cuisine n’hésitez pas à nous le dire.
Voici  une liste de ce qu’il nous faudrait pour commencer :


-2 grosses  galtouses avec couvercle ( contenance minimum entre  20 et 40l)

-2 grands saladiers (de préférence en matière non cassable)
– des éplucheurs  ou économes
-des couteaux à pain, et couteaux de découpe.
-des couverts: fourchettes, couteaux, grosse cuillère.
-des assiettes , plates et creuses sont les bienvenues.
-des bols
-des verres
-pichets
– des louches et grosses cuillères en bois, des écumoires.
-ouvre boite/ciseaux
-bassines ( pour faire la vaisselle)
-paniers de lave vaisselle (pour égoutter la vaisselle)
-torchons
-essoreuse à salade
-caisses solides pour stockage matériel
-tables+ tréteaux (idéalement table pour la tapisserie)



Voilà la liste est un peu longue mais nous avons pensé que vous pouviez
diffuser l’info autour de vous; nous aimerions au maximum faire marcher le
système récupération, dons..Cet atelier cuisine est ouvert à toute personne qui souhaite s’y inscrire;nous préparerons des repas végétarien à prix libre; si vous êtes intéressés pour venir donner un coup de main et/ou manger merci de nous renvoyer un mail  à l’adresse du laboratoire avec le nombre de personne intéressées.

  bonnes luttes contre ce monde  de  domestication

Et profitez du soleil!!

Post scriptum:

association des égoïstes i anarchistes individualistes

 

 

Lettre ouverte à ceux qui ne sont responsables de rien, mais qui ont pour mission de gérer l’approvisionnement alimentaire des masses.

Au sujet de l’identification électronique des petits ruminants et plus généralement de la traçabilité des denrées alimentaires

Lettre qui circule dans la drôme auprès des personnes qui ne supportent plus la domestication et la gestion par l’état et ses valets.
Mesdames, Messieurs les administrateurs du bien public,
Je viens de subir, ce mercredi 11 juin 2014, un quatrième contrôle en cinq ans par les services délégués de l’Agence des Services et des Paiements (ASP) pour le compte de l’administration agricole française concernant la conduite de mes troupeaux de brebis et de vaches. Compte tenu de la fréquence habituelle des contrôles dans les fermes françaises, reconnue statistiquement comme se répétant en moyenne une fois tous les dix ans sur une même ferme, il serait sans doute de bon ton d’épingler le scandale d’un acharnement à mon égard ; où l’on voudrait discerner une volonté politique de me mettre au pas de manière discriminante.

D’autant que les contrôles précédents avaient donné l’occasion à l’administration de mesurer à quel point j’étais réticent à me conformer aux exigences des « bonnes pratiques » en matière d’alimentation industrielle des masses de consommateurs.

Je m’empresse de lever immédiatement un éventuel malentendu et les quelques inquiétudes qui menaceraient de vous assaillir. Je ne voudrais pas laisser croire que l’administration française serait noyautée par quelques humains zélés qui feraient preuve d’un libre-arbitre propre à orienter leurs actes sur la base de critères autres que la froide application de règlement. Vous nous avez trop systématiquement seriné que vous étiez de simples exécutants et que vous n’étiez responsables de rien pour ne pas vous prendre au mot. Cette lettre ouverte est donc de son époque ; elle ne s’adresse à personne, seulement à une machine sociale chargée de gérer nos vies concernant les modalités de bonne alimentation du cheptel humain. Vous le savez comme moi qu’il n’y a plus d’ennemi ; il n’y a que de la bonne ou de la mauvaise gestion pour garantir la « Protection des Populations et la Cohésion Sociale ».

Vous serez donc heureux d’apprendre que la contrôleuse que j’ai été forcé d’accueillir sur ma ferme a fait l’objet d’un traitement cordial comme nous sommes invités à le faire dans votre « guide des bonnes pratiques des contrôlés ». Mais je dois vous l’avouer : cette cordialité s’est faite à mon corps défendant. Je suis encore partiellement de la vieille école. Ma conformation à l’esprit gestionnaire n’est pas encore totalement aboutie. Mes insatisfactions me laissent encore bien trop souvent enclin à un sentiment de colère voire de révolte difficile à contenir et je voudrais voir encore partout des ennemis. Là encore, rassurez-vous, les dispositifs sont performants. C’est une très bonne idée et parfaitement ajustée d’inciter les contrôleurs à ne jamais s’informer quant aux sanctions financières ou pénales des manquements au respect de la réglementation. Défait de tout scrupule ou d’éventuel reliquat de sentiment de responsabilité, et donc de culpabilité, l’exécution de la tâche en est grandement facilité et il est bien difficile de trouver en ces personnes des victimes expiatoires de notre rage.
J’avais décidé que ce contrôle serait pour moi l’occasion d’une affirmation politique de refus de me soumettre à l’obligation d’affubler les oreilles de mes brebis de puces électroniques, et plus généralement à toutes les normes garantissant ce que vous nommez « traçabilité ». Pour cette raison, j’ai accueilli la contrôleuse en compagnie d’une vingtaine de personnes venue, en solidarité, affirmer avec moi ce refus. Le problème, dont je viens vous faire part par la présente, est que tout s’est malheureusement bien passé. La contrôleuse a ainsi pu constater, avec son sourire cordial et innocent, que je ne respectais en rien les modalités du dispositif de traçabilité : aucun étiquetage adéquat d’aucun des animaux, aucun bordereau de circulation des animaux qui ont quitté la ferme, aucune facture, pas de cahiers d’élevage ni d’agnelage, etc…

Tout s’est bien passé puisque mon activité, mes brebis et moi-même sommes désormais affublés d’un « 100% d’anomalie ». Reste désormais à la froide machinerie sociale qu’est l’administration agricole de donner la suite méritée en termes de sanctions. Le logiciel chargé de cette fonction ne manquera pas de supprimer l’intégralité de mes1 Nouvelle appellation de ce qui se nommait trop partiellement dans l’ancien système de gestion les « services vétérinaires », laissant improprement entendre que l’administration donnait la priorité à la santé animale en négligeant celle des humains. Les intentions sont désormais fort justement éclairées. Primes européennes, c’est-à-dire l’intégralité de mon modeste revenu et des poursuites pénales exigeront peut-être quelques menues  amendes. Ma mauvaise volonté flagrante est un aveu de trop mauvaise gestion des « risques alimentaires » pour que vous permettiez à un quelconque
consommateur de prendre le risque d’avaler une viande si peu conforme.
Je comprends fort bien vos soucis. Trop de scandale alimentaire ont épinglé l’ensemble des maillons de la filière alimentaire, l’administration elle-même, pour manquement à leurs obligations.

N’étant responsable de rien quand vous faites bien votre travail, il serait dommage que vous le deveniez pour ne pas l’avoir fait comme il se doit. Je partage en effet également le souci du travail bien fait. Mais à la différence de vous, j’y ajoute en sus deux autres soucis : celui d’une recherche d’autonomie dans la manière de mener ma vie et celui d’un sentiment de responsabilité à l’égard de mes faits et gestes. Je ne parle par ici de responsabilité « républicaine » qui doit amener chacun à « respecter » les règles communes pour le bon fonctionnement de la société, mais de cette responsabilité qui exige chaque jour une « attention » aux êtres qui nous entourent sans cesse stimulée par une autre exigence : celle d’enrichir les liens qui nous unissent. Cette dernière exigence ne vous parlera peut-être pas. Elle fait référence à d’antiques dispositions humaines, d’avant la société totale réduite à un système de gestion. Je parle d’une époque où le paysan n’était pas qu’une fonction dans un système d’alimentation des masses et où les brebis n’avaient pas que pour fonction de fournir de la viande. Je conviendrai avec vous que dans « ces temps-là » on ne manquait sans doute pas de souffrir d’indigestion, au moins autant qu’aujourd’hui. Mais dans ces temps où la publicité ne berçait personne de l’illusion qu’une société totale pourrait maîtriser l’ensemble du processus d’alimentation des masses, on pouvait encore éprouver, sans garantie, un sentiment de liberté. Celui-ci, je vous le jure parce qu’il m’arrive encore de l’éprouver, produit des conséquences étranges. Non pas celles de ne penser qu’à soi et à son propre confort, au détriment éventuellement des autres, mais le sentiment d’être pris dans des relations et d’y prendre soin parce qu’elles sont les conditions de ce sentiment de liberté. A cette époque on ne parlait pas, par exemple, de bien être animal. Prendre soin ce n’était pas répondre aux exigences de fonctionnalité productive d’un organisme pour accroître sa productivité.Vous le croirez ou pas, mais parfois il s’agissait même d’y prendre du plaisir. Pire même, parfois il s’agissait de ne rien faire, de laisser les animaux vivre sans nous, sans nos exigences, au moins quelques heures, voire quelques jours. Parfois même, mais là j’ai peur de susciter l’incrédulité de votre part, on pouvait même faire confiance à des connaissances intuitives et empiriques pour façonner des relations avec des animaux d’élevage. Maintenant que votre incrédulité est atteinte, je m’autorise à toutes les excentricités : à une époque, il paraît qu’on élevait également les enfants de la sorte. Rappelez-vous, c’était l’époque où l’encadrement éducatif, social, sanitaire, psychologique, pénal n’avait pas atteint son ambition de reproduction de citoyens conformes aux exigences d’un état capitaliste. Vous me rétorquerez aisément que mes références posent problèmes parce que cet ancien monde n’offrait aucune garantie et qu’il était en proie à la sauvagerie, chacun défendant ses intérêts avant l’intérêt commun. Certains ont théorisé cet état positivement ou négativement en le nommant libéralisme. Vous ajouterez que l’état en tant que système de gestion des masses est justement l’instance qui empêche de laisser libre cours à cette liberté sauvage et qui garantit le bien commun.
Mais en parlant de la sorte de liberté, vous la réduisez à la liberté d’entreprise. Ce n’est d’une part pas de cela dont je parle et vous êtes par ailleurs bien placé pour constater que l’état n’est pas l’instance castratrice de cette liberté d’entreprise mais bien plus l’instance qui a autorisé sa prolifération et protégé les salauds qui en tiraient profit. C’était l’instance suprême qui organisait la domination des masses administrées. Mais vous avez raison, nous n’en sommes plus là. A cette époque on y trouvait encore de bonnes raisons pour assassiner un chef d’état3 parce que sa responsabilité dans la gestion de la domination était criante. A part quelque acte de folie, on imagine mal M. Hollande, par exemple, susciter un tel sentiment de rage autorisant de telles conséquences. Il n’y a guère plus que les juges et procureurs qui, au sein de l’appareil d’état, ont encore l’occasion de susciter de tels sentiments. La révolte ne gronde manifestement pas assez pour qu’un sort adéquat leur soit réservé. Accepter de n’être qu’une fonction ou un paramètre dans un système de gestion des masses a cet avantage de ne plus pouvoir y déceler d’ennemi. Il n’y a que des fonctions et des paramètres. Il n’y a même plus à négocier quoique ce soit. Vos amis syndicalistes, sous traitant de l’administration, l’ont bien compris. Il n’y a plus qu’à procéder à des ajustements de circonstance. Mais contrairement à vous, je ne m’en
satisfais pas. S’il n’y a plus d’ennemi, toutes les raisons sont restées intactes pour en avoir. C’est bien le problème. Injustices, inégalités, humiliations, exploitation, mépris, écrasement, etc… sont toujours d’actualité. Votre chance, vous qui êtes du bon côté du manche, est que ces états de fait ne semblent plus ressentis à leur juste appréciation. Pour les ressentir pleinement, il faut être encore attaché à la liberté. Cet attachement semble faire défaut. Un plus grand impératif semble conduire les comportements dans une société moderne : la survie de la société telle qu’elle est.

Pour cela un seul horizon est convoqué et semble obtenir adhésion : la « gestion ».  La gestion n’est pas seulement un mode de gouvernance où tout doit être calculé, mesuré, évalué, surveillé, contrôlé, réglementé, réprimé, pénalisé. Cela est le scandale de l’existence de l’état depuis sa naissance. La nouveauté n’est pas dans les moyens techniques à disposition, toujours plus sophistiqués. La nouveauté, qui a déjà une longue histoire, est que cette gestion ne tient plus tant par des dispositifs que par des dispositions. Que chacun, à force de ne voir se dégager aucun autre horizon s’est résigné à mener sa vie sous le mode gestionnaire.

Pas seulement en laissant gérer sa vie par d’autres instances telles que l’état et l’industrie, mais également en prétendant gérer sa vie. Comme l’état gère ses administrés, l’administré gère son temps, ses enfants, ses relations amoureuses, son potentiel santé, etc… De sorte
qu’il n’y a plus aucun contraste entre les exigences d’un état et celui d’un individu. Silence, on gère…
Un éleveur gère son troupeau. Ou plutôt faudrait-il dire « gère son stock de viande sur patte ». Ou encore « gère son potentiel de biodiversité » dans la version écologiste de la gestion. La gestion c’est l’extinction de la vie. C’est substituer la communication à l’attention. Substituer l’échange à la relation.
Substituer l’efficacité à l’intensité. Substituer la programmation à l’imprévu. Substituer le pragmatisme à la nécessité. Substituer l’authenticité à la beauté. Substituer la survie à la simple existence. Dans la région de Fukushima, comme de Tchernobyl, prendre soin de soi passe désormais par gérer les becquerels. La vie se décompte… Plus sûrement encore que la radioactivité, ces dispositions gestionnaires pénètrent nos chairs, nos cerveaux.
Le mal est profond. Avec un brin de lucidité, vous auriez même raison de considérer cette lettre comme le résultat d’une gestion de ma haine, de ma rage. Il y a en effet une forme de calcul et donc d’abdication dans le fait de vous laisser continuer à gérer nos affaires sans que vous en subissiez les conséquences.
En attendant que d’autres, avec moi, deviennent votre cauchemar, il ne reste qu’une petite issue : me désaffilier. Je ne vous laisserai pas une énième victoire en vous octroyant la possibilité de m’interdire
d’être éleveur. Il me reste encore quelque dignité pour entamer à ce jour ma disparition en tant qu’éleveur administré. C’est la condition pour continuer à espérer un jour être paysan. Je ne vous invite pas à un méchoui pour fêter cela. Au mieux vous risqueriez l’indigestion avec une viande « non traçée », au pire la viande d’administrateur n’est pas bonne à manger.
La colère se cultive sans prime, se répand sans traçabilité et se pratique sans identification électronique.

Yannick Ogor
Eleveur de brebis en voie de disparition administrative

2 Sans aucunement vous inciter à passer à l’acte, je rappelle que l’état s’est doté d’un règlement qui l’autorise à sanctionner les contrevenants d’une amende pour le moins dissuasive de 450€ par animal non conforme…
3 Peut-être vous rappelez vous qu’à la fin du 19ème siècle, l’ex-Président de la république, Sadi Carnot, fut victime de ce retour de manche, exprimé par l’anarchiste Caserio, certes avec un brin de naïveté quant aux effets espérés.

Doel (Belgique) : ouvrir une vanne pour stopper la centrale nucléair

 

Sabotage de la centrale de Doel : « Nous soupçonnons une intention criminelle »

RTL, 08 Août 2014 18h29

La perte d’huile survenue mardi à la centrale nucléaire de Doel 4 relève d’une manœuvre manuelle et délibérée, a indiqué vendredi le patron de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), Jan Bens. Il n’est toutefois pas encore certain qu’il y ait eu intention criminelle.

La fermeture inattendue de la centrale Doel 4, mardi dernier, est due à une perte d’huile de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale, indique Electrabel dans un communiqué jeudi. L’incident provient d’une intervention manuelle volontaire.

L’AFCN a imposé plusieurs exigences à l’exploitant Electrabel et a également contacté l’instance chargée de délivrer les attestations de sécurité au personnel.

« Il y a eu une manœuvre manuelle, délibérée afin de faire couler l’huile. Comme nous soupçonnons une intention criminelle, le parquet de Termonde a été sollicité« , a ajouté M. Bens, qui par le passé dirigeait lui-même la centrale.

Les caméras ne voient pas tout

« Le site est équipé de nombreuses caméras mais celles-ci ne voient pas tout. Plusieurs centaines de personnes ont accès à la zone technique, où les faits se sont déroulés. Le parquet mène l’enquête avec notre aide. L’interrogatoire du personnel doit encore commencer. »

Jan Bens s’est déplacé en personne vendredi jusqu’à Doel pour se concerter avec la direction. Des mesures supplémentaires ont été imposées par l’AFCN à l’exploitant Electrabel. « Je ne peux pas communiquer à ce sujet tant que le contrôle interne n’est pas renforcé« , a-t-il précisé.

Identification avec un badge

Il n’exclut pas que parmi les centaines de personnes qui ont accès à la zone technique, il y ait aussi des travailleurs qui puissent pénétrer dans des zones plus sensibles (nucléaire…). La centrale est toutefois subdivisée en plusieurs zones, entre lesquelles travailleurs et entrepreneurs doivent s’identifier avec un badge.

L’Agence a également pris contact avec l’Autorité nationale de sécurité (ANS), l’instance chargée de mener les enquêtes de sécurité auprès du personnel et des entrepreneurs et de délivrer dans la foulée les attestations ad hoc.


Ouverture de deux enquêtes sur l’arrêt de Doel 4

L’Echo, 16:43 – 08 août 2014

L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et le parquet de Termonde ont chacun ouvert une enquête sur l’arrêt inattendu de la centrale nucléaire de Doel 4 mardi après une perte d’huile de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale. Il s’agit de déterminer si cet arrêt résulte d’une erreur accidentelle ou délibérée.

L’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et le parquet de Termonde ont chacun ouvert une enquête sur l’arrêt inattendu de la centrale nucléaire de Doel 4 mardi, selon des informations de VTM confirmées par l’AFCN et le parquet vendredi.

Le personnel de Doel 4 est actuellement interrogé par l’AFCN. « Presque tous nos enquêteurs sont sur place« , confirme une porte-parole de l’Agence. « Ils interrogent tous les membres du personnel, en commençant par les personnes présentes sur les lieux juste avant l’incident. Leur présence peut être connue avec exactitude grâce au système de pointage des badges.« 

Le parquet a lui aussi décidé d’ouvrir une enquête « Un procès-verbal a été dressé », confirme le magistrat Jurgen Coppens. D’après VTM, un conseil d’entreprise exceptionnel est également en cours. La centrale nucléaire de Doel 4 a été mise à l’arrêt de manière inattendue mardi matin à la suite d’une perte d’huile de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale. L’AFCN et le parquet ne négligent aucune piste et cherchent à déterminer si cet arrêt résulte d’une erreur accidentelle ou délibérée.

L’AFCN, qui après l’incident, s’est rendue sur place pour effectuer les constats nécessaires, parle « d’indications » que le réservoir d’huile ne s’est pas vidé suite à un défaut technique, et ajoute que les recherches continuent. Le producteur d’électricité, lui, est plus affirmatif.  »Après analyse, il apparaît que l’’incident provient d’une intervention manuelle volontaire sur la vanne de décharge du réservoir d’huile« , indique Electrabel dans un communiqué. En fait, ce réservoir contiendrait 90.000 litres d’huile, et est équipé d’une vanne permettant de le vider en cas d’urgence – un incendie par exemple. Or, cette vanne était ouverte, et ce ne peut pas être le fruit d’un accident.

Electrabel ajoute qu’il évalue avec les autorités compétentes « toutes les suites qu’il convient de donner à cet incident« . Déjà, le niveau de sécurité autour des deux centrales nucléaires belges, à Doel et à Tihange, a été relevé, apprend-on. Si le sabotage se confirme, le dossier sera bien entendu transmis au parquet.

Pour le reste, les équipes de la centrale continuent d’examiner les dégâts sur la turbine et les mesures à prendre pour relancer Doel 4 en toute sécurité et dans les meilleurs délais. On ignore quand le réacteur pourra redémarrer. Sur son site « Transparency », la maison-mère d’Electrabel, GDF Suez, évoque la date du 18 août – mais c’est une date qui est susceptible d’évoluer. Il n’est pas exclu que les dégâts à la turbine soient importants.

Si Doel 4 venait à faire défaut cet hiver, alors que Doel 3 et Tihange 2 sont toujours à l’arrêt, la Belgique connaîtrait de sérieux problèmes d’approvisionnement en électricité.

 

[Valence Drôme] un contrôle de police à Fontbarlettes : un CRS blessé

Mardi soir, vers 22 h, un CRS a été blessé  par le pilote d’un scooter volé qui avait refusé d’obtempéré lors d’un contrôle de police mené dans le quartier de Fontbarlettes. Le pilote et le passager du scooter ont été interpellés  après une chute sans gravité.

Alors que le second a été remis en liberté, le pilote, un valentinois de 18 ans  sous l’emprise de produits stupéfiants, a quant à  lui, été placé en garde à vue. Aujourd’hui, il devait être jugé par le tribunal correctionnel de valence dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Précisons que depuis mardi , une demi-compagnie de CRS venue de lyon (environ 40 policiers) est en renfort  des policiers valentinois  pour une mission  de sécurisation dans la ville.

leur presse dans la rubrique faits divers

Israël/Palestine : « j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre » La déclaration de désertion d’un jeune israélien

lu sur non fides

Udi Segal, jeune israélien de 19 ans, devait démarrer son service militaire le lundi 28 juillet 2014. Malgré la loi l’obligeant, comme la plupart des israéliens juifs de son âge, à rejoindre l’armée après le lycée, Udi a refusé. Il est ce que l’on appelle un refuznik (en hébreu sarvan, de sirev : « il a refusé »), comme ces autres jeunes qui refusent de servir dans Tsahal. Certains de ces soldats refusent notamment de servir dans les territoires palestiniens occupés, d’autres refusent tout simplement d’être incorporés, comme c’est le cas d’Udi.

En 2005, on comptait plus d’un millier de refuzniks dans un pays de huit millions d’habitants, rongé par un état de guerre perpétuel et le patriotisme qui en découle automatiquement, et qui aimerait diviser la société israélienne en deux camps : les patriotes et les traitres nationaux, les « traitres nationaux » étant ultra-minoritaires et très mal perçus.

Il est difficile pour nous qui vivons au cœur de l’Europe pacifiée, de comprendre ce climat, qui en Israël comme en Palestine, exhorte chaque individu au nationalisme grégaire, jusqu’à réussir à l’inscrire dans l’ADN social. Il en va de notre responsabilité, en tant qu’anarchistes et anationalistes, de diffuser la parole et les actes de ceux qui refusent ces logiques de mort, d’un côté de la frontière comme de l’autre. Surtout lorsque les espaces de contestation sont généralement eux aussi contaminés par ce climat [1].

Nous vous proposons donc cette déclaration d’Udi, à qui nous souhaitons force, courage et détermination pour la suite, pour en finir avec le nationalisme et le patriotisme.
La déclaration de désertion d’un jeune israélien

Je m’appelle Udi Segal, j’ai 19 ans, je viens du Kibbutz Tuval au nord d’Israel, il y a quelques mois j’ai signé la lettre des objecteurs de conscience 2014 qui fut envoyée au premier ministre, à ce jour, elle a été signée par 130 déserteurs. Dans la lettre nous déclarions notre refus de servir dans l’armée israélienne. La principale raison est l’occupation et l’oppression continue du peuple palestinien, qui s’exprime par des allocations sociales inégales, le mépris des droits, et le meurtre continu de plus de 600 personnes dans la dernière opération à Gaza [2]. De plus, le service militaire contribue au militarisme israélien. Moi par exemple, en tant qu’homme, juif et ashkénaze [3], et donc plus susceptible d’avoir un impact sur la société israélienne et de m’en sortir, car je viens d’un milieu social dominant plus enclin au militarisme israélien, un milieu auquel je m’oppose fortement.

Même si il n’y avait pas l’occupation, je refuserais de servir l’armée, car elle pérennise un système politique, nationaliste et capitaliste auquel je refuse de prendre part et qui ne profite qu’à quelques-uns. Je
ne pense pas que l’opération militaire en cours à Gaza me protège. Les opérations militaires ne me protégeront pas, elles ne feront qu’engendrer de nouvelles opérations militaires comme ça a été le cas avec l’Opération Plomb durci [2008-2009] qui n’a fait que mener à l’Opération Pilier de défense [novembre 2012] et qui continue aujourd’hui avec l’opération Bordure Protectrice, qui elle-même mènera probablement à d’autres opérations militaires. Ce qui protégerait serait une paix juste reconnaissant l’injustice faite aux palestiniens. On ne pourra réaliser la paix tant qu’un peuple sera opprimé, occupé et entouré d’un mur. Cette population n’a pas abandonné son désir de liberté et ne se repose pas sur l’éventuelle compassion de ceux qui l’occupent, alors ne vous attendez pas à vivre en sécurité dans une telle situation. A ceux qui pensent quand même qu’ils me défendent, dans une telle situation, si le prix à payer pour la sécurité est de 600 morts à Gaza, je ne suis pas intéressé par ce genre de sécurité.

Mon refus de servir sera difficile pour ma famille. Mon frère est dans l’armée, et il pourrait être à Gaza lorsque je me retrouverai en prison, j’espère que cela ne créera pas de conflits insolubles… Et au delà de ça, à cause de moi, les gens regarderont avec méfiance mes parents et mes frères. Je pense que je contribue à la société israélienne, mais il me semble important de préciser que mon action ne s’inscrit pas dans une vision patriotique ou sioniste, mais dans une vision globale, une globalité qui inclut Israël. Je pense que l’occupation est un obstacle et qu’elle est dommageable pour les israéliens.

Beaucoup d’amis de mon âge se sont enrôlés dans l’armée. Je viens moi-même d’un milieu militariste, mon école a un des plus forts pourcentages de recrutement dans le pays [4]. Oui, il y a de nombreuses personnes qui ont arrêté de m’adresser la parole et qui m’ont mis à l’index suite à mon choix. Mais il s’agit peut-être d’un bon tri dans mes amitiés, puisque j’ai aussi des amis qui se sont enrôlés et qui sont restés à mes cotés.
J’ai choisi d’aller en prison parce que malheureusement, les israéliens écoutent plus facilement ceux qui sont prêts à se sacrifier et à payer le prix. La prison va me retirer ma liberté, c’est quelque chose de difficile à appréhender car je n’ai connu jusque là que le dehors, dans une liberté toute relative. De plus, pour ceux qui refusent l’occupation, les conditions de détention peuvent être particulièrement dures, comme le montre l’exemple d’Uriel Ferera, emprisonné récemment. Il a refusé de porter l’uniforme et subit des humiliations en raison de son milieu traditionnel.

L’objectif qui sous-tend ma désertion est d’en finir avec l’occupation. Mais compte tenu de la réalité présente, ce qui importe maintenant est que les israéliens ouvrent leurs yeux, qu’ils réfléchissent au sens de l’occupation et à ce que cela signifie de servir dans l’armée, particulièrement les adolescents qui se rapprochent de la conscription.

En ce qui concerne l’opération en cours à Gaza, j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre.

Udi Segal.

Udi a répondu « je refuse » à l’ordre de conscription le lundi 28 juillet à midi, accompagné d’environ 70 solidaires, juifs et arabes (dont d’autres refuzniks), tous pris à partie par une contre-manifestation de patriotes
de merde rassemblés en urgence par le biais de la poubelle Facebook. Udi est actuellement retenu dans une prison militaire.

note du blog : les marchands d’armes pour l’armée israélienne se frottent les mains.  Leur commerce est florissant.

[ Valence Drôme]Des policiers caillassés dans le quartier de Fontbarlettes

Samedi, vers 19 heures, intervenant pour effectuer des constatations après un cambriolage commis dans une habitation du quartier Fontbarlettes, les policiers ont été caillassés par plus de 20 jeunes hommes dont les visages étaient dissimulés par des cagoules ou capuches. Deux véhicules du commissariat ont été dégradés. Par ailleurs, dans la soirée, trois conteneurs à déchets ont été volontairement incendiés et des tags anti-Israël et anti-police ont été inscrits sur les murs de la médiathèque, place Camille Saint-Saëns.

lu dans la presse