Archives de l’auteur : anarchiste

La génétique pour s’adapter au monde radioactif

note du laboratoire : après l’émission d’Arte: »Tchernobyl, Fukushima : vivre avec »,on publie cette page de PMO   afin de construire localement une opposition   à ce monde qui implore  toujours auprès de  l’état plus de ( transparence, plus d’aide pour la gestion des territoires plus de sécurité….),

 lu sur PMO

Nous avons reçu en même temps, par coïncidence, deux documents qui se font mutuellement écho, portant, l’un sur la mesure de la pollution radioactive en France (Les luddites et l’usure du « vieux monde ») et l’autre, sur les perspectives d’eugénisme et de manipulations génétiques ouvertes par la mise au point de ciseaux moléculaires ultra-performants (Lettre ouverte à Emmanuelle Charpentier).
L’emballement constant du progrès technologique entraînant celui, non moins constant, du regrès social et humain.

L’un de ces documents émane de l’Association Contre le Nucléaire et son Monde ; l’autre de Bertrand Louart, biologiste, menuisier et critique contondant des technosciences.

Ces textes auraient sans doute moins de raison d’exister si les opposants au techno-totalitarisme pouvaient faucher les champs de recherches comme le furent ceux de chimères génétiques (au moins en France), à la fin du siècle dernier. Ou s’ils avaient pu briser les machines nucléaires, dans les années 70, comme les ouvriers luddites brisèrent tant de machines à tisser en Angleterre, entre 1810 et 1814, à l’aube du capitalisme industriel.

Cela ne se peut pas, cela ne se put pas et d’ailleurs le mouvement luddite lui-même fut brisé, avant de muter, à travers les trade unions, en organisme de défense et d’aménagement de la survie ; tel nos associations écolo-citoyennes d’aujourd’hui (de la Criirad à 60 Millions de consommateurs).

Réduits, peu ou prou, à la simple expression, nous devons au moins dire ce qu’on nous fait ; ce que font les criminels contre l’humanité et leurs menteurs de la communication. Que si les humains doivent perdre, en fin de compte, face aux inhumains, il ne soit pas dit que tous aient acquiescé à leur perte. Même si les modifications génétiques de l’espèce permettent à l’élite technocratique, transhumaniste, de s’adapter aux modifications radioactives du milieu.

Puis on ne sait jamais quelles tempêtes de civilisation pourraient découler en cascade de tous ces battements d’ailes de papillons.

Voir aussi :
- http://www.acnm.fr/
- http://sniadecki.wordpress.com/

(Pour lire les deux textes, cliquer sur les icônes ci-dessous.)


Luddites vieux monde
Version prête à circuler
944.1 ko

Lettre à Emmanuelle Charpentier
Version prête à circuler

Turquie : politique de terreur et état de guerre au Kurdistan

 Valence:l’espace le  Laboratoire est un espace en-dehors   entretenu  depuis 18 ans
 ci dessous un texte reçu par mail:

A l’initiative du collectif, invité par le KJA (Congrès des femmes libres) à participer aux événements du 8 mars au Kurdistan, 7 femmes et féministes de différents groupes vivant en France se sont rendues entre le 2 et le 9 mars au Kurdistan de Turquie. Ensemble, elles se sont rendues à Diyabakir, Cizre, Nusaybin, Mardin et Kiziltepe, des villes situées dans un territoire en proie à une guerre civile, initiée par le gouvernement turc contre le peuple kurde.

Deux personnes présentes dans cette délégation seront à la Plume Noire le samedi 30 avril à 15h pour partager avec vous cette expérience.

Turquie : politique de terreur et état de guerre au Kurdistan

A l’initiative du collectif, invité par le KJA (Congrès des femmes libres) à participer aux événements du 8 mars au Kurdistan, 7 femmes et féministes de différents groupes vivant en France se sont rendues entre le 2 et le 9 mars au Kurdistan de Turquie. Ensemble, elles se sont rendues à Diyabakir, Cizre, Nusaybin, Mardin et Kiziltepe, des villes situées dans un territoire en proie à une guerre civile, initiée par le gouvernement turc contre le peuple kurde.

Samedi 30 avril à 15h, deux personnes présentes dans cette délégation témoigneront de ce qu’elles ont vu sur place : la politique de terreur menée par l’État turc contre les populations, les massacres et destructions, et des résistances de la population civile que nous avons constatées.

Rendez-vous à la Plume Noire le samedi 30 avril à 15h pour assister à ce témoignage.
Prix libre

Ci dessous la déclaration rédigée par la délégation suite à ce voyage au Kurdistan

Notre délégation, composée de 7 femmes et féministes toutes vivant en France et originaires de différents pays, est une des rares délégation à s’être rendue au Kurdistan de Turquie du 2 au 9 mars 2016. Cela suite à une invitation du KJA, Congrès des Femmes Libres, à participer aux événements du 8 mars, la journée international des femmes, dans la région.

Étant donné la gravité de la situation dans cette région (des centaines de morts parmi les civils depuis que le gouvernement a mis fin aux pourparlers de paix) et l’absence d’information conséquente à ce sujet dans les médias européens, nous avons décidé d’élargir notre visite et d’aller observer ainsi, dans la mesure du possible, les conséquences de la politique guerrière menée par l’État Turc depuis l’été 2015.

En effet, dans des vastes territoires, le gouvernement a décrété l’état de siège sous le nom de “Zone Temporaire de Sécurité“ (Geçici Güvenlik Bölgesi). De plus, les forces policières et militaires mènent encore des “opérations“ dans plusieurs villes et quartiers soumis au couvre-feu et bouclées par intermittence comme à Silopi, à Cizre, à Sur, à Idil, à Nusaybin, à Yüksekova, et ceci loin du regard des observateurs indépendants.

Malgré ce climat de guerre extrêmement lourd, nous avons été accueillies très chaleureusement non seulement par les membres du KJA et les responsables politiques, mais aussi par toutes les femmes que nous avons rencontrées durant notre séjour. Ainsi, nous avons éprouvé le profond sentiment de sororité international et internationaliste qui anime les femmes kurdes.

Nous aimerions pouvoir parler aujourd’hui uniquement de l’immense travail d’émancipation et de renforcement des femmes, initié par les organisations de femmes à travers les nombreux outils tels que les académies de femmes, les ateliers de formation professionnelle, les coopératives de femmes, les centres d’accueil pour femmes subissant des violences etc. Du moins, nous pouvons exprimer notre très grande admiration face au courage et à la volonté transformatrice des femmes kurdes. La vitalité et la créativité de leur mouvement nous ont donné de l’énergie et de l’inspiration en tant que femmes et féministes. Par conséquent, nous les remercions à cette occasion pour ce qu’elles sont en train de construire pour les femmes du monde entier !

Mais malheureusement, nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de témoigner avant tout de la situation désastreuse au Nord Kurdistan causée par les politiques éradicatrices de Recep Tayyip Erdoğan et de son gouvernement.

Durant notre séjour, certaines manifestations qui auraient du se tenir dans le cadre du 8 mars et aux quelles nous avions prévus de participer, ont été interdites et/ou empêchées par les préfectures et les forces policières, comme à Urfa et Kiziltepe.

Ainsi, nous avons pu prendre uniquement part à la marche festive tenue au centre ville de Mardin et au meeting de Diyarbakir. A cette occasion, nous avons été les témoins directs de la répression exercée par le gouvernement turc sur le mouvement des femmes, un mouvement porté par les initiatives des associations et des municipalités locales. Nous avons ainsi constaté la grande tristesse et du sentiment d’injustice face aux attaques visant spécifiquement les femmes kurdes. L’assassinat de Seve Demir, Pakize Nayir et Fatma Uyar le 6 janvier à Silopi, 3 ans jours pour jour après l’assassinat des 3 femmes kurdes à Paris en janvier 2013 et l’exhibition du cadavre dénudé d’Ekin Van ont particulièrement heurté la population.

Ceci est l’une des conséquences de la politique de guerre menée par le gouvernement qui associe aux “terroristes“ toute personne critique vis-à-vis de sa politique meurtrière. L’exemple récent de l’incarcération de plusieurs professeurs d’universités en raison d’un appel en faveur de la paix, témoigne très fortement de cette logique exprimée dans les termes suivants par Erdogan au cours d’une déclaration publique : “Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes avec les terroristes“.

Notre délégation est entrée le 4 mars à Cizre, ville de 120 000 habitants où le soutien au mouvement est fort, deux jours après la levée partielle du bouclage de la ville décrété par les autorités turcs il y a un peu plus de deux mois. Une partie de la ville a été complétement détruite, les habitant.es se trouvent dans un état extrêmement difficile sur le plan à la fois matériel et psychologique. Comme ils.elles nous l’ont dit « A Cizre la situation est pire qu’ à Kobanê », car la population a été visée en tant que telle. Non seulement très nombreuses sont les familles qui se retrouvent sans logement, mais aussi celles qui ont perdu un.e membre de leur famille ou de leur entourage proche, dans des conditions terribles. Ce sont plus de 300 personnes, hommes femmes et enfants qui ont été tuées au cours de cette opération. On compte parmi eux 138 personnes bloquées dans 3 caves ne pouvant sortir sous peine de se faire tuer et finalement exécutées, brûlées vives par les forces policières et militaires. A la suite des visites de ces quartiers, de ces 3 caves et des discussions avec des habitant.es de Cizre ayant survécu à cette opération meurtrière menée par les “unités spéciales“, nous sommes convaincus que les civils ont été pris pour cible par les forces armés de l’État. Et là encore nous sommes témoins du fait que les femmes ont été frappées spécifiquement : nous nous sommes rendues à l’endroit où une femme a été tuée, sont corps mis à nu et exposé par les policiers turcs sur les réseaux sociaux, et à un autre endroit, c’est une femme dont les cheveux ont été coupés par les soldats et accrochés sur le mur d’un immeuble.

Les effets dévastateurs de la guerre sur la population civile sont nombreux et continuent aujourd’hui encore dans de nombreuses villes. De manière générale, dans les zones où l’état de siège est décrété, les habitant.es se retrouvent souvent sans électricité, sans accès au service d’éducation et de santé. Surtout, ils.elles risquent leur vie. Autrement dit, dans ces vastes espaces habités, tous les droits humains élémentaires, y compris le droit à la vie, sont suspendus au profit de l’arbitraire militaire : les habitant.e.s rencontré.e.s ont témoignés de ces violences et de leur conviction qu’ils.elles doivent se préparer à des attaques durables contre leur peuple. Cette politique de destruction du tissu matériel et social vise à rendre la vie impossible aux habitant.es pour qu’ils.elles quittent leurs maisons. En somme, il s’agit d’une politique de déplacement forcé et d’anéantissement de la population civile kurde. Il est difficile de donner un chiffre précis, mais il est clair que plusieurs centaines de milliers de personnes ont dû quitter leurs domiciles et se réfugier chez des proches dans des villes environnantes, plus sûrs pour le moment.

Belgique :Des anarchistes en procès pour « terrorisme » ?Rencontre 4 mai 2016

 reçu par mailDes anarchistes en procès pour « terrorisme » ?

Ce mardi 10 mai 2016, la chambre du conseil décidera si elle juge opportun de confirmer la tenue d’un procès pour terrorisme à l’encontre de 12 anarchistes et anti-autoritaires.

En effet, de 2008 à 2014, l’État belge a mené une vaste enquête visant les luttes multi-formes, mais toujours en-dehors des sentiers battus, contre les centres fermés, les frontières, les prisons et ce monde basé sur l’autorité et l’exploitation.
Perquisitions, micros, caméras devant et à l’intérieur de domiciles,filatures, mises sur écoute, infiltrations,… Ce ne sont pas les moyens qui ont manqué.
Après tant d’années d’enquête, l’État cherche aujourd’hui donc à coller l’étiquette « terroriste » sur les potentiels inculpés.
Mais en fait, il cible tout individu qui, dans sa lutte contre ce monde, part de l’auto-organisation, de l’action directe et de l’hostilité envers toutes les autorités.
En cela, ce procès est une attaque répressive contre la lutte
anti-autoritaire dans son ensemble, une attaque qui s’inscrit dans un contexte de répression grandissante contre tous les indésirables et révoltés, aux frontières et dans les quartiers, sur les lieux de travail et dans les prisons,…

Nous proposons un moment de rencontre pour :
• diffuser l’info et jeter les bases pour une solidarité active
• tenter de comprendre les tenants
et les aboutissants de ce dossier et voir comment celui-ci ne s’attaque pas uniquement aux seuls inculpés
• reparler des luttes incriminées
• et, réfléchir à quelles réponses on peut donner à ce coup répressif.

Mercredi 4 mai
19h au Garcia Lorca
Rue des Foulons 47 – Bruxelles

Le terroriste c’est l’État et ses concurrents.
Solidarité active !

affiche_garcia_lorca_soiree-2fe57.jpgaffiche_garcia_lorca_soiree-2fe57.jpg89 KBShow Download

Marseille:Cocktails molotov contre le consulat de Turquie

marseille informtion autonome

Nous apprenons dans l’édition papier de la Provence que 4 molotov ont été lancés sur le consulat de Turquie dans la nuit du mercredi 20 avril. Le mat supportant le drapeau a été brûlé et une enquête a été ouverte.

Cette attaque a eu lieu quelques jours avant la commémoration du 101ème anniversaire du début du génocide arménien (et le parcours de la manifestation de commémoration a d’ailleurs été modifié suite à cette attaque, toujours selon la Provence). Dans la nuit du 23 au 24 avril 1915, 250 personnes avaient en effet été arrêtées par le régime, marquant le coup d’envoi de ce génocide.

Si les évènements d’il y a un siècle sont des atrocités que nous espérons ne jamais voir ressurgir, rappelons-nous qu’aujourd’hui encore, le régime turc fait la guerre aux Kurdes, assassine des opposant-e-s politiques, soutient logistiquement les troupes de Daesh en Syrie en faisant transiter du matériel et du pétrole par ses frontières, et profite horriblement de la vague de migrations vers l’Europe en mettant des gens dans des camps tout en ramassant un paquet de plusieurs milliards d’euros de la part de l’Europe pour cela.

Nous ne savons pas qui a lancé ces bouteilles incendiaires sur le consulat turc, et nous ne prétendons pas savoir quelles étaient leurs motivations. La politique turque donne bien suffisamment de raisons pour que des gens souhaitent lui rendre ce type d’hommage.

Communiqué depuis la Hollande sur le dernier coup répressif à Barcelone

Brèves du désordre

 

Communiqué depuis  la  Hollande par rapport au dernier coup répressif à Barcelone

Actualisation sur les derniers coups répressifs à Aix-la-Chapelle

En juillet 2015, notre amie et compagnonne a été arrêtée au cours d’un contrôle de passeports à la frontière entre la Grèce et la Bulgarie. Le mandat d’arrêt européen avait été émis par le Parquet de Aachen (Aix-la-Chapelle), en Allemagne, le 24 juin 2015. Elle a été transférée en Allemagne et placée en prison préventive (Untersuchungshaft) dans la prison de Cologne sous l’accusation de participation à un braquage de banque à main armée ayant eu lieu deux ans auparavant (2013). Le 2 décembre 2015, après un mois d’enquête, le Parquet l’a inculpée formellement du braquage de la banque, de prise d’otages et de possession d’arme à feu. 
Le 16 décembre, le tribunal qui instruit l’affaire notifiait à la prison qu’elle devait libérer notre compagnonne, toutes les charges étant toutes rejetées puisque les « preuves » obtenues au terme de mois d’enquête n’étaient pas suffisantes pour assurer un procès.

Quand nous avons écrit le paragraphe antérieur (1) par rapport à l’incarcération puis à la libération de notre amie, nous espérions que ce serait le point final de cette histoire. Malheureusement, la police allemande n’a pas accepté cette décision et a décidé de faire appel contre la remise en liberté de la compagnonne. Après que cet appel ait été rejeté en première instance, il a finalement été accepté par un tribunal supérieur.
Cela signifie qu’après avoir passée presque six mois en préventive, notre amie et compagnonne, bien qu’en liberté, est actuellement en attente d’un procès, dont la date n’est pas connue. Malgré diverses tentatives désespérées du Parquet pour obtenir un nouveau mandat de détention ―nous attendons actuellement que le tribunal supérieur se prononce sur cette demande― la compagnonne est encore en liberté et parmi nous.
Cependant, le mercredi 13 avril, le même bureau du procureur a ordonné une série de perquisitions dans des maisons de Barcelone, qui se sont soldées par l’arrestation d’une autre compagnonne ; elle est accusée d’avoir participé à un braquage de banque à Aachen courant 2014. Il semble clair que les autorités allemandes et espagnoles ont décidé de s’unir dans la vague répressive en cours contre les anarchistes sur le territoire européen, soutenus fidèlement par les chiens obéissants des médias de masse

Comme on pouvait s’y attendre, les médias se frottent les mains à la perspective de pouvoir relier des « délits de droit commun » avec le mouvement anarchiste. Cela n’est pas une surprise, surtout à un moment toujours plus défini par les incessants coups répressifs contre tout mouvement subversif. Cependant, nous pensons important de ne pas rentrer dans la distinction entre ce que seraient supposément des délits de droit « commun » ou « politiques », distinctions opérées par la police, le Parquet ou les journalistes. Nous n’avons pas besoin de fournir aux autorités des catégories distinctives qu’elles en seraient que trop heureuses d’ accepter. Comme cela est dit dans le communiqué publié par les compagnonnes de la personne arrêtée à Barcelone, l’expropriation de banques est « éthiquement juste et une pratique politiquement légitime, une méthode de lutte qui fait partie de l’histoire de tous les mouvements révolutionnaires.  »

Tandis que les laquais de l’Etat construisent et diffusent leurs suppositions et accusations publiquement, les entourant de tout le spectacle auquel ils nous ont déjà habitués, nous devons pour notre part rester fidèles à nos propres perspectives et idées. Le moment n’est pas à la spéculation, que ce soit sur « les motifs » des braquages ou sur l’innocence ou la culpabilité de la personne arrêtée 2). Plus qu’un moment de questions, ce devrait être un moment de réponses ― et de réponses claires dirigées contre ceux qui nous oppriment. Comme cela a déjà été dit d’autres fois, « s’ils touchent l’une de nous, ils nous touchent toutes« . Plus que jamais, c’est un moment pour la solidarité, de toutes les manières dont elle peut s’exprimer.

Liberté immédiate pour la compagnonne emprisonnée.
Jusqu’à ce que toutes les prisons et les banques qui en ont besoin soient détruites…

Amsterdam, 19 avril 2016

1. Prisons allemandes : notre compagnonne incarcérée est sortie
2. Que les personnes accusées aient participé ou pas à ces faits n’est pas quelque chose de pertinent pour nous. Ce qui nous importe est exprimer notre solidarité avec ceux qui sont sont poursuivis par les autorités.

[Traduit de l’espagnol de Indy Barcelone, 22 abr 2016]

[Drome] Valence : Au laboratoire Projection-( le 27/04/16 à 19h30) du film « Autonomia Obrera »

19 h 30 à l’espace le laboratoire, 8 place St jean à Valence à côté du marché couvert

Après  La projection , il sera possible de manger boire( ce que chacun-e veut) et  discuter  car depuis plus d’un mois la chape de plomb imposée par l’Etat, avec l’état d’urgence en prime, est secouée par des turbulences allant bien au-delà d’une énième loi. Cet air de liberté qui ne peut se développer pleinement que sur les ruines de toute autorité, les puissants cherchent à l’étouffer à tout prix. Par la force brute de leurs chiens de garde armés jusqu’aux dents, et aussi en misant sur l’essoufflement et la récupération de celles et ceux qui combattent l’ordre des choses.

Autonomia Obrera :

En 1975, à la mort de Franco, l’Espagne entame progressivement un processus de « transition démocratique » après quarante ans de dictature. Les transformations institutionnelles (restauration de la monarchie, adoption d’une nouvelle constitution) et la libéralisation de la vie politique (légalisation des partis et syndicats) s’accompagnent alors de l’intégration d’une partie de la contestation-sociale
Alors que dans cette période de modernisation nécessaire au capitalisme s’élèvent des mouvements ouvriers autonomes, les deux principaux syndicats en voie de légalisation, Comisiones Obreras et UGT, s’installent dans leur rôle de co-gestionnaires de l’exploitation salariale. A travers les assemblées de lutte et les décisions collectives dans les rues face à la Guardia civile ( garde mobile) l’autonomie ouvrière a avancé.

Autonomia Obrera n’est pas un documentaire historique, mais anime une mémoire politique, à travers des luttes dans l’Espagne des années 70, qui dénonce l’escroquerie des compromis entre exploités et exploiteurs. Et pose aujourd’hui aussi les enjeux de l’autonomie des luttes.

Ni loi, ni travail : La police perd une voiture à République

 copier à partir d’attaque

Le Parisien / samedi 23 avril 2016

Paris Répu 22 4 2016 2Une voiture de police a été incendiée et une autre dégradée lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, en marge du mouvement Nuit Debout, dans la nuit de vendredi à samedi, place de la République à Paris.
Alors que l’ambiance de la soirée avait été calme jusqu’à minuit, émaillée seulement vers 23 heures de quelques jets de projectiles, douze personnes ont été interpellées entre 0h15 et 2h30. Placées en garde à vue notamment pour attroupement et jet de projectiles, «elles feront l’objet de poursuites judiciaires appropriées», affirme ce samedi matin la préfecture de police (PP) de Paris, dans un communiqué.

Paris Répu 22 4 2016Vers 0h15, selon la préfecture de police de Paris, «la tension est soudain montée très rapidement» près de la rue du Faubourg-du-Temple, sans qu’on en perçoive la raison, témoigne notre photographe présent sur place. Quelques personnes, une centaine selon la PP, s’en sont prises aux forces de l’ordre. Des projectiles sont partis et un véhicule de police banalisé, une Mégane break blanche, a été incendié et entièrement détruite.
Les policiers ont fait usage de lacrymogènes pour disperser la foule et permettre l’intervention des pompiers. Le calme est alors revenu très rapidement, assurait encore notre photographe. La préfecture assure, elle, que les incidents se sont poursuivis jusqu’à 2 heures du matin.  Et que deux autres véhicules, de la RATP, ont été endommagés.
Ces incidents interviennent après une semaine de calme autour de la place de la République, théâtre d’échauffourées nocturnes à répétition ces dernières semaines. Dans la nuit de vendredi à samedi derniers, une centaine de personnes avait jeté et brûlé palettes et détritus avant de lancer des projectiles sur les forces de l’ordre. Elles avaient été dispersées, et 21 d’entre elles avaient été interpellées.
La veille, alors que le président François Hollande terminait une émission télévisée, environ 300 manifestants, selon la police, avaient voulu quitter la place pour marcher vers l’Elysée. Déviées par un cordon de CRS, elles avaient ensuite sillonné des rues des 10e et 19e arrondissements, où des casseurs avaient brisé des vitrines et des abribus et vandalisé des véhicules. La semaine précédente, la tentative de quelques centaines de personnes de se rendre au domicile du Premier ministre Manuel Valls avait également conduit à des incidents.
Depuis le début du mouvement il y a trois semaines, 36 personnes ont été arrêtées en marge de Nuit debout, dont 35 ont été placées en garde à vue, avait indiqué la Préfecture de police samedi dernier.

Paris Répu 22 4 2016 3

Paris Répu 22 4 2016 4

Revenu garanti, salaire social… un tour d’horizon critique

  sous- la- cendre.info

Le revenu ou salaire garanti est encore aujourd’hui défendu par nombre de courants, qui vont des libéraux jusqu’à l’extrême gauche. Petit tour d’horizon critique.

Les tenants libéraux du revenus garantis.

Une des premières manifestations du revenu garanti vient d’économistes entre le keynésianisme et le libéralisme. Parmi eux on peut citer Tobin, l’inventeur (libéral) de la taxe qui porte son nom. Celui ci avait notamment persuadé le candidat démocrate aux élections présidentielle américaine de 1972 Mac Govern d’inclure le revenu garanti à son programme. Raté, ce fut l’une des plus cuisantes défaites des démocrates, face au républicain Nixon.

En résumé (avec plus ou moins d’emballage) ce type de revenu est un parachute minimum qui permet d’avoir de quoi survivre très chichement. En échange, plus question de sécu, de retraites, etc : prend l’oseille et tire toi !

Si on met de côté les tenants libéraux d’un revenu minimal de base, en réalité une arme pour démanteler les couvertures sociales actuelles et faire pression sur les salaires, on peut énumérer trois différentes propositions de salaires garantis.

tacotac 1

1) La proposition de Bernard Friot, qu’il a baptisé «  le passage à la convention salariale du travail ».

Disons le tout de suite : cette proposition ressemble à un (mauvais) remake d’une (bonne) BD des années 80 : SOS bonheur. C’est assez fou, d’ailleurs. Cependant, si on devait faire un classement, on pourrait considérer cette proposition comme étant « la plus radicale ». Il s’agit tout de même de socialiser l’ensemble des profits.

Elle repose sur un récit historique qu’on peut résumer ainsi : Dans une partie des grands pays capitalistes dont la France, le 20e siècle aura été « LE » siècle de la montée en puissance du salariat, ( ce qui est juste) et de la cotisations sociale. Cette montée en puissance, particulièrement sur la phase 1945-1980, a ensuite été battue en brèche par ce que Friot appelle « la réforme ». Celle ci a consisté depuis lors à une attaque contre les cotisations, le tout pour « restaurer » la valeur travail et le capitalisme. ( voir notre notion sur la restructuration)

Il s’agirait alors, dans l’intérêt des prolétaires, de peser pour empêcher cette restauration, mais aussi pour faire une genre de révolution sociale qui instaurerait un autre type de société.

Dans cette société nouvelle, les profits serait versé comme cotisations servant à alimenter une sorte de caisse de sécurité sociale géante. Celle ci verserait ensuite de façon inconditionnelle un salaire, en fonction d’un niveau de qualification établi de 1 à 4 ( de 1500 à 6000 euros) et qu’on peut comparer avec les différentes catégories (ABC) de la fonction publique.

Ces niveaux de qualifications seraient attribués par des sortes de commissions bureaucratiques, qui de fait aurait le pouvoir énorme de classer la population en une des 4 catégories. Sans trop développer, vous imaginez un monde comme celui là : au moins, les rapports sont clairs entre les gens… Il suffit de demander à son interlocuteur de quel niveau il est, et on est fixé. Avec des super scène en perspective : « Moi, je ne laisserai jamais ma fille épouser un numéro 4  s’exclame Tonton Gilbert, un peu éméché, durant le repas de famille .»

De fait, dans le monde de Friot ( le Friotalisme ?) Les patrons ont été mis à la porte de leurs boites, qui sont désormais géré par un directeur d’entreprise ( mais ce directeur peut être l’ancien patron. Là dessus, Friot n’est pas clair) ; et le financement de l’économie est assuré par des sortes de mélange entre banque d’état et crédit mutuel. A noter que de ce côté là, le Friotalisme ressemble assez au capitalisme d’état de type soviétique.

Pour revenir à ce qui nous intéresse aujourd’hui, à Friotland, que vous travaillez ou pas, vous touchez un salaire qui vous est versé grosso modo par la sécu.

Friot appelle sa proposition « le passage de la convention capitaliste à la convention salariale », car pour lui, le capitalisme est une convention sociale, pas un mode de production. Cette formule est un peu difficile à traiter sérieusement parce qu’elle semble vouloir dire que le capitalisme, c’est comme le système métrique : quelque chose qui à été institué à un moment donné, et qu’on peut rectifier pour le rendre plus efficace, par le biais de décret.

Pour citer un extrait de son livre L’enjeu du salaire.

« Toutes les institutions sont des conventions car elles sont le fruit de rapports sociaux ; ce sont des constructions sociales en permanence travaillée pragmatiquement par ces rapports et qu’une action collective peut faire évoluer dans un sens délibéré politiquement. »

C’est peut-être ici que l’on peut comprendre un des problèmes central du raisonnement de Friot : Le capitalisme n’est pas une convention. C’est un mode de production. La valeur possède une existence réelle, bien que nous sommes d’accord pour dire qu’elle n’a rien de naturelle ( voir à ce sujet les notions qu’est ce que la valeur & la force de travail). Certes elle est issue d’un développement social et historique, mais c’est la base du système capitaliste : pour la supprimer, il faut en finir radicalement avec ce système.

tacotac2

2) Le salaire citoyen universel de Negri.

Cette proposition phare de A. Negri et du courant appelé couramment les négristes prend ses racines dans une vieille revendication : le salaire politique. Celle ci était déjà portée dans le début des années 70 par l’organisation Potere Operaio en Italie. Bien sûr, cette revendication à considérablement évolué depuis. Nous nous concentrerons sur son expression contemporaine : le salaire citoyen universel.

Celui ci repose sur l’affirmation que le capital a connu une grande mutation, la révolution des «Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication» (NTIC) qui transformeraient radicalement le travail et l’ensemble du système économique et social.

Cette grande mutation aurait donné naissance à un nouveau capitalisme : le capitalisme cognitif. Dans cette nouvelle configuration, le travail serait devenu de plus en plus intellectuel et immatériel. Par là même, la nouvelle figure du prolétaire révolutionnaire serait justement ceux bossant dans les NTIC, une masse d’intellos précaires baptisé « multitudes ». La richesse créée par cette multitude, dépendrait, pour résumer à grand trait, de leur créativité , leur inventivité. Elle ne serait donc pas lié avec le moment précis ou l’on bosse, mais diffuse, lorsqu’une idée émerge, dans l’air du temps, en quelque sorte.

On a envie de leur répondre : allez donc en parler un peu aux millions d’ouvriers chinois les iphones qui vous servent à jouer à candy crush… C’est en partant de ce constat, que les négristes mettent en avant la revendication d’un salaire citoyen universel , qui serait en fait la manière dont la société capitaliste paierait la création de valeur diffuse.

En dernière analyse, cette revendication à été réalisée par le capital, dans certains pays : il s’agit du RMI/RSA en France, par exemple. Bien sur, l’enjeu n’est pas celui prôné par les négristes, qui parlent donc « vrais revenus garanti » (ou de revenu garanti « optimal ») par opposition au RSA. Ces discours, on les entends sur chaque revendication, lorsqu’elle est intégrée par le capitalisme: après les 35 heures,par exemple, il fallait une « vraie réforme du temps de travail ».

Cette théorie est aujourd’hui un peu marginalisé, car elle n’a pas du tout vu venir la crise actuelle. C’est ce que montre une réponse de Negri, dans un entretien relaté dans le livre « Goodbye mister socialisme » daté de 2007, ou celui ci explique que les réformes néo-libérales sont terminées, et que l’Europe va relancer l’économie par de grandes mesures sociale, comme pourquoi pas le revenus citoyen… Oui, en 2007… Raté.

3) La proposition de Gorz, un hybride entre baisse du temps de travail et revenu garanti.

Nous ne nous attarderons pas trop sur la proposition de Gorz, qui n’est pas a proprement parler pour un revenu universel. Gorz, et avec lui d’autre économistes comme Jérémy Rifkins, voient dans la hausse de la productivité la perspective de la fin du travail. Il pense que cela se traduira par une hausse massive du chômage, et propose comme solution alternative de réduire le temps de travail, et d’annualiser, voir de décennaliser les heures. Pour simplifier, il propose que l’on puisse bosser a fond disons pendant un an, puis profiter d’une année sabbatique.

enjoy capital

Des apologues du capital.

Toutes ces propositions ont une chose en commun : elles pensent que le capitalisme actuel a des défauts certes, qu’il faudrait amender, mais que c’est un système plein d’opportunité. Les bases d’une alternative viable y seraient déjà toutes contenues en germe. Pourquoi changer de voiture lorsqu’il suffit de changer de chauffeur et de repeindre la carrosserie ?

C’est en ce sens qu’on peut qualifier ces différents discours d’apologie du capital, ce qui est en dernière analyse une constante des discours réformistes depuis le début du capitalisme. Ces réformistes voudraient le capitalisme sans les capitalistes. C’est a la fois irréalisable, et le pire c’est que si ça l’était, ce serait de la merde.

Abolir le salariat, prendre des mesures communistes : une arme contre le capital.

Si ces projets se proposent de changer radicalement le capitalisme, pour gérer le salariat, il ne prennent pas en compte la dynamique même qui pourrait amener à ce changement : la révolution sociale. Or pour nous, l’abolition du salariat, ce n’est pas juste une belle idée : c’est une arme contre les capitalistes. Si, dans la révolution sociale, nous organisons la société en dehors des rapports capitalistes d’échanges et d’exploitation, à quoi leur servira leur capital, leur or, argent ? En somme, abolir le salaire, instaurer la gratuité c’est agir contre le pouvoir que procure l’argent.

Dans la crise actuelle, les différents discours réformistes ont une sacré épine dans le pied : le capitalisme, à l’heure actuelle n’est pas exactement en état pour améliorer les conditions des prolétaires de manière significative. On peut aller même plus loin : dans la période actuelle, toute nos mobilisations pour empêcher notre écrasement, le dégradations de nos conditions de vies, l’austérité, participe d’aggraver la crise du capitalisme.

Est-ce que a veux dire qu’il ne faut pas se battre ? Non, bien au contraire. Cela veux juste dire que nous n’avons rien à attendre du capitalisme, peu importe les manières dont on le gère : il s’agira toujours de gérer la pénurie qu’il organise. Enfin, poser la question de la révolution communiste, c’est aussi une perspective enthousiasmante. L’abolition du salariat, l’organisation révolutionnaire de la gratuité, l’abolition des classes, des genres, la fin de l’exploitation, c’est un monde nouveau, à explorer, loin, bien loin d’un aménagement du capital qui ferait de nous des citoyens, consommateurs responsable, etc.

Dans la crise actuelle, nous avons peut-être devant nous le risque effrayant d’une défaite qui serait synonyme d’un écrasement massif des prolétaires. Mais nous pouvons aussi gagner.

Et cela signifie ne pas s’arrêter au milieu du chemin. Nous voulons tout. Pour tout le monde.

Francfort, Allemagne : Manif sauvage et attaque sur le consulat français

Hier [le 19 avril] en début de soirée, autour de 100 personnes ont manifesté en solidarité avec la jeunesse en lutte en France au cours d’une manif sauvage à travers [le quartier de] Bockenheim. Depuis des semaines maintenant, des milliers de gen-te-s en France prennent la rue contre la « loi travail ».

Les jeunes et rebel-le-s n’en peuvent plus des contrôles de police racistes. Beaucoup de gen-te-s défient l’expension massive de l’appareil sécuritaire durant le présumé état d’urgence en chemin vers un état policier autoritaire. Illes ressentent l’impact des gaz lacrymo quotidiennement ! Le mouvement de printemps refuse de se faire exploité par le marché du travail. La jeunesse sait très bien que le projet néolibéral ne bénéfie à personne – excepté au capital.

Durant une brève mais croustillante manif – suivant l’exemple français – nous avons fait un tour sauvage du bloque. Nous luttons aux côtés de celleux qui ont décidé de ne plus tolérer cette condition. Nous avons décidé de ne plus la tolérer.

Nos ami-e-s dans les rues de France savent très bien que manifester doit faire mal. Illes savent aussi  que la résistance ne peut pas seulement s’articuler dans le cadre de la loi de l’état autoritaire. La Bastille n’a pas été prise d’assaut par la grâce du roi. Nous avons donc decidé de ne pas nous plier au cadre restreint de la suffisance allemande. Alors que la manif passait devant le consulat français, nous avons décidé d’exprimer notre solidarité directe. Plusieurs tâches de peinture et quelques vitres brisées peuvent en attester. Bien sur, ce n’est rien en comparaison des centaines de blessé-e-s par les gaz lacrymo, spray au poivre et coups de télesco de la police hebdomadairement. Mais c’est un signal distinct.

Et nos slogans en ce début de soirée à Francfort l’était aussi. La police est bien sur venue trop tard et c’est tant mieux. Nous étions préparé-e à défendre notre manif contre les attaques de la police. Heureusement , cela n’a pas été nécessaire.

Nous connaissons vos mensonges : Ce n’était pas une action hit & run de « 25-30 gauchistes autonomes » comme les flics l’ont reporté, mais un avant-goût des temps à venir de luttes communes. Et ne prétendez pas ne pas en connaître la raison.

Jeunesse et insurgé-e-s – le monde nous appartient !
Un message de vos ami-e-s

Rémi et Clément

Encore un effort

repris de la cavale

« La joie du résultat est déjà dans la joie de l’effort.[…] La constance du courage n’est pas dans le fait d’arriver, mais dans la certitude d’avoir raison. »
Albert Libertad, 1908

Reculer pour mieux avancer par la suite… C’est la stratégie que le pouvoir semble appliquer pour l’instant : il a instauré une pause dans sa course vers la construction de la maxi-prison. En attendant des temps plus résignés pour imposer la plus grande prison de l’histoire belge. L’un après l’autre, les politiciens responsables du projet se sont mis à se distancier de leur propre projet, l’un par des déclarations dans la presse, l’autre par le non-octroi d’un quelconque permis. On émet maintenant même des doutes sur la légalité de l’engagement entre l’État et les entreprises qui sont supposées construire la maxi-prison. Mais en ces temps de répression contre tout ce qui remet en cause l’ordre, la construction de la maxi-prison ne tardera pas à revenir sur la scène.

Évidemment, le pouvoir n’admettra pas que c’est aussi à cause de la lutte, menée depuis des années, contre la construction de la maxi-prison, que le projet est mis en pause aujourd’hui. Il n’admettra pas que le refus de cette nouvelle prison dans les quartiers populaires de Bruxelles, et pas seulement, est très vaste et s’exprime aussi à travers des pratiques de sabotage et d’action directe contre les institutions responsables, les entreprises collabos, les architectes qui dessinent les plans des cages, les politiciens impliqués. Si le pouvoir construit ses bâtisses répressives sur le sol stable de la résignation, il s’est trompé sur les sondages du sol quant à la construction de cette maxi-prison. Et plutôt que risquer que cette lutte devienne vraiment incontrôlable, embrasant les quartiers où la colère couve, il préfère ne plus trop en parler, pour l’instant.

Crier victoire maintenant serait donc mal placé. Pas seulement parce que suite au carnage jihadiste à Bruxelles, le pouvoir ne manquera pas de nous ensevelir sous des plans encore plus répressifs les uns que les autres, et des nouvelles prisons ne seront pas absentes de ce menu indigeste. Mais aussi parce que la lutte contre la maxi-prison n’est pas seulement un combat contre les quatre murs qu’ils veulent ériger, mais aussi contre le renforcement répressif de l’État, contre une vie sous contrôle, les mains et les pieds liés à l’exploitation capitaliste. La lutte contre la maxi-prison n’est qu’une tentative, une étincelle, pour mettre le feu à la poudrière. Pour que ce monde qui nous opprime explose. Pour que les rues s’enflamment et s’attaquent à ceux qui sont responsables de cet ordre des choses.

Alors, silence radio sur ce projet de maxi-prison, le temps de concocter une nouvelle stratégie pour nous l’imposer, mais depuis deux mois, il est devenu très tangible de comment le pouvoir cherche à supprimer toute révolte à Bruxelles : il nous envoie l’armée dans la gueule, il équipe ses policiers en patrouille avec des armes de guerre, il promeut de nouvelles lois et méthodes encore plus intrusives pour nous réprimer, il investit des centaines de millions d’euros supplémentaires dans la répression de l’illégalité, il renforce la chasse aux sans-papiers, il bombarde nos têtes avec sa propagande (« avec nous ou avec les jihadistes »), il sévit contre les conflits qui sortent de la camisole légaliste. Bref, il transforme la ville en une prison à ciel ouvert et se prépare à livrer une guerre sans merci contre celui qui ne l’acceptera pas.

C’est pour cela qu’il nous faut faire encore un effort dans la lutte contre la maxi-prison. Pour les bousculer par la force. Pour leur lancer un cri de défi : nous continuerons à lutter, par l’affrontement et l’action directe, pour la liberté. Encore un effort, pour qu’à travers cette lutte, on jette les bases pour les combats à venir, des combats plus durs, plus rudes, plus aiguisés. Encore un effort pour que, pourquoi pas, ils renoncent définitivement à nous imposer cette maxi-prison qui, si elle était construite, jetterait une ombre terrible sur nos vies. Encore un effort pour défendre haut et fort toutes les actions directes qu’il y a déjà eu, aux quatre coins de la Belgique, dans les zonings industriels ciblant les entreprises comme dans les rues de Bruxelles ciblant les défenseurs de l’ordre, les défendre comme faisant partie d’une lutte acharnée pour la liberté.

Et d’où doit venir cet effort ? De chacun et de chacune d’entre nous, de chaque cœur révolté dans les quartiers, de toute personne qui s’est battue contre la construction de cette maxi-prison. C’est de là, de la part de ceux qui sont écrasés par l’État mais qui ne se sont pas pour autant résignés, que cet effort, ce signal de début d’un combat plus vaste, plus révolutionnaire, plus téméraire, doit venir. Encore un effort, du dawa partout. Un effort pour mettre le feu aux poudres qui s’accumulent dans les rues de Bruxelles. Et alors, on jettera le plus sublime des défis dans la gueule des militaires, des flics, des politiciens, des juges, des journalistes, des riches, des eurocrates : le défi du combat pour la liberté.

Publié dans Ricochets, n° 15, avril 2016