Archives de l’auteur : anarchiste

Ni loi, ni travail – 23 juin 2016 : Frapper là où l’Etat et ses sbires ne nous attendent pas…

attaque..noblogs.org

La Croix (AFP) / Vendredi 24 juin 2016

23juinPaname[…] Cent personnes ont été interpellées en amont du défilé parisien, 113 dans toute la France, et plus de 2.000 policiers étaient mobilisés à Paris. La sécurité avait été drastiquement renforcée avec des opérations de pré-filtrage et des contrôles d’identité. Seul écart signalé, une tentative de manifestation sauvage près de la Bastille une heure et demie après la fin de la manifestation officielle, rapidement contenue par les CRS. […]

Le Huffington Post / Jeudi 23 juin 2016

LOI TRAVAIL – Il n’y a pas qu’à Paris que les opposants à la réforme du code du Travail étaient réunis jeudi 23 juin. Au-delà du cortège parisien sous très haute surveillance, des défilés ont eu lieu dans les principales villes de province. Si globalement les débordements ont été moins nombreux que lors des précédentes journées d’action, des casseurs ont tout de même sévi dans plusieurs métropoles [voir ci-dessous, NdAtt]. Pas à Paris, où jusqu’à la dispersion du cortège autour de la place de la Bastille, aucun écart n’avait été signalé, même si quelques manifestants avaient tenté de quitter le parcours officiel pour rejoindre les rues adjacentes. Une petite centaine de personnes avaient été interpellées avant 14h et le coup d’envoi de la manifestation, signe d’une vigilance particulière des forces de l’ordre particulièrement présentes. La manifestation s’est déroulée dans “dans des conditions optimales” sans casse ni heurts, a salué le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, lors d’une visite au siège de la préfecture de police. Policiers et gendarmes n’ont cependant pas pu empêcher que des manifestations sauvages partent dans d’autres quartiers de la capitale, plus ou moins proches de Bastille. Ce fut le cas place la Bourse où gare de Lyon où des manifestants ont tenté de bloquer les voies.

Rennes: c’est après le défilé syndical que ça devient sympa…

20 Minutes / Jeudi 23 juin 2016 à 15h

23JuinRennes3Après avoir défilé pendant plus de deux heures dans le calme dans le centre-ville, une partie du cortège d’opposants à la loi Travail a formé un nouveau cortège, qui déambule actuellement dans les rues de Rennes. Il rassemble un peu plus de 500 personnes.

De nombreuses dégradations ont été commises en marge de ce rassemblement. Des banques, agences intérim et agences immobilières ont été prises pour cible par des militants. Des vitrines ont été brisées, des distributeurs de billets ont été mis hors-service, et de nombreux tags ornent les murs. Le commissariat a également été pris pour cible. La police, présente aux abords du cortège, n’est pour l’instant pas intervenue. L’hélicoptère de la gendarmerie survole la ville.

La manifestation contre la loi Travail avait pourtant démarré dans le calme avec un rassemblement esplanade de Gaulle, avant la formation d’un cortège d’environ 2.000 personnes. Les syndicats ont cependant pris leurs distances dès les premières dégradations.

23JuinRennes6

Devant le comico

Devant le comico

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Paris: manif sauvage en début de soirée entre Ménil et Belleville

Le Parisien / Vendredi 24 juin 2016

CFDT_Paname2Une centaine de casseurs ont pris d’assaut le siège parisien de la CFDT jeudi soir vers 21 heures. Les individus cagoulés ont attaqué les locaux du syndicat, 4, boulevard de la Villette (XIXe) à coups de pavés et de barres de fer. Les grandes baies vitrées qui donnent sur la rue se sont retrouvées étoilées par les impacts des projectiles.

Les émeutiers ont ensuite commis quelques dégradations dans le quartier avant de se disperser [Entre autre, quelques tags, plusieurs panneaux de pub et mobilier ‘JC-Decaux’ réduits en miettes, une voiture EDF dégradée, des vitres de banques et leurs DAB défoncés, un véhicule de patrouille de police croisé en chemin caillassé… L’agence de ‘Pôle Emploi’ de Belleville a également perdu quasiment toutes ses vitres, NdAtt]. Un slogan – «C’est fini de trahir» – a été tracé à la peinture rouge sur l’une des vitres. Aucun assaillant n’a pénétré les lieux. Les forces de l’ordre ont interpellé quatre personnes. Manuel Valls a également réagi ce jeudi sur Twitter. « Les actes de dégradations du siège de la CFDT sont une attaque intolérable contre la démocratie sociale », indique le Premier ministre. Le patron de Confédération, Laurent Berger, s’est rendu sur place. «Nos locaux à Paris viennent d’être saccagés par des individus cagoulés. Cette attaque violente est un coup direct porté à la démocratie», a-t-il déploré sur son compte Twitter. «Stop à l’indignation sélective, ces agressions doivent être condamnées ! Certains prônent la violence, la CFDT défendra toujours le débat !», a-t-il martelé. La CFDT est une des centrales syndicales favorables à la loi travail.  Ce jeudi matin, Laurent Berger avait ainsi prévenu qu’il serait «inacceptable» que le gouvernement cède aux anti-loi travail sur la primauté des accords d’entreprise. «Il faut que cela aille au bout. Si le gouvernement, et je ne crois pas qu’il le fera, revenait sur la négociation d’entreprise et revenait sur le compte personnel d’activité, il ferait une profonde erreur et la CFDT serait en face», a-t-il déclaré sur LCI.

Dimanche dernier, des locaux de la CFDT avait déjà été dégradés, à Limoges (Haute-Vienne) par des inconnus.

CFDT_Paname

Plus tôt en début d'après-midi, l'Etat avait poutant prévu le matos de protection...^^

Plus tôt en début d’après-midi lors de la grande messe syndicale, l’Etat avait poutant prévu le matos de protection…^^

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A Grenoble aussi c’est parti en “sauvage” dans la soirée …

Le Dauphiné / Vendredi 24 juin 2016

150 personnes ont déambulé de façon sauvage, jeudi soir dans le centre de Grenoble, en scandant des slogans anti-police. Partis peu après 21h30 de la place Victor-Hugo, ils sont allés rue Bérenger où la façade de la banque BNP Paribas a été recouverte de peinture, les caméras de surveillance et les distributeurs automatiques de billets étant pour leur part cassés. Une bouteille remplie de peinture a également été lancée contre une voiture de police.
Repérés parmi les casseurs, quatre hommes ont pu être interpellés, vers 22h30, alors que les autres manifestants tentaient de s’interposer.
L’un d’eux était en possession d’un sac à dos dans lequel des morceaux d’aluminium et des bouteilles remplies d’acide ont été retrouvés.
Agés de 18, 21, 26 et 28 ans, les quatre suspects ont été placés en garde à vue.

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France 3 Isère / Jeudi 24 juin 2016

manif_4_2Ce jeudi 23 juin, à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation contre la Loi Travail, des membres du collectif “On bloque tout 38” ont bloqué la Presqu’île scientifique, avec des feux de palettes. Quand la police est intervenue, les manifestants ont pris la fuite.  Ce jeudi matin, en se réveillant, certains ont dû se demander ce qu’il se passait à Grenoble. Un panache de fumée se détachait, faisant penser à un incendie.  Il s’agissait en réalité, comme ça a déjà été le cas, du collectif “On bloque tout 38”. Un collectif qui a investi les abords du Pont d’Oxford aux alentours de 7h30 et bloqué l’accès à la Presqu’île scientifique en mettant le feu à des palettes. Pour eux, le mot d’ordre reste le retrait du projet de Loi Travail, jugé facteur de précarité pour les salariés. […] La police est intervenue aux alentours de 9 heures pour débloquer l’accès au pont et les manifestants se sont enfuis.

Notes critiques/A propos de l’appel à une action contre les banques et l’évasion fiscale.

note  : le dauphiné libéré  le 24/06 : »Vive les “Panama papers” ! », scandent les militants du collectif Nuit debout. Déguisés en “évadés fiscaux”, ils sont tranquillement installés sur ..

note d’un touriste:.Pendant que des manifestants  « syndicalistes » nettoient les vitres de la banque beaucoup d’efforts.. quelques minutes après … le parvis de la banque état nettoyé de tout papier, les vitres de celle-ci était  propres..

« La mobilisation se renforce ! »

«photo du Dauphiné Libéré


 voir le tract   a propos de l’action contre l’évasion fiscale  sur le blog temps critique ici,

Tract de Temps Critiques en réponse à un appel à action contre les banques et l’évasion fiscale issu de Nuit Debout Valence et dont le contenu peut être lu sur leur site.


Ce qui est à la base de cette initiative contre l’évasion fiscale est une incompréhension de ce qu’est le capital et de comment s’organisent les rapports sociaux sur cette base.

Ainsi, la finance n’est pas une excroissance monstrueuse déconnectée de l’économie, mais la base de sa dynamique depuis les XVIème et XVIIème siècle et les bulles spéculatives n’empêchent pas la finance d’investir dans les nouvelles technologies ou l’immobilier, ce qui comprend effectivement des risques qu’il faut couvrir par des systèmes d’assurance comme les subprimes. De la même façon, depuis le début des années 1970, les banques, par l’intermédiaire des comptes courants et des allocations massives de crédit sont devenues des compagnons de route des individus de la société capitalisée qui collectionnent les cartes de crédit et de consommation en tout genre. Les banques ne sont donc pas la chose des riches mais chose commune. On le voit tous les jours quand les gens paient à la caisse du supermarché avec un chèque toujours gratuit ou une carte bleue à partir d’une somme de 1 euro ou 5 ou 8 euros en fonction de critères commerciaux variables.

Nous ne sommes plus à l’époque des pauvres exclus contre des riches qui profitent. Aujourd’hui le pauvre moyen n’est pas exclu et son mode de vie est en partie modelé sur celui du riche dans le cadre de la société de consommation. Si on ne comprend pas ça on ne comprend pas le phénomène du crédit et le processus de « bancarisation » de la population. On fait alors comme si la banque était un extérieur, comme si l’Etat était un extérieur, bref, comme si on était encore au XIXème siècle avec les classes dangereuses d’un côté et les classes possédantes de l’autre … dans un pays ou plus de 50 % des ouvriers sont propriétaires de leur logement !

Les attaques contre les banques sont historiquement des attaques anti-capitalistes faisant converger les groupes d’extrême droite comme les groupes d’extrême gauche ce qui est déjà le signe de la confusion ambiante dans les périodes troublées où les frontières entre la droite et la gauche ne sont plus opérantes. Mais la question de l’évasion fiscale en rajoute une couche car c’est revendiquer une moralisation du capitalisme qui a toujours été à l’origine des fascismes exaltant le dur travail du paysan et du travailleur contre le rentier et le spéculateur, de l’ouvrier productif contre le fonctionnaire fainéant et inutile, etc. On pourrait se pencher sur tous les textes des années 1930 dénonçant ce « mauvais » capitalisme. Des films comme « L’affaire Stavisky » et « La banquière » montrent bien le processus à l’oeuvre et ses racines plus ou moins ouvertement antisémites qui ont d’ailleurs refait surface au moment de « Occupy Wall street » avec des affiches contre la banque juive (Lehmann brother’s) .

Le tract pousse même l’outrecuidance ou plus sûrement la naïveté à vouloir différencier les bonnes banques des mauvaises comme si elles n’étaient pas toutes assujetties aux mêmes réglementations. L’exemple des mutuelles d’assurance est là pour le montrer ; à l’origine le mutualisme se différenciait du capitalisme mais peu à peu les assurances mutuelles comme la MAAF, la MACIF, la MGEN se virent imposer des règles communes capitalistes par AXA, l’UAP et compagnie.

Il n’y a pas de moralisation possible du capital, il y a juste un fonctionnement et des dysfonctionnements. L’affaire Kerviel est encore là pour nous le montrer. Il y a même des gauchistes qui voudraient en faire une nouvelle affaire Dreyfus en prenant sa défense contre la vilaine Société Générale !

Il est bien évident que l’on ne peut que voir d’un bon œil une lutte contre l’évasion fiscale menée par un Etat qui cherche à recouvrer des recettes et disponibilités financières pour réaliser sa mission de service public, mais de là à en faire une revendication sociale il y a un pas qu’un mouvement social ne peut justement pas franchir sans tomber dans un populisme sans principe.

Temps critiques, le 22/06/2016

[Italie] Radiocane.Loi travail :A quel point en sommes nous?

Ce morceau de radio a été reçu par mail, c’est  avec des paroles italienne

Où sommes-nous à la mobilisation contre la Loi Travail?l? Après la grande manifestation du 14 juin dernier, il est difficile de comprendre en quelle direction puisse évoluer la situation: d’un côté, la fermeté du gouvernement et la brutalité de sa police; de l’autre, le CGT pris par l’exigence double de ne pas perdre la fiace, ni le contrôle de la situation; finalement les débordement répétés et incontrôlables des « morceaux de pellicule de tête », Quelques considérations de la part d’une compagnone  de Paris.

écouter loi travail

les  sons à écouter

 

Bruxelles [Belgique]: Caillassage à la Citè Modèle

lu et copié sur la cavale  contre la prison et son monde

Une patrouille de police qui étaient à la recherche d’un scooter volé a été accueillie par des jets de pierres à la Cité Modèle à Bruxelles. Le fourgon de la police a dû rebrousser chemin, avec quelques vitres en moins. Les agents eux-mêmes n’ont pas été blessés.

A Grenoble Sivens-Roybon : où en est-on ? – , ce vendredi 24 juin à 20h au 38 – De tout bois, n°5

reçu par mail

Bonjour,

« Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? ». Après plus de quarante ans d’opposition au projet d’aéroport, voici la question à laquelle les électeurs de Loire-Atlantique sont invités à répondre ce dimanche 26 juin pour déterminer « démocratiquement » (et définitivement) le sort du bocage nantais.

Alors qu’une nouvelle séquence de cette lutte s’ouvre avec ce referendum, nous proposons de nous rencontrer pour échanger autour de l’avenir des ZAD. Tandis que la stratégie gouvernementale visant à construire envers et contre tout l’aéroport de Vinci s’incarne désormais dans la « consultation citoyenne » des électeurs de Loire-Atlantique, qu’est-ce qui se mijote du côté de Sivens ou de Roybon ?
A travers les histoires croisées de ces deux luttes, nous voulons questionner leur actualité et leurs perspectives. Plus d’un an après l’expulsion de la ZAD de Sivens, comment se poursuit la mobilisation contre le barrage ? A Roybon, alors que l’imbroglio juridique se poursuit autour du respect de la loi sur l’eau et des mesures compensatoires sans que la date du procès ne soit encore connue, comment continuer à occuper et s’opposer au projet de Pierre & Vacances ?

Vendredi 24 juin à 20h  au 38, rue d’Alembert à Grenoble


Nous organisons aussi cette soirée à l’occasion de la sortie du n°5 de la revue De tout bois à laquelle notre collectif participe maintenant. La revue est disponible en librairie, mais vous pouvez aussi la commander (à prix libre mais frais de port + soutien éventuel au collectif et à la ZAD) à notre adresse : soutienchamba(at)riseup.net.

Au sommaire de ce cinquième numéro :

– « Contre Center Parcs : la diversité des pratiques » par le comité de rédaction
– « Un an et demi déjà » par Yeg
– « Lettre ouverte aux réalisateurs du film ’’Les saisons’’ » par Pierre Sèche
– « De l’or blanc à l’or vert » par Gaspard Delanège
– « Des villages vacances à Center parcs » par Tito
– Dossier financiarisation : « Roybon, paradis fiscal » par Nicolas Lux, « Le business de la compensation », entretien avec Antoine Costa et « Quantifier la nature » par un quidam
– « De la Zad de Notre-Dame-des-Landes à la place de la République » par quelques habitant-e-s de la Zad de NDDL
– « Un opposant à l’aéroport emprisonné » par le Collectif grenoblois de soutien à la Zad de Roybon
– brèves
– chronologie 2016
– reportage photographique

 

 

Le collectif grenoblois de soutien à la ZAD des Chambarans

[Allemagne] Berlin 17 juin Salutations incendiaires aux révoltés en France

Une pelleteuse de Vinci enflammée pour saluer les révolté-e-s en France

texte de revendication:

Comme l’ont signalé quelques textes d’explication, le groupe de BTP ‘Vinci’ est critiqué en France en raison de son implication dans des projets comme ceux de l’aéroport sur le territoire de la ZAD, de construction de centrales nucléaires et de prisons. Parfois, des véhicules de ‘Vinci’ brûlent là-bas.

Il nous est donc venu à l’idée qu’une pelleteuse de Vinci en flammes serait certainement une salutation adéquate aux révoltés en France, aux blessés des manifestations et aux prisonniers.

Nous trouvons génial la façon dont vous arrachez le contrôle des rues aux CRS répugnants et aux porcs de la BAC, et la façon dont les banques, les commerces et les bureaux du PS sont démolis.

C’est pourquoi nous avons incendié, durant la nuit du 17 juin, une pelleteuse d’Eurovia-Vinci dans le secteur de Lichtenberg à Berlin.

Des casseurs* anarchistes (apatrides, politico-criminels)

trouvé sur indymedia linksunten, via insurrection new

NdT:

*: mot en français dans le communiqué de revendication


 

Valence [Drôme]Le garde des sceaux a décidé deux transferts de prisonniers politique Basque vers le nouveau centre pénitentiaire

Note: L’administration pénitentiaire laisse les prisonniers dans le quartier maison centrale de valence avec les portes des cellules fermées sans aucune possibilité pour les prisonniers de se voir( communiquer) entre eux….en plus l’extérieur, ce sont aussi les amis et la famille, qui doivent composer avec une absence peut-être plus douloureuse que la mort.

Début juin, Ibon Goieaskoetxea et Aletxu Zoboran ont été transférés dans la prison centrale de Valence, située à 875 km du Pays Basque. Elle monte à 29 le nombre d’établissements pénitentiaires dans lesquels les détenus basques sont dispersés. Pour le collectif Bagoaz, « ces transferts vont à l’encontre du processus de paix » et constituent une « réelle provocation ».

Bagoaz voit dans ces mouvements « un très mauvais signal » envoyé par le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, faisant fi des demandes de rapprochement et de regroupement portés par les détenus et « relayés par la majorité des forces politiques, syndicales et sociales du Pays Basque ».

« Cette politique de dispersion non seulement porte atteintes aux droits fondamentaux des prisonniers basques à maintenir un lien avec leurs familles et proches, mais elle a également un coût humain », rappelle le collectif, à l’heure où l’association des familles et proches de prisonniers Etxerat déplore le cinquième accident de l’année sur la route des prisons, qui a déjà causé la mort de seize personnes.

« Cette situation n’a que trop duré », pour le collectif qui s’adresse « au gouvernement français et en particulier au garde des Sceaux pour que cesse cette politique d’éloignement et de dispersion. »

Le 3 juin dernier, Aletxu Zobaran entrait en grève de la faim pour protester contre son transfert dans la prison de Valence, dans laquelle il serait isolé de ses camarades basques. Il cessait le mouvement cinq jours plus tard à l’annonce du transfert d’Ibon Goieaskoetxea.

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Projet de loi-travail et convergence des luttes : un malentendu ?

copié sur temps critique

Le projet de loi El Khomri comme le projet de réforme du code de travail de Badinter ne peuvent se comprendre que dans la perspective plus large d’une dynamique du capital qui ne repose plus principalement sur la force de travail vivante, car celle-ci devient inessentielle dans le procès de valorisation. Ce n’est pas synonyme de fin du travail mais de crise du travail et la question de l’emploi et du chômage remplace aujourd’hui la critique du travail que portaient les mouvements prolétaires des années 1967-1975.

2 Ces projets de réforme ne sont pas des tentatives de revenir aux conditions du XIXe siècle comme on l’entend parfois dans les manifestations, mais correspondent à une volonté d’adapter les lois sur le travail aux transformations des rapports de production, en tenant compte des rapports de force actuels entre capital et travail. Les deux projets sont censés se compléter, le projet El Khomri vise le court terme et remplit des objectifs limités : tout d’abord et en priorité montrer que le gouvernement est capable de faire des réformes, alors qu’il est accusé d’immobilisme ; ensuite, essayer de parer au plus pressé en donnant des gages au patronat sur la flexibilité tout en espérant une embellie sur le front de l’emploi qu’il sait pourtant ne dépendre, dans les conditions actuelles, que d’une reprise conséquente d’une croissance pourtant introuvable. D’où un projet qui forcément mécontente tout le monde puisque son objectif de flexisécurité suppose justement cette croissance pour rester « équilibré ». Quant au projet Badinter il est plus stratégique et prospectif, car il enregistre bien la crise du travail. Puisque le travail n’est plus au centre de la société, mais que le salariat continue à régir globalement la force de travail en activité ou potentielle, le Code du travail doit évoluer vers un code de la personne au travail, ce dernier étant conçu non plus comme travail productif ou même déterminé, mais comme un travail-fonction « au service » de la société tout au long de la vie… Le programme de la CFDT en quelque sorte !

3 Face à ces grandes manœuvres, nous assistons (et participons) à un mouvement opposé à ce projet de loi-travail, qui a pourtant déserté les lieux de travail pour porter la contestation à un niveau plus général. Mais ce niveau n’est-il justement pas trop général vu un rapport de forces a priori peu favorable ? Les lycéens et étudiants n’ont-ils rien à dire sur l’école et l’éducation, les rapports maître/élève, l’organisation des savoirs ; les hospitaliers sur leur hiérarchie et la politique de la santé ; les salariés du secteur énergétique et nucléaire sur les stratégies de puissance de leur patron c’est-à-dire de l’État ? Ne faudrait-il pas y activer des luttes qui relayeraient ce niveau général ? Pour l’instant, cette absence de luttes intermédiaires se ressent au niveau des forces de contestation du projet de loi et des formes de lutte qu’elles développent.

4 En effet, contrairement aux mouvements anti-CIP et anti-CPE, ce ne sont pas ceux qui sont les plus directement concernés, c’est-à-dire les travailleurs, qui sont à l’origine du mouvement, mais une partie de la jeunesse scolarisée alors que le projet de loi ne s’adresse pas spécifiquement à la jeunesse.

5 La conséquence en est que le mouvement des scolarisés est minoritaire au sein même de la jeunesse. Il ne peut donc s’appuyer sur les bases arrières que constitueraient lycées et universités et encore moins des « quartiers » aux abonnés absents. Il est obligé de tenir la rue, d’où une convergence immédiate avec l’initiative « Nuit debout » qui se situe pourtant dans une toute autre perspective, celle de tenir les places dans une sorte de happening de la parole libérée. Une convergence s’est progressivement aussi établie avec la CGT dans la mesure où celle-ci, par rapport à une CFDT qui négocie et participe de la réforme, prend de plus en plus la place d’une force d’opposition dépassant le clivage parti/syndicat ou plutôt inversant la formule léniniste de la courroie de transmission. Elle prend de fait la place des partis et groupuscules de l’extrême gauche relégués en fond de manifestations avec pour tout viatique leurs drapeaux, leurs badges identitaires et une activité très discrète dans les AG.

6 Cette convergence est néanmoins très fragile, car ce qui s’exprime dans ces trois courants n’est pas de même niveau. Lycéens, étudiants et jeunes prolétaires maintenant en tête des manifestations, expriment une révolte générale à fleur de peau et un refus spontané du capital. Ils sont dans la négation de l’ordre établi, dans une perspective de confrontation avec l’État et sa police.

7 Les participants à Nuit debout sont, eux, dans l’affirmation d’une démocratie ici et maintenant qui pourrait faire sécession d’avec le pouvoir institué. Ils affirment la possibilité d’une Constituante issue des assemblées des places. Le modèle n’est pas celui des « indignés », ni des « occupy » anti-finance, mais implicitement celui de 1793.

8 Enfin, la direction de la CGT se pose d’emblée dans la défense des acquis et l’auto-limitation en ne demandant que le retrait du projet de loi. Son acmé serait une grève générale… sans perspective plus ambitieuse que le retrait du projet de loi ? On comprend mieux alors que certains hésitent à entrer dans la lutte et que d’autres, au contraire, comme ses fédérations les plus dures, cherchent à déborder les objectifs initiaux et à affirmer une identité ouvrière menacée. C’est qu’elles peuvent encore s’appuyer sur les restes de fierté ouvrière donnée par une professionnalité et un statut, alors que partout on n’entend plus parler (un peu trop vite d’ailleurs) que de précarité et de « boulots de merde ».

9 Mais y a-t-il vraiment possibilité de convergence entre la grève dans ces secteurs, où il suffit d’être déterminés et même peu nombreux pour bloquer production et circulation, et le reste du mouvement qui joue sur sa masse pour peser sur le rapport de force ? La convergence n’est pas non plus évidente au niveau des revendications car si les salariés de ces secteurs participent bien aux manifestations et réclament publiquement eux aussi le retrait du projet, il n’en demeure pas moins qu’en coulisse des négociations sont en cours dans ces secteurs. Les blocages sont un moyen de pression afin d’appuyer des revendications particulières avant tout et ils ne profitent au reste du mouvement que par ricochet.

10 La CGT affirme certes une identité ouvrière maintenant bien problématique, mais elle le fait surtout dans le cadre de l’économie nationale et des secteurs encore protégés de la concurrence internationale. C’est là qu’elle a concentré ses forces après la destruction des forteresses ouvrières au cours des restructurations des années 1980-1990. Or, Nuit debout se situe d’abord au niveau supérieur de la globalisation du capital car malgré les idéologues qui sont à son origine, et qu’on peut classer parmi les souverainistes de gauche, beaucoup de participants à Nuit debout sont spontanément eux, néo-internationalistes (ils sont branchés sur le « village global ») et néo-altermondialistes car ils raisonnent économie-monde, même quand ils entonnent des slogans anticapitalistes. Mais ils interviennent aussi au niveau inférieur de la globalisation, non pas eux-mêmes objectivement, mais idéologiquement, quand ils parlent au nom des « dominés », des « exploités », des migrants, des paysans sans terre des zones pillées par les firmes multinationales et les États dominants, qu’ils taxent d’impérialisme ou de néo-colonialisme.

11 Pour ces raisons, nous ne voyons pas, pour l’instant, se dessiner une convergence solide et durable entre ces trois fractions du mouvement même si l’incurie du gouvernement et le sentiment d’exaspération ressenti par de nombreux individus moins impliqués dans le mouvement, mais néanmoins actifs, laissent quelques espoirs de surmonter ces conditions premières.

Temps critiques, 30 mai 2016.

Documents joints

Projet de loi-travail et convergence des luttes : un malentendu ?(Format A4, PDF – 35.3 ko)

Valence [Drôme]Une saine haine de la police

dauphiné libérédu 20 juin

Le climat « anti police » qui sévit actuellement dans certains milieux ne fait pas exception à Valence.Les hommes de la patrouille de nuit , présente dans le quartier de Fontbarlettes le samedi 18 vers 23 heures, en ont fait l’amère expérience. Alors que plusieurs individus s’étaient rassemblés, l’un a lancé un caillou dans la lunette arrière du véhicule de police, avant de prendre la fuite. Pas de blessé fort heureusement mais une lunette explosée. …