Quelques bouquins disponibles au Labo

Voilà une petite présentation de quelques bouquins disponibles au Labo. Mais il y en a bien plus que ça, et des brochures, etc.

 

Vive la révolution, à bas la démocratie !
Anarchistes de Russie dans l’insurrection de 1905.
Récits, parcours et documents d’intransigeants.
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octobre 2016, 554 pages, [15 euros]


Avec l’insurrection de 1905 dans l’Empire russe, le mouvement anarchiste a poussé comme des champignons après la pluie, de Bialystok à Łódź, d’Ekaterinoslav à Minsk, mais aussi à Odessa, Kiev, Saint-Pétersbourg, Moscou, Vilnius, Tbilissi ou Irkoutsk. Malgré sa brève existence, il a développé en quelques années une intense activité d’attaques diffuses contre la bourgeoisie (industrielle et commerçante) et contre les défenseurs de l’Etat (flics, matons, gouverneurs ou cosaques). A l’aide d’imprimeries clandestines montées à coups d’expropriations, et de participation sans concession aux grèves, émeutes et autres soulèvements, il a réussi à poser une critique radicale de l’autocratie tsariste comme de son alternative républicaine : la démocratie.
A l’heure du centenaire de la révolution de 1917, il est plus que temps de se replonger dans la période insurrectionnelle qui l’a précédée de douze ans, celle de l’émergence des premiers soviets, celle aussi du combat d’intransigeants hors des partis et des syndicats vers une liberté sans maîtres ni esclaves.


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Zo d’Axa
De Mazas à Jérusalem
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co-édité avec Tumult (Bruxelles), mars 2015, 224 pages, [8 euros]


Comme les Argonautes, Zo d’Axa savait que la joie réside dans les aventures qu’offre le voyage – quelles qu’elles soient – et non pas dans la découverte finale de la Toison d’Or. « Un sûr moyen de cueillir la joie tout de suite : détruire passionnément », c’est comme cela qu’il chantait le plaisir de la révolte. S’il était un ennemi de l’Autorité, c’est parce que ce n’est que dans le combat contre cette dernière que le voyage individuel est possible. C’est pour cela qu’il refusait de faire miroiter des lendemains qui chantent aux yeux avides et tristes des exploités et des opprimés, qu’il passait au crible leur crédulité et leur docilité, et qu’avec plus de fougue encore, il les exhortait toujours et à tout moment à s’insurger.

Quand un enfant erre dans le noir, il commence souvent à chanter fort pour s’encourager. De la même façon, nombre d’aspirants-subversifs ont pris l’habitude de bâtir des constructions théoriques pour faire face à la panique qui les saisit d’un coup à la seule pensée d’une existence sans certitudes, y compris lorsque ces certitudes sont l’oppression et l’absence de signification. Zo d’Axa préférait volontiers ne pas se plonger dans toutes ces analyses socio-économiques tant appréciées par un certain type de propagande révolutionnaire avide de confirmations objectives, de propositions réalistes et de résultats mesurables.

Une hérésie donc, hérésie contre les certitudes, y compris celles des mouvements révolutionnaires

LIRE L’ INTRODUCTION

Mila Cotlenko
Maria Nikiforova, la révolution sans attendre. L’épopée d’une anarchiste à travers l’Ukraine (1902-1919)
, septembre 2014, 142 pages, [4 euros]

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Etrangement, ni Voline, ni Archinov, pas plus que des historiens comme Skirda ou Avrich ne font une place à Maria Nikivorova dans leurs récits, alors que Makhno lui-même relate sans hésiter plusieurs épisodes qui donnent un éclairage sur les activités de Maria Nikiforova. Pour un anarchiste qui a vécu cette période en Ukraine – on la retrouve également dans les mémoires du chef d’état-major du mouvement insurrectionnel makhnoviste Viktor Belash –, il est difficile de ne pas en parler : elle faisait sans nul doute partie des compagnons incontournables.

A la tête d’un détachement de gardes noirs, soutenue par de nombreux ouvriers d’Alexandrovsk, ville située à côté de Gouliaï-Polié, d’où elle était originaire, mais aussi par les marins de Kronstadt, ses qualités d’oratrice autant que ses capacités pratiques installèrent rapidement sa renommée à travers tout le territoire ukrainien.

Fermement convaincue qu’il fallait approfondir le processus révolutionnaire en cours, elle n’hésitait pas en fonction des rapports de force sur place, à défier les autorités locales, même soi-disant «révolutionnaires», à exiger des contributions auprès de la bourgeoisie et des propriétaires terriens, à mener des expropriations (armes, vivres, argent et bâtiments, etc.), ce qui lui valut bientôt d’être mise au pilori des « anarcho-bandits » par le pouvoir bolchévik…

 

Albert Libertad
Et que crève le vieux monde !
, novembre 2013, 276 pages, [6 euros]

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Si vous êtes persuadés d’avoir fait le tour des textes de l’anarchiste Albert Libertad (1875-1908) grâce à quelque compilation subventionnée par le pouvoir, inutile d’ouvrir ce livre ! Qu’importe en effet de parcourir ce qu’il a par exemple aussi pu écrire en solidarité avec le travailleur de la nuit Alexandre Jacob ou sur la différence entre anarchisme et nihilisme ?

Si vous pensez en connaître assez pour laisser Libertad à ses Causeries populaires et aux articles enflammés du journal l’anarchie, il vous importera alors peu de plonger dans l’ampleur de l’agitation qu’il mena avec ses compagnons lors d’affrontements avec les nationalistes antisémites, dans des manifestations anticléricales, à l’occasion d’un meeting de chômeurs, pendant la grève insurrectionnelle de Draveil-Vigneux ou lors… du carnaval de Paris.

Ce livre recueille 40 articles et une correspondance de Libertad rédigés entre 1897 et 1908, dont certains inédits, complétés par une longue note biographique sur son rapport à l’agitation, ainsi que quelques illustrations, annonces, piqûres d’aiguille et critiques du cancer policier tirés de l’anarchie.

La canaille à Golfech
Fragments d’une lutte antinucléaire (1977-1984),
mars 2013, 168 pages [4 euros]
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L’histoire de Golfech est une mine de suggestions, aussi bien théoriques que pratiques. A l’époque se succédèrent des actions directes collectives, comme l’invasion de chantiers et la destruction des outils et des constructions en cours, mais aussi la pratique du sabotage à un niveau industriel par des groupes d’affinité, infligeant de gros dégâts matériels aux entreprises, et enfin l’autodéfense contre les violences et les intimidations mafieuses de la police et de l’industrie nucléaire… Aucun individu, organisation ou groupe ne possède seul la force de s’opposer aux projets liés au nucléaire : le rapport entre les petits groupes d’action directe et le mouvement est sans doute un des éléments intéressants qui émerge des récits de Golfech, une indication qui reste valide pour développer les luttes qui nous attendent.

Vivre vite de l’autre côté du mur
Punks et anarchistes en ex-Allemagne de l’Est,
novembre 2012, 112 pages [5 euros]
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La plupart de ces récits de compagnons de Leipzig nous montrent que les « dissidents » d’Allemagne de l’Est des années 70/80 ne se battaient pas tous pour les libertés formelles ou le paradis de la consommation de l’Ouest. Mais pour une liberté qu’aucun Etat ne saurait satisfaire, pour des désirs qu’aucune économie ne viendra combler. Dans un cadre qui pouvait sembler absolu, ils nous montrent que l’oppression tient bien moins sur la force militaire que sur la soumission de tous et toutes. Ces jeunes anarchistes et punks qui squattaient, volaient, se battaient avec les flics lors de fêtes, organisaient des manifs sauvages, diffusaient des messages subversifs dans les rues, n’étaient finalement asociaux que parce que le reste de la société n’était que trop social, en phase avec le contrôle institutionnel et la délation de proximité.

Fukushima paradise
Pour une critique radicale du nucléaire (2005-2011), co-édité avec La Canaille (Paris), janvier 2012, 238 pages [4 euros]
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Les textes anti-nucléaires de ce recueil tentent d’élaborer une projectualité débarrassée de toute médiation institutionnelle et de s’inscrire dans une perspective anti-autoritaire, c’est-à-dire vers un monde où la liberté ne serait pas qu’un aménagement agréable de la survie – les deux pieds irradiés dans la merde. Une perspective qui est aussi de ne pas s’en prendre uniquement au nucléaire, mais de le relier à ce qui lui permet d’exister, la domination capitaliste comme la domestication étatique.

Incognito
Expériences qui défient l’identification, co-édité avec Nux-Vomica (Alès), décembre 2011, 120 pages [4 euros]
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Voilà donc un « guide ». Mais aussi une loupe, afin que notre regard puisse se poser avec une attention toujours plus complice sur les exploités qui n’ont même plus de nom, sur les bandits, sur les exilés. Mais aussi sur tous ces agitateurs insaisissables qui, à travers les mailles du filet enserrant la planète, poursuivent leur désir d’une vie libre et lui donnent corps.

Belgrado Pedrini
Nous fûmes les rebelles, nous fûmes les brigands, (aubiographie d’un partisan anarchiste de Carrare), édition revue et corrigée, août 2011, 148 pages [4 euros]
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Pedrini n’a été « partisan » que parce que le régime se nommait « fasciste » ; c’est l’Etat et le pouvoir en soi qu’il combattait. Il n’a été « mutiné » que parce que les murs qui le retenaient se nommaient « prison » ; ce sont toutes les structures qui emprisonnent la liberté au nom de la justice ou de la raison (comme les asiles, contre lesquels il a écrit plusieurs textes) qu’il combattait. Il n’a été « expropriateur » d’industriels fascistes que parce l’argent dont il avait besoin pour lutter était concentré là ; c’est le système capitalisme, même dévêtu de sa chemise noire, qu’il combattait.

Les Indésirables
1. Lecce (Italie), 2001-2010
(aperçu des luttes contre les centres de rétention et leur monde), mai 2011, 220 pages, [4 euros]
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Certains en profiteront pour conclure qu’il vaut mieux fermer sa gueule ou se contenter de débiter les opinions télévisées, d’autres leur rétorqueront que le centre de rétention de San Foca n’existe plus… et que les compagnons sont toujours présents, qu’ils continuent de développer leur critique du vieux monde. Quant à nous, si nous avons choisi de publier ce recueil de tracts, d’affiches, de lettres de prisons, de déclarations devant le tribunal et d’analyses qu’ils ont produites pendant dix ans, c’est d’abord pour transmettre une expérience ici, dans un contexte où cette lutte est loin de nous être étrangère.

Joseph Déjacque
Autour de la question révolutionnaire
, janvier 2011, 222 pages, [6 euros]
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« Ce livre n’est point écrit avec de l’encre ; ses pages ne sont point des feuilles de papier. Ce livre, c’est de l’acier tourné en in-8° et chargé de fulminate d’idées. C’est un projectile autoricide que je jette à mille exemplaires sur le pavé des civilisés. Puissent ses éclats voler au loin et trouer mortellement les rangs des préjugés. Puisse la vieille société en craquer dans ses fondements !
Privilégiés ! pour qui a semé l’esclavage, l’heure est venue de récolter la rébellion. Il n’est pas un travailleur qui, sous les lambris de sa cervelle, ne confectionne clandestinement quelques pensées de destruction »
J. Déjacque, 1857

A couteaux tirés avec l’Existant, ses défenseurs et ses faux critiques
co-édité avec Typemachine (Gand), octobre 2007, 112 pages, [5 euros]
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Enfin, s’il est un point qui nous tient particulièrement à coeur, c’est de sortir de la tyrannie du nombre qui sert trop souvent d’excuse à la résignation ou à l’expectative. Agir à peu et sur des bases claires ne signifie en effet pas forcément agir isolément. Si on sait que quelques nuages noirs suffisent à obscurcir le ciel, on sait également que tout objectif de lutte spécifique que l’on pourrait mener à quelques-uns contient aussi en soi, potentiellement, la violence de tous les rapports sociaux. La question n’est alors pas de voir autour de soi un océan plus ou moins vaste d’esclaves, mais de savoir ce que nous voulons, nous.
« Il sera toujours temps de claquer la porte ; autant se révolter et jouer ».

Toulouse nécropole

Toulouse n’est pas seulement le pays de la violette, du Rugby et de la saucisse… La ville rose est avant tout un pôle technologique majeur dans le complexe militaro-industriel français et européen. Un livre retrace l’histoire et décrit la réalité actuelle cette industrie locale, con.

Si les berges de la Garonne sentent la poudre, après la croisade des albigeois  des rois ont décidé d’installer une poudrerie royale, ce n’est réellement que « grâce » à la boucherie de 14-18 que la ville s’impose comme un pôle de l’armement national, depuis cette industrie ne cesse de croître et constitue la base économique de la métropole.

Toulouse vil rosse

Les berges de Garonne ont une vieille histoire de fabrication d’arme mais c’est l’éloignement du front en 14-18 qui va lui donner un net avantage sur la concurrence [1] . À la poudrerie s’ajoute l’industrie aéronautique naissante. Bien sûr l’histoire a retenu Saint-Exupéry, l’Aéropostale et le Petit Prince… mais la réalité est que les jolis coucous ne faisaient pas qu’acheminer du courrier, il servait à dézinguer l’ennemi quel qu’il soit…

La brochure « Toulouse Nécropole » a le mérite de dévoiler la réalité que recouvre un discours technophile qui voudrait nous faire croire que Toulouse à mis de la silice dans ses violettes pour faire du higt tech beau et utile… À la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) ont ferrait le carburant pour la fusée Ariane, à AZF on faisait de l’engrais, et l’aerospatiale ça sert à faire la conquête de l’espace. Mensonges. Ici on construit les armes qui tuent partout dans le monde, l’industrie civile n’est qu’une façon de rentabiliser un complexe industriel dont la destination finale est bien la mort.

Un jolie conte de fée qui ne résiste pas à l’analyse des activités réel des industries de la région. Celle-ci d’ailleurs ne s’en cache pas les auteur.e.s n’ont pas déterré des rapports secrets mais simplement compulsé des informations disponibles sur internet. L’apport original de ce livre est de nous permettre d’avoir accès directement à l’ensemble du complexe militaro-industriel de la ville.

Bourgeoisie de l’armement

Ce qu’il reste à raconter, et qui n’est pas dans ce livre, ce sont les conséquences de cette industrie sur la ville. Fini les grandes industries pour fabriquer des cartouches et des obus, maintenant c’est ladite « classe créative » qui peuple les bureaux de l’aerospatiale. Ces nouveaux prolétaires higt tech pensent et agissent comme une bourgeoisie salarié… Avec leurs salaires élevés ils font exploser les prix de l’immobilier et colonisent avec leurs vélos et leurs « goûts des bonnes choses » une ville qui « ressemble tellement à un village ». Pas le temps de dire ouf et cette ville est devenue un repaire de cadre sup. avec ses bars lounges, ses saladeries et ses magasins bio…

La transformation de la cartoucherie en éco quartier est le symbole de cette transformation. Une usine d’armement depuis le 18è siècle devient le lieu où va se déployer le plus grand éco quartier de la région, avec habitat participatif, tramway et espaces verts… Il a fallu enlever des centaines d’obus pour pouvoir commencer les travaux mais bientôt pourront s’installer les nouveaux « ouvriers de la mort » qui ont depuis longtemps quitté leur bleu pour le col blanc et la blouse blanche…