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Périgueux[Dordogne] Abattage à la ferme – Convocation au pénal pour un fermier

information de :I A C A M !

Stéphane, fermier, a récemment reçu une convocation devant le procureur de la République de Périgueux. A l’issue de la procédure pénale, il risquera jusqu’à 6 mois de prison et 15 000 € d’amende pour « abattage illégal » (selon le Code pénal). C’est-à-dire, dans notre jargon, pour abattage à la ferme.

En pièce jointe un communiqué d’une petite fédération dont fait partie Stéphane. Cette convocation fait suite à un travail de longue haleine de Stéphane en faveur de l’abattage à la ferme tant par sa pratique que par des projets de recherche ou des articles de presse. Petites illustrations pour l’année 2016 -2017 :

Sstéphane a participé à des conférences débat

Herault : Conférence-Débat sur l’abattage à la ferme

mardi 11 avril 2017

 

Face aux productions animales, héritées de 150 ans d’industrialisation de l’élevage, des éleveurs luttent pour réapproprier leur métier.
Depuis 8 ans Stéphane abat ses animaux d’élevage à la ferme, en toute illégalité.
Jocelyne Porcher, sociologue à l’INRA et ancienne éleveuse, apporte à ce combat des éléments de critique théorique.
En juin 2016, ils ont été auditionnés par la Commission Parlementaire sur les abattoirs.
Il viendra faire état de son combat.

Documents joints

affiche
affiche
– « Tout sauf les abattoirs », reportage sur France Inter de 5 minutes : https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-28-juin-2016
– Interview en 2 minutes de Stéphane par le collectif « Quand l’abattoir vient à la ferme » : https://www.youtube.com/watch?v=cJpgaqUQE58
Pour contacter ou s’organiser avec le « Collectif quand l’abattoir vient à la ferme » né à l’automne 2015 à l’initiative de Jocelyne Porcher, Directeur de recherches à l’INRA et de Stéphane Dinard, éleveur en Dordogne : https://abattagealternatives.wordpress.com/

Stéphane

Pour contacter ou soutenir directement Stéphane :

DINARD Stéphane
lieu-dit Saint Sicaire
24700 Eygurande et Gardedeuil

Ci- joint également le texte « Hors normes », du Collectif d’agriculteurs contre les normes, qui rappelle la mort, le 20 mai 2017, de Jérôme Laronze, éleveur en Saône-et-Loire, tué par des gendarmes. Jérôme était de ce combat face aux normes qui touchent tous les travailleurs de la terre.

2 piéces jointe

-Hors norme

communiqué FTTEabattage

Paris, France : Camionnette d’un constructeur de prisons en feu !

Camionnette Eiffage en feu (revendications)

Paris, rue Compans. Cette nuit on a cramé une camionnette d’Eiffage, constructeur de taules. On parie qu’ils visent déjà le juteux marché des trente-trois nouvelles prisons.

Nous sommes impatients. Les masses on s’en fout. Les classes… jamais aimé l’école. Au Grand soir – illusoire – on préfère les petits matins incendiaires.

On veut envoyer un sourire complice aux incendiaires de Bar le Duc, de Toulouse, de la Drôme et de partout ailleurs.

Une pensée pour Kara et Krème, pour les compagnon.ne.s récemment incarcérés en Italie (et ceux et celles en prison pour l’opération Scripta manent), pour Riccardo…

Liberté pour toutes et tous !
Vive l’anarchie !

Publié sur indymedia Grenoble, dimanche 20 août 2017]

Grace [ Alpes-Maritimes] A la Maison d’arrêt Quatorze prisonniers refusent de réintégrer les cellules

https://souslaplagelespaves.noblogs.org

après le mouvement du 16-07 (Actu) Grasse : refus de rentrer en cellule à la Maison d’arrêt (Nice Matin)


lourde intervention contre un mouvement collectif à la Maison d’arrêt (source : les ignobles matons syndicalistes de FO).

 Nice Matin 18/08/2017 à 08:46

Mercredi 16 Août, 14 détenus, ont refusé de réintégrer leur cellule. Ils ont alors bloqué les cours de promenade de la prison de Grasse.

La direction de l’établissement a essayé de négocier la fin du mouvement de protestation, mais celle-ci n’a pas abouti.

Les forces de l’ordre sont alors appelées en renfort.

Il est 18h00 quand une équipe de 10 agents pénitentiaires munis de tenues d’intervention et deux fusils à pompe intervient dans la cour en ordonnant aux détenus de s’approcher un par un. Ces derniers s’approchant en nombre et refusant de stopper aux injonctions des agents, un tir de sommation est effectué. Trois détenus acceptent alors de remonter.

Pour la suite des opérations, les forces de l’ordre entre un jeu. Une vingtaine de policiers en tenue de maintien de l’ordre suffisent à dissuader le reste des détenus qui remontent en cellule sous bonne escorte.

Brochure :A l’intersection de l’ A45 #1

reçu par mail:

Ce projet, issu de la pensée la plus capitaliste et réactionnaire qui soit, n’est qu’un projet de mort, un de plus ! Celui-ci s’inscrit dans la lignée des aéroports, des lignes à grande vitesses (Lyon – Turin), des sites d’enfouissement, des centres de vacances sous bulle  et autre barrages inutiles !

Les moyens de transport existants, volontairement laissés à l’abandon, suffisent largement. La remise en place de transports collectifs efficients et efficaces, gratuits et ouverts à toutes et tous, serait bien plus urgente qu’une nouvelle autoroute.

Que se cache-t-il derrière l’A45 ? La privatisation une fois de plus de l’espace publique au profit d’un groupe privé qui pourra bétonner,enfermer et s’enrichir à loisir. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
La destruction de milliers d’hectares de terres arables qui sont le socle d’une alimentation de qualité et de proximité. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
L’enlaidissement du paysage, la mutilation des villes et villages, au profit du tout automobile, pour gagner quelques minutes entre Saint-Étienne et Lyon. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
Le rêve de la salariée et du salarié mobile et corvéable, qui pourra faire des heures de bagnole pour aller “vendre sa force de travail”, après avoir payé son obole au groupe qui détiendra l’autoroute. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !

L’Etat, la Région, les Métropoles étant parties prenantes de ce projet, nous savons bien que la voie légale ne suffira pas à empêcher ce désastre. Nous savons aussi que c’est le rôle de ces institutions, créées pour permettre aux possédants d’être toujours plus riches, . Ce sont leurs choix qui entraînent nos modes de luttes.

 

Une brochure

A l’intersection avec l’A45 ## 1:

plusieurs textes contre l’A45

A bas toutes les prisons, et les autoroutes, en activité ou en projet !

-À Saint-Julien-Molin-Molette, une lutte s’est lancée contre l’exploitant d’une carrière qui souhaite tripler sa production.

La brochure téléchargeable  ici

 

Attentat terroriste d’extrême droite aux USA. Le silence des États.

http://www.aubanar.lautre.net

Épisode 1 :

Samedi 12 août. « Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties »… par ces mots, le président étasunien Trump renvoie dos à dos le camp de la haine et celui des antiracistes…

Difficile pour ce milliardaire populiste de cracher sur le fumier qui l’a porté au pouvoir suprême.

Épisode 2 :

Lundi 14 août. «Le racisme est un fléau et ceux qui commettent des violences en son nom sont des criminels et des brutes, y compris le KKK, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes de la haine qui sont répugnants pour tout ce que nous chérissons en tant qu’Américains»,  Discours lu sur un téléprompteur.

Trump tente de se racheter, tant pis pour ses milices d’électeurs.

Épisode 3 :

Mardi 15 août. « Je pense qu’il y a eu des torts des deux côtés et je n’ai aucun doute à ce sujet. J’ai condamné des groupes très différents, mais tous ces groupes n’étaient pas des néonazis. Croyez-moi, ils n’étaient pas tous des suprémacistes blancs« .

Nouveau volte-face, Trump vient de se rappeler qu’il était soutenu par les racistes nostalgiques de l’esclavage et de la ségrégation.

C’étaient « les gesticulations tragicomiques d’un président ayant poussé sur du fumier »…

Les groupuscules racistes se frottent les mains : Le matamore de la Maison Blanche leur a lancé un message d’encouragement. Les gros cons surarmés pourront continuer à parader en arborant saluts nazis et drapeaux confédérés.  Trump a choisi de garder le soutien de l’extrême droite suprémaciste, raciste, patriarcale, sectaire.

Le parti républicain joue au « c’est pas nous, c’est lui » mais…

Depuis l’élection de « Donald Dick », les représentants de ce parti ne se sentent plus :

En Floride, le sénateur Républicain George Gainer voudrait, dans certaines conditions, permettre aux automobilistes de renverser les manifestants pour les empêcher de bloquer les rues.

Dans le Tennessee, il s’agirait de protéger les conducteurs qui blesseraient des manifestants, une sorte de permis de foncer dans la foule.

Samedi 12 août, L’extrême-droite raciste, suprémaciste, néo nazie a assassiné une manifestante antiraciste. Elle s’appelait Heather Heyer, elle avait 32 ans. Elle luttait pour un monde où la vie triompherait.

Pour notre survie, nous devons détruire leur monde, la suprématie d’une couleur de peau sur une autre, le patriarcat, le capitalisme, les religions et les États.

  chanson IWW   vidéo

[Heather Heyer n’était pas membre des IWW contrairement aux informations erronées ayant pu circuler brièvement sur les réseaux sociaux] info issue d’une déclaration des IWW reproduite ci-dessous, traduite et mise en ligne par Théo Roumier https://blogs.mediapart.fr/theo-roumier/blog/140817/charlottesville-nous-devons-nous-unir-nous-defendre-nous-memes-et-ensemble

Déclaration des Industrial Workers of the World (IWW), organisation syndicaliste révolutionnaire, et plus précisément de sa branche dédiée à la lutte antifasciste, le  GDC (General Defense Comitee).

Déclaration du GDC-IWW sur Charlottesville

Après le meurtre d’aujourd’hui, nous devons nous unir, nous défendre nous-mêmes et ensemble.

Minneapolis, Minnesota – 12 août 2017
À Charlottesville, une coalition de groupes fascistes a tenu un rassemblement, “Unite The Right”, où un meurtre de plus a été commis. Un fasciste a lancé sa voiture à pleine vitesse, percutant d’autres véhicules transformés de fait en arme ciblant les manifestant.es antiracistes.
Ce soir, une femme de 32 ans [Heater Heyer] est morte, de nombreux autres sont blessé.es.
Nous sommes horrifié.es mais nous ne sommes pas surpris.es de l’irruption de la violence politique venant de l’Alt-Right comme d’autres groupes fascistes à travers le pays. Le meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes. Parmi beaucoup d’autres, pensons notamment aux tirs ayant visé un membre du GDC-IWW à Seattle, au double meurtre au couteau du train de Portland, à l’attentat à la bombe contre la Mosquée Dar Al Farooq dans le Minnesota.
Le fascisme est une menace mortelle pour chacun.e d’entre-nous. Nous devons y faire face et il n’y a pas d’échappatoires. Ce ne sont ni les politiciens, ni la police, ni même l’Université qui nous en prémunirons. Nous ne trouverons pas dans les urnes le chemin vers la sécurité. Comme toujours, les forces de police ont aidé et protégé les fascistes, laissant faire et contribuant largement aux violences à l’encontre des contre-manifestant.es. La direction de l’Université a refusé de recourir aux services de sécurité pour protéger les étudiant.es et les autres manifestant.es d’un gang composé de centaines de fascistes.
Le General Defense Committee (GDC) appelle toutes les personnes attaché.es à la vie humaine, à la liberté, à la dignité, à rejoindre la lutte contre le fascisme de toutes les manières possibles. À apporter leur solidarité financière à celles et ceux qui ont survécu au crime fasciste d’aujourd’hui et à leur famille. À échanger avec vos familles et amis, avec vos collègues et voisins, et à trouver des moyens pour, concrètement et directement, battre en brèche la haine fasciste partout où elle s’exprime.
Si vous le pouvez, rejoignez votre groupe local du GDC ou tout autre groupe antifasciste. C’est sans doute une nouvelle étape qui nous attend dans notre combat. Nous sommes déterminé.es à en relever les défis. Nous battrons et vaincrons les fascistes. Nous devons nous défendre les un.es les autres et pour cela nous avons besoin de tout le monde.
Une injustice faite à l’un ou l’une est une injustice faite à toutes et tous.
The General Defense Committee (GDC) of the Industrial Workers of the World (IWW)
Soutien financier :

Un témoignage relayé par les IWW :

Ce qui suit est le témoignage d’un membre des GDC-IWW qui était à quelques mètres des victimes de l’attaque meurtrière du samedi 12 août. Nous tenons à signifier que nous n’avons entendu parler d’aucun membre des IWW ou des GDC gravement blessé ou mort suite à l’attaque. Nous demandons instamment à toutes et tous de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour soutenir les blessés et la famille de Heather Heyer [qui n’était pas membre des IWW contrairement aux informations erronées ayant pu circuler brièvement sur les réseaux sociaux].
« Hier, celles et ceux d’entre nous qui étaient à Charlottesville ont été témoins du meurtre d’Heather Heyer et de l’attaque fasciste qui en a blessé beaucoup d’autres sur Water street. Ce n’était pas un accident. J’étais à six mètres et j’ai vu ce raciste lancer sa voiture dans une autre, la percutant et provoquant un carambolage, pulvérisant les vitres et renversant les personnes qui étaient sur sa trajectoire. J’ai vu les corps. J’ai entendu les hurlements.
Les camarades et les ami.es du General Defense Comitee de Raleigh-Durhamprésent.es à Charlottesville sont toutes et tous en sécurité. Même si les récits – tirés de vidéos où l’on distinguait nos drapeaux IWW – ont pu nous situer à proximité de l’attaque, aucun.e membre des IWW n’a été tué. Mais nous sommes toutes et tous profondément heurté.es par ce que nous avons vu et entendu et beaucoup d’entre nous choisissent, pour l’heure et pour les jours qui viennent, de prendre du temps et de se ménager car une longue lutte nous attend.
Je ne suis pas juste “attristé” ou perturbé par ce meurtre de sang froid. J’en suis malade et j’en ai le cœur brisé. Je sais l’importance de cette attaque, non seulement parce que je l’ai vu de mes propres yeux, mais aussi parce que nous connaissons l’Histoire, et que nous ressentons jusque dans nos chairs que cette attaque nous visait toutes et tous ainsi que toute la classe ouvrière. Ça n’a pas commencé à Charlottesville et ça ne s’arrêtera pas là. Dans la période que nous traversons, même les victoires les plus modestes de la classe ouvrière – et particulièrement des immigré.es et gens de couleur – sont insupportables à la suprématie blanche et à l’Amérique capitaliste. C’est ce qui engendre les terribles violences s’abattant sur nos communautés. Une violence qui provient d’acteurs non-étatiques mais organisés comme la Ligue du Sud et le Mouvement national-socialiste et qui peut compter sur des rouages d’État tels que l’Immigration and Customs Enforcement (ICE – Agence et police de l’immigration), les forces de police ou le Département de l’injustice.
Voilà pourquoi le GDC-IWW était à Charlottesville, et voilà pourquoi nous comptons bien continuer à battre le pavé. Plus important encore, voilà pourquoi nous nous organisons sur nos lieux de travail et dans nos quartiers, mutualisons les actions et les énergies, animons des projets de justice alimentaire, et nous dressons avec d’autres combattant.es de la liberté organisés contre l’ICE et la prison du comté de Durham, comme Alerta migratoria et l’Inside-Outside Alliance.
Comme la plupart des autres membres du GDC-IWW, je suis convaincu que le pouvoir de la classe ouvrière organisée est le plus puissant et même le plus sûr moyen de vaincre le fascisme. Ce fascisme qui nous menace aujourd’hui mais qui reste un produit inévitable de la suprématie blanche et du capitalisme en Amérique.
Ni les rassemblements pétris de bon sentiments et dénonçant à distance « ces gens-là », ni même les accès de colère individuels ou les déclarations d’intentions ne suffiront. Si vous voulez prendre part à cette lutte, nous vous invitons à rejoindre une organisation qui appuie son antifascisme sur l’action directe, de préférence en l’inscrivant plus largement dans le combat anticapitaliste. Le GDC-IWW, auquel j’appartiens, est justement une telle organisation. »

Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) : saboter la fibre optique dans les bastions de l’Etat

 

Brèves du Désordre

[Les Docks de Saint-Ouen est un nouvel « écoquartier » de l’ancienne ville industrielle, où doit aussi s’installer le conseil régional d’Île-de-France en janvier 2018 (quasi achevé, ce siège doit accueillir la majeure partie des services, la Présidence, l’exécutif, et son cabinet)]

Saint-Ouen : un acte malveillant a privé le quartier des Docks d’Internet

Le Parisien | 17 août 2017, 19h06

Ce vendredi, Internet devrait revenir dans les foyers du quartier des Docks. Plusieurs centaines d’abonnés au réseau Orange étaient privés de toute connexion depuis un mois. Si la télévision et le téléphone étaient branchés sur la box, la panne était complète. Après avoir tardé à donner des explications, l’opérateur révèle que cet incident résulte d’un acte de vandalisme.

« Le 12 juillet, un câble de fibre optique desservant 2 000 lignes potentiellement actives aux Docks de Saint-Ouen a été sectionné. Ce qui a nécessité le remplacement complet du câble de fibre optique, soit 2 080 m », indique Denis Delannoy, directeur chez Orange des relations avec les collectivités locales du 93 pour le déploiement de la fibre optique.

Depuis la semaine dernière, une équipe d’experts réseau est dédiée à la reconstruction de ce réseau. « Il faut tenir compte du délai d’approvisionnement de la fibre qui peut être plus long durant les congés d’été. Orange met tout en œuvre pour que la connexion soit rétablie. La fin des travaux est estimée à ce vendredi 18 août », poursuit l’opérateur, qui annonce qu’il va déposer plainte.

Sur la fibre, ce type d’acte malveillant est rarissime. Contrairement au câble, cet équipement ne contient pas de cuivre et n’intéresse pas les voleurs. Ce qui explique que les auteurs des dégradations se soient contentés de couper.

A Saint-Ouen, Orange est le seul opérateur à installer un réseau de fibre optique : « Ce n’est pas parce que nous avons un monopole, précise Denis Delannoy. Chaque fournisseur d’accès est libre d’utiliser notre réseau. Mais ce sera à eux d’effectuer des travaux de câblage jusqu’aux appartements. Et pour le moment, aucun d’eux ne l’a fait. »

Orange poursuit actuellement le déploiement de son réseau dans la ville et celles de Plaine commune (l’établissement public territorial). « 40 % de Saint-Ouen est équipée. Nous nous sommes engagés à terminer le fibrage en 2020 », précise le directeur.

São Paulo, Brazil;Banderolle en solidarité avec le compagnon anarchiste disparu,Santiago Maldonado (

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Reçu et traduit par Insurrection News le 13.08.17:

Solidarité sans État du territoire dominé par l’Etat brésilien.

Nous avons répondu à l’appel à la solidarité avec l’anarchiste Santiago Maldonado qui a disparu il y a plus de dix jours.

Dans la nuit du 12/08, nous avons accroché une bannière sur un pont occupé situé dans le centre de la ville de São Paulo.

Lechuga, comme on le sait, a été enlevé par la gendarmerie au début du mois d’août. La laitue est un camarade du milieu anarchiste et a soutenu les Mapuches sur le territoire de Toma.

Il a disparu depuis l’invasion et la répression du territoire mapuche dans la province de Chubut, Cushamen le 01.08.2017. Il a été vu pour la dernière fois en présence de la gendarmerie après avoir subi des v tabassages violent . Encore une fois, la répression contre la lutte mapuche fait des victimes à nouveau. Pendant ce temps, la grève de la faim de Facundo Jones Huala continue …

L’Etat argentin est coupable. Les escouades 34, 35 et 36 de la gendarmerie sont responsables de la pluie des balles dans la communauté mapuche et de l’enlèvement de notre compagnon.

L’état brésilien est complice car ici ils font de même. Un soutien complet pour les personnes guaraní myaba à Maquiné qui occupaient le siège de FEPAGRO (Fondation de l’État pour la recherche agricole).

« La Lutte continue

Parution: COUP POUR COUP Émile Henry édition l’assoiffé

 

.non-fides

Déclaration d’Émile Henry à son procès

Messieurs les jurés,

Vous connaissez les faits dont je suis accusé : l’explosion de la rue des Bons-Enfants qui a tué cinq personnes et déterminé la mort d’une sixième, l’explosion du café Terminus, qui a tué une personne, déterminé la mort d’une seconde et blessé un certain nombre d’autres, enfin six coups de revolver tirés par moi sur ceux qui me poursuivaient après ce dernier attentat.

 

Les débats vous ont montré que je me reconnais l’auteur responsable de ces actes.

Ce n’est pas une défense que je veux vous présenter. Je ne cherche en aucune façon à me dérober aux représailles de la société que j’ai attaquée. D’ailleurs je ne relève que d’un seul Tribunal, moi-même ; et le verdict de tout autre m’est indifférent. Je veux simplement vous donner l’explication de mes actes et vous dire comment j’ai été amené à les accomplir.

Je suis anarchiste depuis peu de temps. Ce n’est guère que vers le milieu de l’année 1891 que je me suis lancé dans le mouvement révolutionnaire. Auparavant, j’avais vécu dans des milieux totalement imbus de la morale actuelle. J’avais été habitué à respecter et même à aimer les principes de patrie, de famille, d’autorité et de propriété. Mais les éducateurs de la génération actuelle oublient trop fréquemment une chose, c’est que la vie, avec ses luttes et ses déboires, avec ses injustices et ses iniquités, se charge bien, l’indiscrète, de dessiller les yeux des ignorants et de les ouvrir à la réalité. C’est ce qui m’arriva, comme il arrive à tous. On m’avait dit que cette vie était facile et largement ouverte aux intelligents et aux énergiques, et l’expérience me montra que seuls les cyniques et les rampants peuvent se faire une place au banquet. On m’avait dit que les institutions sociales étaient basées sur la justice et l’égalité, et je ne constatais autour de moi que mensonges et fourberies. Chaque jour m’enlevait une illusion. Partout où j’allais, j’étais témoin des mêmes douleurs chez les uns, des mêmes jouissances chez les autres. Je ne tardais pas à comprendre que les grands mots qu’on m’avait appris à vénérer : honneur, dévouement, devoir, n’étaient qu’un masque voilant les plus honteuses turpitudes. L’usinier qui édifiait une fortune colossale sur le travail de ses ouvriers, qui eux, manquaient de tout, était un monsieur honnête. Le député, le ministre dont les mains étaient toujours ouvertes aux pots-de-vin, étaient dévoués au bien public. L’officier qui expérimentait le fusil nouveau modèle sur des enfants de sept ans avait bien fait son devoir et, en plein Parlement, le président du Conseil lui administrait ses félicitations ! Tout ce que je vis me révolta, et mon esprit s’attacha à la critique de l’organisation sociale. Cette critique a été trop souvent faite pour que je la recommence. Il me suffira de dire que je devins l’ennemi d’une société que je jugeais criminelle.

Un moment attiré par le socialisme, je ne tardai pas à m’éloigner de ce parti. J’avais trop d’amour pour la liberté, trop de respect de l’initiative individuelle, trop de répugnance à l’incorporation pour prendre un numéro dans l’armée matriculée du quatrième Etat.

D’ailleurs je vis qu’au fond le socialisme ne change rien à l’ordre actuel. Il maintient le principe autoritaire, et ce principe, malgré ce qu’en peuvent dire de prétendus libres penseurs, n’est qu’un vieux reste de la foi en une puissance supérieure. Des études scientifiques m’avaient graduellement initié au jeu des forces naturelles. Or j’étais matérialiste et athée ; j’avais compris que l’hypothèse Dieu était écartée par la science moderne, qui n’en avait plus besoin. La morale religieuse et autoritaire, basée sur le faux, devait donc disparaître. Quelle était alors la nouvelle morale en harmonie avec les lois de la nature qui devait régénérer le vieux monde et enfanter une humanité heureuse ?

C’est à ce moment que je fus mis en relation avec quelques compagnons anarchistes, qu’aujourd’hui je considère encore comme les meilleurs que j’ai connu. Le caractère de ces hommes me séduisit tout d’abord. J’appréciais en eux une grande sincérité, une franchise absolue, un mépris profond de tous les préjugés, et je voulus connaître l’idée qui faisait des hommes si différents de tous ceux que j’avais vu jusque-là. Cette idée trouva en mon esprit un terrain tout préparé, par des observations et des réflexions personnelles, à la recevoir. Elle ne fit que préciser ce qu’il y avait encore chez moi de vague et de flottant. Je devins à mon tour anarchiste. Je n’ai pas à développer ici la théorie de l’anarchie. Je ne veux en retenir que le côté révolutionnaire, le côté destructeur et négatif pour lequel je comparais devant vous. En ce moment de lutte aiguë entre la bourgeoisie et ses ennemis, je suis presque tenté de dire avec le Souvarine de Germinal : « Tous les raisonnements sur l’avenir sont criminels, parce qu’ils empêchent la destruction pure et simple et entravent la marche de la révolution. »

Dès qu’une idée est mûre, qu’elle a trouvé sa formule, il faut sans plus tarder en trouver sa réalisation. J’étais convaincu que l’organisation actuelle était mauvaise, j’ai voulu lutter contre elle, afin de hâter sa disparition. J’ai apporté dans la lutte une haine profonde, chaque jour avivée par le spectacle révoltant de cette société, où tout est bas, tout est louche, tout est laid, où tout est une entrave à l’épanchement des passions humaines, aux tendances généreuses du cœur, au libre essor de la pensée. J’ai voulu frapper aussi fort et aussi juste que je le pouvais. Passons donc au premier attentat que j’ai commis, à l’explosion de la rue des Bons-Enfants.

J’avais suivi avec attention les évènements de Carmaux. Les premières nouvelles de la grève m’avaient comblé de joie : les mineurs paraissaient disposés à renoncer aux grèves pacifiques et inutiles, où le travailleur confiant attend patiemment que ses quelques francs triomphent des millions des compagnies. Ils semblaient entrés dans une voie de violence qui s’affirma résolument le 15 août 1892. Les bureaux et les bâtiments de la mine furent envahis par une foule lasse de souffrir sans se venger : justice allait être faite de l’ingénieur si haï de ses ouvriers, lorsque des timorés s’interposèrent. Quels étaient ces hommes ? Les mêmes qui font avorter tout les mouvements révolutionnaires, parce qu’ils craignent qu’une fois lancé le peuple n’obéisse plus à leurs voix, ceux qui poussent des milliers d’hommes à endurer des privations pendant des mois entiers, afin de battre la grosse caisse sur leurs souffrances et se créer une popularité qui leur permettra de décrocher un mandat – je veux dire les chefs socialistes- ces hommes, en effet, prirent la tête du mouvement gréviste. On vit tout à coup s’abattre sur le pays une nuée de messieurs beaux parleurs, qui se mirent à la disposition entière de la grève, organisèrent des souscriptions, firent des conférences, adressèrent des appels de fonds de tous les côtés. Les mineurs déposèrent toute initiative entre leurs mains. Ce qui arriva, on le sait. La grève s’éternisa, les mineurs firent une plus intime connaissance avec la faim, leur compagne habituelle ; ils mangèrent le petit fonds de réserve de leur syndicat et celui des autres corporations qui leur vinrent en aide, puis au bout de deux mois, l’oreille basse, ils retournèrent à leur fosse, plus misérables qu’auparavant. Il eût été si simple, dès le début, d’attaquer la compagnie dans son seul endroit sensible, l’argent ; de brûler le stock de charbon, de briser les machines d’extraction, de démolir les pompes d’épuisement. Certes, la compagnie eût capitulé bien vite. Mais les grands pontifes du socialisme n’admettent pas ces procédés là, qui sont des procédés anarchistes. A ce jeu il y a de la prison à risquer, et, qui sait, peut-être une de ces balles qui firent merveille à Fourmies. On y gagne aucun siège municipal ou législatif. Bref, l’ordre un instant troublé régna de nouveau à Carmaux. La compagnie, plus puissante que jamais, continua son exploitation et messieurs les actionnaires se félicitèrent de l’heureuse issue de la grève. Allons, les dividendes seraient encore bons à toucher.

C’est alors que je me suis décidé à mêler, à ce concert d’heureux accents une voix que les bourgeois avaient déjà entendue, mais qu’ils croyaient morte avec Ravachol : celle de la dynamite. J’ai voulu montrer à la bourgeoisie que désormais il n’y aurait plus pour elle de joies complètes, que ses triomphes insolents seraient troublés, que son veau d’or tremblerait violemment sur son piédestal, jusqu’à la secousse définitive qui le jetterait bas dans la frange et le sang. En même temps j’ai voulu faire comprendre aux mineurs qu’il n’y a qu’une seule catégorie d’hommes, les anarchistes, qui ressentent sincèrement leurs souffrances et qui sont prêts à les venger. Ces hommes-là ne siègent pas au Parlement, comme messieurs Guesde et consorts, mais ils marchent à la guillotine. Je préparais donc une marmite. Un moment, l’accusation que l’on avait lancée à Ravachol me revint en mémoire. Et les victimes innocentes ? Mais je résolus bien vite la question. La maison où se trouvaient les bureaux de la compagnie de Carmaux n’était habitée que par des bourgeois. Il n’y aurait donc pas de victimes innocentes. La bourgeoisie, tout entière, vit de l’exploitation des malheureux, elle doit toute entière expier ses crimes. Aussi, c’est avec la certitude absolue de la légitimité de mon acte que je déposai la marmite devant la porte des bureaux de la société. J’ai expliqué, au cours des débats, comment j’espérais, au cas où mon engin serait découvert avant son explosion, qu’il éclaterait au commissariat de police, atteignant toujours ainsi mes ennemis. Voilà donc les mobiles qui m’ont fait commettre le premier attentat que l’on me reproche.

Passons au second, celui du café Terminus. J’étais venu à Paris lors de l’affaire Vaillant. J’avais assisté à la répression formidable qui suivit l’attentat du Palais-Bourbon. Je fus témoin des mesures draconiennes prises par le gouvernement contre les anarchistes. De tous côtés on espionnait, on perquisitionnait, on arrêtait. Au hasard des rafles, une foule d’individus était arrachée à leur famille et jetée en prison. Que devenaient les femmes et les enfants de ces camarades pendant leur incarcération ? Nul ne s’en occupait. L’anarchiste n’était plus un homme, c’était une bête fauve que l’on traquait de toutes parts et dont toute la presse bourgeoise, esclave vile de la force, demandait sur tous les tons l’extermination. En même temps, les journaux et les brochures libertaires étaient saisis, le droit de réunion était prohibé. Mieux que cela : lorsqu’on voulait se débarrasser complètement d’un compagnon, un mouchard déposait le soir dans sa chambre un paquet contenant du tanin, disait-il, et le lendemain une perquisition avait lieu, d’après un ordre daté de l’avant-veille. On trouvait une boîte pleine de poudres suspectes, le camarade passait en jugement et récoltait 3 ans de prison. Demandez donc si cela n’est pas vrai au misérable indicateur qui s’introduisit chez le compagnon Mérigeault ? Mais tous ces procédés étaient bons. Ils frappaient un ennemi dont on avait eu peur, et ceux qui avaient tremblé voulaient se montrer courageux. Comme couronnement à cette croisade contre les hérétiques, n’entendit-on pas M. Raynal, ministre de l’Intérieur, déclarer à la tribune de la Chambre que les mesures prises par le gouvernement avaient eu un bon résultat, qu’elles avaient jeté la terreur dans le camp anarchiste. Ce n’était pas encore assez. On avait condamné à mort un homme qui n’avait tué personne, il fallait paraître courageux jusqu’au bout : on le guillotine un beau matin. Mais, messieurs les bourgeois, vous aviez un peu trop compté sans votre hôte. Vous aviez arrêté des centaines d’individus, vous aviez violé bien des domiciles ; mais il y avait encore hors de vos prisons des hommes que vous ignoriez, qui, dans l’ombre, assistaient à votre chasse à l’anarchiste et qui n’attendaient que le bon moment pour, à leur tour, chasser les chasseurs. Les paroles de M. Raynal étaient un défi jeté aux anarchistes. Le gant a été relevé. La bombe du café Terminus est la réponse à toutes vos violations de la liberté, à vos arrestations, à vos perquisitions, à vos lois sur la presse, à vos expulsions en masse d’étrangers, à vos guillotinades. Mais pourquoi, direz-vous, aller s’attaquer à des consommateurs paisibles, qui écoutent de la musique et qui, peut-être, ne sont ni magistrats, ni députés, ni fonctionnaires ? Pourquoi ? C’est bien simple. La bourgeoisie n’a fait qu’un bloc des anarchistes. Un seul homme, Vaillant, avait lancé une bombe ; les neuf dixièmes des compagnons ne le connaissaient même pas. Cela n’y fit rien. On persécuta en masse. Tout ce qui avait quelque relation anarchiste fut traqué. Eh bien ! Puisque vous rendez ainsi tout un parti responsable des actes d’un seul homme, et que vous frappez en bloc, nous aussi, nous frappons en bloc. Devons-nous seulement nous attaquer aux députés qui font les lois contre nous, aux magistrats qui appliquent ces lois, aux policiers qui nous arrêtent ? Je ne pense pas. Tous les hommes ne sont que des instruments n’agissant pas en leur propre nom, leurs fonctions ont été instituées par la bourgeoisie pour sa défense ; ils ne sont pas plus coupables que les autres. Les bons bourgeois qui, sans être revêtus d’aucunes fonctions, touchent cependant les coupons de leurs obligations, qui vivent oisifs des bénéfices produits par le travail des ouvriers, ceux-là aussi doivent avoir leur part de représailles. Et non seulement eux, mais encore tous ceux qui sont satisfaits de l’ordre actuel, qui applaudissent aux actes du gouvernement et se font ses complices, ces employés à 300 et à 500 francs par mois qui haïssent le peuple plus encore que le gros bourgeois, cette masse bête et prétentieuse qui se range toujours du côté du plus fort, clientèle ordinaire du Terminus et autres grands cafés. Voilà pourquoi j’ai frappé dans le tas, sans choisir mes victimes. Il faut que la bourgeoisie comprenne que ceux qui ont souffert sont enfin las de leurs souffrances ; ils montrent les dents et frappent d’autant plus brutalement qu’on a été brutal avec eux. Ce n’est pas aux assassins qui ont fait la semaine sanglante et Fourmies de traiter les autres d’assassins. Ils n’épargnent ni femmes ni enfants bourgeois, parce que les femmes et les enfants de ceux qu’ils aiment ne sont pas épargnés non plus. Ne sont-ce pas des victimes innocentes que ces enfants qui, dans les faubourgs, se meurent lentement d’anémie, parce que le pain est rare à la maison ; ces femmes qui dans vos ateliers pâlissent et s’épuisent pour gagner quarante sous par jour, heureuses encore quand la misère ne les force pas à se prostituer ; ces vieillards dont vous avez fait des machines à produire toute leur vie, et que vous jetez à la voirie et à l’hôpital quand leurs forces sont exténuées ? Ayez au moins le courage de vos crimes, messieurs les bourgeois, et convenez que nos représailles sont grandement légitimes.

Certes, je ne m’illusionne pas. Je sais que mes actes ne seront pas encore bien compris des foules insuffisamment préparées. Même parmi les ouvriers, pour lesquels j’ai lutté, beaucoup, égarés par vos journaux, me croient leur ennemi. Mais cela m’importe peu. Je ne me soucie du jugement de personne. Je n’ignore pas non plus qu’il existe des individus se disant Anarchistes qui s’empressent de réprouver toute solidarité avec les propagandistes par le fait. Ils essayent d’établir une distinction subtile entre les théoriciens et les terroristes. Trop lâches pour risquer leur vie, ils renient ceux qui agissent. Mais l’influence qu’ils prétendent avoir sur le mouvement révolutionnaire est nulle. Aujourd’hui, le champ est à l’action, sans faiblesse, et sans reculade. Alexandre Herzen, le révolutionnaire russe, l’a dit : « De deux choses l’une, ou justicier et marcher en avant ou gracier et trébucher à moitié route. » Nous ne voulons ni gracier ni trébucher, et nous marcherons toujours en avant jusqu’à ce que la révolution, but de nos efforts, vienne enfin couronner notre œuvre en faisant le monde libre. Dans cette guerre sans pitié que nous avons déclarée à la bourgeoisie, nous ne demandons aucune pitié. Nous donnons la mort, nous saurons la subir. Aussi, c’est avec indifférence que j’attends votre verdict. Je sais que ma tête n’est pas la dernière que vous couperez ; d’autres tomberont encore, car les meurt-de-faim commencent à connaître le chemin de vos grands cafés et de vos grands restaurants Terminus et Foyot. Vous ajouterez d’autres noms à la liste sanglante de nos morts. Vous avez pendu à Chicago, décapité en Allemagne, garroté à Jerez, fusillé à Barcelone, guillotiné à Montbrison et à Paris, mais ce que vous ne pourrez jamais détruire, c’est l’anarchie. Ses racines sont trop profondes ; elle est née au sein d’une société pourrie qui se disloque, elle est une réaction violente contre l’ordre établi. Elle représente les aspirations qui viennent battre en brèche l’autorité actuelle, elle est partout, ce qui la rend insaisissable. Elle finira par vous tuer.

Voilà, messieurs les jurés, ce que j’avais à vous dire. Vous allez maintenant entendre mon avocat. Vos lois imposant à tout accusé un défenseur, ma famille a choisi Me Hornbostel. Mais ce qu’il pourra dire n’infirme en rien ce que j’ai dit. Mes déclarations sont l’expression exacte de ma pensée. Je m’y tiens intégralement.

Émile Henry.

 quatrième de couverture:
« Au surplus, j’ai bien le droit  de sortir du théâtre
 quand la pièce me devient odieuse
 et même de faire claquer la porte en sortant,
au risque de troubler la tranquillité de ceux qui sont satisfaits »
Émile Henry

 

 

Bar-le-Duc, France : Beaucoup de rage et quelques flammes chez ENEDIS

sansattendre.noblogs.org

À Bar-le-Duc, dans la nuit du 16 au 17 août, nous avons brûlé plusieurs voitures sur le parking de l’entreprise ENEDIS.

Notamment pour le lien que cette entreprise entretient avec le projet CIGEO, l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure étant une étape nécessaire vers une production toujours plus grande d’énergie nucléaire. Mais aussi pour toute la merde qu’elle représente, comme les compteurs linky, les coupures d’électricité chez celles et ceux qui peuvent pas payer, la course au profit, bref.

Ces derniers mois, plusieurs attaques contre ENEDIS¹ ont été revendiquées, nous avons voulu y faire écho, ça nous a fait plaisir, et la nôtre est un clin d’oeil aux personnes qui se sont mises en jeu pour les faire.

Nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’attendre d’être beaucoup et faire masse pour attaquer, qu’il est aussi possible de le faire a quelques un-e-s, les possibilités sont différentes, mais pas moins réjouissantes. Nous nous réjouissons des attaques récentes sur les antennes relais², qui ouvrent de nouvelles perspectives d’actions directes.

Par cette attaque nous envoyons toute notre solidarité aux compagnon-ne-s de Turin et de Florence qui subissent la répression en Italie parce qu’ils ou elles ne baissent pas la tête, à Kara et Krem emprisonnées en france pour la voiture de keuf brûlée, à Damien à qui on souhaite le meilleur rétablissement possible, et aussi aux prisonniers et prisonnières anarchistes arrêté-e-s pendant le G20 à Hambourg.

Des anarchistes.

 [Publié sur indymédia Nantes, jeudi 17 août 2017]

NdSAD:

¹Petite chronologie des incendies contre ENEDIS, pour rafraîchir la mémoire:

²Pour rappel:

 

Hambourg, Allemagne : Lettre d’un prisonnier du G20 – 14 août 2017

/sansattendre.noblogs.org

Hambourg été 2017 : j’y suis, j’y reste !

Lettre d’un prisonnier du G20 du 14.08.17, depuis la prison de Billwerder à Hambourg:

 

Voilà près d’un mois et demi que j’ai été incarcéré, pendant le douzième sommet du G20, à Hambourg, dans une ville qui a été assiégée et prise en otage par les forces de l’ordre mais qui a aussi vu naître pour l’occasion une contestation locale et populaire assez importante.

Des dizaines de milliers de personnes, si ce n’est plus, affluant de toute l’Europe, voire de plus loin, se sont rencontrées, organisées et ont convergé, discuté, défilé ensemble pendant plusieurs jours dans un grand élan de solidarité tout en ayant conscience de pouvoir subir à tout moment la violence et la répression de la police. Un immense tribunal de police en algeco avait même été construit pour l’occasion, afin de sanctionner dans les plus brefs délais toute contestation contre ce sommet international.

Mon interpellation, comme celle de beaucoup de compagnon(ne)s, ne reposant uniquement sur la seule base de la sacro-sainte parole policière, celle d’une brigade habilitée à s’infiltrer, observer et prendre en filature « ses proies » (quarante-cinq minutes dans mon cas, pour un supposé jet de projectile…), jusqu’à ce qu’une fois isolées, il y ait la possibilité de les interpeller en leur envoyant des collègues qui interviennent rapidement, violemment, ne nous laissant aucun échappatoire.

Me voilà donc enfermé dans ces lieux primordiaux au bon fonctionnement d’un ordre social global, ces lieux servant d’outil de contrôle et de gestion de la misère, essentiels au maintien de leur « paix sociale ». La prison agissant comme une épée de Damoclès au dessus de chaque individu afin qu’il soit pétrifié à l’idée de déroger aux codes et diktat d’un ordre établi : « métro, boulot, conso, dodo », auquel aucun dominé ne devrait échapper pour ainsi s’aliéner au travail et à la vie qui va avec, être à l’heure, sans jamais broncher, et pas seulement au second tour des présidentielles, où on a exigé de nous d’être « En Marche » ou de crever, mais de préférence lentement et silencieusement.

Le droit n’ayant aucune vocation à assurer l’intérêt général, ni d’être neutre, il est l’expression d’une domination toujours plus accrue et instituée par les plus puissants afin de leur garantir propriété et sécurité et ainsi tétaniser, sanctionner, marginaliser toute personne ne voyant pas les choses ainsi ou ne s’y pliant pas.

Au-delà des cas des militant(e)s enfermé(e)s, assez soutenu(e)s et mis en avant dans ces cas-là, perdurent aussi mais surtout ceux d’hommes et de femmes livrés à la brutalité et à la cruauté de l’enfermement carcéral. Par ici le travail est gratifié un euro de l’heure, dont la moitié de cet euro n’etant touchable qu’une fois libéré. Dans mon aile, des détenus en détention provisoire ou pour de courtes peines (de six mois à quatre ans) ne le sont principalement que pour une seule raison : leur condition et origine sociale. A part le personnel, très peu sont du pays hôte, tous sont étrangers, réfugiés et/ou précaires, pauvres, fragilisés par la vie. Leur crime : ne pas s’être soumis à « leurs » règles du jeu pour la majorité en se livrant à la vente de stups’ ou en commettant vols, escroqueries, seuls ou en bandes organisées à diverses échelles.

L’enfermement est un pilier primordial de ce système mais on ne peut le critiquer sans s’attaquer à la société qui le produit. La prison, ne fonctionnant pas en autarcie, est le parfait maillon d’une société basée sur l’exploitation, la domination et la séparation sous ses formes variées.
« Le travail et la prison sont deux piliers essentiels au contrôle social, le travail étant la meilleure des polices et la réinsertion un chantage permanent. »

Pensées pour les camarades italiens faisant face à une énième vague de répression, en particulier ceux inculpés dans l’enquête sur « l’engin explosif » déposé devant une librairie liée à Casapound. L’extrême droite se doit de faire face à une riposte organisée, populaire et offensive. Elle qui est si utile et complémentaire à ces États qui se nourrissent de ses aspirations et délires sécuritaires et de sa stigmatisation incessante de « l’étranger ».

Pensées également aux camarades qui affronteront en septembre prochain le procès de la voiture de flics brûlée le dix-huit mai de l’année dernière, à Paris, pendant le mouvement « loi travail ». Beaucoup de personnes sont passées par la prison et deux sont encore incarcérées. Force à eux !

Remerciements aux militants locaux organisant des rassemblements parfois devant notre prison, initiative appréciée par ici et cassant la routine et l’état de léthargie ambiant auquel on nous formate. Remerciements à tous ceux/celles qui nous soutiennent de près ou de loin ici et ailleurs.
Aux Bro’, 161, MFC, OVBT, jeunes sauvages, ceux qui BLF et autres ami(e)s…
Camarades, force !

Libérons les prisonnier(e)s du G20 et tou(te)s les autres ! On n’est pas tout seul !

Un enfermé parmi d’autres
Prison de Billwerder,
Hambourg
14.08.2017

[Publié sur indymedia nantes, mercredi 16 août 2017]