Monthly Archives: août 2017

Italie : Des nouvelles des compagnons en prison

Prisonniers de l’opération répressive de Firenze :

L’audience pour la demande de mise en liberté du compagnon anarchiste Salvatore Vespertino a été renvoyée au 6 septembre. Entretemps on sait, via des lettres, que Salvatore demande qu’on lui envoie des textes anarchistes et nous informe que les livres avec couverture rigide ne passent pas. Il dit qu’il va bien et qu’il a la pêche.

Pour ce qui concerne le compagnon anarchiste Pierloreto Fallanca, il a été soumis à la censure de la poste, et le Proc’ lui a ajouté une nouvelle inculpation, pour association de malfaiteurs, en plus de l’accusation d’avoir participé à l’attaque du premier janvier [la bombe contre la librairie fasciste de Firenze; NdT.], pour laquelle il avait été arrêté. En taule, il a reçu deux notifications de procédures internes pour outrage aux matons.

Les adresses pour leur écrire :

SALVATORE VESPERTINO
c.c. Sollicciano
via Minervini, 2r
50142 – Firenze

PIERLORETO FALLANCA
Borgo San Nicola, 4
73100 – Lecce

[Traduit de l’italien de Croce Nera Anarchica par Attaque, 25 août 2017]


Prisonniers de l’opération Scripta manent

Le 23 août, la censure pour les compagnons anarchistes Alfredo Cospito, Nicola Gai, Danilo Cremonese, Valentina Speziale, Anna Beniamino, Alessandro Mercogliano, Marco Bisesti est expirée. Le Parquet de Torino ne peut plus la renouveler, mais la prison si, pour des « raisons de sécurité ». Leur courrier a du coup été débloqué et circule plus rapidement, mais on ne peut pas exclure qu’il soit de nouveau bloqué [par l’AP; NdT]

Les adresses des compagnons :

NICOLA GAI
ALFREDO COSPITO
ALESSANDRO MERCOGLIANO
DANILO EMILIANOCREMONESE

Casa Circondariale di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 – Ferrara

BISESTI MARCO

Casa Circondariale
Strada Statale per  Casale, 50/A
15121 – Alessandria

VALENTINA SPEZIALE
ANNA BENIAMINO

c.c. Rebibbia Femminile
via Bartolo Longo 92
00156 – Roma

[Traduit de l’italien de Croce Nera Anarchica par Attaque, 25 août 2017]

Parution d’un livre J’ai rêvé d’un monde en flamme tourbillonnant dans l’infini Bruno Filippi édition l’assoiffé

bruno filippi

Le 30 mars 1900, naissance de Bruno FILIPPI à Livourne.
Anarchiste individualiste italien auteur d’un attentat raté où il perdra la vie.
Fils d’un imprimeur, il est l’aîné de six enfants. Encore adolescent, il se passionne pour les idées individualistes de Stirner. En mai 1915 il est arrêté, lors d’une manifestation contre la guerre, en possession d’une arme à feu. Jugé pour complicité dans l’homicide d’un jeune socialiste durant la manifestation, il se déclare anarchiste et affirme son aversion pour la guerre. Il est condamné à deux ans de prison qu’il effectuera entièrement. Durant l’été 1919, il prend part à diverses actions violentes anticapitalistes.

Le 7 septembre 1919, il meurt dans l’explosion prématurée de la bombe qu’il allait déposer au Cercle des nobles dans la Galerie Vittorio Emanuele de MilanLes autorités profiteront de cet attentat pour lancer une vague de répression contre les anarchistes.
Renzo Novatore publiera l’année suivante dans le journal « Iconoclasta! » de Pistoia, les textes de Bruno Filippi.

repris de .ephemanar.net

 

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Quatrième de couverture  du livre » j’ai rêvé d’un monde en flamme tourbillonnant dans l’infini »:

Soirée du Dimanche 7 septembre 1919..La galerie Vittorio Emanuele II, à Milan . Ici, les richesses, matérialisées dans des pierres grises, et le privilège , célébré dans des voûtes monumentales , accueillent la haute bourgeoisie milanaise venue se reposer et digérer le travail hebdomadaire – l’exploitation des pauvres- aux petites tables des cafés chics. C’est la même bourgeoisie qui, quelque années avant, a fait des affaires grâce à la grande guerre : la même bourgeoisie qui, il y a seulement six mois, dans cette même ville, a adoubé le fascisme pour se défendre de la menace subversive qui a émergé de la révolution russe. Tout à coup, en cette soirée de fin d’été , une explosion déchire l’air et sème la panique dans le présent. Une bombe, destinée peut être au restaurant Biffi, peut- être au club des Nobles, explose avant le terme prévu. L‘unique victime est l’auteur de l’attentat . Son nom est Bruno Fillippi, il a à peine dix neuf ans.Mais, à cause de sa fougue antimilitariste, il a déjà connu la prison. A cause de son espoir dans une catastrophe palingénésique, il a déjà combattu dans les tranchées.A cause de son impatience révolutionnaire, il s’est déjà confronté avec les réformateurs de gauche. Anarchiste individualiste, d’un côté il n’aime pas la foule qui se lamente et implore un paradis futur : d’un autre côté, il hait la clique qui commande et opprime dans l’enfer du présent .Pour la première , il diffusera ses écrits iconoclastes, à la seconde, il jettera sa dynamite et son vitriol.

L’assoiffé, , Marseille, juin  2017

Autour de l’oeuvre d’Armand Robin

reçu par mail:

Je viens de mettre en ligne ce soir sur mon site relooké le texte de mon intervention au Laboratoire Anarchiste,

Résumé

Armand Robin (1912-1961) est né dans une très modeste famille de cultivateurs bretons dont il est le huitième et dernier enfant. Très doué dans l’apprentissage des langues étrangères, il traduira en français une centaine d’auteurs à partir d’une vingtaine de langues. A partir de 1941, il rédige, à partir d’écoutes radiophoniques, des bulletins spécialisés dans l’analyse de la politique internationale. En 1945, il adhère à la Fédération anarchiste et collabore au journal Le Libertaire jusqu’en 1955. Arrêté le 28 mars 1961, il est conduit au commissariat de son quartier, puis à l’infirmerie du dépôt de la préfecture de police, et meurt le lendemain dans des circonstances qui  n’ont jamais été élucidées.

lire la suite

https://jmsauvage.fr/philosophie/autour-de-loeuvre-darmand-robin

Hautes Alpes [france] Sabotages sur le chantier de la THT…la lutte continue

Sabotages sur le chantier de la THT

[Hautes Alpes] RTE part en fumée !

Les chantiers des lignes très hautes tension dans la vallée de la Haute Durance ne se sont pas déroulés sans encombre. RTE dénombre une cinquantaine d’engins mis hors d’état de de nuire. Il semblerai qu’après le sucre dans les réservoirs, les câbles sectionnés et les crèves pneus une nouvelle méthode ai fait son apparition :
- Le 9 février dernier, un préfabriqué de RTE près d’Embrun partait en fumée.
- Dans la nuit de mercredi à jeudi 24 août, c’est une voiture de RTE qui flambe à Chorges
- Sans compter les nombreuses tentatives relevées sur des machines ou des bases de pylones…

Malgré l’avancé des travaux, certain.e.s ne se résigne pas et continuent à mettre des allumettes dans les roues de RTE. Ces feux réchauffent nos cœurs et nous redonnent du courage. Même si nous n’avons pas tous les mêmes méthodes, nous affirmons être solidaires et nous nous battrons à leur côté en cas d’éventuelles poursuites. De toutes façons, tout a été tenté pour arrêter ce projet : les recours n’ont rien donné, les manifestations et les blocages ignorés. Alors on ne nous laisse pas vraiment le choix !

RTE DEGAGE ! RESISTANCE ET SABOTAGE !

Des habitant.e.s de la vallée

[Publié sur indymedia grenoble, dimanche 27 août 2017]

 

HAUTES-ALPES Voiture incendiée sur le chantier THT : RTE dépose plainte

Plusieurs dégradations qui visaient RTE (réseau de transport
d’électricité) ont été relevées à La Bâtie-Neuve, cette semaine.
Une voiture de la société en charge du chantier de la THT (ligne à très
haute tension) a été incendiée dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le
hameau des Bernards. Celle-ci était stationnée sur le parking des
employés, face à la zone de stockage de RTE.

En début de semaine déjà, une tentative d’effraction sur un des engins
qui se trouvait sur le site Piolit, au-dessus de La Bâtie, avait été
enregistrée.

À la suite de ces faits, RTE a déposé deux plaintes. Les gendarmes se
chargent de mener l’enquête.

repris du   Dauphiné en date du 24 août:

Villepinte (Seine St Denis) : feu aux voitures des matons !

Cinq véhicules de surveillants incendiés près de la maison d’arrêt de Villepinte

France 3 Paris Île-de-France, 23/08/2017 à 18:03

Des témoins affirment avoir vu deux personnes entrer dans la résidence des surveillants avant le départ du feu.

Des témoins affirment avoir vu deux personnes entrer dans la résidence des surveillants avant le départ du feu. Cinq véhicules ont été incendiés lundi matin à proximité de la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Ils appartenaient à des surveillants habitant une résidence « occupée à 90% par des agents pénitentiaires« , a déclaré à l’AFP Erwan Saoudi, délégué régional de Force ouvrière. Le feu, allumé vers 6h30, a été maîtrisé une heure plus tard.

Selon Erwan Saoudi, des témoins ont vu deux personnes équipées de scooter « contourner la barrière de sécurité » de la résidence, puis « repartir à toute allure » juste avant que l’incendie ne commence. Toujours selon lui, les enquêteurs ont relevé deux départs de feu et des traces d’essence sur les véhicules. Selon le parquet de Bobigny, une enquête a été ouverte. Elle a été confiée au commissariat local.

L’État élimine les agriculteurs

 

Refusons les normes ! Évitons les balles ! Ils ont tué Laronze. « Hors norme » texte du Collectif d’agriculteurs contre les normes.

Ils ont tué Laronze

Jérôme Laronze, éleveur en Saône-et-Loire, a été tué le 20 mai 2017 par des gendarmes. Son nom vient s’ajouter à la longue liste des victimes des forces de l’ordre. Sa mort nous rappelle que les violences institutionnelles n’épargnent personne, pas même les agriculteurs.

Jérôme était harcelé depuis des années par l’administration agricole : contrôles à répétition, pénalités, menace de saisie du troupeau… Cette répression visait à le « mettre aux normes », lui qui refusait de répondre aux injonctions de traçabilité (bouclage des animaux, bordereau de circulation, prophylaxie, etc.). La pression croissante a franchi un seuil en 2016, lorsque les services vétérinaires ont fait appel aux gendarmes, pour effectuer leurs contrôles coûte que coûte.

Lors de leur dernière visite, pas moins de deux contrôleurs et quatre militaires en armes se sont présentés à la ferme par surprise. Pris au dépourvu, Jérôme a décidé de partir en cavale pour dénoncer les agissements de l’administration. Dans le Journal de Saône-et-Loire, il développait sa vision parfaitement claire de la situation : « L’hyper administration n’apporte rien aux agriculteurs, sinon de l’humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu’aux marchands et aux intermédiaires. Mon cas est anecdotique, mais il illustre l’ultra-réglementation qui conduit à une destruction des paysans. »

Malheureusement, son échappée médiatique et politique s’est achevée sous les balles des gendarmes dix jours plus tard. Quand bon nombre de cultivateurs et d’éleveurs dépriment, abandonnent ou se suicident, Jérôme, lui, s’est opposé au système normatif et il a été abattu.

Alors que les services de l’État tentent de le discréditer pour excuser ses gendarmes [1], nous devons reconnaître à Jérôme sa lucidité et son courage dans ce combat qui touche tous les travailleurs de la terre. Le meurtre dont il est la victime rend la destruction des paysans plus visible que jamais.

L’État au service du Capital

L’ultra-réglementation dont il est question s’appuie sur des normes sanitaires et environnementales dont le nombre a explosé depuis vingt ans. Elles prétendent répondre aux problèmes actuels que sont la santé publique et la protection de l’environnement. Mais ces promesses toujours déçues, masquent l’objectif réel. La gestion par les normes ne sert qu’à écrémer la population agricole pour concentrer la production et les profits.

Si la dégradation de notre environnement et de notre santé est incontestable, les normes n’ont démontré ni leur nécessité, ni leur efficacité : aucune étude ne démontre le risque supposé des pratiques paysannes ; aucun protocole industriel n’a empêché la vache folle, les algues vertes ou les lasagnes de cheval. Bien au contraire, l’industrialisation de l’agriculture s’est accompagnée de l’usage massif de produits toxiques pour la nature en général et pour les humains en particulier. La dégradation de nos conditions de vie est intimement liée au développement du modèle productiviste.

Pourtant ces normes, soigneusement agencées par les lobbys industriels, sont imposées à tous sous la forme de règlements. Le système normatif fait disparaître la singularité de chaque ferme et l’expérience du producteur au profit de procédures standardisées. Il nous réduit à de simples exécutants, dépossédés de nos savoir-faire, de nos cultures et de nos outils de travail. Il nous asphyxie financièrement et administrativement. Il dénature le sens de notre métier. Il nous transforme en travailleurs prolétarisés et nous pousse à quitter nos fermes. Il répond ainsi aux besoins de l’industrie : libérer du foncier d’un côté et de la main d’oeuvre précarisée de l’autre.

Les politiques, conseillés par les mêmes lobbys, ont mis en place des mesures financières pour accompagner les réglementations sanitaires et environnementales. Mais ces subventions et autres avantages fiscaux sont rarement accessibles aux fermes modestes car les investissements requis restent hors de portée. Seules les grosses exploitations peuvent y prétendre, et elles en profitent également pour accroître leurs énormes bénéfices en diversifiant leurs revenus (solaire, éolien, méthanisation…).

Ainsi, la gestion par les normes est devenue le principal levier des politiques agricoles pour éradiquer les petites et moyennes fermes, au profit de grandes exploitations et des fermes-usines. En dépit de tout résultat probant sur la santé et l’environnement, la combinaison des réglementations et des aides publiques donne à l’industrie les conditions et les moyens de sa prospérité. Jérôme l’avait bien compris. Il s’y est opposé et il en est mort.

Luttons ensemble pour exister

Il est temps de mettre fin à cette politique mortifère. Beaucoup d’entre nous refusent de se soumettre aux injonctions de l’État. Autant d’actes de résistance nécessaires, mais difficiles à assumer seul, face à une administration répressive et une justice de classe. Le meurtre de Jérôme sonne comme un avertissement : isolés, nous disparaîtrons tôt ou tard, sous les normes ou sous les balles. Seul un mouvement collectif permettra d’enrayer la machine qui nous broie.

Le syndicalisme a montré ses limites. Empêtré dans la cogestion, il ne peut plus être une force d’opposition. Sortons de l’hypocrisie. Il n’y a rien à négocier avec l’ État français et son avatar européen qui concentrent les productions et organisent les rentes de situation pour les empires agroalimentaires. Il faut les empêcher de nuire par la désobéissance collective et l’action directe.

À l’instar de la lutte contre le puçage des brebis, il nous faut rétablir un rapport de force avec l’administration en organisant une présence collective sur les fermes lors des contrôles. Cette présence a le mérite de rompre avec l’humiliation, le sentiment d’impuissance et d’isolement. Mais compte tenu de la situation, nous devons aller plus loin. Il nous faut désormais refuser les contrôles collectivement et s’assurer qu’aucune sanction n’en résulte.

Refusons le système normatif qui tente de nous éliminer !

Pour rejoindre le mouvement, participer aux rassemblements et organiser la lutte, contactez nous à l’adresse suivante : hors.norme [at] yahoo.com.

Nous envisageons notamment une rencontre d’ici la fin de l’année.

Collectif d’agriculteurs contre les normes, 18 août 2017

PDF - 23.3 ko
repris de grenoble.indymedia.org

Orbeil, France : Feu à l’antenne relais de radio et de téléphonie

[Cette antenne relais, installée sur la commune d’Orbeil (Puy-de-Dôme), est entourée de deux locaux hébergeant d’un côté le câblage dédié aux opérateurs de téléphonie et de l’autre les circuits de 14 radios émettant dans le bassin d’Issoire. Au cours de la nuit de lundi à mardi 22 août, le feu a lentement englouti les rails de câbles jusqu’à rendre inutilisables ces bâtiments. Cet incendie a entraîné de gros dégâts sur les réseaux de téléphonie mobile (SFR, Bouygues Télécom et Orange) et sur les émissions de 14 radios dans tout le bassin d’Issoire jusqu’aux portes de Brioude]


L’été, c’est barbeuk d’antennes relais

Quand t’arrives en haut de la côte, y a la Grande Ourse pile au dessus de ta tête. Et pis en contrebas tu vois les lumières d’Issoire qui font la guerre aux étoiles du ciel. Et surtout, surtout, à côté de toi, y a l’antenne qui te rappelle que t’es pas venu.e pour déclamer des poèmes. Tu boutes le feu…

Au petit matin de ce 22 août, on a mis le feu là-haut sur la colline. À Moidias, deux antennes relais assurant les réseaux téléphoniques d’Issoire à Brioude ainsi que la diffusion de plusieurs fréquences radios ont brûlé. À défaut d’éteindre les lumières de la ville, on a au moins débranché les smartphones.

Parce que ce monde est trop étroit, parce qu’il vise à la normalisation, au contrôle, à l’aseptisation et à la numérisation de chaque individualité. Parce qu’on avait envie de s’offrir une respiration, de se sentir vivant.e plutôt que d’étouffer. Parce qu’on kiffe pas la contestation pacifiée. C’est vrai que ce désir de destruction aurait pu s’assouvir par l’attaque d’un local de la Croix Rouge, d’une ferme d’élevage ou d’un CRA. Nous attaquons pour ne plus être un.e architecte de plus des structures du pouvoir. Attaquer pour le plaisir immédiat et pas pour d’hypothétiques lendemains qui chantent.

Comme l’ont déjà soulevé d’autres communiqués, la technologie – qui nous tient en laisse et colonise nos imaginaires – est un des piliers de cette civilisation. Si on partage ce constat, on ne se satisfait pas d’un simple partage d’idées. On a alors cherché des points sensibles sur lesquels agir. En brûlant des antennes relais, on ne vise pas seulement à infliger le maximum de dégâts aux promoteurs des prothèses technologiques. C’est bien une manière de communiquer, d’interagir, de [se] civiliser qu’on vise à saboter. Pour dérégler le train-train des honnêtes citoyen.ne.s, travailleureuses, consommateur.trice.s, toutes ces personnes qui – riches ou pauvres, jeunes ou vieilles, archi-connectées ou techno-septiques – contribuent à l’essor de cette civilisation du flux tendu où on bouffe de l’info en continu, où on se clash sur la toile et où on baise par texto. Pour plonger les accros des écrans et de l’oreillette dans l’angoissant silence de la déconnexion, elleux qui, en construisant et perpétuant ce type de rapport au monde, sont la garantie qu’il ne coure aucun danger.

Mais cette attaque vient aussi d’une envie de mettre en cause le rapport qu’on entretient avec la médiation technologique du vivant (humain ou non-humain) et la numérisation de l’existant. Elle nous permet de questionner en acte la construction de toutes ces normes (sexistes, racistes, homophobes, spécistes…) véhiculées par les flux incessants d’images et d’informations et qui ont bien failli écraser nos individualités.

Si l’on rajoute à cela le fait que de nombreux.ses compagnon.ne.s se retrouvent visé.e.s par des affaires répressives dans lesquelles ces moyens de communication deviennent, grâce à la collaboration des opérateurs téléphoniques, des outils pour faire tomber celleux qui se révoltent, ça fait un gros paquet de raisons pour faire un barbecue d’antennes. Un gros paquet dans lequel ne figure pas la perspective d’ouvrir une brèche dans la normalité pour qu’advienne la révolution sociale. Si cet espoir nous a un jour étreint, il est désormais mort dans nos cœurs.

On voulait que cette attaque entre en résonance avec la série d’autres barbecues (d’antennes relais, de véhicules ou de locaux d’Énedis…) dont l’été 2017 a fait les frais et dont on partage une bonne partie des critiques et des propositions. À ce propos, on se demande comment ne pas entrer dans des dynamiques compétitives. Comment se laisser inspirer par les actes d’autrui au point d’avoir envie de les reproduire sans que ça tourne au battle de qui a la plus grosse (antenne) ?

Voilà un peu ce qui nous a amené à étudier, planifier et réaliser cette attaque. Ça nous a pris des jours de préparation pour définir les aspects pratiques du plan (comment foutre le feu sans se foutre le feu par exemple) mais aussi pour partager les enjeux, les spécificités, les envies et les limites de chaque individu.e.s prenant part à celui-ci. On s’est mis.es en jeu et on s’est donné les moyens de nos envies, même si c’était dur physiquement et émotionnellement. La beauté de ce processus où nous avons tenté de conjuguer violence de l’intention et bienveillance de l’attention apporte autant de plaisir que la satisfaction d’avoir réussi à détruire ces antennes. On est pas des soldat.e.s, c’est dans ces moments que se concrétisent, se rencontrent, se confrontent nos individualités. Que nous faisons notre synthèse entre théorie et pratique par nos propres moyens. Que nous nous organisons pour détruire les rapports de pouvoirs, pour attaquer les dominations qui nous façonnent et que l’on reproduit autant qu’elles structurent ce monde.

On a détruit ces antennes relais en forçant les portes ou les grillages qui les protégeaient et en plaçant dans les rails de câbles, à divers emplacements, des dispositifs incendiaires. Ceux-ci étaient simplement composés d’une bouteille en plastique d’un litre et demi remplie d’essence sur lequel était accroché à l’aide de fil de fer un bon bloc d’allume-feu.

On voudrait pas terminer ce communiqué sans avoir exprimé notre solidarité avec Krem et Kara ainsi qu’avec toutes celleux qui attaquent ce monde sans oublier qu’ielles peuvent en être les rouages.

B.A.R.J.O

Barbecue d’Antennes Relais Joliment Osé

[Publié sur indymedia Nantes, vendredi 25 août 2017]

Affiche, France : Beau comme une voiture de flics qui brûle

 

Affiches collées dans les rues de Saint-Malo, Rennes, Paris, Clermont-Ferrand, Dijon et Besançon(1), en solidarité avec les compagnon.e.s Kara et Krème, toujours incarcéré.e.s à Fleury-Mérogis pour l’affaire de la voiture de flics cramée sur le quai de Valmy le 18 mai 2016 à Paris.

BEAU COMME UNE VOITURE DE FLICS QUI BRÛLE

Printemps 2016 : la rage dans les rues ébranle ce pays résigné, comme cela n’est plus arrivé depuis une dizaine d’années. L’énième loi qui raccourcit un peu plus l’une de nos nombreuses chaînes – l’esclavage salarial – est la goutte d’eau qui fait déborder un vase plein d’exploitation, d’état d’urgence, de toute puissance policière, de paranoïa, de vie virtuelle et de futurs promis qui ressemblent trop à ce morne présent. Les villes de France sont sillonnées par des manifestations ravageuses, des petits moments de vie se construisent sur la destruction de ce qui nous opprime tous les jours.

Le 18 mai à Paris, une manif sauvage répond comme il se doit à un rassemblement de keufs se plaignant que tout le monde déteste la police. Une voiture sérigraphiée des flics est attaquée, ses vitres brisées, l’un des deux flics mange quelques coups, puis la bagnole crame. Immédiatement après, et durant l’année qui s’en suit, neuf personnes sont inculpées pour ce feu de joie. Certaines d’entre elles ont passé de longues périodes en prison, tandis qu’une autre demeure introuvable pour la Justice. Toutes passeront en procès à Paris du 19 au 22 septembre.

Deux anarchistes, Kara et Krème, sont toujours en prison à l’heure actuelle.

Nos pensées vont à eux en particulier parce que nous partageons à leurs côtés le rêve d’un monde de liberté, dans lequel la police, ainsi que toutes autorités, toutes entraves à la liberté pleine et indivisible de chaque individu, ne seraient plus qu’un lointain souvenir.

Parce que la police est au service des riches et des puissants et que c’est sa raison d’existence.

Parce qu’il ne peut pas y avoir de police gentille. La police humilie, enferme, viole et assassine tous les jours.

Parce que nous sommes nombreux à détester la police, bien que ce ne soit pas toujours par amour de la liberté de chacun.e.

Parce qu’on peut s’opposer aux oppresseurs et à leurs larbins en uniforme (pas toujours bleu) de mille manières…

Parce qu’une voiture de flics qui flambe, c’est un bon début, alors poursuivons les hostilités !

FEU ET FLAMMES CONTRE CE MONDE D’AUTORITÉ !

LIBERTÉ POUR KARA ET KRÉME,

LIBERTÉ POUR TOUTES ET TOUS !

Au format PDF en cliquant dessus. Une autre version de l’affiche existe sur fond blanc

[Publié sur Indymédia Grenoble, Mardi 15 août 2017]

Note 1 affiche collée à Valence

Pologne: la lutte pour la forêt de la Bialowieza

Posted on by Insurrection News

Nnote: la forêt  de Bialowieza, qui s’étend sur près de 140 000 hectares à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, constitue la dernière « forêt primaire » d’Europe. En d’autres termes, elle n’a quasiment pas été modifiée par l’homme depuis son apparition, il y a plus de douze mille ans.

 

Des actions directes dans la forêt primaire de Białowieża  dans l’est de la Pologne ont eu lieu depuis que le gouvernement polonais a pris une position radicale sur la coupe des arbres dans l’un des endroits les plus exclusifs d’Europe. Le ministère polonais de l’Environnement a prévu de tripler le volume de bois provenant de la forêt de 63 000 m³ à 250 000 m³ jusqu’à la fin de 2021. En tant qu’excès pour détruire un écosystème très important, ils ont utilisé l’invasion du coléoptère.

Une initiative de base de personnes – Camp for Forest – vise à arrêter l’exploitation forestière en bloquant les travailleurs forestier, les camions de bûcheronnage le blocage  des routes, la documentation et les activités de contre-information. Des militants du monde entier qui ont participé au camp se sont mis d’accord sur des actions pacifiques et sans violation, mais de plus en plus ont rencontré la répression de la police et des gardes forestiers.

L’objectif principal de Camp for Forest est de protéger la forêt de Białowieża et d’étendre le statut de parc national à l’ensemble de la forêt. La structure principale du groupe est non hiérarchique et d’accès ouvert pour les activistes qui sont prêts à discuter l’idée. Dans le combat, on peut voir des faits alarmants: le groupe de personnes de différents mouvements d’écologie, environnementalistes, de scientifiques, de populations locales et de personnes au hasard n’a pas de direction politique claire, les décisions sont très souvent influencées par une mentalité libérale. La lutte n’est pas fondée sur une perspective anticapitaliste, ce qui signifie qu’il n’existe pas d’objectif clairement défini des actions directes entreprises. Une structure de pouvoir plus horizontale est nécessaire pour rendre le groupe plus diversifié en exploitant les potentiels créatifs de tous les membres, mais les dirigeants auto-nommés limitent souvent les voix critiques. Un autre problème est que les méthodes de non-violente présentées comme la seule méthode disponible, cela est dangereux dans la longue perspective des combats qui se concrétiseront.

La résistance active qui a commencé en Pologne a reçu la solidarité de personnes de partout au pays. Le mouvement des éco-activiste en Pologne est relativement jeune, de même que l’anarchisme vert. Il reste encore beaucoup à apprendre. Nous appelons à soutenir notre lutte contre le capitalisme! La solidarité est notre arme!

contact us:

najpierwziemia [at] riseup.net

Suisse : Autour de la lutte contre les biotechnologies

https://sansattendre.noblogs.org

Lutte anti-OGM : présumé coupables

Mise-à-jour des infos concernant le procès autour d’une action anti OGM à Zurich à l’issue de laquelle deux personnes ont été arrêtées. Ce système juridique pourri a prouvé une nouvelle fois à quel point il est partial et comment il cherche à exterminer toute mauvaise herbe. Heureusement, la mauvaise herbe est déjà semée aux quatre vents et de plus en plus d’actions fleurissent depuis le début de l’année. Cette lutte continue et c’est cool.

Les organismes génétiquement modifiés sont encore très présentes dans les laboratoires, les champs d’expérimentation et dans les plans des gouvernements. Même s’ils se retrouvent au cœur des débats et face à une opposition forte, les actions efficaces contre leur introductions restent faibles ; en dépit de certaines manifestations et actions directes, leur développement en Suisse et ailleurs continue de plus belle. Car dans le monde des OGM, des plantes hybrides et d’autres sortes de semences modifiées contrôlés par des groupes de marchandisation du vivant, les arguments publics, fils barbelés et tribunaux sont parfaitement préparés pour réprimer toute contestation directe.

Soutenu notamment par des entreprises et des multinationales de l’agrobusiness (telle Syngenta par exemple), le congrès scientifique pour la sélection des semences végétales de « l’Association Européenne pour l’Amélioration des Plantes EUCARPIA » a eu lieu fin août 2016 à Zürich, co-organisé par AGROSCOPE et l’école polytechnique (ETHZ). Visiblement lié à la recherche et aux entreprises, avec des conférences aux titres enflammés tels que „Refining the green gold of genetic ressources“ ou „Genomics and bio-informatics“, le congrès avait pour but de définir entre experts les avancées et les projets de la science au service de l’agriculture. Ou l’inverse, plus précisément.

Mais le départ en douceur du congrès a visiblement été perturbé par une attaque au fumier, quelques graffitis, par le déversement de liquides nauséabonds et aussi par le déploiement d’une banderole portant l’inscription „Peasants shit on technoscience“ (« les paysans chient sur la technoscience » accrochée à la façade extérieure du bâtiment. Résultat : la conférence a été interrompue et a dû être reportée à cause de la puanteur, réactions violentes des participant.es au congrès et déferlement d’insultes menaçantes sur internet de la part de quelques chercheur.es.

Un peu plus tard, à l’issue de l’action, deux personnes ont été arrêtées en pleine rue à Zurich, bien loin du lieu des événements, accusées d’être les responsables de ces troubles. Ces deux personnes ont été maintenues en détention préventive pendant plus de deux semaines avant qu’elles ne soient libérées.

Suite à cela, une des deux personnes a été condamnée à une peine de prison avec sursis et en a déjà pour plus de 6000 francs suisses (pour davantage d’infos, se reporter au communiqué sur cette affaire).

Presque un an plus tard, la deuxième personne n’en a toujours pas terminé avec la justice et la procédure n’est toujours pas close.

Les accusations ont été remises en question par la défense, à travers un recours contre l’ordonnance pénale, qui exigeait une amende s’élevant à 15 jours-amende de 30 francs, sans compter les frais de justice. Mais les arguments moralisateurs semblaient être suffisants pour la juge afin de ne pas répondre à la défense et clore la procédure.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : 180 jours-amende à 30 francs. Les frais de procédure évalués à 6360 francs, 1800 francs pour les recours et les demandes d’indemnisation de l’école polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ), ce qui a augmenté l’ensemble des coûts à près de 24.000 francs (se reporter à l’article du NZZ en date du 29.06.2017, de Tom Feller)

Cette alourdissement des amendes est une preuve que le système juridique n’a aucune honte de punir ouvertement l’opposition en sortant du cadre légal, ni d’user de son pouvoir afin d’éviter de répondre aux multiples arguments avancés par la défense.

Peu importe si la personne criminalisée est innocente ou coupable, nous soutenons cette forme d’action ! Nous voulons dénoncer ce système juridique qui se permet de pas de suivre ses propres formalités et ses propres règles, qui s’épargne par exemple le fait de trouver des arguments juridiques solides et de fournir des preuves… Une justice qui a choisi son camp et soutiendra toujours le pouvoir par peur que des brèches puissent se créer et que ce système ne s’effondre. C’est une justice dans laquelle nous ne rentrons pas, car elle est bien trop éloignée de notre idéal.

Heureusement, cette répression n’étouffe pas les luttes paysannes, ni les luttes contre les OGM ni celles contre les gros groupes de multinationales, les entreprises et institutions qui les développent.

Depuis cette action, il y a eu de nombreuses autres actions autour de cette thématique.

Des machines agricoles ont été sabotées et des semences hybrides mélangées chez Delley semences SA, une entreprise collaborant avec Agroscope pour, entre autres, certains projets touchants aux organismes génétiquement modifiés, aux semences hybrides et aux brevets sur les plantes.

Des visites ont aussi été rendues à l’office de l’environnement à Berne, où la devanture a été attaquée à la peinture. Agroscope a également été la cible d’attaques, à Berne toujours ou des portes ont été forcées et des messages colorés laissés à l’intérieur [1], ainsi que dans le Tessin, où un site d’Agroscope a été visité et des plantes saccagées.

Et un incident a eu lieu dans un laboratoire de Monsanto, pas très loin de Milan (Cremona), réalisé à coups de cocktails Molotov.

Pour continuer à soutenir ces luttes, les caisses de soutien sont toujours d’actualité. Pour cela, nous vous renvoyons à l’appel à soutenir la lutte contre les OGM et le monde qui en a besoin.

Kicking their science out of our lives ! (Dégageons leur science de nos vies !)

[Traduit de l’allemand d’indymedia linksunten, mardi 22 août 2017]

NdT :

[1] Un communiqué revendique cette attaque, publié sur barrikade.info :

« Nous nous sommes décidés à lutter contre les nuisances technologiques et le monde qui les produit. Dans le cadre de la journée internationale des luttes paysannes, nous avons saboté les portes de deux bâtiments d’Agroscope et laissé des messages colorées dans la zone. »