Monthly Archives: janvier 2017

Espagne] Nouvelle opération répressive contre Gabriel Pombo da Silva et sa compagne Elisa di Bernardo

spagne : Opération répressive contre Gabriel et Elisa

Attention à celui ou celle que tu appelles compagnon.ne

Mardi 24 janvier, à Mos, périphérie de Vigo, une foule de 60 flics, entre Guardia Civil et RG, a perquisitionné (et presque détruit) la maison où vivent, depuis quelques mois, Gabriel Pombo da Silva et sa compagne, la compagnonne anarchiste Elisa di Bernardo. A l’aube, les deux ont été réveillé.e.s, menotté.e.s et séparé.e.s. L’objectif des flics : trouver des armes et du matériel explosif ! Leur recherche a duré presque 8 heures et, même avec tous les moyens employés (chiens renifleurs et radars dernier cri), n’a abouti à rien… Parmi les choses réquisitionnées il y a l’habituel matériel anarchiste « intéressant », des appareils photo, des cartes de différents villes, quelques câbles et des portables qui marchent à peine.

Tandis qu’Elisa, malgré la menace répétée d’être mise en état d’arrestation si elle ne fournissait pas des informations sur la cachette tant désirée, est restée libre, Gabriel a fini en garde-à-vue avec l’accusation de « possession illégale et trafic d’armes et explosifs et association de malfaiteurs ». Pendant les 24 heures de GAV (en effet il a été libéré le lendemain), les faits ont été amèrement reconstruits.

Il y a trois mois environ, les deux compagnon.ne.s connaissent une soi-disante compagnonne anarchiste qui, pendant les rares occasions de rencontre, leur « confesse » ses problèmes avec la drogue et un régime de contrôle judiciaire qu’elle serait en train d’expier à cause d’une arrestation de 2013, accusée d’être l’auteur d’une attaque au cocktail Molotov contre une institution de Vigo.

Très généreusement, Gabriel et Elisa répondent à la demande d’aide de la « compagnonne » et, en début d’année, l’accueillent pendant une semaine, pour l’accompagner lors du pire moment de son parcours de désintoxication. Après une pareille période brève, la fille rentre chez elle… pour réapparaître en tant que balance (de fausses informations) la veille de cette opération policière, appelée « Opération Buyo ».

Si nous n’avions pas reçu des informations fiables sur le fait qu’elle a également balancé d’autres personnes lors de son arrestation précédente, nous nous limiterions à la considérer une « victime du système ». Mais ce n’est pas le cas. Maria, voilà son prénom, est maintenant en prison avec la même accusation que Gabriel, espérant peut-être que le fait d’être la fille d’un haut officier de l’armée puisse l’aider à éviter le pire, étant donné que chez elle les flics ont trouvé un vrai arsenal. En effet, en 2013, malgré l’accusation de terrorisme, sa condamnation a été considérablement baissée (de 11 à 2 ans! ) et enfin modifiée en contrôle judiciaire : en tout, elle est restée en taule seulement quelques mois.  Avec toute la haine possible envers le système répressif, le système carcéral et le pouvoir judiciaire, c’est inévitable de se demander depuis quand quelqu’un qui se dit anarchiste a droit à un tel traitement. Que chacun tire ses conclusions.

Gabriel reste pour l’instant sous contrôle judiciaire [situation dans laquelle il est depuis sa sortie de taule, en juin 2016; NdT] et sous enquête pour cette affaire, et il commente ainsi cette énième opération répressive :

« Dedans comme dehors » on respire cet aire hautain de réaction à l’encontre de celles et ceux qui ne se résignent pas. On peut voir que les flics de toute sorte et de toute couleur ont besoin d’ »additifs et colorants » pour édulcorer toute la réalité qui leur est « peu confortable ».

« Des journalistes » plus intéressés à vendre leur merde imprimée qu’à vérifier la véridicité de ce qu’ils publient.

« Une police » plus intéressée à organiser des coups montés qu’à démontrer ses hypothèses.

Ce qui est vraiment « surprenant » (ou pas), c’est que depuis qu’il m’ont lâché (sans tenir compte de ce que veut dire cette énième affaire), j’ai eu plus d’ »attention » de la part du « Pouvoir judiciaire » que de la part du soi-disant « mouvement libertaire ».

Depuis 2012, il y a déjà eu trois opérations de police qui m’ont visées (Ardire, Scripta manent [en Italie – Gabriel est sous enquête dans les deux cas, Elisa dans l’opération Ardire, suite à laquelle elle a fait plusieurs mois de détention préventive; NdT] et la « locale » Opération Buyo).

En italien, « buio » signifie « obscure » et oui, toute cette opération est obscure, dans laquelle une meuf (au passé obscur) nous approche avec la prétention d’être une « compagnonne » pour ensuite vouloir m’abattre. Ceux et celles qui voudraient des infos sur cette personne peuvent lire les liens ci-dessous [Voir en fin d’article, NdCNE]

et ils/elle pourront se faire une idée. Je ne suis ni un juge ni un Proc’.

Par rapport aux bobards sur le « camp d’entraînement », sur le « noyau terroriste », sur la « possession d’armes » et leur trafic, beh, je crois que les faits les démentent. Je comprends toutefois que dans cette société aliénée et dans ce système pourri on préfère parler/mentir au sujet des raisons profondes de la misère plutôt que de regarder son nombril.

Je suis toujours debout. Je continue avec ma ligne anarchiste en dépit de tout et de tout le monde. L’Ateneo Agustin Rueda, que je veux ouvrir dans la maison de mes parents, à la campagne ici à Mos, ils ne pourront pas l’arrêter avec des manœuvres de ce type. Lors de cette perquiz à mon domicile, ils ont emporté : 5 choux d’hiver, des livres et des revues anarchistes.

C’est évident que si les flics m’avaient trouvé même un simple canif, Gabriel Pombo serait maintenant en train d’écrire des « communiqués » depuis une cellule – et pas en liberté.

A ceux et celles qui continuent de me soutenir et de me montrer leur amour inconditionnel : je suis là !

A ceux et celles qui continuent à vouloir m’assassiner : je suis là !

Jamais vaincu.e.s !

Jamais repenti.e.s !

Pour l’Anarchie et la fin de la domination !

Gabriel Pombo da Silva

29 janvier 2017

Traduit  par le Chat Noir Émeutier de l’italien  informa-azione [cf les liens mentionnés ci-dessus]

lien vers Croce Nera Anarchista avec plus de directions

Montlaur-en-Diois ( Drôme): Une ferme bientôt expulsée

lu  sur https://fr.squat.net

https://fr.squat.net/uploads/2017/01/haute_viere_001-600x203.jpg

Haute-Vière est habitée depuis février 2014 par une personne, avec la bienveillance et le soutien de son propriétaire, agriculteur à la retraite. Une jolie relation se tisse.

Cette première personne est bientôt rejointe par sept autres qui créent le collectif et l’association T’air Libre, afin d’organiser sur les lieux (les bâtiments et les soixante hectares adjacents) un centre agricole et culturel.

L’association met en œuvre des pratiques antispécistes, féministes, anti-âgistes, et de tous types d’autonomisation.


Parmi les activités et possibilités offertes par le lieu :

  • accueil de stages de clowns, d’une troupe de théâtre,
  • mais aussi de gens en difficulté, ou simplement de passage,
  • une zone de gratuité,
  • du maraîchage,
  • de la pension contre service pour des chevaux et des ânes,
  • des projections,
  • une conférence gesticulée,

À l’automne 2015, les enfants du propriétaire ont voulu récupérer les lieux afin d’en récolter une très jolie plus-value. Manque de chance pour eux : papa avait signé un bail rural avec l’association pour l’occupation de la maison et des soixante hectares de terrain.

Pour ceci, il leur faudra mettre papa sous tutelle, afin de mieux lui imposer la maison de retraite puis l’EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes), opération qui leur permettra de porter plainte contre la première occupante pour abus de faiblesse, et contre l’association pour faire casser le bail.

Papa en mourra dans l’année suivante.

Les habitants ayant perdu leur procès, voici l’association, composée d’anciens squatteurs acceptant un cadre légal redevenir une assemblée de méchants occupants sans droit ni titre.

Un commandement de quitter les lieux a été ordonné pour le 29 janvier, malgré la trêve hivernale et leur statut de locataire

Ce matin, 30 janvier dès huit heures, les propriétaires ont une fois de plus débarqué sur les lieux, menaçant les occupants, armés de couteaux et de bâtons, avant de repartir. L’huissière est arrivée deux heures plus tard pour constater que les lieux étaient toujours occupés avant de faire appel à la force publique.

Les habitants de la maison et l’association vous invitent donc à venir passer du temps, une soirée, une nuit, une semaine ou plus sur affinité afin de les soutenir, de profiter des lieux une dernière fois avant la fin de l’hiver, de les aider à déménager, ou même profiter de la zone de gratuité.

Louvain, Belgique: Solidarité avec les accusé-es du braquage d’Aachen

A Louvain (Belgique), dans la nuit glaciale du 17 janvier 2017, 50 parcmètres ont été recouverts de peinture et les serrures de plusieurs banques ont été engluées. Sur l’une des agences bancaires (et à plusieurs endroits de la ville), la phrase « Solidarité avec les accusés à Aachen! (A) » a été taguée.

Un petit geste de résistance… pour montrer que les personnes accusées ne sont pas seules !

Contre les banques et leur monde !

traduction le Chat Noir Émeutier de  contra info

Calais: le retour des réfugiés

 Note des individus associé-e-s  :Dans la Drôme un constat relaté  ici, pourtant  des réunions d’information sont prévues, l’une mardi 31 janvier à partir de 18h30 La soirée aura lieu au pôle universitaire Latour Maubourg,  87avenue de Romans à Valence

Paris (AFP) -27 janvier 2017

Trois mois après le démantèlement de la « Jungle », les migrants commencent à revenir vers Calais, à la grande inquiétude des associations qui seront reçues lundi par les ministres de l’Intérieur et du Logement, Bruno Le Roux et Emmanuelle Cosse.

« La population s’est remise à augmenter depuis le 1er janvier », assure Jean-Claude Lenoir de l’association Salam, selon qui ce ne sont « pas des chiffres faramineux, on rencontre entre 150 et 200 personnes par jour ». Mais « ils dorment sous les ponts, dans les buissons… Par -9 degrés ressentis, c’est un scandale et une catastrophe », estime cette figure de l’aide aux migrants dans le Calaisis. « Il est temps que le gouvernement fasse quelque chose! »

Une réunion — la première depuis le démantèlement fin octobre du vaste bidonville avec la mise à l’abri de plus de 7.000 personnes — est organisée lundi 30 /01 au ministère du Logement, sous la houlette d’Emmanuelle Cosse et de Bruno Le Roux, à laquelle ont été invités les principales associations de terrain mais aussi des représentants du logement social, du Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés…

Au programme selon l’invitation: situation dans le Calaisis, Centres d’accueil et d’orientation (CAO), examen des dispositifs « nécessaires et spécifiques » dans les Hauts-de-France.

« Cela fait des mois qu’on n’a pas eu de réunion, on va devoir aborder un grand nombre de points qu’il aurait fallu traiter au fil de l’eau », soupire Frédéric Amiel d’Emmaüs.

L’accueil sur place figure en haut de l’agenda des associations, qui comptent rappeler la promesse de créer « des dispositifs de prise en charge des migrants qui reviendraient à Calais », prononcée début novembre par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur.

Sur ce dernier point, « il est aberrant d’avoir fait l’impasse sur le dispositif d’accueil d’urgence », estime M. Lenoir.

« On attend toujours. Il n’y a rien. Les réunions qu’on a pu avoir avec la préfète et le sous-préfet nous laissent craindre qu’il n’est rien prévu de faire pour loger les migrants à Calais », s’inquiète Christian Salomé de l’Auberge des migrants.

– « point de fixation » –

Du côté de la préfecture, on souligne que les services de l’Etat « n’ont pas constaté la création de nouveaux camps ou de squats dans le Calaisis » et « restent vigilants » pour lutter contre les passeurs.

Les associations attendent également lundi pour en savoir plus sur le rapport commandé par les pouvoirs publics à deux médiateurs, Jean Aribaud et Jérôme Vignon, et dont les premières recommandations en juin 2015 avaient largement inspiré l’action publique sur la « Lande ».

Le gros morceau, pour elles, est d’avancer sur l’accueil à Calais. « Il y a des conteneurs encore sur place, on peut redémarrer en très peu de temps« , souligne M. Salomé.

A la Cimade, on fait valoir qu' »il n’est déjà plus possible de demander l’asile dans le Pas-de-Calais, depuis la fermeture du guichet unique » à Calais.

M. Lenoir évoque pour sa part un dispositif par sas successifs, avec un centre d’urgence de 150 à 200 places à Calais, des structures temporaires plus éloignées, et enfin les CAO. Et « il faut recruter des travailleurs sociaux » pour organiser des maraudes, dit-il.

Une demande sans doute difficile à faire passer. « Si on rouvre, on crée un point de fixation », tranche un bon connaisseur du dossier.

Bernard Cazeneuve, aujourd’hui Premier ministre, l’avait martelé en novembre: le démantèlement est « définitif », l’intention était d' »éviter toute réinstallation de campement ou de squat ».

« On comprend les raisons politiques mais la nécessité humanitaire est de mettre les gens à l’abri », souligne M. Amiel d’Emmaüs, pour qui « la réalité, c’est que les gens continuent à vouloir passer en Grande-Bretagne ».

Au-delà de Calais, les associations s’inquiètent de l’avenir des CAO dont « on ne sait pas ce qu’ils vont devenir », note M. Amiel. « On espère des propositions lundi. »

Autre sujets d’inquiétude, la situation à Vintimille, les mineurs, tentés de revenir vers Calais, ou encore le sort des migrants dans les CAO, au regard de la promesse faite par Bernard Cazeneuve de ne pas expulser de force ceux qui ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe.

Drôme.. Le numérique imposé dans les collèges, malgré la résistance de certains professeurs

Dauphiné libéré  du  22 janvier

« L’annonce officielle en a été faites : les travaux de câblage en fibre optique des collèges de la drome viennent de démarrer . La première tranche ouverte jusqu’à la mi juin 2017 concernant six établissements la zone centre : valence ( Paul Valéry et jean zay) , bourg les valence (gérard -Gaud), Crest ( Revez- Long ) Portes les valence ( jean Macé), Chabeuil ( marc seignobos ), Romans ( Etienne – jean – Lapassat) et Bourg de péage (jean Monnet), Suivront , sur une durée totale d’un an et demi et toujours par tranche de six établissement les zones Nord et sud, permet d’équiper 25 des 36 collèges drômois ( hors des collèges en cité scolaire et les collèges privés) …. Ce programme des travaux s’inscrit dans le cadre du  »collège numérique…Le département  se charge d’équiper  les collégiens en matériel. A l’heure  actuelle , 3500 postes informatiques ont été déployés dans 30 collèges ( bientôt 31  avec l’ouverture  de ceuli de Beaumont les valence) Soit un ordinateur pour 4, 5 élèves Il y a désormais  moins de salle informatiques fixes  et plus d’usage s mobiles , d’où la distribution  de 1800 tablettes numérique, 1000 mallettes  réparties  dans 24 collèges  et 800 tablettes individuelles  ( financé à 50% par l’État) distribuées aux élèves de cinquième . Aa celà  s’ajoute 1000 vidéoprojecteurs , 16 imprimantes 3D, une centaine  de serveurs et la connexion Wifi  »

Nous avons relayé l’appel de Beauchastel: il semblerait que les lecteurs du blog ont des difficultés à lire l les passages en brillance.  et aussi pour que cet appel circule le plus largement possible  pour que la résistance ne se limite pas  aux professeurs et aux parentsPour cela

On publie le texte de cet appel

Une journée dans l’école numérique

Ma journée d’école commence, la sonnerie vient tout juste de retentir, je rentre dans ma salle de cours et déjà je m’interroge : dois-je accueillir la classe ou me tourner vers mon écran pour effectuer l’appel électronique ? Dans un souci de «diversification de mes pratiques»,

dois-je capter le regard des élèves à l’aide de l’écran de mon vidéo-projecteur, vérifier la mise en route de toutes leurs tablettes ou décider de me passer de tout appareillage numérique ? Alors que la séance se termine, prendrons-nous le temps de noter le travail à effectuer à la maison ou dois-je renvoyer chaque élève devant son écran pour consulter le cahier de textes numérique que je remplirai en fin de journée ? C’est la pause du repas ; à la cantine, que penser de ce flux

d’élèves identifiés par leur main posée sur un écran biométrique et du bip régulier de la machine signalant son aval à leur passage ? Ces adolescents dans la cour scrutant sans cesse leur téléphone, ces surveillants et ces professeurs derrière leur ordinateur, tout ce monde se disant parfois à peine bonjour, est-ce cela le progrès ? En fin de journée, dans la salle des profs, dois-je, toujours face à mon écran, trier mes courriels administratifs et remplir le cahier de textes numérique, ouai-je encore le temps d’échanger de vive voix avec mes collègues sur le déroulement de cette journée de classe ?

________

Ces questions ne se posent pas en 2084 mais aujourd’hui, dans nos écoles, collèges et lycées. D’ailleurs, le numérique a déjà une emprise telle sur nos vies et celles de nos élèves, que parfois nous ne nous les posons même plus. Et pourtant, si on nous avait dressé un tel

tableau il y a quelques années nous l’aurions trouvé outrancier. Mais les innovations apparaissent progressivement, elles sont déjà dans l’air du temps avant de s’imposer à nous et il n’y a apparemment pas de limite à ce que l’on peut accepter.

Accepter,nous nous y sommes maintes fois résignés, et nous sommes bien conscients que l’informatisation de l’enseignement n’est que le point d’orgue de son délitement. Nous avons déjà cherché à suivre des programmes incohérents, à comprendre l’incompréhensible

jargon de l’Éducation Nationale, à simuler une prétendue évaluation par compétences, à enseigner à des élèves de plus en plus déconcentrés parce que de plus en plus connectés. Pourquoi ne pas aller plus loin ?

Ainsi nous nous apprêtons à renseigner sur chaque élève des données conservées à vie et bientôt consultables par un employeur grâce au logiciel de notes et d’appréciations et le livret personnel de compétences numérisé. On nous encourage à scotcher nos élèves aux écrans durant les seuls moments où ils y échappent encore, et cela sous le prétexte de les éduquer aux médias. Et finalement, pourquoi ne pas renoncer à enseigner en feignant de croire qu’une connexion internet suffit pour s’approprier un savoir réel ?

Pour nous, ça suffit.

De la part de ceux qui nous enjoignent d’utiliser le numérique dans nos classes (hiérarchie administrative, ministère, inspecteurs et formateurs, ainsi que toute la classe politique), nous n’entendons que des justifications a posteriori de ce qui paraît aller de soi : une transformation implacable de nos gestes quotidiens, de notre langage,de notre rapport aux autres, de notre métier.

Ce bouleversement est pourtant décidé par d’autres, politiques et industriels, qui défendent leurs intérêts politiques et économiques, et bénéficient de notre complicité passive

.Or nous savons bien que le numérique n’a rien à voir avec l’éducation. En effet l’informatisation a pour but premier de gonfler le chiffre d’affaires des firmes qui produisent matériels et logiciels. Puis elle réduit la part humaine de chaque activité (pas seulement scolaire)pour la rendre plus conforme aux besoins de l’économie et de la gestion bureaucratique. Tout cela pour doper la croissance par les gains de productivité et les nouveaux marchés qu’elle offre.C’est bien parce qu’Internet ne peut pas améliorer l’enseignement, mais qu’il est conçu pour détourner l’attention, que les ingénieurs de la Silicon Valley en protègent les écoles de leurs enfants.

Nous savons aussi sur quelle gabegie démente des ressources terrestres, y compris les plus rares, les plus coûteuses, les plus dangereuses, repose la mensongère « dématérialisation ». Il faut compter aussi avec la part croissante de consommation d’énergie consacrée à l’informatique.

Pourtant, nous laissons dire que le numérique est la solution à tous les problèmes de l’institution, qui vont du décrochage à l’intégration des élèves en situation de handicap en passant par les problèmes de lecture.Et qu’en plus il serait « écologique » parce qu’il permettrait d’économiser du papier. Quelle vaste plaisanterie !

Pour notre part ce que nous voulons c’est être avec nos élèves, et non servir d’intermédiaires entre eux et les machines car sous couvert d’innovation pédagogique pour répondre aux besoins d’élèves devenus zappeurs, c’est bien ce qui nous guette.

Une telle dissociation entre la machine stockant les données et l’être humain assurant le flux de transmission ne peut être envisagée de façon positive que par des esprits bêtement mécanistes. Ils réduisent le savoir à de l’information. Ils négligent l’importance de son incarnation chez un individu en imaginant une simple médiation extérieure. Ils oublient tout bonnement que la relation d’apprentissage est avant tout une relation humaine.

Par ailleurs, et quoi qu’on en dise, l’administration numérique (appel enligne, SMS aux parents, etc.) ne renouera pas les liens entre les enfants,leurs parents et l’école. Au contraire, elle aggrave déjà les problèmes qu’on agite pour l’imposer. L’absentéisme demeure, la défiance et le mensonge se banalisent au sein de l’école et dans les familles. On cherche à tout prix à éviter le conflit et on se fie plus aux ordinateurs qu’aux êtres humains. Et pour masquer ce désolant constat on maquille l’isolement en l’appelant « autonomie ».

Ce que nous voulons également, c’est enseigner, et non exécuter des procédures. L’enseignement numérique n’est pas une « révolution pédagogique » mais la fin du métier d’enseignant. Les matières, c’est-à-dire les savoirs et savoir-faire qui les constituent, se trouvent morcelées en une liste de tâches exécutables, puis regroupées artificiellement en aptitudes générales. On appelle cela le socle de compétences. Dans ce cadre, une leçon, un exercice, peuvent être réduits à un protocole creux, qui peut bien effectivement être« partagé » en ligne, puisqu’il ne nécessite ni connaissances précises ni réflexion pédagogique personnelle pour être reproduit. Un cours construit de cette façon n’apprend pas à penser mais à se comporter de la façon attendue.

Nous pourrions nous réclamer de la liberté pédagogique et demander à ne pas être contraints à l’utilisation de machines dans nos classes. Mais nous savons que c’est impossible, qu’à partir du moment où une technique est introduite, la liberté de l’utiliser ou non devient illusoire car elle s’insère dans un système global qui l’exige. Après un court moment, le choix encore possible cède le pas à l’obligation de fait.

C’est pour cela que nous refusons en bloc notre mise à jour programmée. Nous n’utiliserons pas le cahier de texte numérique,ni les multiples écrans dont on prétend nous équiper (tablettes,tableaux numériques ou même smartphones). Nous nous opposerons aux équipements générant d’importants champs électromagnétiques ainsi qu’à la cahier de texte numérique,ni les multiples écrans dont on prétend nous équiper (tablettes,tableaux numériques ou même smartphones). Nous nous opposerons aux équipements générant d’importants champs électromagnétiques ainsi qu’à la concentration des données scolaires dans des bases centralisées.

 

 

cet appel est disponible au laboratoire et le  texte en PDF à Difffuser ici

 

 

 

Montreuil (Seine-Saint-Denis) : Autolib en feu

attaque.noblogs.org

On avait envie d’exprimer avec des actes notre solidarité avec Damien, condamné jeudi 19 à 10 mois de prison. On était nombreux à cette manif saccageuse du 14 avril et on ne le laissera pas payer tout seul – on ne l’oublie pas.
Le soir du dimanche 22 nous avons trouvé trois Autolib, rue Galilée à Montreuil et les avons incendiés.
On nous refourgue les Autolib comme une solution pour une ville plus propre, plus écologique, plus « smart ». Nous gerbons sur leur propagande.

Pour Damien, donc, et aussi pour les compagnon.nes emprisonné.es en Italie pour l’opération Scripta Manet.

Liberté pour tous et toutes !

Les amis de Jules Bonnot et du printemps 2016

P.S. Nous tenons à envoyer une accolade complice aux compagnon.ne.s qui ont cramé des bagnoles de collabos à Bruxelles le soir du nouvel an. Lire que les nuits bruxelloises s’illuminent de vos attaques (et celles d’autres) nous motive encore plus à agir (c’est à ça aussi que servent les communiqués de revendication, non?). Pourtant, nous pensons que distribuer des tracts, coller des affiches est important et ce n’est pas « embrigader » ou « séduire » mais partager des idées subversives.
Mais nous sommes sûrs que vous y avez déjà réfléchi. La bise.

 

L

 

Contre E.on et son monde

Présentation:

En 2013, la multinationale E.on décide de s’approvisionner en bois à partir des châtaigneraies cévenoles. Réaction : refus et rassemblement. Bogues voit le jour dans cette lutte contre l’ingérence d’E.on, en prenant le parti de l’usage des forêts. Pour Bogues, il n’est pas seulement question de gérer efficacement la filière bois locale mais de comprendre que c’est contre le monde que nous impose E.on que nous devons nous organiser. Au delà des « luttes territoriales », Bogues cherche à mettre en avant une politique du tenir ensemble et à en formuler les stratégies. Bogues est sans doute une publication à la périodicité aléatoire mais c’est aussi des personnes qui parient autant sur la pertinence de leur enracinement dans les Cévennes que sur leur possibilité de résonner avec d’autres et de dépasser la simple question locale d’une lutte singulière. Nous ne voulons plus être défaits à la moindre manifestation d’un pouvoir qui nous nie et nous proposons de penser pratiquement comment faire se peut.


Le premier numéro de Bogues est directement lié à notre réaction viscérale face à la venue d’E.on.Il pointe dès les premiers textes que la forêt n’est pas qu’une denrée économique ni un usage utilitaire.

Téléchargez le en cliquant sur ce lien: bogues N°01

 

La couverture de bogues no°1

 

[Bagnolet-Montreuil] Petite balade contre la justice

attaque.noblogs.org

Indymedia Nantes / mardi 24 janvier 2016

En milieu d’aprem, samedi 21 janvier, quelques-un-e s’étaient donné rendez-vous pour exprimer en acte et hors du tribunal notre solidarité avec Damien, enfermé depuis le 8 dècembre, et notre volonté d’en finir avec ce monde de juges, de flics et de fric

Une vingtaine de personnes répondent présentes et nous partons en balade dans les rues de bagnolet et de montreuil. A notre passage, les murs se couvrent de tags, pochoirs, affiches, autocollants. Une banderôle « nik la justice » sert de paravent aux tagueureuses. Dans ce quartier, peu passant mais très habité, un tract est distribué et les réactions sont plutôt encourageantes.
A Montreuil, au 48-50 rue Voltaire, on passe devant archi5, cabinet architecte, constructeur de taule (notemment Alençon et Vendin-le-veil) et autres joyeusetés (le Pôle de Police Judiciaire scientifique à Cergy-Pontoise ou le Palais de Justice de Chartres…), qui s’est déjà vu refaire la facade en juin 2014, avec de la peinture et des fenetres cassées et en mars 2016 où des poubelles avaient été allumées devant la porte.
Qu’importe, jamais deux sans trois, et sur les planches de bois et les traces de peintures des autres fois, pleuvent des oeufs de peintures rouges et deux tags « collabos » et « feu au prisons », sont laissés sur la facade.

Puis tandis que tags et affiches continuent de fleurir, c’est l’immeuble de bureaux de la BNP qui voit sa porte d’entrée redécorée avec un gros tag  » brûlons les banques », rue de la République. Arrivés à la porte de montreuil, où le siège national de la CGT, lui aussi attaqué maintes fois ces dernières années, surplomble l’espace de son architecture toute stalinienne, et juste avant de se disperser dans le dédale du marché aux puces, nous arrosons la façade de ce collaborateur du capital d’oeufs de peintures bleus.

Decidons de nos modes d’actions et nos moments en dehors des dates imposées par le pouvoir et ses laquais. Sans médiation, prenons la rue, de jour et de nuit pour nous attaquer à la résignation et à la grisaille de ce monde.

*****

C’est pas fini

Indymedya Nantes / mardi 24 janvier 2017

Tract distribué à bagnolet-montreuil, le 21 janvier 2017

Au printemps dernier, le projet de « loi travail » a été une goutte d’eau qui a fait déborder le ras-le-bol accumulé. Beaucoup ont saisi cette occasion pour exprimer leur rage durant des mois, en attaquant les flics, leurs bagnoles et des commissariats, en pillant des supermarchés, en détruisant panneaux de pubs et autolibs, en s’en prenant aux banques, aux pôle-emploi, aux agences d’intérim, d’assurance, immobilières etc.. Autant d’actes offensifs contre une partie de ce qui nous pourrit la vie au quotidien : des rouages du travail aux représentants de la loi, des institutions à la marchandise …

Cette révolte venue heureusement perturber la grisaille routinière et la lourdeur d’un interminable état d’urgence ne peut que parler au coeur de celles et ceux qui veulent en finir avec un monde reposant sur l’exploitation et la domination de tout et tout-e-s.

En face, l’État et ses souteneurs (partis, syndicats, médias etc.) cherchent à tout prix à faire rentrer tout le monde dans le rang, avec la carotte de quelques miettes et le bâton de la répression. Les militaires continuent de quadriller les frontières et l’ensemble du territoire, les chiens de garde ont de plus en plus d’armes et de carte blanche pour se lâcher, blesser, tuer. Et la Justice continue à faire tomber les condamnations sur les indésirables et autres ennemi-e-s de l’ordre en place. On retrouve bien là le deal de la démocratie : le durcissement de la survie pour le plus grand nombre en échange de quelques droits, la supposée protection de « papa Etat » à condition de remettre notre liberté entre les sales pattes de ses agents. Accepter sans broncher de nous laisser administrer et diriger, plus ou moins volontairement mais toujours sous la menace de la punition.

Pourtant, ni l’insoumission ni les désordres n’ont attendu la « Loi travaille ! » pour s’exprimer et ils ne s’arrêtent pas avec son passage en force. Les hostilités se poursuivent contre la pacification sociale que tentent de nous imposer tous les défenseurs de ce système, c’est-à-dire contre la guerre permanente qu’ils livrent à coups de fric et d’autorité. Des révoltes ont lieu contre les frontières, des mutineries secouent différentes taules, les flics se prennent dans la gueule un peu de la violence qu’ils exercent au quotidien, des luttes font obstacle au rouleau dévastateur capitaliste et divers sabotages attaquent régulièrement la mécanique de l’oppression.

Cette guerre sociale prend de multiples formes, individuelles et collectives, mais se mène en tout cas directement, et certainement pas dans les urnes ou par les instruments du Pouvoir qui n’existent que pour le servir. Ce n’est qu’en agissant par nous-mêmes, en nous auto-organisant, en étant incontrôlables et en rejetant les promesses des puissants que s’ouvrent des possibiltés de creuser de réelles brèches dans leur sale paix de caserne et de reprendre notre vie en main.

La solidarité est aussi une de nos armes dans ce combat. Elle permet de faire des liens entre des gestes et des idées subversifs, entre des individus qui luttent où qu’ils soient, en continuant de défendre en mot et en acte l’attaque nécessaire de ce monde mortifère.

Parmi les dizaines de milliers de personnes emprisonnées dans les geôles de l’État français, et celles aux prises avec la justice, 5 sont en attente de procès, accusées d’avoir participé à l’incendie d’une bagnole de flics au moment du rassemblement « contre la haine de la police » le 18 mai à Paris. Et le 19 janvier un compagnon anarchiste vient de prendre 10 mois ferme de taule pour des bris de vitres de la Chambre du Commerce et de l’Industrie, le saccage d’un Pôle Emploi, d’un Franprix et d’un concessionnaire Jaguar lors d’une manif sauvage à Paris le soir du 14 avril 2016. Des exemples parmi d’autres d’actes de révolte dans lesquels nous nous reconnaissons, sans avoir besoin d’en identifier les auteurs

Contre l’écrasement et pour un monde débarrassé
de l’autorité,
détruisons ce qui nous détruit !
Liberté pour tous et toutes !

 

Le tract en format .pdf

L’éco-déforestation qui vient

 note:affiche trouvée lors d’une rencontre à l’ambassada(https://douze.noblogs.org/)

On pouvait lire dans CQFD n°125, d’octobre , l’encart suivant

«  la déforestation » du Testet ne s’est pas tant faite à coups de tronçonneuses qu’avec d’énormes machines ( abatteuses et broyeuse ) transforment instantanément la forêt en lit de copeaux . C ‘est plus rapide et plus rentables mais il importe de souligner que ces nouvelles méthodes sont intimement liées au développement de nouvelles technologies de chauffage écologique

Depuis quelques années , de nouveaux poêle à « biomasse  » apparaissent alimentés automatiquement à l’aide de granulés ou de plaquettes de broyat de bois .. Pratique pour celles et ceux qui n’ont pas envie d’alimenter leur poêle toutes les deux heures, et, quand on connaît les nuisances liées à l’énergie nucléaire et à la pétrochimie , apparemment plus écologique. Mais en réalité, le passage de la bûche au granulé, de l’alimentation manuelle à celle automatique, transforme le bois en combustible aussi fluide que le mazout. Et cette automatisation en aval de la filière «  bois de chauffe » implique son industrialisation en amont : plus besoin d’abattre les arbres à la main, il suffit de les broyer à la machine . Seulement il faut pour cela des parcelles suffisamment vastes . De même que l’industrialisation de l’agriculture a supposé le remembrement des champs, il faut aujourd’hui « remembrer » les forêt française , pour en industrialiser l’exploitation et nos décideurs s’en chargent . Encore une fois , le recours à de nouvelles technique ne fait que l’aggraver . Et tout cela permet l’essor de nouvelles filières industrielles pour que le capital prospère à l’infini . Amis des forêts , gare aux poêles à granulé. »

Tout es dit : derrière chaque sortilège de productivité accrue et de facilité pour les consommateurs procèdent conjointement la réduction du vivant à chaque choses manipulables et celles des territoires à n’être que support pour fonctionnalités :au final, nous mêmes devant nous abstraire de nos vies , de leur impulsions communautaires , pour en être soulagés et cantonnés à une personnalités juridique ( et ses codes  »perso  » d’accès à tout)

La revue Bogues ( trois numéros  »papier » déjà parus , et par ailleurs bogues. fr) est élaborée dans les Cévennes ; elle a pris parti contre la conversion du monde de la forêt en une ressource de  »biomasse » et elle participe à la remise en cause plus vaste des rapport entre les humains et entre les humains et la nature . Hors de cela, il lui semble que le piège contenu dans la médiation techniologique ( nucléaire, numérique, biotechnologie….) risque de se refermer.

 si tu veux ce texte en Pdf pour augmenter la mobilisation du 5 février à gardanne cliquer ici