{"id":9378,"date":"2017-08-16T13:51:27","date_gmt":"2017-08-16T11:51:27","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=9378"},"modified":"2017-08-16T13:58:57","modified_gmt":"2017-08-16T11:58:57","slug":"sous-la-plage-les-paves-un-site-anarchiste-de-nice-et-du-sud-est-marius-jacob-a-sete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=9378","title":{"rendered":"Sous la plage les pav\u00e9s &#8211; Un site anarchiste de Nice et du Sud-Est: Marius Jacob \u00e0 S\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">note: le fil\u00a0 noir\u00a0 de l&rsquo;histoire est repris,<\/p>\n<p align=\"justify\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/souslaplagelespaves.noblogs.org\/files\/2017\/04\/travailleursnuit-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><i><b>Sur le passage \u00e0 S\u00e8te de l\u2019anarchiste et cambrioleur Alexandre Marius Jacob et la formation de sa bande \u00ab\u00a0Les Travailleurs de la Nuit\u00a0\u00bb\u2026<\/b><\/i><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00a0 Alexandre Jacob ne se cache pas \u00e0 S\u00e8te par hasard apr\u00e8s son \u00e9vasion de l\u2019asile Montperrin d\u2019Aix en Provence dans la nuit du 18 au 19 avril 1900. La ville b\u00e9n\u00e9ficie en effet d\u2019une solide tradition d\u2019activisme libertaire. Ernest Elis\u00e9e Saurel n\u2019est pas non plus un anarchiste inconnu. Le commissaire central de S\u00e8te voit d\u2019ailleurs en lui le 21 ao\u00fbt 1898 \u00ab un des plus militants \u00bb de la ville. Saurel y est d\u2019ailleurs n\u00e9 vers 1862. Il exerce la profession de tailleur d\u2019habits et loge chez sa ma\u00eetresse, Aliette Amiel, rue Concorde. L\u2019amiti\u00e9 qui le lie \u00e0 Caserio ferait m\u00eame de lui un compagnon localement de premier ordre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par Lausanne, Gen\u00e8ve, Lyon et Vienne, l\u2019assassin de Sadi Carnot arrive \u00e0 S\u00e8te en octobre 1893. Il est imm\u00e9diatement pris en charge par le groupe anarchiste local. \u00ab Saurel devient aussit\u00f4t son ami tandis que le boulanger Viala l\u2019engage comme gar\u00e7on \u00bb \u00e9crit Jean Sagnes dans l\u2019article Complot contre Sadi Carnot, qu\u2019il donne au magazine L\u2019Histoire en mai 1994. Caserio loge chez Saurel mais est tr\u00e8s vite rep\u00e9r\u00e9 par la police. Le 6 mars 1894, le commissaire central de S\u00e8te dresse un portrait \u00e0 fortiori \u00e9quivoque du jeune Italien, n\u00e9 \u00e0 Motta Visconti en Lombardie le 8 septembre 1873. \u00ab Je ne le crois pas dangereux \u00bb affirme-t-il en conclusion de son rapport. La notice individuelle de Saurel, \u00e9tablie un mois plus t\u00f4t, indique au contraire \u00ab un caract\u00e8re sournois \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le 23 juin, Santo G\u00e9ronimo Caserio quitte S\u00e8te pour aller \u00e0 Vienne ; de l\u00e0, il se rend \u00e0 Lyon. Le 24 juin; il y poignarde le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique vers 21 heures. Carnot d\u00e9c\u00e8de le 25 \u00e0 0h30. L\u2019\u00e9v\u00e9nement fait date. Si la th\u00e8se d\u2019un complot savamment ourdi par le groupe anarchiste que dirige Saurel est fr\u00e9quemment avanc\u00e9e, rien ne permet d\u2019affirmer concr\u00e8tement que les compagnons s\u00e9tois aient projet\u00e9 l\u2019assassinat. Caserio indique d\u2019ailleurs \u00e0 la police de Lyon avoir agi seul et la justice de cette ville retient cette hypoth\u00e8se. Il est ex\u00e9cut\u00e9 le 16 ao\u00fbt.<\/p>\n<p align=\"justify\">Saurel semble ne pas avoir \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9 outre mesure pour cette retentissante affaire m\u00eame si son nom revient tr\u00e8s souvent dans les rapports de la police s\u00e9toise par la suite. Tous ses d\u00e9placements sont surveill\u00e9s. Un rapport du 15 d\u00e9cembre 1899 signale \u00e0 ce propos que \u00ab Saurel est \u00e0 tous les points de vue un individu des plus dangereux \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Aussi les notes de police se multiplient-elles, \u00e0 cette \u00e9poque, pour annoncer une deuxi\u00e8me tentative d\u2019installation de l\u2019anarchiste \u00e0 Paris. Un an plus t\u00f4t, il avait pendant trois mois cherch\u00e9 vainement du travail dans la capitale et s\u2019\u00e9tait inscrit \u00e0 l\u2019h\u00f4tel des Acacias, 11 rue Feutrier, sous le nom de Fran\u00e7ois Bouvilla. Le pseudonyme utilis\u00e9 est issu des nom et pr\u00e9nom de sa m\u00e8re Fran\u00e7oise Boubilla. Le deuxi\u00e8me s\u00e9jour parisien de Saurel se solde comme le pr\u00e9c\u00e9dent par un \u00e9chec.<\/p>\n<p align=\"justify\">C\u2019est \u00e0 S\u00e8te qu\u2019Alexandre Jacob vient trouver un appui apr\u00e8s son \u00e9vasion de l\u2019asile Montperrin sous la fausse identit\u00e9 de Jean Concorde. L\u2019honn\u00eate cambrioleur a pris le nom de la rue o\u00f9 r\u00e9side Saurel. Mais le fait prouve que l\u2019anarchiste s\u00e9tois a su depuis son retour de Paris se faire discret au point que la police ne s\u2019alerte pas d\u2019un quelconque activisme de sa part \u00e0 ce moment. La propagande par le fait aurait-elle c\u00e9d\u00e9 le pas \u00e0 la reprise individuelle ; la pince monseigneur remplace la marmite \u00e0 renversement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un anarchiste de la Belle Epoque, Alain Sergent\u00ab Jacob projetait de constituer une bande d\u2019anarchiste cambrioleurs bien organis\u00e9e, soumise \u00e0 une discipline librement consentie mais tr\u00e8s exigeante. L\u2019unit\u00e9 de base devait en \u00eatre la brigade. Chez Saurel, la premi\u00e8re brigade fut cr\u00e9\u00e9e. Elle se composait de quatre hommes dont Jacob fut le chef \u00bb (Alain Sergent, Un anarchiste de la Belle Epoque, p.52).<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous ne savons pas avec exactitude qui fait partie de la bande. Tout au plus pouvons-nous nous risquer \u00e0 avancer quelques noms : Joseph Ferrand, Honor\u00e9 Bonnefoy, Jules Clarenson, Marius Roy\u00e8re et Ernest Saurel. Marius Baudy est en prison \u00e0 cette \u00e9poque. Il para\u00eet douteux que Saurel se soit content\u00e9 d\u2019un simple h\u00e9bergement. Son nom revient d\u2019ailleurs en 1902 dans une s\u00e9rie de rapports de police. Les 25 et 26 f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e, il accueille \u00ab un nomm\u00e9 Jacques Sautarel, marchand de bijoux d\u2019occasion, venu \u00e0 Cette, a-t-il dit, pour son commerce. Sautarel serait connu \u00e0 Paris comme anarchiste militant \u00bb. Saurel joue ici le r\u00f4le de receleur et \u00e9coule les produits d\u2019une bande de voleurs dont le si\u00e8ge est d\u00e9sormais \u00e9tabli \u00e0 Paris depuis le commencement de 1901.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais auparavant, et pendant huit mois environ, le groupe de voleurs va travailler dans le Midi de la France. Nous ne connaissons pas le nombre de cambriolages commis durant cette p\u00e9riode. En retenant la moyenne d\u2019un vol par semaine, moyenne \u00e9tablie par le pr\u00e9sident Wehekind du tribunal d\u2019Amiens en 1905, Alexandre Jacob et ses compagnons auraient ainsi \u0153uvr\u00e9 au minimum 36 fois. Un seul cambriolage est n\u00e9anmoins retenu lors du proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit dans cette m\u00eame ville d\u2019Amiens, du 8 au 22 mars 1905.Et c\u2019est dans la ville d\u2019Ernest Saurel que le vol a lieu :<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab <em>Vol \u00e0 Cette<\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><em>Voici une des op\u00e9rations fructueuses de la bande. Jacob l\u2019aurait men\u00e9e \u00e0 bien apr\u00e8s son \u00e9vasion de l\u2019asile d\u2019ali\u00e9n\u00e9s d\u2019Aix. Elle fut d\u00e9couverte dans les circonstances suivantes. Le 23 juillet 1900, vers 2h1\/2 de l\u2019apr\u00e8s-midi, M. Torquebiau, avocat \u00e0 Montpellier, en arrivant \u00e0 la maison qu\u2019il poss\u00e8de \u00e0 Cette, quai de Bone 27, qu\u2019une des carreaux avait \u00e9t\u00e9 cass\u00e9 \u00e0 une porte vitr\u00e9e. Avec l\u2019aide de la police, il constata que des malfaiteurs s\u2019\u00e9taient introduits chez lui par une lucarne d\u2019une maison voisine, en passant par le toit. Toutes les chambres de la maison avaient \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9es ; un coffre \u2013 fort plac\u00e9 contre un mur avait \u00e9t\u00e9 couch\u00e9 sur un matelas et \u00e9ventr\u00e9. De nombreux bijoux avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s ainsi que cinq obligation Ville de Paris, trois obligations Cr\u00e9dit Foncier, cinq bons Exposition 1900, deux bons Panama, etc. Le total du vol s\u2019\u00e9levait \u00e0 40000 francs. (\u2026) Personne n\u2019\u00e9tait venu dans la maison depuis quinze jours. Des journaux marseillais, abandonn\u00e9s par les voleurs et portant la date des 16 et 17 juillet, permettent d\u2019\u00e9tablir que le vol a \u00e9t\u00e9 commis entre le 17 et le 23 juillet. Jacob avoue en \u00eatre un des auteurs. Les titres d\u00e9rob\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9s chez M. Lestibondois, agent de change \u00e0 Paris. M. Torquebiau Emile raconte le vol dont il a \u00e9t\u00e9 la victime. Il estime que les bijoux qui lui ont \u00e9t\u00e9 pris valaient 40000 francs et qu\u2019il y avait 8 \u00e0 10000 francs de valeurs. Jacob conteste le pr\u00e9judice caus\u00e9 \u00e0 la victime<\/em>.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013 Vous n\u2019\u00e9tiez pas seul ? Demande le Pr\u00e9sident.<br \/>\n\u2013 Oui, oui, en nombre suffisant ; nous \u00e9tions en nombre suffisant \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le vol Torquebiau est int\u00e9ressant \u00e0 plusieurs titres. D\u2019abord, il r\u00e9v\u00e8le une op\u00e9ration minutieusement pr\u00e9par\u00e9e. Jacob et ses acolytes passent en effet par une maison mitoyenne pour d\u00e9valiser celle de l\u2019avocat. Le butin est ensuite cons\u00e9quent et il convient ensuite de l\u2019\u00e9couler rapidement. Enfin, Jacob refuse de donner les noms de ceux qui l\u2019ont accompagn\u00e9. Le principe de solidarit\u00e9 pr\u00e9valant \u00ab le chef \u00bb des Travailleurs de la Nuit ne compromet ainsi pas un compagnon de plus.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les journaux marseillais trouv\u00e9s dans la r\u00e9sidence ne permettent pas d\u2019identifier ceux qui, \u00ab en nombre suffisant \u00bb, ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019affaire. Tout au plus, pouvons-nous subodorer des amis de Jacob fr\u00e9quent\u00e9s dans la m\u00e9tropole des Bouches du Rh\u00f4ne, soit ceux cit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment. Mais le vol est commis \u00e0 S\u00e8te et Saurel ne fut jamais inqui\u00e9t\u00e9 pour celui-ci. Y-a-t\u2019 il particip\u00e9 ? La question ainsi pos\u00e9e reste en suspens.<\/p>\n<p align=\"justify\">Trois ans plus tard, le commissaire central de S\u00e8te annon\u00e7ant le d\u00e9part de l\u2019ancien ami de Caserio et\u00a0 indique le 29 octobre 1903, qu\u2019il \u00ab manifeste ne vouloir tirer ses moyens d\u2019existence que du vol et peut devenir dangereux \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Saurel se trouve \u00e0 cette date \u00e0 Nice o\u00f9 il se cache chez un tailleur italien, Del Piano, r\u00e9sidant au 7 de la rue Malauss\u00e9na. Il a pris le nom de Pierre Laudes et serait pass\u00e9 par la Suisse, \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 il aurait laiss\u00e9 son fils \u00e0 un ami. Au m\u00eame moment, le juge Hatt\u00e9 d\u2019Abbeville m\u00e8ne l\u2019instruction qui doit aboutir au proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit \u00e0 Amiens.\u00a0 Mais la justice picarde ne semble faire aucun lien entre Jacob et Saurel. Toujours est-il que ce dernier semble vouloir fuir sa ville natale en se r\u00e9fugiant \u00e0 Nice. Il y est pourtant arr\u00eat\u00e9 peu de temps apr\u00e8s comme le signale un rapport du commissaire sp\u00e9cial de Cette en date du 25 f\u00e9vrier 1904. Saurel est alors inculp\u00e9 de complicit\u00e9 dans divers vols commis \u00e0 N\u00eemes et dans la r\u00e9gion :<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab Saurel fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 N\u00eemes puis \u00e0 Montpellier o\u00f9 il est rest\u00e9 \u00e0 l\u2019instruction jusqu\u2019au 23 courant. Ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une ordonnance de non-lieu, il est rentr\u00e9 \u00e0 Cette avant-hier par le train de 7h55 du soir, (\u2026) et loge chez sa maitresse, la femme Amiel, qui habite une petite maison isol\u00e9e au quartier du Garrigou. Saurel doit \u00e0 nouveau et sous peu quitter Cette pour une destination qu\u2019il n\u2019a pas encore fait conna\u00eetre. \u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Le 28 octobre 1904, le commissaire sp\u00e9cial de Cette signale au pr\u00e9fet de l\u2019H\u00e9rault la pr\u00e9sence de l\u2019anarchiste \u00e0 Barcelone. Saurel r\u00e9side avec Aliette Amiel chez Gustave Sauzet au 83 de la Calle Salva mais l\u2019\u00e9pisode catalan ne dure pas. Apr\u00e8s avoir cherch\u00e9 entrer en contact avec un certain Emile Dupr\u00e9, recherch\u00e9 pour d\u00e9sertion depuis 1901, en envoyant une annonce dans le Libertaire du 15 au 22 novembre 1904, Saurel et Amiel rentrent sur S\u00e8te au mois de f\u00e9vrier de l\u2019ann\u00e9e suivante. Les fr\u00e9quents d\u00e9placements sur N\u00eemes, Montpellier mais aussi Avignon en 1907 ne semblent pas indiquer une certaine aisance financi\u00e8re. Tout au plus pouvons-nous avancer l\u2019existence de r\u00e9seaux lui permettant de trouver de l\u2019aide dans le Midi de la France. Nous perdons ensuite la trace d\u2019Ernest Saurel, anarchiste et militant convaincu, ami de Caserio et complice d\u2019Alexandre Jacob.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>C\u2019\u00e9tait bien chez Saurel<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est maintenant qu\u2019il fait sa bande ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Oui, oui, tu peux sortir tous les autres Jacobils ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et c\u2019est Jacob le chef ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Y a pas de chef chez les anarchistes ! Mince ! je te l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit 20 fois.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les discussions vont bon train chez Fran\u00e7ois Bouvilla, rue Concorde \u00e0 S\u00e8te. On est \u00e0 deux pas du centre et \u00e0 quelques encablures de la gare.\u00a0 Le jeune homme \u00e9coute attentivement les souvenirs de son h\u00f4te. De temps \u00e0 autres, il jette un coup d\u2019\u0153il furtif, \u00e0 travers la fen\u00eatre de la baraque. Rien en vue. Il ne se complait plus \u00e0 refaire le monde autour d\u2019un verre ou deux, il se projette dans le concret. Tous deux y croient \u00e0 cette r\u00e9volution qui semble, pourtant, s\u2019\u00e9loigner de plus en plus. Jean Concorde ne boit pas d\u2019ailleurs. Il ne s\u2019appelle pas Jean Concorde non plus. Il n\u2019est pas all\u00e9 chercher tr\u00e8s loin son pseudonyme. Comme Fran\u00e7ois Bouvilla. Au pied de la table, le chien sommeille paisiblement :<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu vois le cabot que tu caresses ? Il pourrait t\u2019en dire plus que moi sur Caserio. Le gamin l\u2019adorait pourtant et le chien lui rendait bien. A chaque fois qu\u2019il rentrait de la boulangerie, c\u2019\u00e9tait une v\u00e9ritable f\u00eate. \u00c7a fera bient\u00f4t six ans maintenant qu\u2019il est parti sans rien dire pour suriner Sadi Carnot.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 P\u00e9ca\u00efre ! Encore une t\u00eate d\u2019anarchiste qui a roul\u00e9 dans le son !<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme tu le dis, l\u2019a embrass\u00e9 la Veuve mais, avant, ils te lui ont flanqu\u00e9 une sacr\u00e9e racl\u00e9e et l\u2019ont exhib\u00e9 comme une b\u00eate fauve alors qu\u2019il n\u2019y avait pas plus doux et attentionn\u00e9. Et on a eu les flics qui flairaient partout apr\u00e8s. La marmite on l\u2019a vite remball\u00e9e que j\u2019te dis !<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Moi ? Ils m\u2019ont bien couillonn\u00e9 aussi avec l\u2019Indicateur Anarchiste \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tu leur as rendu leur compte, non ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Si on veut. Six mois chez les fadas \u00e0 Aix en Provence quand m\u00eame !\u00a0 Certes, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 la rapidit\u00e9 de mes r\u00e9flexes, j\u2019ai mis la solidit\u00e9 de mes nerfs \u00e0 l\u2019\u00e9preuve mais, \u00e0 tout prendre, il ne s\u2019agissait que d\u2019escarmouches. Pas grand-chose. Non. Il faut une bataille d\u2019envergure contre le capitalisme et ses privil\u00e9gi\u00e9s et ne plus s\u2019attaquer, comme Ravachol, Henri ou Caserio, \u00e0 des symboles mais aux fondements m\u00eame de l\u2019injustice sociale : la propri\u00e9t\u00e9 et le coffre-fort. La marmite a fait couler le sang et le sang du bourgeois se paie trop cher pour un seul individu. Avec la pince monseigneur, en revanche, on peut vivre et propager nos id\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voler pour l\u2019anarchie ?<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et pas seulement ! Pour la r\u00e9volution \u2026 et pour nous, Ernest. Les malfaiteurs, les bandits, les d\u00e9molisseurs comme moi sont loin d\u2019\u00eatre des ineptes. Crois \u2013 moi. Aujourd\u2019hui j\u2019use de tous les moyens pour d\u00e9molir l\u2019\u00e9difice social parce qu\u2019il pue avec ses chancres et ses immondices, qu\u2019il indigne avec ses injustices et ses cruaut\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 T\u2019as raison. Sais-tu que Darien n\u2019\u00e9crit pas autre chose dans son Voleur en 1897 quand il fait parler son h\u00e9ros, Georges Randall : \u00ab Et pourquoi ne serait \u2013 ce pas le malfaiteur au bout du compte qui d\u00e9livrerait le monde du joug inf\u00e2me des honn\u00eates gens ? Si \u00e7\u2019avait \u00e9t\u00e9 Barrabas qui avait chass\u00e9 les vendeurs du Temple, peut \u2013 \u00eatre qu\u2019ils n\u2019y seraient pas revenus \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Barrabas, le roi des voleurs ? C\u2019est dr\u00f4le, j\u2019ai sign\u00e9 certaines de mes visites du nom d\u2019Attila pour me foutre de leur gueule \u00e0 ces cul-b\u00e9nits d\u2019aristos et de bourgeois. Si je te disais ce qu\u2019on lui a pris \u00e0 l\u2019autre cagole de comtesse de Cassagne ! Les copains de Barcelone en ont bien profit\u00e9 de son fric. Dommage que tous ne partagent pas, ici, notre point de vue.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 T\u2019\u00e9tais encore qu\u2019un gamin mais, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, avant que les bombes n\u2019apeurent nos bouffe-galette et leurs moutons, Grave avait d\u00e9fendu Duval dans les colonnes du R\u00e9volt\u00e9 en 1887. Le droit \u00e0 l\u2019existence justifiait le vol selon lui et, lors de son proc\u00e8s, Duval avait revendiqu\u00e9 hautement ses actes : \u00ab Non, le vol n\u2019existe que dans l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme, en un mot par ceux qui vivent aux d\u00e9pens de la classe productrice \u00bb. Mais, apr\u00e8s, il y avait eu Pini, Parmeggiani, Schouppe et plein d\u2019autres encore. Aujourd\u2019hui, le pape de la rue Mouffetard nous compare aux bourgeois. On vivrait sur le dos de la soci\u00e9t\u00e9. Salaud !<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est vrai, il a raison. Mais le tout est de savoir et de distinguer comment et sur qui chacun d\u2019eux consomment. Le bourgeois consomme en d\u00e9valisant le travail, c\u2019est \u00e0 dire les ouvriers, alors que le cambrioleur consomme en livrant des assauts au capital, c\u2019est \u00e0 dire aux bourgeois. Le premier vole des millions au coin du feu, avec l\u2019appui et la protection des gendarmes ; l\u2019autre se r\u00e9volte contre les lois en entreprises p\u00e9rilleuses, demeure pauvre et va crever au bagne ou sur l\u2019\u00e9chafaud.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pire, on serait m\u00eame des parasites !<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et c\u2019est toujours vrai. mais l\u00e0 encore faut-il savoir distinguer. Le bourgeois est un parasite conservateur ; tous ses soins, tous ses d\u00e9sirs, ses aspirations tendent \u00e0 un m\u00eame but : la conservation de l\u2019\u00e9difice social qui le fait vivre ; alors que le cambrioleur est un parasit\u00e9 d\u00e9molisseur. Il ne s\u2019adapte pas \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ; il vit sur son balcon et ne descend en son sein que pour y livrer des assauts ; il ne se fait pas le complice et le dupe du parasite conservateur en allant passer ses journ\u00e9es \u00e0 l\u2019usine ou \u00e0 l\u2019atelier, comme le fait l\u2019ouvrier, en consolidant avec ses bras ce que son cerveau voudrait d\u00e9truire. Il ne travaille pas pour le compte et le profit de Monsieur Fripon et de Madame Fripouille mais pour lui et pour l\u2019av\u00e8nement d\u2019un monde meilleur.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tout seul ? Putain, il construira pas grand-chose ton voleur..<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c7a, c\u2019est s\u00fbr ! Et c\u2019est pourquoi on est ici non ? L\u2019ordre moins le pouvoir. Il faut s\u2019organiser. Il faut travailler sur une plus grande \u00e9chelle. On attend les autres et on s\u2019y met.<\/p>\n<p align=\"justify\">Depuis le temps qu\u2019il se planquait chez Ernest Saurel, Alexandre Jacob avait \u00e9chafaud\u00e9 son plan, m\u00e2ch\u00e9 longuement sa r\u00e9flexion. Il tenait d\u00e9sormais le vol pour une entreprise collective et p\u00e9renne, motiv\u00e9e qui plus est par un discours et une finalit\u00e9 politique : l\u2019ill\u00e9galisme. Or, une telle op\u00e9ration suppose au pr\u00e9alable l\u2019existence d\u2019un groupe, d\u2019un rassemblement d\u2019hommes et de femmes, en fin de compte d\u2019une association : les Travailleurs de la Nuit.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chacun, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la bande, devait\u00a0 apporter son exp\u00e9rience et tout un r\u00e9seau de relations. Libert\u00e9 aussi de venir et de partir, de donner son avis et de participer \u00e0 l\u2019honn\u00eate travail associatif mais, une fois les d\u00e9cisions prises collectivement, on devait s\u2019y tenir. La r\u00e9flexion dissout le geste, se plaisait-il \u00e0 dire. Le butin ? Une partie, 10% minimum, irait \u00e0 la cause, soutiendrait l\u2019effort de propagande, aiderait les camaros dans le besoin, permettrait de faire vivre l\u2019anarchie. Le reste pour le travailleur.<\/p>\n<p align=\"justify\">Saurel acquies\u00e7ait d\u2019autant plus que, comme Jacob, ses efforts pour\u00a0 vivre honn\u00eatement s\u2019\u00e9taient tous sold\u00e9s par des \u00e9checs. La police r\u00e9publicaine le tenait pour un dangereux activiste et ne l\u2019avait plus l\u00e2ch\u00e9 apr\u00e8s l\u2019assassinat, le 25 juin 1894, de son plus haut repr\u00e9sentant par un anarchiste italien. Saurel avait \u00e9t\u00e9 l\u2019ami de Santo Geronimo Caserio quand celui-ci \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 S\u00e8te l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et, maintenant que les choses s\u2019\u00e9taient calm\u00e9es, que la pression s\u2019\u00e9tait faite moins forte, il accueillait l\u2019\u00e9vad\u00e9 Jacob. Il le suivait aussi dans tous ses retranchements dialectiques et d\u00e9fendait, comme lui, la reprise individuelle. Si la propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait le vol, alors les voleurs pouvaient \u00eatre des travailleurs honn\u00eates et h\u00e2ter la r\u00e9volution tout en vivant dignement des fruits de leur soi-disant d\u00e9lictueux labeur.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le reste ne devait \u00eatre qu\u2019organisation. Saurel connaissait bien S\u00e8te et sa r\u00e9gion. Il saurait indiquer les coups \u00e0 monter. Et petit \u00e0 petit, la premi\u00e8re brigade de Travailleurs fut form\u00e9e. La fine fleur des monte-en-l\u2019air du Midi est peu \u00e0 peu arriv\u00e9e \u00e0 S\u00e8te, puis, s\u2019est install\u00e9e \u00e0 Montpellier pour ne pas \u00e9veiller les soup\u00e7ons. Beaucoup sont anarchistes. Presque tous ont un casier judiciaire et pour certains tr\u00e8s fourni :<\/p>\n<p align=\"justify\">Ferrand Joseph, n\u00e9 \u00e0 Varambon dans l\u2019Ain le 18 janvier 1880, signal\u00e9 par la police comme un homme au \u00ab caract\u00e8re emport\u00e9, parlant beaucoup, d\u2019allure d\u00e9cid\u00e9e \u00bb, il porte le num\u00e9ro 188 de l\u2019Etat Vert des anarchistes consid\u00e9r\u00e9s comme disparus. Onze condamnations au compteur. Il aurait quitt\u00e9 Marseille le 31 ao\u00fbt 1898.<\/p>\n<p align=\"justify\">Clarenson Jules, n\u00e9 \u00e0 Saintes en 1867, tentative d\u2019homicide sur agent de police, appartenance \u00e0 une bande de cambrioleurs qui \u00e9cumait tout le Sud-ouest de la France, possession d\u2019explosif, violence et r\u00e9bellion, implication \u00e0 Langon, en Gironde, dans une\u00a0 bagarre en 1893 qui se solde par la mort du compagnon Daekeler, arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Montpellier en 1897 en flagrant d\u00e9lit de cambriolage, simulateur ou vrai fou, intern\u00e9 de nombreuses fois en asile d\u2019ali\u00e9n\u00e9s dont celui de Montperrin \u00e0 Aix en Provence \u2026 et \u00e9vad\u00e9 aussit\u00f4t. Jacob a bien retenu la le\u00e7on. Joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9, en m\u00e9nage un temps avec Rose Roux puis avec Antoinette Bernard, femme de chambre de Marcelle Deschamps, elle-m\u00eame compagne d\u2019Honor\u00e9 Bonnefoy. Signal\u00e9 comme anarchiste, Clarenson disparait de Marseille de mani\u00e8re impromptue en 1900.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bonnefoy Honor\u00e9 Alphonse Joseph, n\u00e9 \u00e0 Paris le 10 janvier 1861, famille \u00ab honorable \u00bb selon la police, sergent-major au Tonkin, d\u00e9serteur en 1881, s\u00e9jour en Australie, Suisse et Angleterre, mari\u00e9 \u00e0 Marcelle Deschamps, deux enfants. Le m\u00e9nage vit d\u2019exp\u00e9dients plus ou moins l\u00e9gaux. Son associ\u00e9, un certain Bernard, est retrouv\u00e9 mort dans le m\u00eame wagon qu\u2019il empruntait un jour de 1894. Non lieux judiciaire. Bernard se serait suicid\u00e9. Signal\u00e9 comme anarchiste la m\u00eame ann\u00e9e, on retrouve sa trace \u00e0 Marseille en 1897. Addiction au jeu comme son ami Clarenson. Fait l\u2019objet d\u2019un avis de recherche \u00e0 partir de septembre 1900.<\/p>\n<p align=\"justify\">Jacques Sautarel a trente ans. Pas de condamnation pour vol mais de forts soup\u00e7ons de recel. Jacques Sautarel est bijoutier. Une connaissance de Saurel et aussi un anarchiste convaincu, exalt\u00e9, partisan de m\u00e9thodes radicales. Catalan d\u2019origine, il est install\u00e9 \u00e0 Paris et a travaill\u00e9 \u00e0 Toulouse, Montpellier, S\u00e8te, Perpignan \u2026 et \u00e0 Marseille. En 1898, la police fran\u00e7aise le recherche activement \u00e0 cause de ses \u00e9crits. Sautarel se pique de litt\u00e9rature ; il a fait publier une brochure au titre des plus \u00e9vocateurs : Quand \u00e9gorgerons-nous enfin ? Pour ces lignes, il s\u2019est enfui \u2026 \u00e0 Barcelone o\u00f9 il est emprisonn\u00e9 quelques temps au mois de juin de cette ann\u00e9e. Des id\u00e9es qui, fatalement, ne pouvaient que pousser cet anarchiste militant \u00e0 passer de la th\u00e9orie aux actes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Fran\u00e7ois Chalus, 25 ans, tenancier \u00e0 Toulon d\u2019une maison close, \u00e0 maintes reprises jug\u00e9 pour ivresse sur la voie publique ; Rose Roux, de son vrai nom Henriette Beziat, n\u00e9e le 1er septembre 1863, \u00ab ancienne femme galante de Marseille \u00bb selon un rapport de police, amante de Jacob, Marie Jacob, n\u00e9e Berthou, m\u00e8re d\u2019Alexandre, elle partage les id\u00e9es de son rejeton, etc. D\u2019autres encore viendront. Marius Roy\u00e8re, l\u2019infirmier, a quitt\u00e9 son asile d\u2019Aix en Provence pour suivre son ami Jacob. Marius Baudy, lui, rep\u00e9r\u00e9 comme anarchiste exalt\u00e9 \u00e0 Marseille en 1896 alors qu\u2019il n\u2019a que 21 ans et un parcours familial et professionnel des plus chaotiques, attend sa lib\u00e9ration de la centrale de N\u00eemes o\u00f9 il purge une peine de trois ans de prison pour vol, violence et autres menus d\u00e9lits.<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u2019autres ne viendront pas. Alexandre Jacob se m\u00e9fie de son p\u00e8re Joseph. Trop instable, trop imbib\u00e9 aussi et surtout de gros, de tr\u00e8s gros doutes apr\u00e8s qu\u2019il soit sorti libre de sa comparution en juin 1899 pour le coup du Mont de Pi\u00e9t\u00e9. M\u00eame chose pour Maurel qui a disparu dans la nature. Arthur Roques fait carri\u00e8re en solo depuis leur s\u00e9paration au retour d\u2019Espagne. Install\u00e9 \u00e0 Vichy, puis \u00e0 Bordeaux, il se fait pincer \u00e0 La Rochelle en 1901. Direction le bagne de Guyane, la souffrance et, au final, la mort en 1921.<\/p>\n<p align=\"justify\">A S\u00e8te, Jacob cherche \u00e0 limiter les risques, \u00e0 \u00eatre le plus efficace, \u00e0 porter de sales coups \u00e0 cette gueuse de soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Il a\u00a0 r\u00e9uni un groupe. Tous, en son sein, ne volent pas, certains ne font qu\u2019appuyer, indiquer, receler, transmettre, n\u00e9gocier \u2026 Tous ne sont pas anarchistes non plus. Mais tous participent de leur plein gr\u00e9, de pr\u00e8s ou de loin, \u00e0 l\u2019entreprise qu\u2019il vient de monter. Jacob and Co, entreprise politique de d\u00e9molition \u00e9conomique et sociale, une pratique quasiment industrielle du vol : les Travailleurs de la Nuit sont n\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sources\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A.P.P.P., EA\/89, dossier de presse \u201c<em>La bande sinistre et ses exploits<\/em>\u201c.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A.D. H\u00e9rault, 4M1102<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A.C.F., 19940474\/article 97\/dossier 9401 : Jacques Sautarel 1893-1929<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Alain Sergent, <em>Un anarchiste de la Belle Epoque<\/em>, Le Seuil, 1950<\/p>\n<p align=\"justify\">\u2013\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sagnes jean, \u00ab\u00a0Complot contre Sadi Carnot\u00a0\u00bb, dans <em>L\u2019Histoire<\/em>, n\u00b0177, mai 1994, p.76-78.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Trouv\u00e9 sur le blog <strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/05\/ernest-saurel\/\">Alexandre Jacob, l\u2019honn\u00eate cambrioleur<\/a><\/strong><\/h3>\n<div id=\"conteneur\">\n<div id=\"contenu\">\n<div class=\"texte\">\n<div class=\"spip\"><strong>\u00a0lu\u00a0 dans le blog Sous la plage les pav\u00e9s<\/strong><br class=\"autobr\" \/> souslaplagelespaves(a)riseup.net<br class=\"autobr\" \/><a class=\"spip_url spip_out auto\" href=\"https:\/\/souslaplagelespaves.noblogs.org\" rel=\"nofollow external\">https:\/\/souslaplagelespaves.noblogs.org<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00a0et bien\u00a0 d&rsquo;autres\u00a0 textes \u00e0 visiter et aussi l&rsquo;\u00e9mission anti carc\u00e9rale <a href=\"https:\/\/passemuraille.noblogs.org\">passe- muraille<\/a><\/div>\n<div id=\"conteneur\"><\/div>\n<p><small>\u00a0<\/small><\/p>\n<div id=\"pied\"><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>note: le fil\u00a0 noir\u00a0 de l&rsquo;histoire est repris, Sur le passage \u00e0 S\u00e8te de l\u2019anarchiste et cambrioleur Alexandre Marius Jacob et la formation de sa bande \u00ab\u00a0Les Travailleurs de la Nuit\u00a0\u00bb\u2026 &nbsp; &nbsp; \u00a0 Alexandre Jacob ne se cache pas \u00e0 S\u00e8te par hasard apr\u00e8s son \u00e9vasion de l\u2019asile Montperrin d\u2019Aix en Provence dans la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-9378","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9378","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9378"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9378\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9383,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9378\/revisions\/9383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9378"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9378"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9378"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}