{"id":9109,"date":"2017-07-10T07:06:11","date_gmt":"2017-07-10T05:06:11","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=9109"},"modified":"2017-07-10T07:06:21","modified_gmt":"2017-07-10T05:06:21","slug":"ravachol-un-saint-nous-est-ne-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=9109","title":{"rendered":"Ravachol &#8211; Un Saint Nous Est N\u00e9 !(1)"},"content":{"rendered":"<div class=\"crayon article-texte-3993 texte-principal text\">\n<p><del>rebellyon.info<\/del><\/p>\n<p><strong><i>\u00ab\u00a0Si tu veux \u00eatre heureux, nom de dieu\u00a0!<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logos alignright\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L256xH200\/arton3993-e9d25.jpg?1457343320\" alt=\"\" width=\"256\" height=\"200\" \/><br class=\"manualbr\" \/>Pends ton propri\u00e9taire,<br class=\"manualbr\" \/>Coupe les cur\u00e9s en deux, nom de dieu\u00a0!<br class=\"manualbr\" \/>Fous les \u00e9glises par terre..\u00a0\u00bb<\/i> <\/strong><\/p>\n<p>Chant\u00e9 par Ravachol avant de passer sur l\u2019\u00e9chafaud&#8230;<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Ko\u00ebnigstein-Ravachol est n\u00e9 le 14 octobre 1859 \u00e0 Saint-Chamond et mort guillotin\u00e9 le 11 juillet 1892 \u00e0 Montbrison.<\/strong><\/p>\n<figure class=\"spip_document_5762 spip_documents spip_documents_center\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"PNG - 115.7\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/png\/RavacholEtGendarmes.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L300xH406\/RavacholEtGendarmes-d8380-05c0f.png?1479819043\" alt=\"PNG - 115.7\u00a0ko\" width=\"300\" height=\"406\" \/><\/a><\/div><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<h3 class=\"spip\">D\u00e9claration de Ravachol<\/h3>\n<p><i>Ce texte clair, que Ravachol avait \u00e9crit pour son proc\u00e8s \u00e0 Montbrison, le 21 juin 1892, est devenu une r\u00e9f\u00e9rence. D\u2019ailleurs, au bout de quelques paroles, les juges lui ont interdit de le d\u00e9clamer.<\/i><span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[2]<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"spip\"><p><strong>Si je prends la parole, ce n\u2019est pas pour me d\u00e9fendre des actes dont on m\u2019accuse, car seule la soci\u00e9t\u00e9, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable.<\/strong><\/p>\n<p>En effet, ne voit-on pas aujourd\u2019hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui d\u00e9sirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal \u00e0 l\u2019oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages. Exemple\u00a0: un patron ne fait-il pas des v\u0153ux pour voir un concurrent dispara\u00eetre\u00a0; tous les commer\u00e7ants en g\u00e9n\u00e9ral ne voudraient-ils pas, et cela r\u00e9ciproquement, \u00eatre seuls \u00e0 jouir des avantages que peut rapporter ce genre d\u2019occupations\u00a0? L\u2019ouvrier sans emploi ne souhaite-t-il pas, pour obtenir du travail, que pour un motif quelconque celui qui est occup\u00e9 soit rejet\u00e9 de l\u2019atelier\u00a0? Eh bien, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 de pareils faits se produisent on n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre surpris des actes dans le genre de ceux qu\u2019on me reproche, qui ne sont que la cons\u00e9quence logique de la lutte pour l\u2019existence que se font les hommes qui, pour vivre, sont oblig\u00e9s d\u2019employer toute esp\u00e8ce de moyen.<\/p>\n<p>Et, puisque chacun est pour soi, celui qui est dans la n\u00e9cessit\u00e9 n\u2019en est-il pas r\u00e9duit a penser\u00a0:<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Eh bien, puisqu\u2019il en est ainsi, je n\u2019ai pas \u00e0 h\u00e9siter, lorsque j\u2019ai faim, \u00e0 employer les moyens qui sont \u00e0 ma disposition, au risque de faire des victimes\u00a0! Les patrons, lorsqu\u2019ils renvoient des ouvriers, s\u2019inqui\u00e8tent-ils s\u2019ils vont mourir de faim\u00a0? Tous ceux qui ont du superflu s\u2019occupent-ils s\u2019il y a des gens qui manquent des choses n\u00e9cessaires\u00a0?\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Il y en a bien quelques-uns qui donnent des secours, mais ils sont impuissants \u00e0 soulager tous ceux qui sont dans la n\u00e9cessit\u00e9 et qui mourront pr\u00e9matur\u00e9ment par suite des privations de toutes sortes, ou volontairement par les suicides de tous genres pour mettre fin \u00e0 une existence mis\u00e9rable et ne pas avoir \u00e0 supporter les rigueurs de la faim, les hontes et les humiliations sans nombre, et sans espoir de les voir finir. Ainsi ils ont la famille Hayem et le femme Souhain qui a donn\u00e9 la mort \u00e0 ses enfants pour ne pas les voir plus longtemps souffrir, et toutes les femmes qui, dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir un enfant, n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 compromettre leur sant\u00e9 et leur vie en d\u00e9truisant dans leur sein le fruit de leurs amours. Et toutes ces choses se passent au milieu de l\u2019abondance de toutes esp\u00e8ces de produits\u00a0! On comprendrait que cela ait lieu dans un pays o\u00f9 les produits sont rares, o\u00f9 il y a la famine.<\/p>\n<p>Mais en France, o\u00f9 r\u00e8gne l\u2019abondance, o\u00f9 les boucheries sont bond\u00e9es de viande, les boulangeries de pain, o\u00f9 les v\u00eatements, la chaussure sont entass\u00e9s dans les magasins, o\u00f9 il y a des logements inoccup\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<p>Comment admettre que tout est bien dans la soci\u00e9t\u00e9, quand le contraire se voit d\u2019une fa\u00e7on aussi claire\u00a0?<\/p>\n<p>Il y a bien des gens qui plaindront toutes ces victimes, mais qui vous diront qu\u2019ils n\u2019y peuvent rien.<\/p>\n<p>Que chacun se d\u00e9brouille comme il peut\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Que peut-il faire celui qui manque du n\u00e9cessaire en travaillant, s\u2019il vient \u00e0 ch\u00f4mer\u00a0? Il n\u2019a qu\u2019\u00e0 se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de piti\u00e9 sur son cadavre.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est ce que j\u2019ai voulu laisser \u00e0 d\u2019autres. J\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 me faire contrebandier, faux monnayeur, voleur, meurtrier et assassin. J\u2019aurais pu mendier\u00a0: c\u2019est d\u00e9gradant et l\u00e2che et c\u2019est m\u00eame puni par vos lois qui font un d\u00e9lit de la mis\u00e8re. Si tous les n\u00e9cessiteux, au lieu d\u2019attendre, prenaient o\u00f9 il y a et par n\u2019importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-\u00eatre plus vite qu\u2019il y a danger \u00e0 vouloir consacrer l\u2019\u00e9tat social actuel, o\u00f9 l\u2019inqui\u00e9tude est permanente et la vie menac\u00e9e \u00e0 chaque instant.<\/p>\n<p>On finira sans doute plus vite par comprendre que les anarchistes ont raison lorsqu\u2019ils disent que pour avoir la tranquillit\u00e9 morale et physique, il faut d\u00e9truire les causes qui engendrent les crimes et les criminels\u00a0: ce n\u2019est pas en supprimant celui qui, plut\u00f4t que de mourir d\u2019une mort lente par suite des privations qu\u2019il a eues et aurait \u00e0 supporter, sans espoir de les voir finir, pr\u00e9f\u00e8re, s\u2019il a un peu d\u2019\u00e9nergie, prendre violemment ce qui peut lui assurer le bien-\u00eatre, m\u00eame au risque de sa mort qui ne peut \u00eatre qu\u2019un terme \u00e0 ses souffrances.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi j\u2019ai commis les actes que l\u2019on me reproche et qui ne sont que la cons\u00e9quence logique de l\u2019\u00e9tat barbare d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui ne fait qu\u2019augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui s\u00e9vissent contre les effets sans jamais toucher aux causes\u00a0; on dit qu\u2019il faut \u00eatre cruel pour donner la mort \u00e0 son semblable, mais ceux qui parlent ainsi ne voient pas qu\u2019on ne s\u2019y r\u00e9sout que pour l\u2019\u00e9viter soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>De m\u00eame, vous, messieurs les jur\u00e9s, qui, sans doute, allez me condamner \u00e0 la peine de mort, parce que vous croirez que c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 et que ma disparition sera une satisfaction pour vous qui avez horreur de voir couler le sang humain, mais qui, lorsque vous croirez qu\u2019il sera utile de le verser pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 de votre existence, n\u2019h\u00e9siterez pas plus que moi \u00e0 le faire, avec cette diff\u00e9rence que vous le ferez sans courir aucun danger, tandis que, au contraire, moi j\u2019agissais aux risque et p\u00e9ril de ma libert\u00e9 et de ma vie.<\/p>\n<figure class=\"spip_document_5819 spip_documents spip_documents_right\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 16.8\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/RavacholCellule.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L240xH268\/RavacholCellule-524d0-3ecf7.jpg?1479819043\" alt=\"JPEG - 16.8\u00a0ko\" width=\"240\" height=\"268\" \/><\/a><\/div><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Eh bien, messieurs, il n\u2019y a plus de criminels \u00e0 juger, mais les causes du crime a d\u00e9truire. En cr\u00e9ant les articles du Code, les l\u00e9gislateurs ont oubli\u00e9 qu\u2019ils n\u2019attaquaient pas les causes mais simplement les effets, et qu\u2019alors ils ne d\u00e9truisaient aucunement le crime\u00a0; en v\u00e9rit\u00e9, les causes existant, toujours les effets en d\u00e9couleront. Toujours il y aura des criminels, car aujourd\u2019hui vous en d\u00e9truisez un, demain il y en aura dix qui na\u00eetront.<\/strong><\/p>\n<p>Que faut-il alors\u00a0? <strong>D\u00e9truire la mis\u00e8re<\/strong>, ce germe de crime, en assurant \u00e0 chacun la satisfaction de tous les besoins\u00a0! Et combien cela est facile \u00e0 r\u00e9aliser\u00a0! Il suffirait d\u2019\u00e9tablir la soci\u00e9t\u00e9 sur de nouvelles bases o\u00f9 tout serait en commun, et o\u00f9 chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins.<\/p>\n<p>Alors on ne verra plus des gens comme l\u2019ermite de Notre-Dame-de-Gr\u00e2ce et autres mendier un m\u00e9tal dont ils deviennent les esclaves et les victimes\u00a0! On ne verra plus les femmes c\u00e9der leurs appas, comme une vulgaire marchandise, en \u00e9change de ce m\u00eame m\u00e9tal qui nous emp\u00eache bien souvent de reconna\u00eetre si l\u2019affection est vraiment sinc\u00e8re. On ne verra plus des hommes comme Pranzini, Prado, Berland, Anastay et autres qui, toujours pour avoir de ce m\u00e9tal, en arrivent \u00e0 donner la mort\u00a0! Cela d\u00e9montre clairement que la cause de tous les crimes est toujours la m\u00eame et qu\u2019il faut vraiment \u00eatre insens\u00e9 pour ne pas la voir.<\/p>\n<p><strong>Oui, je le r\u00e9p\u00e8te\u00a0: c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 qui fait les criminels, et vous jur\u00e9s, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces \u00e0 transformer la soci\u00e9t\u00e9. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes\u00a0; et votre \u0153uvre, en s\u2019attaquant aux causes, serait plus grande et plus f\u00e9conde que n\u2019est votre justice qui s\u2019amoindrit \u00e0 punir les effets.<\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis qu\u2019un ouvrier sans instruction\u00a0; mais parce que j\u2019ai v\u00e9cu l\u2019existence des mis\u00e9reux, je sens mieux qu\u2019un riche bourgeois l\u2019iniquit\u00e9 de vos lois r\u00e9pressives. O\u00f9 prenez-vous le droit de tuer ou d\u2019enfermer un homme qui, mis sur terre avec la n\u00e9cessit\u00e9 de vivre, s\u2019est vu dans la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre ce dont il manquait pour se nourrir\u00a0? J\u2019ai travaill\u00e9 pour vivre et faire vivre les miens\u00a0; tant que ni moi ni les miens n\u2019avons pas trop souffert, je suis rest\u00e9 ce que vous appelez honn\u00eate. Puis le travail a manqu\u00e9, et avec le ch\u00f4mage est venue la faim. C\u2019est alors que cette grande loi de la nature, cette voix imp\u00e9rieuse qui n\u2019admet pas de r\u00e9plique, l\u2019instinct de la conservation, me poussa \u00e0 commettre certains des crimes et d\u00e9lits que vous me reprochez et dont je reconnais \u00eatre l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Jugez-moi, messieurs les jur\u00e9s, mais si vous m\u2019avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la mis\u00e8re, alli\u00e9e \u00e0 la fiert\u00e9 naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l\u2019aisance m\u00eame aurait fait des honn\u00eates gens\u00a0!<\/p>\n<p>Une soci\u00e9t\u00e9 intelligente en aurait fait des gens comme tout le monde\u00a0!<\/p>\n<p>Ravachol<\/p><\/blockquote>\n<h3 class=\"spip\">Ses jeunes ann\u00e9es mis\u00e8reuses \u00e0 Saint Chamond<\/h3>\n<p>Le 14 Octobre 1859, Fran\u00e7ois Ko\u00ebnigstein-Ravachol na\u00eet \u00e0 Saint Chamond. Sa m\u00e8re, Marie Ravachol est native du pays, son p\u00e8re Jan Koenigstein est Hollandais, \u00e9migr\u00e9 dans le Forez un an plus t\u00f4t. Parmi les aieux du jeune Ravachol, on peut noter Henri et Louis Ko\u00ebnigstein qui appartenaient \u00e0 une bande de dangereux brigands, les \u00a0\u00bb Bokkenrijders \u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb Chevaliers du bouc \u00ab\u00a0, pendus pour vols et meurtres en Hollande vers 1750. Sa m\u00e8re \u00e9tait moulini\u00e8re en soie, et son p\u00e8re \u00e9tait lamineur aux Forges d\u2019Isieux. Celui-ci \u00e9tait violent avec elle et l\u2019abandonna avec quatre enfants, dont le plus jeune avait trois mois. Il s\u2019en alla dans son pays, mais comme il \u00e9tait atteint d\u2019une maladie de poitrine, il succomba au bout d\u2019un an.<\/p>\n<figure class=\"spip_document_5816 spip_documents spip_documents_right\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 21.2\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/StChamondVieillesMaisonsAuBordDuGier.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L288xH238\/StChamondVieillesMaisonsAuBordDuGier-c3aaf-b93e1.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 21.2\u00a0ko\" width=\"288\" height=\"238\" \/><\/a><\/div><figcaption>\n<div class=\"crayon document-descriptif-5816 spip_doc_descriptif\">Maisons anciennes de Saint Chamond au bord du Gier<\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le petit Fran\u00e7ois a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 en nourrice jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de trois ans et plac\u00e9 \u00e0 l\u2019hospice jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de six ou sept ans. D\u00e8s huit ans, pour rapporter un peu d\u2019argent \u00e0 sa m\u00e8re, il se met \u00e0 travailler comme berger dans les monts du Pilat, o\u00f9 les hivers furent rudes, puis chez des paysans \u00e0 s\u2019occuper des b\u00eates, et chez des entrepreneurs des environs, \u00e0 faire des fuseaux, trier le charbon, tourner la roue d\u2019un cordier, frapper des rivets. Le salaire et les conditions de travail sont mis\u00e9rables. Ensuite, il se fait exploiter dans l\u2019industrie du secteur, la teinturerie, au sein de la maison Puteau et Richard, \u00e0 Saint Chamond, comme apprenti pendant trois ans, o\u00f9 on le frustre en refusant de lui d\u00e9livrer les \u00ab\u00a0secrets\u00a0\u00bb du m\u00e9tier.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019ouvrier militant<\/h3>\n<p>Devenu ouvrier teinturier, quand il a seize ans, il se fait embaucher dans diff\u00e9rents \u00e9tablissements de teinturerie de Saint Chamond et Saint Etienne, o\u00f9 il gagne un salaire de mis\u00e8re. Les conditions de travail \u00e9tant tr\u00e8s p\u00e9nibles et refusant les injustices sociales, il se fait renvoyer plusieurs fois pour avoir fait remarquer que la l\u00e9gislation n\u2019\u00e9tait pas appliqu\u00e9e ou pour avoir fait la gr\u00e8ve avec d\u2019autres ouvriers.<\/p>\n<p>Il a un gros chagrin lorsqu\u2019il perd une de ses soeurs. Lors d\u2019une gr\u00e8ve, il d\u00e9cide, avec un de ses coll\u00e8gues, de partir de nuit \u00e0 pied \u00e0 Lyon. Harass\u00e9, \u00e0 Grigny, apr\u00e8s un casse-cro\u00fbte au caf\u00e9 de la tour, il prend le train pour Perrache.<strong> A Lyon<\/strong>, tous les deux se font embaucher au noir dans une teinturerie de soie situ\u00e9e mont\u00e9e de la Butte. Comme leurs coll\u00e8gues de Saint Chamond n\u2019ont rien obtenu apr\u00e8s la gr\u00e8ve, ne voulant pas c\u00e9der \u00e0 la volont\u00e9 des patrons, ils d\u00e9cident de rester sur Lyon et trouvent un autre boulot, toujours au noir, \u00e0 la maison Coron, rue Godefroy, une teinturerie en couleurs du quartier Morand.<\/p>\n<p>Mais l\u2019emploi au noir cela ne fonctionne pas longtemps, et sans travail, Fran\u00e7ois retourne chez sa m\u00e8re. L\u00e0, il est tr\u00e8s d\u00e9\u00e7u que son amour de jeunesse, une fille de Saint Chamond, qui venait m\u00eame le voir \u00e0 Lyon, d\u00e9cide de se marier avec le fils de son patron. Malgr\u00e9 sa peine, il fait tout pour se faire embaucher et trouve un job de manoeuvre dans la m\u00e9tallurgie, puis dans une teinturerie de sa ville natale, o\u00f9 il a d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre prompt \u00e0 la bagarre et de ne pas vouloir se laisser marcher sur les pieds. Ensuite il a d\u00fb faire maison sur maison \u00e0 cause du manque de travail, revenant trois fois de suite dans la teinturerie Vindrey.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019anarchiste<\/h3>\n<p>A 18 ans, suite \u00e0 la lecture du livre d\u2019Eug\u00e8ne Sue, <i>Le juif errant<\/i> et de l\u2019\u00e9coute d\u2019une conf\u00e9rence de Paule Minck, il laisse compl\u00e8tement tomber la religion. Puis il assiste \u00e0 une conf\u00e9rence donn\u00e9e \u00e0 Saint-Chamond, par Charles Chabert, membre de la premi\u00e8re Internationale, et L\u00e9onie Rouzade, collectiviste, ce qui lui ouvre alors de nouveaux horizons. Il entre dans un cercle d\u2019\u00e9tudes sociales qui se forme dans la ville. Il rencontre Toussaint Bordat, Faure et d\u2019autres qui l\u2019aident \u00e0 clarifier sa pens\u00e9e. Il prend contact avec Louise Michel. Il lit des quotidiens et des brochures anarchistes, collectivistes, des apologies de la commune de Paris de 1871. Il opte alors de fa\u00e7on ferme pour l\u2019anarchie.<\/p>\n<p>Il fait passer des notes \u00e0 ses amis ouvriers. Il \u00e9crit quelques chansons r\u00e9volutionnaires, participe \u00e0 des \u00e9meutes. Il a une soif d\u2019apprendre, et suit des cours du soir de calcul et de chimie. Il tente avec beaucoup de mal de faire des explosifs, de la dynamite. Il est arr\u00eat\u00e9 une premi\u00e8re fois, pour avoir donn\u00e9 du vitriol, puis rel\u00e2ch\u00e9. Chez Vindrey, o\u00f9 il travaille avec son fr\u00e8re, Fran\u00e7ois Ravachol est renvoy\u00e9, ainsi que son fr\u00e8re, par son patron en raison de ses opinions, ayant appris que c\u2019est un anarchiste\u00a0: <i>\u00ab\u00a0il m\u2019avait pris le pain, j\u2019aurais d\u00fb lui prendre la vie\u00a0\u00bb<\/i>. A partir de ce moment-l\u00e0 sa r\u00e9putation est faite, et il lui est pratiquement impossible de retrouver du travail sur Saint Chamond. Cependant il doit faire vivre \u00e0 la maison sa m\u00e8re, son fr\u00e8re, sa s\u0153ur et son neveu, qui vient de na\u00eetre.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Mandrin<\/h3>\n<p>Pour nourrir sa famille, il pratique le braconnage, le vol de volaille, et avec son fr\u00e8re il r\u00e9cup\u00e8re les d\u00e9chets de charbons. Ils finissent par tous d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Saint \u00c9tienne, o\u00f9 l\u00e0 il retrouve du travail ainsi que son fr\u00e8re. Il apprend \u00e0 jouer de l\u2019accord\u00e9on et il va faire danser les jeunes st\u00e9phanois dans les bals du dimanche, car le travail reste tr\u00e8s \u00e9pisodique et on ne voulut pas de lui dans les mines de Saint \u00c9tienne.<\/p>\n<p>A la mani\u00e8re du c\u00e9l\u00e8bre Mandrin il devient contrebandier, en transportant par le tram ou \u00e0 pied, de l\u2019alcool dans des appareils en cahoutchouc qui prennent la forme du corps. Il se lie avec une femme mari\u00e9e, B\u00e9n\u00e9dicte, ce qui lui vaut des relations conflictuelles avec sa m\u00e8re, qu\u2019il ch\u00e9rissait auparavant. Mais une ma\u00eetresse cela co\u00fbte et la contrebande diminuant, il se fait faussaire et l\u2019id\u00e9e du vol en grand lui v\u00eent \u00e0 l\u2019esprit.<\/p>\n<p>En mai 1891, Ravachol profane la tombe de la baronne de Rochetaill\u00e9e r\u00e9cemment inhum\u00e9e \u00e0 St Jean Bonnefond dans l\u2019espoir, d\u00e9\u00e7u, de d\u00e9rober quelques bijoux, puis il cambriole la maison d\u2019un riche commer\u00e7ant st\u00e9phanois. Mais c\u2019est l\u2019affaire du meurtre de l\u2019ermite qui allait d\u00e9frayer la chronique.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019ermite \u00e9touff\u00e9<\/h3>\n<p>Jacques Brunet, homme d\u2019\u00e9glise alors \u00e2g\u00e9 de 96 ans vivait en ermite dans le hameau de Notre Dame de Gr\u00e2ce sur la commune de Chambles.<\/p>\n<figure class=\"spip_document_5815 spip_documents spip_documents_right\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 7.4\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/ErmitageNotreDameDeGraces.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L245xH111\/ErmitageNotreDameDeGraces-37d2f-94a0a.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 7.4\u00a0ko\" width=\"245\" height=\"111\" \/><\/a><\/div><figcaption>\n<div class=\"crayon document-descriptif-5815 spip_doc_descriptif\">Ermitage dans le hameau Notre Dame de Gr\u00e2ce \u00e0 Chambles<\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une rumeur qui s\u2019av\u00e9ra exacte disait qu\u2019il poss\u00e9dait une petite fortune cach\u00e9e dans sa modeste maison. Le 18 Juin 1891 Ravachol lui rend visite en escaladant l\u2019ermitage et l\u2019\u00e9touffe en lui mettant un mouchoir dans la gorge, avant de s\u2019emparer du magot, estim\u00e9 \u00e0 25.000 francs, cach\u00e9 partout dans la maison.<\/p>\n<p>Il revient \u00e0 Saint Etienne mais sa description est indiqu\u00e9e par un cocher aux enqu\u00eateurs, car il fait plusieurs allers-retours. Le 27 juin il est arr\u00eat\u00e9 non sans mal par le commissaire Teychen\u00e9, il se met \u00e0 vocif\u00e9rer qu\u2019il va \u00ab\u00a0exterminer toute la police pour rendre service \u00e0 l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb. Les mains enchain\u00e9es, Ravachol parvient pourtant \u00e0 s\u2019enfuir au d\u00e9tour d\u2019un chemin\u00a0! Suite \u00e0 cette invraisemblable \u00e9vasion, son signalement est t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9 \u00e0 toutes les polices de France pendant qu\u2019il se planque tranquillement chez un ami \u00e0 Saint \u00c9tienne dans le quartier de Monthieu.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire de l\u2019activisme anarchiste, Ravachol reste une r\u00e9f\u00e9rence, mais le meurtre de l\u2019ermite de Chambles ent\u00e2che son image et avait d\u00e9clench\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque des d\u00e9bats passionn\u00e9s. Dans un meeting \u00e0 Saint \u00c9tienne le 28 d\u00e9cembre 1891, S\u00e9bastien Faure regretta que le meurtre du vieil ermite par Ravachol jetait la d\u00e9consid\u00e9ration sur le mouvement.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">La fuite chez des amis anarchistes<\/h3>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, un message \u00e9crit par Ravachol f\u00fbt retrouv\u00e9 dans une veste abandonn\u00e9e \u00e0 Lyon \u00e0 la gare de Perrache. Il annon\u00e7ait son d\u00e9sir de mettre fin \u00e0 ses jours pour \u00ab\u00a0ne pas servir de jouet \u00e0 la police bourgeoise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, \u00e0 Saint Etienne, Mme\u00a0Marcon, 76 ans et sa fille qui tenaient un petit commerce de quincaillerie \u00e9taient d\u00e9couvertes assassin\u00e9es \u00e0 coups de marteau. Ses crimes rappel\u00e8rent le double meurtre \u00e0 la hache d\u2019Izieux cinq ans plus t\u00f4t, les victimes \u00e9taient Marie-Jean Rivollier et sa servante Fran\u00e7oise Fradel. Les soup\u00e7ons se port\u00e8rent \u00e0 nouveau sur Ravachol, mais il ne reconnut jamais ces crimes qu\u2019on ne peut pas r\u00e9ellement lui imputer.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0suicid\u00e9 de Lyon\u00a0\u00bb est bien vivant. Mais alors qu\u2019on veut coller sur le dos de Ravachol d\u2019autres crimes, en fait il s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 en Espagne \u00e0 Barcelone et vit avec un autre anarchiste st\u00e9phanois, Paul Bernard, condamn\u00e9 par contumace \u00e0 Montbrison. Celui ci passe son temps avec d\u2019autres, notamment Scharrini et Hugas soup\u00e7onn\u00e9s dans un attentat sanglant \u00e0 Paris, \u00e0 fabriquer des bombes. Se sachant menac\u00e9 par la police espagnole, Ravachol regagne la France et Paris tandis que certains de ses complices dans le recel de l\u2019argent de l\u2019ermite de Chambles sont condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">Les attentats parisiens<\/h3>\n<figure class=\"spip_document_5820 spip_documents spip_documents_left\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 9.2\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/Ravachol2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L135xH182\/Ravachol2-37e13-542f6.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 9.2\u00a0ko\" width=\"135\" height=\"182\" \/><\/a><\/div><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<p>Ravachol apparut \u00e0 Saint-Denis en juillet 1891. Il se nomme d\u00e9sormais L\u00e9on L\u00e9ger et mitonne dans ses \u00ab\u00a0marmites\u00a0\u00bb ce qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0la mort aux rats pour bourgeois\u00a0\u00bb. Il y a en effet des choses qui le r\u00e9voltent, comme la r\u00e9pression destin\u00e9e aux communards, qui dure depuis l\u2019insurrection de la Commune de Paris de 1871, mais aussi deux \u00e9v\u00e8nements\u00a0: l\u2019affaire de Fourmies et l\u2019affaire de Clichy. Le 1er mai 1891, \u00e0 Fourmies, une manifestation se d\u00e9roule pour obtenir les journ\u00e9es de travail de huit heures, des affrontements ont lieu, les agents de la Police tirent sur la foule, cela se solde par neuf morts, dont des femmes et des enfants, parmi les manifestants. Et le m\u00eame jour, \u00e0 Clichy, dans un d\u00e9fil\u00e9 o\u00f9 prennent part des anarchistes, des incidents graves \u00e9clatent, et trois anarchistes, Decamps, Dardare, et L\u00e9veill\u00e9, sont amen\u00e9s au commissariat, ils y sont interrog\u00e9s, et violent\u00e9s avec coups et blessures. Un proc\u00e8s s\u2019ensuit, o\u00f9 ce sont eux trois qui sont accus\u00e9s d\u2019avoir tir\u00e9 sur des policiers\u00a0! Deux des trois anarchistes sont condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison ferme. Cette affaire a beaucoup \u00e9branl\u00e9 les milieux libertaires.<\/p>\n<p>Pour venger les compagnons anarchistes condamn\u00e9s, Ravachol songe d\u2019abord, avec ses amis, \u00e0 faire sauter le commissariat de Clichy et le 7 mars 1892, les voil\u00e0 qui emportent une marmite charg\u00e9e d\u2019une cinquantaine de cartouches de dynamite et de d\u00e9bris de fer en guise de mitraille\u00a0; mais le projet avorte en raison des difficult\u00e9s d\u2019approche. Ils d\u00e9cident alors de s\u2019attaquer, le 11 mars, au conseiller Beno\u00eet qui pr\u00e9sida les assises lors de la condamnation de Decamps et Dardare. Ce juge Beno\u00eet habite au 136, boulevard Saint Germain \u00e0 Paris. Ravachol d\u00e9pose la marmite au 2\u00e8me \u00e9tage et allume la m\u00e8che. La projection de mitraille fit d\u2019effrayant ravages, mais il n\u2019y eut toutefois qu\u2019un seul bless\u00e9.<\/p>\n<p>La police sur les dents finit par arr\u00eater Chaumartin et Simon Charles, et d\u2019autres complices de Ravachol, le 17 mars. Quant \u00e0 Ravachol, il put d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 temps et alla habiter Saint-Mand\u00e9. Il r\u00e9plique alors le 27 mars en faisant sauter l\u2019immeuble du substitut Bulot, le procureur qui avait requis la peine de mort au cours de ce m\u00eame proc\u00e8s, demeurant au 39, rue de Clichy. Ravachol abandonne sur le palier une valise contenant un engin qu\u2019il bourra de 120 cartouches de dynamite. Une d\u00e9tonation effrayante retentit et l\u2019immeuble fut ravag\u00e9 jusqu\u2019en ses fondements. Par miracle, il n\u2019y eut que sept bless\u00e9s et des d\u00e9g\u00e2ts consid\u00e9rables. La presse donne de larges \u00e9chos de son signalement, le nom de Ravachol et sa photo sont d\u00e9sormais connus de tous.<\/p>\n<h3 class=\"spip\">L\u2019arrestation<\/h3>\n<figure class=\"spip_document_5817 spip_documents spip_documents_center\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 42.2\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/RavacholArrestationParis.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L383xH428\/RavacholArrestationParis-bab63-5afda.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 42.2\u00a0ko\" width=\"383\" height=\"428\" \/><\/a><\/div><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<p>Or son comportement pour le moins en dilettante devait causer sa perte. Alors que trois jours plus tard, le 30 mars, il d\u00eenait au restaurant V\u00e9ry, au 24, boulevard Magenta, \u00e0 Paris, il ne p\u00fbt s\u2019emp\u00eacher de proclamer haut et fort son ex\u00e9cration de la soci\u00e9t\u00e9\u2026 et le gar\u00e7on de salle, qui l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9r\u00e9, car il avait mang\u00e9 ici le jour de l\u2019explosion, le d\u00e9nonce \u00e0 son patron. La police, alert\u00e9e, arr\u00eata, non sans mal, Ravachol que dix hommes suffirent \u00e0 peine \u00e0 ma\u00eetriser.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 sa comparution devant les assises, soit pendant un mois environ, trois inspecteurs le surveill\u00e8rent jour et nuit. Ils observ\u00e8rent ses faits et gestes, et r\u00e9dig\u00e8rent, au d\u00e9but, des rapports en enregistrant toutes ses paroles.<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[2]<\/span><\/p>\n<figure class=\"spip_document_5818 spip_documents spip_documents_left\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 13.7\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/RavacholExplosionRestaurantVery.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L260xH188\/RavacholExplosionRestaurantVery-c6b36-2ebc6.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 13.7\u00a0ko\" width=\"260\" height=\"188\" \/><\/a><\/div><figcaption>\n<div class=\"crayon document-descriptif-5818 spip_doc_descriptif\">Apr\u00e8s l\u2019explosion du restaurant V\u00e9ry<\/div>\n<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le 25 avril, alors que Ravachol est sous les verrous, c\u2019est le restaurant V\u00e9ry qui saute. La bombe a fait deux morts dont le patron d\u00e9nonciateur qui est d\u00e9chiquet\u00e9. <i>\u00ab\u00a0V\u00e9ryfication\u00a0\u00bb<\/i> dira <i>Le P\u00e8re Peinard<\/i>.<\/p>\n<p>Le 26 avril, pendant le proc\u00e8s de celui qui se proclame justicier de la cause anarchiste, devant la cour d\u2019assises de Paris, il compara\u00eet en un Palais de justice gard\u00e9 comme s\u2019il devait soutenir un \u00e9tat de si\u00e8ge. \u00c0 l\u2019issue des d\u00e9bats, furent seuls condamn\u00e9s Simon et Ravachol \u00e0 qui on infligea les travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p><i>En attendant les chansonniers de rue s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie\u00a0:<\/i><\/p>\n<p><i> <\/i><i><br class=\"manualbr\" \/>\u00ab\u00a0Il s\u2019appelle Ravachol<br class=\"manualbr\" \/>Est n\u00e9 \u00e0 Saint Chamond<br class=\"manualbr\" \/>Petite ville en somme<br class=\"manualbr\" \/>Dont il f\u00eet le renom<br class=\"manualbr\" \/>Paris la grande ville<br class=\"manualbr\" \/>F\u00fbt bien vite \u00e9prouv\u00e9e <br class=\"manualbr\" \/>Avec la dynamite.<br class=\"manualbr\" \/>Il voulait tout faire sauter\u2026\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<h3 class=\"spip\">La guillotine \u00e0 Montbrison<\/h3>\n<p>Ravachol f\u00fbt transf\u00e9r\u00e9 vers Saint \u00c9tienne pour r\u00e9pondre de trois autres crimes dont celui de l\u2019ermite. A son arriv\u00e9e 500 personnes l\u2019attendent, beaucoup l\u2019acclament, des dizaines de policiers et gendarmes sont pr\u00e9sents. Il est ensuite transf\u00e9r\u00e9 vers Montbrison qui est presqu\u2019en \u00e9tat de si\u00e8ge, o\u00f9 se trouve la cour d\u2019assises de la Loire.<\/p>\n<p>Ravachol fut tout autant courageux et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce proc\u00e8s de Montbrison qu\u2019\u00e0 celui de la cour d\u2019assises de Paris. Le 21 juin 1892, s\u2019il a reconnu le meurtre de l\u2019ermite, des doutes s\u00e9rieux demeurent quant aux meurtres au marteau et \u00e0 la hache, qu\u2019il nie totalement, mais, cette fois-ci, \u00e0 Montbrison, Ravachol est condamn\u00e9 \u00e0 mort par la cour d\u2019assises. A l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du verdict, Ravachol se contente de dire <i>\u00ab\u00a0Vive l\u2019Anarchie\u00a0!\u00a0\u00bb<\/i>.<\/p>\n<p>Le 11 Juillet 1892, dans sa trente-troisi\u00e8me ann\u00e9e, Ravachol monte sur l\u2019\u00e9chafaud en chantant. Le couperet interrompt ses derniers mots <i>\u00ab\u00a0Vive la r\u00e9v\u2026\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<figure class=\"spip_document_5821 spip_documents spip_documents_center\">\n<div class=\"limage\"><a title=\"JPEG - 22.5\u00a0ko\" href=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/IMG\/jpg\/RavacholGuillotine.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" photoshow\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L340xH229\/RavacholGuillotine-5d520-b7257.jpg?1479819044\" alt=\"JPEG - 22.5\u00a0ko\" width=\"340\" height=\"229\" \/><\/a><\/div><figcaption><\/figcaption><\/figure>\n<p>Epilogue\u00a0:<br class=\"manualbr\" \/>Le 9 d\u00e9cembre 1893, Auguste Vaillant jette une bombe \u00e0 Paris, \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, pour le venger. Et le 24 juin 1894, c\u2019est Santo Caserio qui poignarde mortellement \u00e0 Lyon le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Sadi Carnot, et le lendemain sa veuve re\u00e7oit une photo de Ravachol et ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Il est bien veng\u00e9\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"clearfix\"><\/div>\n<div class=\"ps\">\n<h2>P.-S.<\/h2>\n<div class=\"crayon article-ps-3993 \">\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5g_WL2XZ3LU&amp;list=PLF4uYz6HuuQ8VQT-KCYQmMxnxQSkXLwCC\">texte et chansons<\/a><\/p>\n<p><strong>Sources<\/strong><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"puce\" src=\"https:\/\/rebellyon.info\/home\/chroot_ml\/ml-lyon\/ml-lyon\/public_html\/local\/cache-vignettes\/L8xH11\/puce-32883.gif?1457307217\" alt=\"-\" width=\"8\" height=\"11\" \/>\u00a0Livre de Jean Maitron, <i>Ravachol et les anarchistes<\/i>, Gallimard, coll. \u00ab\u00a0Folio-Histoire\u00a0\u00bb, 1992<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"notes\">\n<h2 class=\"h2\">Notes<\/h2>\n<p>(1)Ravachol &#8211; un saint nous est n\u00e9 !<\/p>\n<div class=\"ProductSummary-subTitle\">Philippe Oriol (textes pr\u00e9sent\u00e9s et choisis par)<\/div>\n<div id=\"nb1\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[2]\u00a0<\/span>Cette d\u00e9claration qui parut dans <i>La R\u00e9volte<\/i> n\u00b040 (1-7 juillet 1892) et <i>Le P\u00e8re Peinard<\/i> n\u00b0172 du 3-10 juillet 1892, a \u00e9t\u00e9 reprise par <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/infokiosques.net\/imprimersans2.php?id_article=10\" rel=\"external\">Zanzara ath\u00e9e<\/a> sur le site <i>Infokiosques.net<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb2\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[3]\u00a0<\/span><i>C\u2019est ainsi que toute sa biographie, jusqu\u2019\u00e0 son passage \u00e0 Lyon o\u00f9 il nous fait croire qu\u2019il s\u2019est suicid\u00e9, est rapport\u00e9e par lui-m\u00eame. Les paroles-m\u00eames de Ravachol se retrouvent dans le livre de Maitron.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>rebellyon.info \u00ab\u00a0Si tu veux \u00eatre heureux, nom de dieu\u00a0!Pends ton propri\u00e9taire,Coupe les cur\u00e9s en deux, nom de dieu\u00a0!Fous les \u00e9glises par terre..\u00a0\u00bb Chant\u00e9 par Ravachol avant de passer sur l\u2019\u00e9chafaud&#8230; Fran\u00e7ois Ko\u00ebnigstein-Ravachol est n\u00e9 le 14 octobre 1859 \u00e0 Saint-Chamond et mort guillotin\u00e9 le 11 juillet 1892 \u00e0 Montbrison. D\u00e9claration de Ravachol Ce texte clair, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-9109","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9109","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9109"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9111,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9109\/revisions\/9111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}