{"id":8884,"date":"2017-06-12T12:10:38","date_gmt":"2017-06-12T10:10:38","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=8884"},"modified":"2017-06-12T12:10:38","modified_gmt":"2017-06-12T10:10:38","slug":"misere-du-subversivisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=8884","title":{"rendered":"Mis\u00e8re du \u00ab subversivisme \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"texte\">\n<blockquote class=\"spip\"><p>re\u00e7u par mail:<a href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630\">http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630<\/a><\/p>\n<p><strong> COMIT\u00c9 INVISIBLE<br \/>\n<i>MAINTENANT<\/i><br \/>\nParis, La Fabrique, 2017, 160 p.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui s\u2019est pass\u00e9 au printemps 2016 en France n\u2019\u00e9tait pas un mouvement social, mais un conflit politique au m\u00eame titre que 1968\u00a0\u00bb (p. 60). Fanion nostalgique, la phrase claque au vent, comme sentence, pour finir par flotter, comme \u00e9vidence, sur une subjectivit\u00e9 r\u00e9solument assum\u00e9e qui n\u2019a rien \u00e0 justifier de cette curieuse comparaison. Tout est dans la suite\u00a0: \u00ab\u00a0Cela se rep\u00e8re, nous dit-on, \u00e0 ses effets, aux irr\u00e9versibilit\u00e9s qu\u2019il a produites, aux vies qu\u2019il a fait bifurquer, aux d\u00e9sertions qu\u2019il a d\u00e9termin\u00e9es, \u00e0 la sensibilit\u00e9 commune qui s\u2019affirme depuis lors dans toute une partie de la jeunesse, et au-del\u00e0. Une g\u00e9n\u00e9ration pourrait bel et bien se rendre ingouvernable.\u00a0\u00bb Ces voyants-l\u00e0 ne voient que ce qu\u2019ils veulent voir\u00a0: un monde qui s\u2019inventerait, dans les d\u00e9combres du n\u00e9gatif, au pas de course des \u00ab\u00a0\u00e9meutiers\u00a0\u00bb d\u2019un printemps h\u00e9ro\u00efs\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019enflure.<\/p>\n<p>On ne niera pas que ce \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019invisibilit\u00e9 relative est dou\u00e9 d\u2019un certain savoir-faire. Il a fr\u00e9quent\u00e9 les textes des ma\u00eetres anciens, appris quelques techniques basiques de disqualification, cultiv\u00e9 ses fascinations pour le d\u00e9bordement, mix\u00e9 ses apports sur la destitution, r\u00e9duit le tout \u00e0 la portion congrue de cette basse \u00e9poque \u00ab\u00a0fragment\u00e9e\u00a0\u00bb et vendu sa seyante prose avec le succ\u00e8s qu\u2019on sait. Dans les \u00ab\u00a0open space\u00a0\u00bb du commentaire chic, <i>L\u2019insurrection qui vient<\/i> (2007) et <i>\u00c0 nos amis<\/i> (2014) suscit\u00e8rent une curiosit\u00e9 (litt\u00e9raire) \u00e9vidente mais de mauvais pr\u00e9sage quand on sait la nullit\u00e9 critique de ce petit monde. Dans les coursives de la \u00ab\u00a0radicalit\u00e9\u00a0\u00bb choc, prompte \u00e0 se chercher des manageurs conceptuels, l\u2019enthousiasme fut, lui, majeur, ce qui n\u2019est somme toute pas \u00e9tonnant quand on conna\u00eet l\u2019imaginaire qui la nourrit \u2013 et qui l\u2019emp\u00eachera toujours d\u2019envisager que l\u2019activisme sans autre cause que la sienne propre n\u2019est que l\u2019autre face du spectacle, son grotesque contrepoint, sa pantomime.<\/p>\n<p><i>Ab initio<\/i>, l\u2019affaire sembla, pour nous, entendue. Le temps le confirma\u00a0: sur le toboggan vertigineux de la confusion contemporaine, cette prose \u00e0 gicl\u00e9e fixe, d\u00e9clin\u00e9e comme une s\u00e9rie \u00e0 saisons, nous laissa les yeux vides et l\u2019esprit distrait. Elle ne cultivait, avec grandiloquence, que la pose. Qu\u2019elle e\u00fbt des adeptes, esth\u00e9tiques ou fr\u00e9n\u00e9tiques, ne nous \u00e9tonna pas. Dans un monde o\u00f9 tout est d\u00e9construit des anciens rep\u00e8res de la pens\u00e9e et de l\u2019action, le quelconque devient valeur d\u2019usage. Et le succ\u00e8s s\u2019impose, qui sanctifie ce trait d\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Naturellement, la question se pose du pourquoi s\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette troisi\u00e8me saison alors que les deux premi\u00e8res nous ont laiss\u00e9s de marbre\u00a0? Les raisons sont de deux types\u00a0: la premi\u00e8re, c\u2019est que nous avons nous-m\u00eames, directement ou indirectement, tent\u00e9 d\u2019analyser les limites de ce curieux printemps 2016<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh1\" class=\"spip_note\" title=\"Voir \u00ab Un printemps en France ? \u00bb, texte de Temps critiques repris sur notre\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nb1\" rel=\"footnote\">1<\/a>]<\/span>\u00a0; la seconde, c\u2019est que la mani\u00e8re purement avant-gardiste dont les experts du \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb jugent de sa faillite atteste, d\u2019une part, d\u2019une arrogante courte vue dans l\u2019expos\u00e9 des motifs et r\u00e9v\u00e8le, de l\u2019autre, une path\u00e9tique pr\u00e9disposition \u00e0 faire du geste \u00e9meutier la seule r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 laquelle devrait dor\u00e9navant se mesurer la justesse d\u2019un combat. D\u2019o\u00f9 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab\u00a068\u00a0\u00bb\u2026 ou plut\u00f4t \u00e0 ses suites, son automne infini, derni\u00e8re saison avant l\u2019hiver des illusions et des renoncements.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_1275 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/IMG\/jpg\/vig.9b-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/acontretemps.org\/local\/cache-vignettes\/L53xH68\/vig.9b-3-312f4.jpg\" alt=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" width=\"53\" height=\"68\" \/><\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<p>\u00ab\u00a0Les corps sont devant les \u00e9crans\u00a0\u00bb (p. 7)\u2026 Autrement dit, la r\u00e9volution attendrait qu\u2019on la pousse, mais les corps manqueraient. \u00c7a commence comme \u00e7a. Mal. Par un constat qu\u2019on suppose axiomatique, mais qui ne fonctionne pas. Car, d\u00e9sormais, les corps ne sont pas seulement devant les \u00e9crans, mais dans le spectacle, \u00e0 leur place, y compris quand ils s\u2019agitent en t\u00eate des cort\u00e8ges, cort\u00e8ges que plus aucun appareil de contr\u00f4le ne contr\u00f4le r\u00e9ellement, c\u2019est-\u00e0-dire physiquement. D\u2019o\u00f9 cet espace ouvert aux apparences o\u00f9 se joue le grand jeu des fantasmagories. D\u2019o\u00f9, du m\u00eame coup, la difficult\u00e9 \u00e0 saisir ce mouvement de balancier entre une offensive qui refuse l\u2019affrontement et une retenue qui ne condamne pas l\u2019acte de la pseudo-\u00e9meute. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, des \u00ab\u00a0\u00e9meutiers\u00a0\u00bb extatiques s\u2019adonnant, \u00e0 grandes lamp\u00e9es de <i>selfies<\/i>, \u00e0 l\u2019autoc\u00e9l\u00e9bration de leur propre importance iconique\u00a0; de l\u2019autre, des manifestants th\u00e9oriquement pacifiques captant fr\u00e9n\u00e9tiquement des images de casse pour les envoyer aux copains. En clair, il suffisait de voir pour comprendre que les corps \u00e9taient bien devant les \u00e9crans, mais au c\u0153ur du spectacle. Et, accessoirement, pour se convaincre que, \u00ab\u00a0dans le monde <i>r\u00e9ellement renvers\u00e9<\/i>, le vrai est un moment du faux\u00a0\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh2\" class=\"spip_note\" title=\"Guy Debord, La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle, Folio Gallimard, p. 19.\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nb2\" rel=\"footnote\">2<\/a>]<\/span>.<\/p>\n<p>Si le mouvement du printemps 2016 ne d\u00e9borda jamais de son impuissance, c\u2019est cette incapacit\u00e9 qui fait, nous semble-t-il, question \u2013 et \u00e0 tous les niveaux d\u2019un dispositif o\u00f9 les manifestations, leurs \u00ab\u00a0cort\u00e8ges de t\u00eate\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Nuit debout\u00a0\u00bb pari\u00e8rent, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, sur sa suppos\u00e9e dynamique. L\u00e0, pourtant, n\u2019est pas le sujet du \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb, qui s\u2019en tient, de mani\u00e8re toujours subjectivement assum\u00e9e, \u00e0 une certaine \u00ab\u00a0perception\u00a0\u00bb qu\u2019il a \u00ab\u00a0du monde\u00a0\u00bb, son monde (p. 12). Visiblement, ce mouvement ne l\u2019int\u00e9resse, sur ses marges, que comme \u00e9l\u00e9ment de l\u00e9gitimation de sa propre strat\u00e9gie discursive d\u00e9clin\u00e9e de livre en livre. Dit autrement, il ne s\u2019agit pas, pour \u00ab\u00a0le comit\u00e9\u00a0\u00bb, de capter ce qui, peut-\u00eatre, fit sa singularit\u00e9 \u2013 limit\u00e9e, mais r\u00e9elle \u2013 de mise en branle d\u2019une r\u00e9sistance, mais d\u2019int\u00e9grer \u00e0 son imaginaire \u00ab\u00a0insurrectionnaliste\u00a0\u00bb ce qui, en son sein, peut l\u2019alimenter. Trop autocentr\u00e9e pour \u00eatre honn\u00eate, la d\u00e9marche appara\u00eet surtout r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019une \u00ab\u00a0radicalit\u00e9\u00a0\u00bb si entich\u00e9e d\u2019elle-m\u00eame que sa \u00ab\u00a0perception\u00a0\u00bb du monde ne saurait \u00eatre invalid\u00e9e par aucune d\u00e9faite, m\u00eame instructive. Si, plus qu\u2019un sens, les mots ont une fonction, pour \u00ab\u00a0le comit\u00e9\u00a0\u00bb, c\u2019est de faire le\u00e7on au \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb manquant, aux syndiqu\u00e9s, \u00e0 ceux \u00ab\u00a0qui go\u00fbtent autour d\u2019un canon de rouge le plaisir amer d\u2019\u00eatre toujours d\u00e9faits\u00a0\u00bb (p. 13), aux \u00ab\u00a0esprits rationnels\u00a0\u00bb, aux \u00ab\u00a0angoiss\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00e0 ceux qui \u00ab\u00a0ont choisi de sauter du train, mais [qui] se tiennent sur le marchepied\u00a0\u00bb (p. 17), \u00e0 tous ceux qui furent l\u00e0, mais comme morts. Ce l\u00e9ninisme du verbe, \u00ab\u00a0le comit\u00e9\u00a0\u00bb le pratique avec cette morgue si caract\u00e9ristique de l\u2019avant-garde. S\u00fbr d\u2019avoir appris des situationnistes l\u2019art de d\u00e9plaire, il n\u2019en a retenu que ce qu\u2019il pouvait recycler, stylistiquement, comme proc\u00e9d\u00e9\u00a0: une forme sans fond o\u00f9 le sens de la formule dissimule \u00e0 peine, pour qui sait lire, un aristocratisme de la pire esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Donc l\u2019\u00e9meute\u00a0: les \u00ab\u00a0vivants\u00a0\u00bb d\u2019un c\u00f4t\u00e9\u00a0; les mort-vivants de l\u2019autre&#8230; Le \u00ab\u00a0subversivisme\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9poque fonde sa ligne sur son culte r\u00e9it\u00e9r\u00e9. D\u00e9finie comme \u00ab\u00a0intelligente\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire capable, <i>\u00ab\u00a0d\u2019un m\u00eame geste\u00a0\u00bb<\/i>, de \u00ab\u00a0d\u00e9sertion\u00a0\u00bb et d\u2019 \u00ab\u00a0attaque\u00a0\u00bb, d\u2019 \u00ab\u00a0\u00e9laboration\u00a0\u00bb (le \u00ab\u00a0graffiti\u00a0\u00bb) et de \u00ab\u00a0saccage\u00a0\u00bb (la destruction du symbolique publicitaire-marchand) (p. 85), cette \u00e9meute tant vant\u00e9e rel\u00e8ve d\u2019un corps-\u00e0-corps sans frottement, d\u2019une dialectique de l\u2019avanc\u00e9e et de l\u2019esquive, de la construction d\u2019un monde r\u00e9duit \u00e0 une zone d\u2019autonomie temporaire o\u00f9 tout est possible dans l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u2019un instant. N\u2019ayant d\u2019autre but que de tenir l\u2019espace du conflit, comme \u00ab\u00a0Nuit debout\u00a0\u00bb tenait la place, le principal caract\u00e8re de ce simulacre d\u2019\u00e9meute, fougueusement ritualis\u00e9, est de faire spectacle et, ce faisant, de substituer une impuissance singuli\u00e8re \u00e0 l\u2019impuissance g\u00e9n\u00e9rale. En s\u2019inventant un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me, en somme, au pr\u00e9texte que le \u00ab\u00a0parti de la rue\u00a0\u00bb serait \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb (p.63). Mais tout, c\u2019est quoi\u00a0? Pr\u00e9cis\u00e9ment quoi\u00a0? D\u2019un c\u00f4t\u00e9, nous f\u00fbmes en pr\u00e9sence, en ce printemps d\u2019intensit\u00e9 somme toute variable, d\u2019une d\u00e9rive pseudo-\u00e9meuti\u00e8re cantonn\u00e9e, et c\u2019est heureux, \u00e0 l\u2019\u00e9vitement, au refus de l\u2019affrontement et \u00e0 la th\u00e9\u00e2tralisation. De l\u2019autre, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ordre, \u00e0 la mise en place d\u2019une technique de contr\u00f4le d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e ailleurs \u2013 la \u00ab\u00a0nasse\u00a0\u00bb \u2013 suffisamment efficace, non seulement pour isoler les \u00ab\u00a0\u00e9meutiers\u00a0\u00bb, mais pour pr\u00e9venir les mort-vivants de l\u2019arri\u00e8re que le jeu devait cesser. Et il cessa avec cette path\u00e9tique d\u00e9monstration de juin o\u00f9, encadr\u00e9s comme jamais, des manifestants ravalant leur honte tourn\u00e8rent en rond autour de leur impuissance en arpentant tristement un parcours ultra-fliqu\u00e9 et nettoy\u00e9 de tout incontr\u00f4lable. Une humiliation finale.<\/p>\n<p>Alors\u00a0? Alors, \u00ab\u00a0le comit\u00e9\u00a0\u00bb l\u2019affirme\u00a0: \u00ab\u00a0Le long printemps fran\u00e7ais de 2016 aura \u00e9tabli cette \u00e9vidence\u00a0: l\u2019\u00e9meute, le blocage et l\u2019occupation forment la grammaire politique <i>\u00e9l\u00e9mentaire<\/i> de l\u2019\u00e9poque\u00a0\u00bb (p. 31). Admettons l\u2019\u00e9vidence, en se m\u00e9fiant des pr\u00e9suppos\u00e9s qui la fonde. Admettons, de m\u00eame, que ce code grammatical m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre d\u00e9clin\u00e9 autrement que comme consigne. Admettons surtout que, quelle que soit l\u2019acuit\u00e9 du d\u00e9sir des \u00ab\u00a0vivants\u00a0\u00bb, le blocage et l\u2019occupation ne se commandent pas davantage que l\u2019\u00e9meute. Ajoutons-y que la caract\u00e9risation de ce mouvement comme \u00ab\u00a0une suite ininterrompue de d\u00e9bordements\u00a0\u00bb (p. 61) est l\u00e9gitimante, mais sujette \u00e0 caution, surtout quand ce d\u00e9bordement inclut, malgr\u00e9 les critiques pas toujours justes qu\u2019on lui adresse, \u00ab\u00a0Nuit debout\u00a0\u00bb et m\u00eame les hardis c\u00e9g\u00e9tistes de Douai-Armenti\u00e8res ou du Havre \u2013 ce qui ne va pas sans quelque ind\u00e9cence quand, page apr\u00e8s page, on s\u2019est employ\u00e9 \u00e0 renvoyer le \u00ab\u00a0Travailleur\u00a0\u00bb (avec majuscule) et son obsolescente lutte de classe au mus\u00e9e des antiquit\u00e9s. Une fois cela admis ou pr\u00e9cis\u00e9, tout reste \u00e0 dire des intentions.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_1275 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/IMG\/jpg\/vig.9b-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/acontretemps.org\/local\/cache-vignettes\/L53xH68\/vig.9b-3-312f4.jpg\" alt=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" width=\"53\" height=\"68\" \/><\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Quand on s\u2019abandonne par trop au \u00ab\u00a0contemplatif\u00a0\u00bb, au \u00ab\u00a0sublime\u00a0\u00bb et \u00e0 la \u00ab\u00a0subjectivit\u00e9\u00a0\u00bb, toujours vient un temps o\u00f9 \u00ab\u00a0la mystique se d\u00e9grade en <i>bluff<\/i>\u00a0\u00bb<span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh3\" class=\"spip_note\" title=\"Internationale situationniste, La V\u00e9ritable Scission, Fayard, 1998, p.\u00a0(...)\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nb3\" rel=\"footnote\">3<\/a>]<\/span>. C\u2019est ce que Debord reprocha, en son temps et non sans raison, \u00e0 Vaneigem. Il y de cela dans le proph\u00e9tisme de bazar de <i>Maintenant<\/i>\u00a0: la v\u00e9h\u00e9mence des jugements qu\u2019il \u00e9met est \u00e0 l\u2019exacte mesure du creux des analyses qu\u2019il produit et des penchants qui la porte. Si la dialectique peut casser des briques en carton-p\u00e2te, le \u00ab\u00a0subversivisme\u00a0\u00bb contemporain ne casse pas trois pattes \u00e0 un canard. Dans l\u2019esprit du temps, il en cultive les mantras\u00a0: l\u2019\u00e9ternel pr\u00e9sent \u2013 \u00ab\u00a0Il n\u2019y a jamais eu, il n\u2019y a et il n\u2019y aura jamais que du maintenant\u00a0\u00bb (p. 16)\u00a0; la confusion des sentiments \u2013 \u00ab\u00a0S\u2019organiser v\u00e9ritablement n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 autre chose que s\u2019aimer\u00a0\u00bb (p. 47)\u00a0; le nihilisme \u2013 \u00ab\u00a0La perte de tout espoir fonde aussi bien la condition de la pure r\u00e9volte \u2013 celle qui ne cherche plus d\u2019appui dans ce qu\u2019elle nie et ne s\u2019autorise que d\u2019elle-m\u00eame\u00a0\u00bb (p. 110)\u00a0; le jeunisme \u2013 \u00ab\u00a0Ne dites plus \u201cLes jeunes ne croient plus en rien.\u201d Dites\u00a0: \u201cMerde\u00a0! Ils ne gobent plus nos mensonges\u201d\u00a0\u00bb (p. 10)\u00a0; un certain relativisme \u2013 \u00ab\u00a0Il faut tordre le coup au sens commun\u00a0: les v\u00e9rit\u00e9s sont multiples, mais le mensonge est un, car il est universellement ligu\u00e9 contre la moindre petite v\u00e9rit\u00e9 qui fait surface\u00a0\u00bb (p. 12). On pourrait encore citer, comme gages d\u2019une certaine ad\u00e9quation \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les allusions \u00e0 <i>South Park<\/i>, \u00e0 <i>Koh-Lanta<\/i> ou aux \u00ab\u00a0<i>punchline<\/i> de rappeurs\u00a0\u00bb et la qualification de \u00ab\u00a0tags\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer les graffitis primairement imaginatifs de ce printemps de la jeunesse \u00ab\u00a0ingouvernable\u00a0\u00bb. <i>Maintenant<\/i>, c\u2019est <i>comme \u00e7a<\/i>\u2026<\/p>\n<p>Sur le fond, l\u2019inspiration dudit \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb peut appara\u00eetre diversifi\u00e9e. On y trouve un renvoi \u00e0 la revue <i>Invariance<\/i>, au <i>Livre des Psaumes<\/i> et, en plus des in\u00e9vitables Foucault, Deleuze et Lyotard, des citations, des r\u00e9f\u00e9rences au jeune Luk\u00e1cs, \u00e0 Walter Benjamin, \u00e0 Alberto Caeiro (h\u00e9t\u00e9ronyme de Fernando Pessoa) et \u00e0 Franco Fortuni. Jamais cit\u00e9 mais immens\u00e9ment pr\u00e9sent, le tr\u00e8s prolifique Giorgio Agamben demeure, cela dit, la principale source d\u2019inspiration du \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb. Au point que tout ce qui, dans ce <i>Maintenant<\/i>, peut faire illusion de nouveaut\u00e9 ou d\u2019originalit\u00e9 est emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019auteur d\u2019<i>Homo Sacer<\/i> (et, plus occasionnellement, \u00e0 Paolo Virno, lui non plus jamais cit\u00e9). <i>Corps, fragmentation, \u00eatres vivants, destitution, exode, d\u00e9sertion<\/i>\u00a0: autant de pi\u00e8ces provenant du m\u00eame agencement conceptuel et remises en \u00e9tat de marche politico-strat\u00e9gique dans une perspective m\u00e9taphysique de d\u00e9prise, de disjonction, de d\u00e9sidentification. Avec, pour toile de fond, l\u2019id\u00e9e messianique de cette \u00ab\u00a0communaut\u00e9 qui vient\u00a0\u00bb (Agamben), et qui viendra d\u2019autant que \u00ab\u00a0la fragmentation du monde trouve un reflet fid\u00e8le dans le miroir en morceaux des subjectivit\u00e9s\u00a0\u00bb (p. 137). \u00c9loge de l\u2019\u00e9meute, de l\u2019indiff\u00e9renci\u00e9 et du retrait dans un \u00ab\u00a0toujours \u00e0 reprendre\u00a0\u00bb (p. 151) vers la cr\u00e9ation de nouvelles \u00ab\u00a0situations\u00a0\u00bb dont on assure par avance qu\u2019elles seront \u00ab\u00a0destituantes\u00a0\u00bb. Partant du constat, un rien grotesque, que ce pays serait \u00ab\u00a0un cr\u00e8ve-c\u0153ur pour les \u00e2mes sinc\u00e8res\u00a0\u00bb (p. 52), mais visiblement peu convaincue de ses d\u00e9j\u00e0 longues errances, l\u2019avant-garde se rassure en mode mineur\u00a0: \u00ab\u00a0Une force politique v\u00e9ritable ne peut se construire que de proche en proche et de moment en moment, et non par la simple \u00e9nonciation de finalit\u00e9s\u00a0\u00bb (p. 64). \u00ab\u00a0Sabotage de grand style\u00a0\u00bb mis \u00e0 part, on n\u2019est pas loin, cela dit, de cette mystique de la gr\u00e2ce \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb charpentant une certaine <i>Th\u00e9orie du Bloom<\/i><span class=\"spip_note_ref\">\u00a0[<a id=\"nh4\" class=\"spip_note\" title=\"Tiqqun, Th\u00e9orie du Bloom, La Fabrique, 2004.\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nb4\" rel=\"footnote\">4<\/a>]<\/span> qui s\u2019achevait, il y a treize ans, sur ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Ce texte est un pacte. Le protocole d\u2019une exp\u00e9rimentation qui s\u2019ouvre entre d\u00e9serteurs. Sans qu\u2019il n\u2019y paraisse, sortez du rang. Maintenant.\u00a0\u00bb Invariance quand tu nous tiens\u00a0! En ce temps-l\u00e0, <i>Tiqqun<\/i> citait ses sources, les m\u00eames que celles du \u00ab\u00a0comit\u00e9\u00a0\u00bb, son \u00e9pigone et prolongement.<\/p>\n<dl class=\"spip_document_1275 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><a class=\"cboxElement hasbox\" title=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/IMG\/jpg\/vig.9b-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/acontretemps.org\/local\/cache-vignettes\/L53xH68\/vig.9b-3-312f4.jpg\" alt=\"JPEG - 2.4\u00a0ko\" width=\"53\" height=\"68\" \/><\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<p>Il y aura toujours comme une limite dans la croyance que le bonheur \u2013 communautaire \u2013 \u00e9prouv\u00e9 un moment, dans une lutte, suffirait \u00e0 la rendre inoubliable. La communaut\u00e9 exige d\u2019avantage que du simulacre pour rester dans les m\u00e9moires et, au-del\u00e0, favoriser le d\u00e9passement. Dans le cas qui nous occupe \u2013 ce soul\u00e8vement printanier de 2016 \u2013, la question reste d\u2019abord pos\u00e9e des faiblesses, puis des impuissances, d\u2019un mouvement massif mais fragment\u00e9, incapable de se penser en \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb et, ce faisant, inapte par n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 se saisir du fil rouge de l\u2019histoire des anciennes r\u00e9voltes. Faire effort de lucidit\u00e9, ce n\u2019est pas survaloriser les aventures incertaines de l\u2019exc\u00e8s (partiel) ou de la voie de sortie (obligatoire), mais admettre, une fois pour toutes, que cette \u00ab\u00a0fragmentation\u00a0\u00bb qu\u2019on s\u2019acharne \u00e0 nous vendre, dans des adresses \u00ab\u00a0aux amis\u00a0\u00bb, comme un bienfait est, en fait, la cause m\u00eame d\u2019un \u00e9clatement du collectif et d\u2019une prolif\u00e9ration du tribalisme. Si tout reste \u00e0 imaginer d\u2019une convergence efficiente des refus dans un commun souhaitable, tout reste surtout \u00e0 reconstruire des anciennes solidarit\u00e9s d\u00e9truites, des anciens r\u00e9flexes perdus, des anciennes aspirations \u00e0 l\u2019autonomie r\u00e9elle.<\/p>\n<p>\u00c0 partir du moment o\u00f9 plus personne n\u2019est capable d\u2019occuper une usine, un lieu de travail \u00e0 fonction identifiable (et pas m\u00eame une fac), \u00e0 partir du moment o\u00f9 dispara\u00eet ce levier essentiel de la seule destitution qui vaille, et avec lui toute possibilit\u00e9 d\u2019extension d\u2019un mouvement (social, et non politique) dont la force ne peut \u00e9videmment s\u2019exprimer que de cette fa\u00e7on, \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, l\u2019espace se fragmente en une infinit\u00e9 de \u00ab\u00a0ZAD\u00a0\u00bb o\u00f9 chacun joue, dans l\u2019entre-soi, sa partition, d\u00e9mocratique ou \u00ab\u00a0subversiviste\u00a0\u00bb. Ce morcellement, cette conjonction d\u2019individualismes en action, cette attirance pour le non-ensemble, ce refus pathologique de toute centralit\u00e9 causale, cette fuite vers l\u2019incertain et l\u2019ind\u00e9termin\u00e9, cette pr\u00e9disposition au clanisme d\u00e9sirant, furent autant de caract\u00e9ristiques de ce printemps qui ne pouvait accoucher d\u2019aucun lendemain.<\/p>\n<p>Aucune gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e. On peut l\u2019annoncer, on peut la souhaiter \u2013 comme on continue de la craindre, du c\u00f4t\u00e9 des ma\u00eetres \u2013, mais on ne la d\u00e9cr\u00e8te pas plus qu\u2019on ne l\u2019enterre au pr\u00e9texte imb\u00e9cile que la \u00ab\u00a0figure du Travailleur\u00a0\u00bb (p. 89) (avec majuscule) aurait sombr\u00e9 avec \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9e de pr\u00e9cariat\u00a0\u00bb (p. 19). Il faut \u00eatre r\u00e9solument postmoderne \u2013 et largement ignorant \u2013 pour faire fi de la multiplicit\u00e9 des \u00ab\u00a0statuts\u00a0\u00bb et des nombreuses formes de pr\u00e9carit\u00e9 que subissait le prol\u00e9tariat \u00e0 l\u2019\u00e9poque, tr\u00e8s ancienne il est vrai, o\u00f9 il commen\u00e7a d\u2019exister comme sujet, mais aussi comme force unifiante. Ce qui manque, ce qui s\u2019est largement perdu, ce qui surnage \u00e0 peine, dans cette grande fragmentation du monde, c\u2019est la figure de l\u2019ouvrier conscient et, du m\u00eame coup et corr\u00e9lativement, le travail patient, quotidien, infini, de minorit\u00e9s agissantes capables, avec le temps, de faire prendre conscience \u00e0 leurs fr\u00e8res de peine et d\u2019exploitation \u2013 les travailleurs (sans majuscule) \u2013 qu\u2019ils peuvent faire force commune, et davantage encore. Rien ne dit, m\u00eame si l\u2019hypoth\u00e8se du d\u00e9clin d\u00e9finitif est recevable, que, du d\u00e9sastre \u00e0 venir, ne surgisse, un jour, du sein de ce prol\u00e9tariat morcel\u00e9 et aujourd\u2019hui d\u00e9fait, une nouvelle conscience de sa force et de ses capacit\u00e9s r\u00e9sistantes. Car les tours et les d\u00e9tours de l\u2019histoire sont infinis.<\/p>\n<p>\u00c0 d\u00e9faut, il faudra admettre, comme les invisibles, que \u00ab\u00a0l\u2019essentiel se pass[ant] au niveau de l\u2019infime\u00a0\u00bb (p. 140), on pourra toujours potasser Agamben en cultivant son \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb jardin dans l\u2019attente d\u2019une prochaine \u00ab\u00a0\u00e9meute\u00a0\u00bb, aussi st\u00e9rile que la pr\u00e9c\u00e9dente. Et la \u00ab\u00a0radicalit\u00e9\u00a0\u00bb continuera de tourner en rond en se consumant dans sa nuit.<\/p>\n<p><strong>Freddy GOMEZ<\/strong><\/p>\n<dl class=\"spip_document_1276 spip_documents spip_documents_center\">\n<dt><a title=\"PDF - 311.9\u00a0ko\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/IMG\/pdf\/maintenant_fg_.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/acontretemps.org\/plugins-dist\/medias\/prive\/vignettes\/pdf.png\" alt=\"PDF - 311.9\u00a0ko\" width=\"52\" height=\"52\" \/><\/a><\/dt>\n<\/dl>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"notes\">\n<div id=\"nb1\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 1\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nh1\" rev=\"footnote\">1<\/a>]\u00a0<\/span>Voir <a class=\"spip_in\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article603\">\u00ab\u00a0Un printemps en France\u00a0?\u00a0\u00bb<\/a>, texte de Temps critiques repris sur notre site et <a class=\"spip_in\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article611\">\u00ab\u00a0Le balancier de l\u2019illusoire\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb2\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 2\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nh2\" rev=\"footnote\">2<\/a>]\u00a0<\/span>Guy Debord, <i>La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle<\/i>, Folio Gallimard, p. 19.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb3\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 3\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nh3\" rev=\"footnote\">3<\/a>]\u00a0<\/span>Internationale situationniste, <i>La V\u00e9ritable Scission<\/i>, Fayard, 1998, p. 148.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"nb4\">\n<p><span class=\"spip_note_ref\">[<a class=\"spip_note\" title=\"Notes 4\" href=\"http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630#nh4\" rev=\"footnote\">4<\/a>]\u00a0<\/span>Tiqqun, <i>Th\u00e9orie du Bloom<\/i>, La Fabrique, 2004.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>re\u00e7u par mail:http:\/\/acontretemps.org\/spip.php?article630 COMIT\u00c9 INVISIBLE MAINTENANT Paris, La Fabrique, 2017, 160 p. \u00ab\u00a0Ce qui s\u2019est pass\u00e9 au printemps 2016 en France n\u2019\u00e9tait pas un mouvement social, mais un conflit politique au m\u00eame titre que 1968\u00a0\u00bb (p. 60). Fanion nostalgique, la phrase claque au vent, comme sentence, pour finir par flotter, comme \u00e9vidence, sur une subjectivit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-8884","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8884"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8884\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8885,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8884\/revisions\/8885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}