{"id":7635,"date":"2017-01-21T07:23:25","date_gmt":"2017-01-21T06:23:25","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=7635"},"modified":"2017-01-21T07:25:19","modified_gmt":"2017-01-21T06:25:19","slug":"notefondements-elementaires-de-la-critique-anti-industrielle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=7635","title":{"rendered":"Note:Fondements \u00e9l\u00e9mentaires de la critique anti-industrielle,"},"content":{"rendered":"<p>note texte pos\u00e9 sur la table de presse<\/p>\n<p>lu et epris de https:\/\/sniadecki.wordpress.com<\/p>\n<p>Le propos de cet expos\u00e9 sera de signaler les lignes de force que suit la critique r\u00e9elle du capitalisme dans ses phases ultimes, que nous avons qualifi\u00e9e d\u2019anti-industrielle. La question sociale fut pos\u00e9e au d\u00e9part \u00e0 partir de l\u2019exploitation des travailleurs dans les ateliers, les usines et les mines. La critique sociale fut avant tout une critique de la soci\u00e9t\u00e9 de classes et de l\u2019\u00c9tat, mais, dans une phase post\u00e9rieure du capitalisme, la question sociale surgit de la colonisation de la vie et de l\u2019exploitation du territoire. Il faut comprendre que le territoire n\u2019est pas le paysage ni l\u2019\u00ab environnement \u00bb, mais l\u2019unit\u00e9 de l\u2019espace et de l\u2019histoire, du lieu et de l\u2019habitant, de la g\u00e9ographie et de la culture. La critique sociale \u00e9volua en critique de la soci\u00e9t\u00e9 de masse et de l\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s. Loin de repousser la critique ant\u00e9rieure, qui correspondait \u00e0 un type de capitalisme ayant p\u00e9riclit\u00e9, elle l\u2019amplifiait et la prolongeait, englobant des faits nouveaux comme le consum\u00e9risme, la pollution, l\u2019autonomie de la technoscience et le totalitarisme d\u2019apparence d\u00e9mocratique. La critique anti-industrielle ne nie donc pas la lutte des classes, mais la conserve et la d\u00e9passe ; plus, la lutte des classes ne peut exister dans les temps qui courent autrement que sous la forme de lutte anti-industrielle. Dor\u00e9navant, celui qui parle de lutte des classes sans se r\u00e9f\u00e9rer express\u00e9ment \u00e0 la vie quotidienne et au territoire a dans la bouche un cadavre.<\/p>\n<p>Nous pouvons suivre, entre les ann\u00e9es 30 et 90 du si\u00e8cle pass\u00e9, l\u2019apparition historique des premiers \u00e9l\u00e9ments de critique anti-industrielle, en commen\u00e7ant par la critique de la bureaucratie. La bureaucratie est le r\u00e9sultat de la complexit\u00e9 du processus productif, de la n\u00e9cessit\u00e9 du contr\u00f4le de la population et de l\u2019hypertrophie de l\u2019Etat, dont les organisations \u00ab ouvri\u00e8res \u00bb sont un appendice. A un niveau d\u00e9termin\u00e9 de d\u00e9veloppement, celui o\u00f9 propri\u00e9t\u00e9 et gestion se s\u00e9parent, et o\u00f9 ceux qui ex\u00e9cutent les ordres restent totalement subordonn\u00e9s \u00e0 ceux qui coordonnent et d\u00e9cident, les strates sup\u00e9rieures de la bureaucratie qui op\u00e8rent dans les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la vie sociale \u2013 la culture, la politique, l\u2019administration, l\u2019\u00e9conomie \u2013 sont r\u00e9ellement la classe dominante. La soci\u00e9t\u00e9 capitaliste bureaucratis\u00e9e demeure divis\u00e9e entre gestionnaires et ex\u00e9cutants, ou, mieux, entre dirigeants et dirig\u00e9s. Une telle division nous ram\u00e8ne \u00e0 une autre ant\u00e9rieure, celle qui oppose travail manuel et travail intellectuel, base du d\u00e9veloppement bureaucratique. Le travail manuel perd sa cr\u00e9ativit\u00e9 et son autonomie \u00e0 cause du syst\u00e8me industriel qui, en favorisant la standardisation, la parcellisation et la sp\u00e9cialisation, le r\u00e9duit \u00e0 une pure activit\u00e9 m\u00e9canique contr\u00f4l\u00e9e par une hi\u00e9rarchie bureaucratique. Le b\u00e9n\u00e9ficiaire de la m\u00e9canisation n\u2019est pas seulement le capitaliste ; c\u2019est la machine elle-m\u00eame. Par l\u2019organisation du travail et de la vie sociale qu\u2019elle implique, celui qui est affect\u00e9 en premier lieu est le travailleur, mais c\u2019est toute la population qui sera soumise aux exigences de la machine. L\u2019usine, la machine et la bureaucratie sont les v\u00e9ritables piliers de l\u2019oppression capitaliste. La critique de la bureaucratie et de la machine compl\u00e8te la critique de l\u2019\u00c9tat et du travail salari\u00e9, et introduit la critique de la technologie.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement unilat\u00e9ral de la technologie, orient\u00e9 vers le rendement et le contr\u00f4le, sert la soumission, et pas la libert\u00e9. Une existence model\u00e9e par des technocrates sur des normes industrielles est une sorte de vie d\u2019esclave. La science et la technique \u00e9voluent sous le signe de la domination, qui est domination de la nature et de l\u2019\u00eatre humain. Mais une critique de la science et de la technologie ne signifie pas un refus de la connaissance rationnelle et du m\u00e9tabolisme avec la nature. Il s\u2019agit du refus d\u2019un type de science et d\u2019un type de technologie qui engendrent pouvoir et soumission. Et acceptation de celles qui n\u2019alt\u00e8rent pas les conditions de reproduction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9galitaire et libre. Celles qui ob\u00e9issent aux n\u00e9cessit\u00e9s d\u2019une vie rurale et urbaine \u00e9quilibr\u00e9e, \u00e0 la mesure des besoins et d\u00e9sirs humains. Au nom de la Raison. Mais si elle avance sous la tutelle de la connaissance instrumentalis\u00e9e, cette m\u00eame Raison, soumise aux imp\u00e9ratifs de pouvoir, s\u2019autod\u00e9truit. La foi dans l\u2019am\u00e9lioration de la condition humaine \u00e0 travers la connaissance scientifique, l\u2019innovation technique et l\u2019expansion \u00e9conomique, en d\u2019autres termes, la foi dans le progr\u00e8s, reste en question. La critique de la science, de la technologie et du syst\u00e8me industriel est une critique du progr\u00e8s. Et de la m\u00eame fa\u00e7on, c\u2019est une critique des id\u00e9ologies scientistes et progressistes ; en premier lieu, de l\u2019id\u00e9ologie ouvri\u00e9riste, tant dans sa version r\u00e9formiste que dans sa version r\u00e9volutionnaire, bas\u00e9e sur l\u2019appropriation, au nom du prol\u00e9tariat, du syst\u00e8me industriel bourgeois et de sa technologie.<\/p>\n<p>Le capital ne consiste pas seulement en argent, moyens de production, ou savoir accumul\u00e9 ; c\u2019est le p\u00f4le actif d\u2019un rapport social \u00e0 travers lequel il engendre des b\u00e9n\u00e9fices sur l\u2019exploitation du travail salari\u00e9. Quand ce rapport cesse de se limiter \u00e0 la production et concerne tous les aspects de la vie des individus, l\u2019exploitation capitaliste change qualitativement et le conflit social s\u2019\u00e9tend \u00e0 la vie quotidienne, maintenant domin\u00e9e par le v\u00e9hicule priv\u00e9 et la fr\u00e9n\u00e9sie de consommation, encadr\u00e9e par une architecture mis\u00e9rable. A la critique du travail s\u2019ajoutent celle de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation et celle de l\u2019urbanisme, et par-dessus toutes celle de la vie quotidienne qui en d\u00e9coule, auparavant \u00e9bauch\u00e9e sous la forme d\u2019une critique de la morale sexuelle bourgeoise et sur la revendication des droits des femmes. La construction d\u2019un style de vie libre doit d\u00e9raciner de la vie la logique ali\u00e9nante de la marchandise. La m\u00e9thode pour ce faire, l\u2019autogestion, doit \u00eatre mise en \u0153uvre contre la logique capitaliste, car \u00e0 d\u00e9faut il ne s\u2019agirait de rien de plus que l\u2019autogestion de l\u2019ali\u00e9nation. La t\u00e2che des futurs organismes communautaires, que certains identifi\u00e8rent dans les ann\u00e9es soixante avec les Conseils Ouvriers et d\u2019autres avec les communes libres, ne peut donc consister dans la gestion de l\u2019existant, mais dans sa transformation r\u00e9volutionnaire. La souverainet\u00e9 r\u00e9elle des individus \u00e9mancip\u00e9s ne signifie en rien l\u2019\u00ab humanisation \u00bb du travail ou la \u00ab d\u00e9mocratisation \u00bb de la consommation, mais la suppression des deux et son remplacement par un nouveau type d\u2019activit\u00e9 unitaire lib\u00e9r\u00e9e des entraves.<\/p>\n<p>La crise \u00e9cologique disqualifia au sein de la critique de la vie quotidienne l\u2019optimisme envers la technologie, la croyance en un possible usage lib\u00e9rateur de celle-ci, et condamna l\u2019ouvri\u00e9risme, la foi en un r\u00f4le \u00e9mancipateur du prol\u00e9tariat industriel et le caract\u00e8re potentiellement r\u00e9volutionnaire des conflits du travail. Des ph\u00e9nom\u00e8nes comme la pollution, les pluies acides, la consommation de combustibles fossiles, l\u2019usage d\u2019additifs chimiques et de pesticides, l\u2019\u00e9norme accumulation d\u2019ordures, etc. d\u00e9montr\u00e8rent que le r\u00e8gne de la marchandise non seulement condamnait la majorit\u00e9 de la population \u00e0 l\u2019esclavage salari\u00e9 et \u00e0 l\u2019ali\u00e9nation consum\u00e9riste, mais en outre mena\u00e7ait sa sant\u00e9 et mettait en p\u00e9ril la vie sur Terre. La lutte contre le capital n\u2019est donc pas simplement une lutte pour une vie libre, mais une lutte pour la survie et une d\u00e9fense du territoire. L\u2019abolition du travail et de la consommation ne peuvent s\u2019effectuer de l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 travers une pr\u00e9tendue radicalisation des conflits pour le salaire et l\u2019emploi, vu que ce qui presse c\u2019est le d\u00e9mant\u00e8lement complet de la production, qui s\u2019est mu\u00e9e en quelque chose d\u2019empoisonn\u00e9 et d\u2019inutilisable. Son \u00ab autogestion \u00bb est plus qu\u2019ali\u00e9nante, toxique. La crise \u00e9cologique r\u00e9v\u00e8le donc les limites de la croissance productive et urbaine, la condition sine qua non de l\u2019accumulation capitaliste actuelle, quand le d\u00e9veloppement \u00e9conomique s\u2019est transform\u00e9 en l\u2019objectif unique de la politique.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppementisme (le d\u00e9veloppement comme rem\u00e8de aux probl\u00e8mes sociaux) rencontra sa premi\u00e8re entrave dans ladite \u00ab crise du p\u00e9trole \u00bb, devant laquelle \u00ab le march\u00e9 \u00bb et l\u2019Etat r\u00e9agirent en construisant des centrales nucl\u00e9aires. Les dangers que la production d\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire comportait pour des parties importantes de la population et surtout la militarisation sociale qu\u2019elle entra\u00eenait d\u00e9clench\u00e8rent une forte opposition. De l\u2019unification de la critique de la vie quotidienne et de la critique \u00e9cologique, sp\u00e9cialement de son versant antinucl\u00e9aire, na\u00eet dans le courant des ann\u00e9es 1980 la critique anti-industrielle. L\u2019anti-d\u00e9veloppementisme tente de fondre les \u00e9l\u00e9ments critiques pr\u00e9c\u00e9dents : sa n\u00e9gation du capitalisme est \u00e0 la fois anti\u00e9tatique, antipolitique, anti-scientiste, antiprogressiste et anti-industriel.<\/p>\n<p>Les nouveaux fronts de lutte ouverts, englob\u00e9s sous le concept de \u00ab nuisance \u00bb, \u00e9taient difficiles \u00e0 d\u00e9fendre, car la fin du cycle fordiste du capital, caract\u00e9ris\u00e9 par la d\u00e9route du mouvement ouvrier traditionnel, l\u2019industrialisation de la culture et le d\u00e9but de la mondialisation entra\u00eenaient un affaissement de la conscience et un essor de l\u2019\u00e9cologisme neutre. En r\u00e9duisant les probl\u00e8mes \u00e0 des questions environnementales et \u00e9conomiques et en ignorant la critique sociale ant\u00e9rieure, les \u00e9cologistes aspiraient \u00e0 se convertir en interm\u00e9diaires du march\u00e9 de la d\u00e9gradation, tout en fixant avec l\u2019\u00c9tat les bornes de tol\u00e9rance des nuisances. En effet, les \u00e9cologistes assumeront bient\u00f4t le r\u00f4le d\u2019assesseurs politiques et entrepreneuriaux. Mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, la destruction des milieux ouvriers et la colonisation achev\u00e9e de la vie quotidienne avaient augment\u00e9 en fl\u00e8che les capacit\u00e9s de la population \u00e0 supporter l\u2019insupportable. Les classes jadis dangereuses se transformaient en masses domestiqu\u00e9es. L\u2019obscurcissement de la conscience se traduisit rapidement en d\u00e9classement, perte d\u2019exp\u00e9rience, asociabilit\u00e9 et ignorance, raison pour laquelle la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 ne provoqua pas de r\u00e9volte. Les liens sociaux, dissous par la marchandise, faisaient d\u00e9faut. La critique anti-industrielle s\u2019amplifiait jusqu\u2019\u00e0 embrasser l\u2019\u00e9cologisme et la soci\u00e9t\u00e9 massifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Le manque de r\u00e9sistance permit au capitalisme des avanc\u00e9es sans pr\u00e9c\u00e9dent, exacerbant toutes ses contradictions et aggravant le niveau d\u2019habitabilit\u00e9 du monde. La conviction d\u00e9veloppementiste de la croissance comme objectif primordial de la vie sur la plan\u00e8te d\u00e9bouchait dans un crise biologique. Le r\u00e9chauffement global, dans un contexte de d\u00e9gradation universelle, impulsa le capitalisme \u00ab vert \u00bb, bas\u00e9 sur le \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb, dont le fruit aura \u00e9t\u00e9 les organismes transg\u00e9niques, les voitures haut de gamme avec moteur \u00e0 basse consommation, les agro-carburants et les \u00e9nergies renouvelables industrielles. Les agressions contre le territoire se sont multipli\u00e9es : autoroutes, trains \u00e0 grande vitesse, lignes de tr\u00e8s haute tension, \u00ab fermes \u00bb \u00e9oliennes et \u00ab jardins \u00bb solaires, urbanisation illimit\u00e9e, incin\u00e9rateurs, cimeti\u00e8res de mati\u00e8res toxiques et radioactives, r\u00e9gulation de bassins hydriques, transvasements, antennes de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, abandon et transformation de la campagne en banlieue\u2026 Il faut ajouter \u00e0 cela les progr\u00e8s de l\u2019artificialisation de l\u2019existence (dont les nanotechnologies et la biologie de synth\u00e8se sont les points culminant), la prolif\u00e9ration des conduites psychotiques et l\u2019intronisation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 panoptique et cryptofasciste comme r\u00e9ponse institutionnelle aux p\u00e9rils de l\u2019anomie. Bien que le principal ennemi du capitalisme soit toujours le capitalisme lui-m\u00eame et que les menaces les plus s\u00e9rieuses contre lui proviennent de sa propre nature, une r\u00e9sistance minoritaire est parvenue \u00e0 se d\u00e9velopper gr\u00e2ce \u00e0 des conflits locaux de diverses natures, principalement contre les grandes infrastructures, et c\u2019est ainsi que la critique anti-industrielle a pu avancer dans diff\u00e9rentes directions et sous des appellations diverses, rencontrant, au hasard des catastrophes, des partisans et des propagandistes qui d\u00e9non\u00e7aient tant les d\u00e9sastres affectant le territoire que la domestication et la r\u00e9signation de ses habitants, des gens qui comprenaient qu\u2019on ne pouvait rem\u00e9dier \u00e0 aucun probl\u00e8me en s\u2019embourbant dans la politique, des gens qui ne s\u00e9paraient pas une agression sp\u00e9cifique de la soci\u00e9t\u00e9 qui en \u00e9tait la cause.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9veloppementiste est parvenue au seuil au-del\u00e0 duquel la destruction de l\u2019habitat humain est irr\u00e9versible, et, par cons\u00e9quent, le contr\u00f4le absolu de la population est obligatoire. La d\u00e9fense d\u2019une vie libre, pour commencer libre de proth\u00e8ses technologiques, riche de relations, commence par une d\u00e9fense du territoire et une lutte contre tous les conditionnements, qu\u2019ils proviennent du contr\u00f4le social, du travail, de la motorisation ou de la consommation. Mais ceci ne concerne que son moment d\u00e9fensif. Sa phase offensive est d\u00e9surbanisatrice, d\u00e9sindustrialisatrice, ruralisatrice et d\u00e9centralisatrice. Elle doit r\u00e9\u00e9quilibrer le territoire et d\u00e9signer le local et le collectif en t\u00eate de ses pr\u00e9f\u00e9rences. Il s\u2019agit aussi d\u2019un combat pour la m\u00e9moire et pour la v\u00e9rit\u00e9, pour la conscience libre et contre la manipulation du d\u00e9sir ; c\u2019est, subsidiairement, une lutte contre les id\u00e9ologies qui les occultent et les d\u00e9forment comme le citoyennisme, la d\u00e9croissance ou celle que l\u2019on trouve dans des manuels pour adolescents vierges dans le genre \u00ab l\u2019anarchie en dix le\u00e7ons faciles \u00bb (municipalisme, stirn\u00e9risme, bonannisme, etc.).<\/p>\n<p>Le capitalisme dans sa phase actuelle est \u00e9minemment destructeur, et, par cons\u00e9quent, en guerre contre le territoire et les gens qui l\u2019habitent. L\u2019autod\u00e9fense est l\u00e9gitime, mais ne constitue qu\u2019un aspect de la lutte autour du territoire. C\u2019est un combat pour l\u2019autonomie dans l\u2019alimentation, le transport, l\u2019enseignement, la sant\u00e9, le logement ou l\u2019habillement ; se d\u00e9mener pour la solidarit\u00e9, pour la communaut\u00e9, pour l\u2019agora et pour l\u2019assembl\u00e9e ; pour le \u00ab comicio \u00bb, l\u2019 \u00ab ayuntamiento \u00bb ou le \u00ab concejo abierto \u00bb, autant de noms pour d\u00e9signer la pratique de la libert\u00e9 politique dans les \u00e9poques pr\u00e9capitalistes dans la P\u00e9ninsule.<\/p>\n<p>La critique anti-industrielle n\u2019arrive pas comme une nouveaut\u00e9 empaquet\u00e9e \u00e0 la disposition de qui veut en faire usage. Elle r\u00e9sume et embrasse tous les \u00e9l\u00e9ments critiques ant\u00e9rieurs, mais ce n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne intellectuel, une th\u00e9orie sp\u00e9culative sortie de cerveaux privil\u00e9gi\u00e9s qui s\u2019adonnent \u00e0 de longues journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude et de m\u00e9ditation. C\u2019est la r\u00e9flexion d\u2019une exp\u00e9rience de lutte et d\u2019une pratique quotidienne. Elle est pr\u00e9sente un peu partout, sous une forme ou une autre, comme intuition ou comme coutume, comme mentalit\u00e9 ou comme conviction. Elle na\u00eet de la pratique et retourne toujours \u00e0 elle. Elle ne demeure pas dans des livres, des articles, des cercles d\u2019initi\u00e9s ou des tours d\u2019ivoire ; elle est le fruit tant du d\u00e9bat que de la bagarre. En un mot : elle est fille d\u2019action, c\u2019est son milieu et elle ne peut survivre loin de lui.<\/p>\n<p>Miquel Amor\u00f3s, Juillet 2010.<br \/>\nAdvertisements<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>note texte pos\u00e9 sur la table de presse lu et epris de https:\/\/sniadecki.wordpress.com Le propos de cet expos\u00e9 sera de signaler les lignes de force que suit la critique r\u00e9elle du capitalisme dans ses phases ultimes, que nous avons qualifi\u00e9e d\u2019anti-industrielle. 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