{"id":7308,"date":"2016-12-19T15:05:18","date_gmt":"2016-12-19T14:05:18","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=7308"},"modified":"2016-12-20T01:20:37","modified_gmt":"2016-12-20T00:20:37","slug":"adieu-rene-pierre-camarade-et-ami","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=7308","title":{"rendered":"Adieu   Rene\u0301-Pierre,  camarade et ami"},"content":{"rendered":"<p>lu sur le site de l&rsquo;Organisation communiste libertaire http:\/\/www.oclibertaire.lautre.net\/<\/p>\n<p><span class=\"spip_document_3317 spip_documents spip_documents_center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.oclibertaire.lautre.net\/local\/cache-vignettes\/L520xH369\/rene_-pierre_carriol_-_copie-af00d.jpg?1481575309\" alt=\"\" width=\"520\" height=\"369\" \/><\/span><\/p>\n<p>Vivre Mai 68 a\u0300 20 ans avait e\u0301videmment marque\u0301 Rene\u0301-Pierre a\u0300 jamais, comme bien d\u2019autres, et il aurait atteint ses cinquante ans d\u2019un engagement aussi actif que tenace dans des collectifs militants et des luttes sociales si un ve\u0301hicule n\u2019e\u0301tait venu stopper net, et absurdement, le cours de son existence en le renversant <a href=\"http:\/\/www.leprogres.fr\/lyon\/2016\/12\/08\/encore-un-pieton-violemment-percute\">mercredi 7 de\u0301cembre a\u0300 Lyon.<\/a><\/p>\n<p>Au cours de la de\u0301cennie 1970, Rene\u0301-Pierre Carriol baigna dans les multiples mouvements contestataires de la pe\u0301riode, militant particulie\u0300rement pour une e\u0301cologie sociale et politique et dans les milieux antinucle\u0301aires, et s\u2019inte\u0301ressant aux expe\u0301riences communautaires dans la vie quotidienne. Il aimait arpenter seul les rivie\u0300res en pe\u0302chant a\u0300 la mouche (au Pays basque, en Sue\u0300de ou ailleurs) mais aussi partir se promener en fourgonnette a\u0300 l\u2019aventure avec une copine\u00a0; il aimait e\u0301couter des chanteurs engage\u0301s \u2013 par exemple Morice Benin (Il faudrait toujours pe\u0301ne\u0301trer les gens par leur porte de service&#8230;) \u2013, aller rire aux spectacles de Font et Val (a\u0300 l\u2019e\u0301poque ou\u0300 ce dernier n\u2019e\u0301tait pas encore infa\u0302me), lire, aller au cine\u0301ma, faire de la photo, collectionner les journaux militants&#8230;<\/p>\n<p>Apre\u0300s avoir e\u0301te\u0301 e\u0301tudiant pendant plusieurs anne\u0301es en sciences a\u0300 Jussieu, il avait choisi d\u2019e\u0301chapper au service militaire en partant enseigner comme coope\u0301rant dans un petit village au pied de la Kabylie, en Alge\u0301rie \u2013 pays ou\u0300 il conserva des ami-e-s, la fide\u0301lite\u0301 dans ses relations e\u0301tant une de ses qualite\u0301s, et pour lequel il garda un inte\u0301re\u0302t et un attachement certains. Il avait ainsi connu Vital Michalon, professeur dans le me\u0302me e\u0301tablissement que lui, qui participa comme lui a\u0300 la grande manifestation de Creys-Malville, dans l\u2019Ise\u0300re, contre le projet de centrale nucle\u0301aire de Superphe\u0301nix le 31 juillet 1977, et qui y fut tue\u0301 par la de\u0301flagration d\u2019une grenade offensive.<br class=\"autobr\" \/> De retour en France, Rene\u0301-Pierre sillonna avant la mode Paris a\u0300 ve\u0301lo, pour participer aux actions de nombreux comite\u0301s de lutte ou pour vendre La Gueule ouverte (mensuel qui deviendra hebdo, fonde\u0301 en 1972 par Pierre Fournier, et anime\u0301 par Cavanna, Cabu, Reiser, Wolinski&#8230;) et le Charlie Hebdo de la bonne e\u0301poque. Il fit e\u0301galement partie de divers collectifs vendant ou re\u0301alisant des publications d\u2019extre\u0302me gauche et libertaires. Des librairies telles que La Boulangerie, a\u0300 Montrouge (en 1977), et La Gryffe, a\u0300 Lyon (il en suivit l\u2019expe\u0301rience de\u0300s sa cre\u0301ation en 1978, et en fut longtemps un des animateurs quand il eut emme\u0301nage\u0301 dans cette ville au milieu des anne\u0301es 1990). Et surtout des revues\u00a0: Rene\u0301-Pierre inte\u0301gra le groupe anarchiste qui publiait La Lanterne noire (trimestriel ayant paru de 1974 a\u0300 1978, re\u0301a- lise\u0301 par des anciens d\u2019Informations et correspondances ouvrie\u0300res et de Noir &amp; Rouge, et ou\u0300 il signait Consort). Il connut e\u0301galement, lors de campings internationaux libertaires, des membres du collectif lyonnais qui concoctait, sur les pentes de la Croix-Rousse, Informations rassemble\u0301es a\u0300 Lyon (IRL), et se mit a\u0300 suivre ses assemble\u0301es ge\u0301ne\u0301rales et a\u0300 aider a\u0300 sa diffusion. Quand la re\u0301daction d\u2019IRL souhaita du renfort, au de\u0301but des anne\u0301es 1980, Rene\u0301-Pierre cre\u0301a avec d\u2019autres une re\u0301daction parisienne et IRL fut rebaptise\u0301 Informations et re\u0301flexions libertaires. Cette collaboration dura jusqu\u2019en 1986, ou\u0300 le groupe lyonnais d\u2019IRL poursuivit quelque temps seul sa route (ainsi que les productions de l\u2019Atelier de cre\u0301ation libertaire) avant d\u2019arre\u0302ter ce journal, tandis que le groupe parisien fondait le bimensuel de re\u0301flexion libertaire Noir &amp; Rouge (appele\u0301 ainsi en hommage a\u0300 la premie\u0300re revue de ce nom) en sep- tembre. N&amp;R se voulait un \u00ab\u00a0outil militant pour toutes les personnes en lutte contre l\u2019exploitation et l\u2019oppression\u00a0\u00bb et visait a\u0300 \u00ab\u00a0favoriser la re\u0301actualisation de la pense\u0301e libertaire par sa confrontation a\u0300 la re\u0301alite\u0301 sociale\u00a0\u00bb. 33 nume\u0301ros virent ainsi le jour jusqu\u2019en 1995.<\/p>\n<p>Ce qui frappait chez Rene\u0301-Pierre, quand on le rencontrait, c\u2019e\u0301tait son rire sonore et ce regard qui semblait vous e\u0301tudier \u2013 un peu comme si vous vous trouviez sous un microscope e\u0301lectronique a\u0300 balayage a\u0300 la place de ses petits crustace\u0301s pre\u0301fe\u0301re\u0301s, les balanes. Ayant fini par pre\u0301senter une the\u0300se d\u2019Etat en pale\u0301ontologie, Rene\u0301-Pierre e\u0301tait en effet devenu un des rares spe\u0301cialistes de ces bestioles au niveau international, et il passait de\u0300s qu\u2019il le pouvait quelques heures en chercheur libre au Muse\u0301um national d\u2019histoire naturelle a\u0300 Paris \u2013 tout en gagnant sa vie comme professeur de SVT dans un lyce\u0301e de la re\u0301gion parisienne puis dans un colle\u0300ge a\u0300 Lyon, et ensuite en e\u0301tant a\u0300 la retraite.<\/p>\n<p>La Nouvelle-Cale\u0301donie fut aussi un terrain militant pour lui, avec les \u00ab\u00a0e\u0301ve\u0301nements\u00a0\u00bb qui s\u2019y de\u0301- roule\u0300rent a\u0300 partir de 1984\u00a0: apre\u0300s la cre\u0301ation du Front de libe\u0301ration nationale kanak et socialiste (FLNKS) en septembre et sa de\u0301cision de boycotter les e\u0301lections territoriales de novembre (80\u00a0% d\u2019abs- tentions chez les Kanak), l\u2019assassinat en janvier 1985 d\u2019Eloi Machoro et de Marcel Nonnaro, figures du mouvement inde\u0301pendantiste kanak, par deux tireurs du (GIGN) ouvrit une longue se\u0301rie de meur- tres commis dans la plus parfaite impunite\u0301 par les forces de l\u2019ordre (jusqu\u2019au massacre des inde\u0301pen- dantistes kanak se trouvant dans la grotte d\u2019Ouve\u0301a, le 4 mai 1988). Comme nombre d\u2019autres militant-e-s libertaires et d\u2019extre\u0302me gauche, Rene\u0301-Pierre s\u2019investit alors des anne\u0301es durant dans le soutien au peuple kanak \u2013 a\u0300 travers l\u2019Association information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) mais aussi dans la Coordination libertaire anticapitaliste (CLA), qui re\u0301unissait des membres de divers groupes et organisations anarchistes, ou encore par le biais de l\u2019e\u0301mission \u00ab\u00a0Peuples en lutte\u00a0\u00bb sur Radio-Libertaire.<\/p>\n<p>Et puis Rene\u0301-Pierre prit une part active a\u0300 l\u2019expe\u0301rience du local Des libertaires e\u0301ditent (DLE), a\u0300 Pantin\u00a0: il s\u2019agissait de favoriser la diffusion des publications libertaires par la gestion d\u2019un lieu en commun. DLE accueillit pendant quatre ans, a\u0300 partir de 1990, divers collectifs parisiens \u2013 comme N&amp;R, OCL-Paris ou le groupe de discussion Berneri (ance\u0302tre de l\u2019actuel Socialisme ou Barbarie, dit SouBis) \u2013 et lyonnais, comme Temps critiques\u00a0; mais ce local servit e\u0301galement au stockage de titres de l\u2019ACL, de La Digitale ou de Nautilus, et de pe\u0301riodiques tels que la revue Iztok sur les pays de l\u2019Est.<\/p>\n<p>Apre\u0300s quoi, Rene\u0301-Pierre partit s\u2019installer a\u0300 Lyon avec Cecilia, devenue sa compagne quelques anne\u0301es auparavant. Il adhe\u0301ra alors a\u0300 l\u2019Organisation communiste libertaire (OCL), dont il se sentait proche depuis sa cre\u0301ation sur le plan des ide\u0301es comme de la pratique. Dans la ligne\u0301e de ses pre\u0301occupations militantes premie\u0300res, Rene\u0301-Pierre tenait depuis quelque temps la rubrique \u00ab\u00a0Vertement e\u0301colo\u00a0\u00bb dans Courant alternatif, sous la signature de Scylla. L\u2019OCL gagna avec lui un militant assez discret dans les re\u0301unions, mais toujours ferme dans ses avis et se\u0301rieux dans le suivi des ta\u0302ches dont il se chargeait. Les camarades et ami-e-s que Rene\u0301-Pierre y comptaient ne sont toujours pas revenu-e-s de sa brutale disparition, qui les laissent sans voix, et partagent avec Cecilia, la compagne de Rene\u0301-Pierre pendant quelque vingt-cinq ans, sa profonde affliction.<\/p>\n<p>Organisation communiste libertaire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>lu sur le site de l&rsquo;Organisation communiste libertaire http:\/\/www.oclibertaire.lautre.net\/ Vivre Mai 68 a\u0300 20 ans avait e\u0301videmment marque\u0301 Rene\u0301-Pierre a\u0300 jamais, comme bien d\u2019autres, et il aurait atteint ses cinquante ans d\u2019un engagement aussi actif que tenace dans des collectifs militants et des luttes sociales si un ve\u0301hicule n\u2019e\u0301tait venu stopper net, et absurdement, le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-7308","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7308"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7312,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7308\/revisions\/7312"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}