{"id":6379,"date":"2016-09-26T18:53:43","date_gmt":"2016-09-26T16:53:43","guid":{"rendered":"http:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=6379"},"modified":"2016-09-26T18:55:38","modified_gmt":"2016-09-26T16:55:38","slug":"armand-robin-lecouteur-sublime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=6379","title":{"rendered":"Armand Robin L\u2019\u00e9couteur sublime"},"content":{"rendered":"<div id=\"conteneurtexte\">\n<p>\u00a0Note:bient\u00f4t au laboratoire on consacrera une soir\u00e9e avec &#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"imageflottantegauche\" title=\"\" src=\"http:\/\/www.espritsnomades.com\/sitelitterature\/robin\/robindessin.jpg\" alt=\"robin\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pour rester pr\u00e8s de vous, malgr\u00e9 moi, malgr\u00e9 ma vie, j&rsquo;ai v\u00e9cu toutes mes nuits dans les songes, et, le jour, je me suis \u00e0 peine r\u00e9veill\u00e9 pour subir une vie o\u00f9 je n&rsquo;\u00e9tais plus.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Suspendu aux ondes courtes du monde il \u00e9pie, il \u00e9coute, chouette de l&rsquo;esp\u00e9rance, t\u00e9moin horrifi\u00e9 de l&rsquo;ali\u00e9nation du monde. La musique des sph\u00e8res coule en lui, les houles sonores de la parole des hommes, il les capte comme un chasseur de papillons. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;extr\u00eame fin de sa vie il recueille ses Bulletins d&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fascin\u00e9 par les m\u00e9andres de la parole humaine, surtout par la propagande d\u00e9vers\u00e9e par les radios, il transcrit inlassablement ses nuits blanches \u00e0 devenir le coquillage de l&rsquo;univers et recueillir les mar\u00e9es des mots. L&rsquo;\u00e9coute des radios \u00e9trang\u00e8res aura \u00e9t\u00e9 sa vie, son \u00e9puisement, sa vampirisation Efflanqu\u00e9 et blafard au sortir de ses nuits blanches, il \u00e9tait d\u00e9cal\u00e9 dans le monde des jours, dans le monde des humains. Il les aimait pour leurs voix, il s&rsquo;\u00e9tonnait de leurs r\u00e9alit\u00e9s, de leur science \u00e0 mentir. Dans ses nuits \u00e0 lui il voyait monter la nuit du bourrage de cr\u00e2ne. La radio ment, le monde ment, la radio n&rsquo;est plus \u00ab\u00a0allemand\u00a0\u00bb, mais mensonge mondial. Mais Robin \u00e9coute encore et toujours \u00e0 l&rsquo; aff\u00fbt du langage. Val\u00e9rie Rouzeau l&rsquo;appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9couteur sublime\u00a0\u00bb, cela dit tout. Il \u00e9tait aussi l&rsquo;\u00e9ternel errant, de par le monde, dans sa propre ville, dans sa propre t\u00eate. Errant mais errant rapide avec sa grosse moto, qui trimbalait des quantit\u00e9s de livres d\u00e9chir\u00e9s et des grammaires de toutes les langues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Armand Robin veille la nuit sur les mouvements de l&rsquo;\u00e9ther et de la parole. Sa vie sera attach\u00e9e aux ondes de la radio et \u00e0 l&rsquo;ivresse de la moto, son destrier pour sillonner l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il se voudra \u00ab\u00a0\u00e9crivain libre\u00a0\u00bb; Il sera aussi le braconnier des langues, humblement il sera passerelle des incendies des autres po\u00e8tes dans d&rsquo;autres langues. Robin fut un traducteur magistral du russe, du g\u00e9orgien, de l&rsquo;hongrois, du polonais, latin, grec, anglais, finnois, chinois, arabe, &#8230;Soit plus de quarante langues, dont dix-huit pratiqu\u00e9es couramment outre sa langue maternelle, le breton\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une vraie tour de Babel en dedans sa t\u00eate. Et il a pass\u00e9 presque toute sa vie \u00e0 retranscrire les mots p\u00each\u00e9s au fond des nuits.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s&rsquo;en explique ainsi:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Avec de grands gestes, <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai jet\u00e9 pendant quatre ans mon \u00e2me dans toutes les langues, <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai cherch\u00e9, libre et fou, tous les endroits de v\u00e9rit\u00e9, <\/em><\/p>\n<p><em>Surtout j&rsquo;ai cherch\u00e9 les dialectes o\u00f9 l&rsquo;homme n&rsquo;\u00e9tait pas dompt\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>Je me suis mis en qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9 dans toutes les langues. <\/em><\/p>\n<p><em>Le martyre de mon peuple, et de tout peuple, on m&rsquo;interdisait <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En fran\u00e7ais. <\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai pris le croate, l&rsquo;irlandais, le hongrois, l&rsquo;arabe, le chinois <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour me sentir un homme d\u00e9livr\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>La beaut\u00e9 des autres po\u00e8tes m&rsquo;est un brasier<\/em><\/p>\n<p><em>O\u00f9 me jeter en fagot sacrifi\u00e9, luisant et gai<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"1\">Au fil des langues et des ondes<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Robin traducteur traduit, mais se traduit aussi. Il est dans ce qu&rsquo;il nomme \u00ab\u00a0l&rsquo;outre-langue\u00a0\u00bb, sa seule v\u00e9ritable patrie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Mon \u00e2me y buta de souche en souche au long de la parole int\u00e8gre. Je me per\u00e7us g\u00e9n\u00e9ral et universel. Je jalousai le Verbe. Je fus heureux.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et Armand Robin fut v\u00e9ritablement heureux avec ses amis po\u00e8tes de l&rsquo;ailleurs. Il atteint ainsi au cosmique dont les crachements des ondes lui donnaient d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Une \u00e9pop\u00e9e cosmique, sans commencement ni fin, une entreprise de d\u00e9sappropriation tendant \u00e0 faire de tout po\u00e8te \u00e9tranger un avatar d&rsquo;auteur qui est n&rsquo;importe qui, n&rsquo;\u00e9tant personne.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Homme de forte conviction, la mise en cage de la pens\u00e9e des hommes, qu&rsquo;il pouvait chaque nuit \u00e9couter sur les ondes l&rsquo;a r\u00e9volt\u00e9, car Armand Robin fut un homme r\u00e9volt\u00e9, parlant trop haut, trop fort contre les hypocrites<em>, <\/em>\u00ab\u00a0jouant toujours contre lui\u00a0\u00bb.\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Que faire de ce plein jour\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Vienne une nuit d&rsquo;ombres amies <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0 O\u00f9 nul tyran ne puisse m&rsquo;\u00e9pier\u00a0! <\/em><\/p>\n<p><em>Je veux parler\u00a0! au plus humble je veux parler\u00a0! <\/em><\/p>\n<p><em>Les pleurs de l&rsquo;homme \u00e0 neuf m&rsquo;ont cr\u00e9\u00e9, <\/em><\/p>\n<p><em>Les temps, les lieux. <\/em><\/p>\n<p><em>Petit Poucet de la Charit\u00e9, je laisse mes chants <\/em><\/p>\n<p><em>Derri\u00e8re moi d&rsquo;arbre en arbre au fond des bois tomber.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D&rsquo;abord compagnon de route du parti communiste jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 40, il rejette toute ali\u00e9nation politique pour se d\u00e9couvrir profond\u00e9ment et totalement anarchiste et anti-bourgeois\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Je ne suis pas venu pour vivre en privil\u00e9gi\u00e9\u00a0;<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai la main prise dans une grande main de fid\u00e9lit\u00e9\u00a0;<\/em><\/p>\n<p><em>On ne peut m&rsquo;apprivoiser avec des bouquets de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9\u00a0;<\/em><\/p>\n<p><em>Aucun moyen de me mener au banquet des lettr\u00e9s. <\/em><\/p>\n<p><em>Les po\u00e8mes pour moi ne sont pas un banquet, <\/em><\/p>\n<p><em>Mais mani\u00e8re plus s\u00fbre et plus dure de travailler. <\/em><\/p>\n<p><em>Paysans, ouvriers, surgi de vous, aventur\u00e9 <\/em><\/p>\n<p><em>Sans rien trahir parmi les grands messieurs mauvais, <\/em><\/p>\n<p><em>Je reste en vous granit que RIEN ne peut changer.<\/em><\/p>\n<p>Armand Robin \u00a0Les Po\u00e8mes Ind\u00e9sirables<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"nofloat\" src=\"http:\/\/www.espritsnomades.com\/sitelitterature\/robin\/ArmandRobin.jpg\" alt=\"robin\" \/><\/p>\n<p>Silencieux, il assistait aux r\u00e9unions des copains anarchistes (Joyeux, Brassens,..) au bord du Canal Saint-Martin. Les amis sont dispers\u00e9s, les amis sont d\u00e9chir\u00e9s, une odeur de pipe et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 flotte encore sur Paris<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Nous f\u00fbmes des gens d&rsquo;un tr\u00e8s pauvre monde<\/em><\/p>\n<p><em>Et de pauvres sens qui ne pouvaient rien de plus<\/em><\/p>\n<p><em>Nous f\u00fbmes laiss\u00e9s sans rien que de la haine<\/em><\/p>\n<p><em>Nous f\u00fbmes laiss\u00e9s sans rien pr\u00e8s d&rsquo;une voie de garage<\/em><\/p>\n<p><em>Il nous fallut organiser notre vie avec du quotidien priv\u00e9 de sens\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><em>De grands interdits veill\u00e8rent.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Homme libre, follement libre, il se dresse contre les mesquineries du monde.<\/p>\n<p>Atrabilaire, crachant plus fort que tous les crachements de ses radios, il se referme sur ses chers po\u00e8tes \u00e9trangers. Il se contente de la tendresse de ses chats et de son \u00e9cureuil. Se croyant pers\u00e9cut\u00e9 il saccage les relations humaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Les v\u00e9ritables po\u00e8tes vivent et cr\u00e9ent en avance sur leur temps. (&#8230;) Aucune tactique, aucune strat\u00e9gie, aucune ruse, aucune crainte de la pauvret\u00e9, aucun souci de la renomm\u00e9e. Sur tous les plans, une ind\u00e9pendance totale vis-\u00e0-vis de tout.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"2\">Traces de vie<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sa biographie pourrait s&rsquo;\u00e9noncer ainsi\u00a0: il a \u00e9cout\u00e9 la radio. Cela serait vrai.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour aller plus loin on peut ajouter qu&rsquo;il est n\u00e9 le 19 janvier 1912 \u00e0 Plouguern\u00e9vel (C\u00f4tes-d&rsquo;Armor). Qu&rsquo;il fit des \u00e9tudes litt\u00e9raires et surtout dans les ann\u00e9es 30, compagnon de route du Parti Communiste m\u00eame apr\u00e8s un voyage en URSS. Dans cette p\u00e9riode trouble\u00a0 des ann\u00e9es de la d\u00e9faite il sera employ\u00e9 au Minist\u00e8re de l&rsquo;Information au service des \u00e9coutes radiophoniques en langues \u00e9trang\u00e8res comme \u00ab\u00a0collaborateur technique de second degr\u00e9\u00a0\u00bb. Avait-il le choix pour survivre\u00a0? En 1943 son c\u00f4t\u00e9 provocateur provoque la rupture avec son employeur. Il est \u00e0 un tournant de son existence, il comprend qu&rsquo;il sera toute sa vie un exclu, un d\u00e9poss\u00e9d\u00e9, un marginal. Le monde litt\u00e9raire lui semble interdit. Il s&rsquo;engage \u00e0 travailler pour la R\u00e9sistance avec ses Bulletins radio et \u00e9crit dans Combat et l&rsquo;Humanit\u00e9, ceci ne l&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre mis sur la liste noire des \u00e9crivains \u00e0 la Lib\u00e9ration avec interdiction de publier, plus pour ses amiti\u00e9s trotskistes que pour le reste inexistant\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>J\u2019avais commis, en 1940, la triple faute impardonnable de laisser voir \u00e0 Aragon le d\u00e9go\u00fbt qu\u2019un tel homme ne peut manquer de provoquer chez quelqu\u2019un venant du peuple.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u00c9videmment un stalinien tout d&rsquo;un bloc comme Aragon ne pouvait laisser vivre un tel \u00e9lectron libre. Armand Robin ne se remettra jamais de cette indignit\u00e9, et contre \u00ab\u00a0les maquisards de la plume\u00a0\u00bb, il gardera une haine farouche, obsessionnelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il se tourne vers l&rsquo;anarchisme et en1946 il devient secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste et surtout l&rsquo;ami de Georges Brassens. Il publie aux Editions Anarchistes. Mais l\u00e0 aussi il ne s&rsquo;attache pas et en 1953 il reprend sa libert\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il sillonne l&rsquo;Europe en moto et traduit Ady, Ma\u00efakovski, Pasternak, Blok, Ess\u00e9nine. Mais aussi Shakespeare, Ungaretti, Omar Khayam ,&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il fait enfin ce qu&rsquo;il lui pla\u00eet en devenant homme de radio avec Po\u00e9sie Sans Passeport, merveilleuse \u00e9mission sur la po\u00e9sie \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il prend ensuite fait et cause pour l&rsquo;ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne \u00ab\u00a0Je suis un Fellagha\u00a0! Je suis un Fellagha\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il vivra \u00e0 la fin de sa vie dans la mis\u00e8re et les saisies d&rsquo;huissier. Arr\u00eat\u00e9 par la police \u00e0 cause d&rsquo;une dispute avec des boulistes (!), il meurt le 29 mars 1961 \u00e0 l&rsquo; Infirmerie Sp\u00e9ciale du D\u00e9p\u00f4t, sans doute \u00e9cumant de rage et d&rsquo;humiliation, et apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 \u00e0 tabac. En tout cas sans explication de la part de la police.<strong> Pour un anarchiste, mourir d&rsquo;une bavure polici\u00e8re semblait une fatalit\u00e9 in\u00e9luctable<\/strong>. La plupart de ses papiers seront jet\u00e9s par les d\u00e9m\u00e9nageurs, son \u0153uvre est presque perdue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D&rsquo;o\u00f9 venait-il\u00a0? Bien s\u00fbr de la Bretagne, mais de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 aussi, c&rsquo;est la m\u00eame chose\u00a0<em>\u00bb<\/em> a dit son ami Henri Thomas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Discret, humble, il laissa ses \u0153uvres \u00e0 l&rsquo;Assistance sociale de l&rsquo;histoire. Homme aussi ayant perdu toutes ses illusions en \u00e9coutant l&rsquo;immense machine \u00e0 d\u00e9cerveler, radio et t\u00e9l\u00e9vision, mises en route par les hommes. Combats, mal\u00e9dictions, plaies et bosses rythmeront sa vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les t\u00e9n\u00e8bres nous environnent, h\u00e9las\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Robin est un homme irr\u00e9ductible, insoumis profond\u00e9ment. Il est une belle figure de l&rsquo;homme qui ne se met pas \u00e0 genoux, qui \u00e9ructe sa libert\u00e9, qui est devenu le coquillage du monde. Il s&rsquo;enferme aussi dans le silence et le myst\u00e8re. Il \u00e9tait sans doute parano\u00efaque voyant des complots partout. Il en devenait d\u00e9testable et perdait tous ses amis. Les quelques-uns qui lui restaient, il les \u00ab\u00a0tapait\u00a0\u00bb pour quelques sous. Il errait parmi les putes de son quartier \u00e0 qui il lisait ses po\u00e8mes. Et ivre mort il allait se coucher parmi tous ses papiers r\u00e9pandus. M\u00e9lange d&rsquo;Erik Satie et de L\u00e9autaud il semblait vivre dans les cartons de ses textes, avec des chats qui passaient en r\u00e9citant ses po\u00e8mes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il foudroyait de ses col\u00e8res, de son agressivit\u00e9, notre pauvre plan\u00e8te. Presque clochardis\u00e9 \u00e0 la fin de sa vie, habitu\u00e9 des soupes populaires, il jurait sur tous et tout. Comme il ne s&rsquo;aimait visiblement pas il ne pouvait aimer que les amis en papier, ses fr\u00e8res les \u00e9crivains lointains que jamais il n&rsquo;aurait \u00e0 rencontrer. Son anarchisme visc\u00e9ral tournait \u00e0 la misanthropie. Et pourtant l&rsquo;utopie f\u00e9conde d&rsquo;une fraternit\u00e9 universelle le faisait vivre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il lui fallait communiquer, entendre toutes les voix de la terre, communiquer encore et toujours, traduire, communiquer \u00e0 tout prix. Maladroit il l&rsquo;\u00e9tait au del\u00e0 de toute imagination, mais il se voulait ainsi\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0Je ne suis pas adroit, je suis droit\u00a0<em>\u00bb.<\/em> Cela sera toujours sa devise<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Seule l\u2019\u00e2me solitaire est dialogue avec l\u2019esprit de v\u00e9rit\u00e9\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"3\">Portrait d\u2019Armand Robin<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne connais point de plus beau portrait d&rsquo;Andr\u00e9 Robin que celui fait par Henri Thomas, qui l&rsquo;a connu \u00e0 Londres, et qui dit de lui\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;on retrouve dans toutes ses tentatives, c&rsquo;est sa relation avec le langage, qui m&rsquo;a toujours paru tr\u00e8s curieuse\u00a0; sa fa\u00e7on de d\u00e9former les mots et, par exemple, d&rsquo;appeler les arbres \u00ab\u00a0ces curieux animaux v\u00e9g\u00e9taux\u00a0\u00bb. Cela me semble tr\u00e8s \u00e9tonnant, \u00e0 travers les mots, de prendre la r\u00e9alit\u00e9 comme quelque chose de baroque, de pas tout \u00e0 fait appropri\u00e9 \u00e0 lui, Armand Robin, et puis d&rsquo;y trouver des failles, de s&rsquo;\u00e9chapper par l\u00e0.<\/p>\n<p>Il avait en lui l&rsquo;\u00e9vidence po\u00e9tique, et c&rsquo;est une chose extr\u00eamement rare. Il le payait cher. (&#8230;)<\/p>\n<p>Il \u00e9tait totalement impr\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 qui nous \u00e9chappe &#8211; enti\u00e8rement enfouie dans la nature\u00a0; quelque chose qui vient d&rsquo;un monde que nous ne comprenons pas. (<em>Cahiers des saisons, hiver 1964, \u00e9d Julliard.)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Armand Robin est un exemple unique d&rsquo;un homme, d&rsquo;un \u00e9crivain, \u00e0 la fois totalement pr\u00e9sent et totalement absent au monde. Il semblait s&rsquo;\u00eatre affranchi des pesanteurs du monde, d\u00e9j\u00e0 parti dans l&rsquo;absolu .Toujours en cours d&rsquo;\u00e9vasion de cette terre trop petite pour lui, toujours en fuite, il cherchait lui aussi \u00ab\u00a0l&rsquo;or pur du temps\u00a0\u00bb. Armand Robin est simplement \u00e0 contre-courant, et il coule plus vite que le reste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Armand Robin est l&rsquo;incarnation de l&rsquo;\u00e9tranger \u00e0 son propre pays, \u00e0 sa propre langue, tout entier tendu vers l&rsquo;universel<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Robin <\/em><\/p>\n<p><em>Robin des nuits, Robin des bois et des rivi\u00e8res <\/em><\/p>\n<p><em>je clamerai ta rime aux \u00e9oliennes <\/em><\/p>\n<p><em>et le vent de la mer dira aux hommes et aux p\u00f4les <\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab en France, c&rsquo;est s\u00fbr, on n&rsquo;aime les po\u00e8tes qu&rsquo;assassin\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em> (Xavier Grall)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le site incontournable et magistral sur Armand Robin est http:\/\/armandrobin. org , r\u00e9alis\u00e9 par Jean Bescond (un professeur de fran\u00e7ais qui vit en Bretagne), \u00e0 qui nous avons emprunt\u00e9 quelques iconographies, et quelques citations. Merci \u00e0 lui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Gil Pressnitzer<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"4\">Choix de textes<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lettre adress\u00e9e \u00e0 la Gestapo le 5 octobre 1943 :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Preuves un peu trop lourdes de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence humaine, il m\u2019est parvenu que de singuliers citoyens fran\u00e7ais m\u2019ont d\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 vous comme n\u2019\u00e9tant pas du tout au nombre de vos approbateurs. Je ne puis, messieurs, que confirmer ces propos et ces tristes \u00e9crits. Il est tr\u00e8s exact que je vous d\u00e9sapprouve d\u2019une d\u00e9sapprobation pour laquelle il n\u2019est point de nom dans aucune des langues que je connaisse (ni m\u00eame sans doute dans la langue h\u00e9bra\u00efque que vous me donnez envie d\u2019\u00e9tudier). Vous \u00eates des tueurs, messieurs\u00a0; et j\u2019ajouterai m\u00eame (c\u2019est un point de vue auquel je tiens beaucoup) que vous \u00eates des tueurs ridicules. (&#8230;) Vous avez assassin\u00e9, messieurs, mon fr\u00e8re, le travailleur allemand\u00a0; je ne refuse pas, ainsi que vous le voyez, d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lettre ind\u00e9sirable n\u00b01<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tranger<\/p>\n<p>Je ne suis qu&rsquo;apparemment ici.<\/p>\n<p>Loin de ces jours que je vous donne est projet\u00e9e ma vie.<\/p>\n<p>Malhabile conqu\u00e9rant par mes cris gouvern\u00e9,<\/p>\n<p>O\u00f9 vous m&rsquo;apercevez je ne suis qu&rsquo;un \u00e9tranger.<\/p>\n<p>Gestes d&rsquo;amour partout \u00e9parpill\u00e9s<\/p>\n<p>Je me fraye une voie isol\u00e9e, d\u00e9sert\u00e9e.<\/p>\n<p>D&rsquo;une science \u00e0 l&rsquo;autre j&rsquo;ai pris terrier,<\/p>\n<p>Li\u00e8vre apeur\u00e9 sentant sur lui braqu\u00e9<\/p>\n<p>Le fusil savant et s\u00fbr de la destin\u00e9e.<\/p>\n<p>Aucune terreur ne m&rsquo;a manqu\u00e9.<br \/>\nArmand<em> Robin<strong> :<\/strong><\/em> Fragments\u00a9 Gallimard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mon pays<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je vous viens d&rsquo;un pays en dedans des souffrances<\/p>\n<p>O\u00f9 je dois me cr\u00e9er gr\u00e2ce \u00e0 mes cr\u00e9atures;<\/p>\n<p>J&rsquo;y poss\u00e8de depuis mon premier souvenir<\/p>\n<p>Un cheval immobile qui m\u00e2che de biais<\/p>\n<p>Son tr\u00e8fle et j&rsquo;y poss\u00e8de ce tr\u00e8fle qui lui tire<\/p>\n<p>En gamin sur les dents pour \u00eatre enfin mang\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ce pays en dedans des souffrances,<\/p>\n<p>Le chuchotis du Temps n&rsquo;alourdit plus les branches,<\/p>\n<p>Les mots tombent de moi, sans poids, plus nuls qu&rsquo;un songe<\/p>\n<p>O\u00f9 jamais ne s&rsquo;\u00e9mut que le remous d&rsquo;une ombre;<\/p>\n<p>Trop imag\u00e9s de mort pour n&rsquo;\u00eatre pas pr\u00e9sages,<\/p>\n<p>Mes h\u00e9ros d\u00e9livr\u00e9s m&rsquo;ont laiss\u00e9 leurs blessures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ce pays en dedans des souffrances,<\/p>\n<p>Voici ma joie, oui, joie, &#8211; semblable \u00e0 ma torture:<\/p>\n<p>J&rsquo;y murmure tr\u00e8s seul des silences plus t\u00e9nus<\/p>\n<p>Que moi-m\u00eame ou parfois, triste plaisir trop pur,<\/p>\n<p>Au paradis de l&rsquo;art d&rsquo;o\u00f9 nul ne revient plus,<\/p>\n<p>Je poursuis sans nul but l&rsquo;aventure des nues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Seuls les jeux des oiseaux, des ruisseaux, des herbages,<\/p>\n<p>M&rsquo;aident lorsque je veux descendre en votre sang<\/p>\n<p>Pour c\u00e9der tous mes cris \u00e0 l&rsquo;amour des vivants,<\/p>\n<p>(Oh\u00a0! pleurs, d\u00e9truirez-vous d&rsquo;eux \u00e0 moi la distance\u00a0?)<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;amour des passants, moi qui suis de passage<\/p>\n<p>Et qui ne pr\u00e9tends plus qu&rsquo;\u00e0 mon trop haut tourment.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et lorsqu&rsquo;au sol enfin j&rsquo;acc\u00e8de en \u00e9gar\u00e9,<\/p>\n<p>J&rsquo;y suis contrebandier d&rsquo;indicibles souffrances<\/p>\n<p>En me cachant de tous je les porte au march\u00e9,<\/p>\n<p>Contre elles dans un coin je demande en silence<\/p>\n<p>De ce vin qu&rsquo;il me faut pour ne pas trop pleurer,<\/p>\n<p>Mais je n&rsquo;insiste pas, je suis contrebandier.<br \/>\n<em>Armand Robin Ma Vie Sans Moi, Pays (1\u00e8re partie) \u00a9 Gallimard <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En de tr\u00e8s vieux temps, o\u00f9 je parus exister,<\/p>\n<p>On pr\u00e9tendit m&rsquo;avoir rencontr\u00e9.<\/p>\n<p>Me faufilant \u00e0 rebours dans les \u00e2ges,<\/p>\n<p>J&rsquo;ai empoign\u00e9, secou\u00e9 les ann\u00e9es o\u00f9 je fus dit en vie,<\/p>\n<p>Attendant qu&rsquo;en tremblotement de poussi\u00e8re mon avant-vie ait dans\u00e9<\/p>\n<p>J&rsquo;ai dans\u00e9 dans la poussi\u00e8re toutes les danses de l&rsquo;avant-vie<\/p>\n<p>Je ne rendrai pas compte de la vie<\/p>\n<p>Qu&rsquo;on dit avoir \u00e9t\u00e9 ma vie.<\/p>\n<p>Abusivement ins\u00e9r\u00e9 en vie,<\/p>\n<p>Contre toute mon \u00e9vidence \u00e0 partir de 1912 je fus dit en vie.<\/p>\n<p>On \u00e9tablit contre moi des constats de pr\u00e9sence<\/p>\n<p>Je fus pris en flagrant d\u00e9lit de vie.<\/p>\n<p>Telle est la l\u00e9gende bien \u00e9tablie<\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0Le M<\/em>onde d&rsquo;une voix \u00a9 Gallimard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le programme en quelques si\u00e8cles<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On supprimera la Foi<\/p>\n<p>Au nom de la Lumi\u00e8re,<\/p>\n<p>Puis on supprimera la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>On supprimera l&rsquo;\u00c2me<\/p>\n<p>Au nom de la Raison,<\/p>\n<p>Puis on supprimera la raison.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On supprimera la Charit\u00e9<\/p>\n<p>Au nom de la Justice<\/p>\n<p>Puis on supprimera la justice.<\/p>\n<p>On supprimera l\u2019Amour<\/p>\n<p>Au nom de la Fraternit\u00e9,<\/p>\n<p>Puis on supprimera la fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On supprimera l\u2019Esprit de V\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>Au nom de l\u2019Esprit critique,<\/p>\n<p>Puis on supprimera l\u2019esprit critique.<\/p>\n<p>On supprimera le Sens du Mot<\/p>\n<p>Au nom du sens des mots,<\/p>\n<p>Puis on supprimera le sens des mots<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On supprimera le Sublime<\/p>\n<p>Au nom de l&rsquo;Art,<\/p>\n<p>Puis on supprimera l&rsquo;art.<\/p>\n<p>On supprimera les \u00c9crits<\/p>\n<p>Au nom des Commentaires,<\/p>\n<p>Puis on supprimera les commentaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On supprimera le Saint<\/p>\n<p>Au nom du G\u00e9nie,<\/p>\n<p>Puis on supprimera le g\u00e9nie.<\/p>\n<p>On supprimera le Proph\u00e8te<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au nom du po\u00e8te,<\/p>\n<p>Puis on supprimera le po\u00e8te.<\/p>\n<p>On supprimera l\u2019Esprit,<\/p>\n<p>Au nom de la Mati\u00e8re,<\/p>\n<p>Puis on supprimera la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L&rsquo;HOMME ;<\/p>\n<p>ON SUPPRIMERA LE NOM DE L&rsquo;HOMME ;<\/p>\n<p>IL N&rsquo;Y AURA PLUS DE NOM ;<\/p>\n<p>NOUS Y SOMMES.<\/p>\n<p><em>Armand ROBIN , 1945. copyright \u00ab\u00a0l&rsquo;Anthologie de la po\u00e9sie fran\u00e7aise du XXeme si\u00e8cle (Po\u00e9sie Gallimard, 2000),<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Je me suis retir\u00e9<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je me suis retir\u00e9 du n\u00e9ant<\/p>\n<p>A peine.<\/p>\n<p>Je suis presque sans rien sur le rivage.<\/p>\n<p>La confiance, la foi, le courage<\/p>\n<p>Je fis pour eux un effort d&rsquo;insecte fervent<\/p>\n<p>Des algues me couvraient,<\/p>\n<p>Avec des coquillages je jouais.<\/p>\n<p>M\u00eame quand je joue<\/p>\n<p>Avec les branches qui me couvrent,<\/p>\n<p>Je suis avec voustous<\/p>\n<p>Je suis votre peur de la mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a9 Gallimard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"5\">Bibliographie<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Parus aux Ed. Le temps qu&rsquo;il fait :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La fausse parole (1979, r\u00e9\u00e9dition augment\u00e9e 2002)<\/p>\n<p>L&rsquo;homme sans nouvelle (1981)<\/p>\n<p>Les po\u00e8mes ind\u00e9sirables (\u00c9d. Anarchistes 1945, r\u00e9\u00e9d.1981)<\/p>\n<p>Quatre po\u00e8tes russes (Seuil 1949, r\u00e9\u00e9d.1985)<\/p>\n<p>Po\u00e8mes d&rsquo; Andr\u00e9 Ady (traduction A. Robin, 1946 \u00c9d. Anarchistes, r\u00e9\u00e9d. 1992)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chez d&rsquo;autres \u00e9diteurs :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ma vie sans moi (Gallimard 1940, r\u00e9\u00e9d. 1970)<\/p>\n<p>Le temps qu&rsquo;il fait (Gallimard 1942, r\u00e9\u00e9d. 1986)<\/p>\n<p>Po\u00e9sie non traduite (Gallimard, 1953)<\/p>\n<p>Po\u00e9sie non traduite II (Gallimard, 1958)<\/p>\n<p>Le monde d&rsquo;une voix (Gallimard, 1968)<\/p>\n<p>P\u00e2ques f\u00eate de la joie (Calligrammes, 1982)<\/p>\n<p>\u00c9crits oubli\u00e9s I (\u00c9d. Ubacs, 1986)<\/p>\n<p>\u00c9crits oubli\u00e9s II (\u00c9d. Ubacs, 1986)<\/p>\n<p>Po\u00e9sie sans passeport (\u00c9d Ubacs, 1990)<\/p>\n<p>Expertise de la fausse parole (\u00c9d. Ubacs, 1990)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0le cycle du pays na<em>tal\u00a0\u00bb (Ed. la part commune, 2000)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.espritsnomades.com\/sitelitterature\/robin\/armandrobin1.jpg\" alt=\"robin\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"pieddetexte\">\n<p><a title=\"t\u00e9l\u00e9charger ce texte (.pdf)\" href=\"http:\/\/www.espritsnomades.com\/sitelitterature\/robin\/robinarmand.pdf\"><img decoding=\"async\" class=\"imageflottantedroite\" src=\"http:\/\/www.espritsnomades.com\/images\/pagepdf.gif\" alt=\"pdf\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"feradroite\">T\u00e9l\u00e9charger ce texte (.pdf)<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Note:bient\u00f4t au laboratoire on consacrera une soir\u00e9e avec &#8230;. &nbsp; &nbsp; Pour rester pr\u00e8s de vous, malgr\u00e9 moi, malgr\u00e9 ma vie, j&rsquo;ai v\u00e9cu toutes mes nuits dans les songes, et, le jour, je me suis \u00e0 peine r\u00e9veill\u00e9 pour subir une vie o\u00f9 je n&rsquo;\u00e9tais plus. &nbsp; Suspendu aux ondes courtes du monde il \u00e9pie, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6379","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6379","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6379"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6382,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6379\/revisions\/6382"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}