{"id":6361,"date":"2016-09-24T08:57:41","date_gmt":"2016-09-24T06:57:41","guid":{"rendered":"http:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=6361"},"modified":"2016-09-24T09:05:49","modified_gmt":"2016-09-24T07:05:49","slug":"parution-nunatak-revue-dhistoires-cultures-et-luttes-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=6361","title":{"rendered":"Parution: Nunatak :revue  d&rsquo;histoires, cultures et luttes des montagnes"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"entry-title\"><\/h1>\n<h1 class=\"entry-title\">Editorial<\/h1>\n<div class=\"entry-meta\"><\/div>\n<div class=\"entry-content\">\n<p>Nous habitons la montagne. Pour certains c\u2019est un choix, pour d\u2019autres un exil, un refuge, une prison. Nous l\u2019habitons par d\u00e9sir ou par la force des choses, et nous posons la question de comment habiter cet espace. L\u2019habiter r\u00e9ellement, ne pas nous contenter de notre position de consommateur perp\u00e9tuel, d\u00e9vier du sentier balis\u00e9 des flux de la marchandise et de l\u2019autorit\u00e9, nous attaquer \u00e0 ce qui nous s\u00e9pare les uns des autres, nous plonger dans les histoires que racontent les ruisseaux, les \u00eatres, les arbres ou les rochers\u2026<\/p>\n<p>Nous nous sommes r\u00e9unis autour de l\u2019envie de faire \u00e9cho \u00e0 la revue italienne <em>Nunatak<\/em>, <em>revue d\u2019histoires, de cultures, et de luttes des montagnes<\/em>, s\u2019inspirant de celle-ci pour une publication fran\u00e7aise. Nous ne cherchons pas \u00e0 la reproduire \u00e0 l\u2019identique, mais \u00e0 imaginer une forme similaire en r\u00e9sonance avec nos propres v\u00e9cus.<\/p>\n<p>La montagne est tout \u00e0 la fois accueillante et contraignante, vivifiante et terrifiante, mais elle nous permet surtout un certain recul sur le monde et sur nous-m\u00eame. Des populations successives l\u2019ont fa\u00e7onn\u00e9e pour y \u00e9tablir leur existence. Les pentes difficiles, les hameaux parsem\u00e9s parfois inaccessibles en ont compliqu\u00e9 le contr\u00f4le. Tout un imaginaire entoure cet espace, terre d\u2019insoumissions et d\u2019h\u00e9r\u00e9sies, haut-lieu des bandits et contrebandiers, espace de r\u00e9sistance et d\u2019autonomie.<br \/>\nCet imaginaire a tendance \u00e0 \u00e9riger la montagne en mythe lui conf\u00e9rant le pouvoir d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019horreur de ce monde. Prise dans la toile des industries et du tourisme, d\u00e9coup\u00e9e en zones d\u2019exploitation ou en parcs naturels qui servent de mus\u00e9e pour des formes de vie an\u00e9anties, la montagne n\u2019est pas un espace pr\u00e9serv\u00e9. Le capitalisme s\u2019acharne \u00e0 neutraliser tout ce qui lui \u00e9chappe. La m\u00e9tropole s\u2019\u00e9tend inexorablement dans un processus d\u2019uniformisation qui am\u00e9nage les territoires en vue de les soumettre \u00e0 la gestion marchande. Le mode de vie qui en est issu se pr\u00e9sente comme le seul envisageable. Dans ces r\u00e9gions recul\u00e9es, nous entretenons des rapports tout autant impr\u00e9gn\u00e9s de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie r\u00e9gnante.<br \/>\nNotre analyse est paradoxale. Partant du constat qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019en dehors, que les oasis ont \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9es par le d\u00e9sert, nous reconnaissons cependant que certains espaces n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9vast\u00e9s et pr\u00e9sentent encore des particularit\u00e9s auxquelles nous sommes attach\u00e9s. Il y subsiste en effet des traces qui nous renvoient \u00e0 des r\u00e9cits, des histoires, des pratiques et des v\u00e9cus singuliers \u00e9chappant en partie \u00e0 l\u2019uniformisation totale des modes de vie. Ces traces nous laissent entrevoir des contradictions et des possibilit\u00e9s d\u2019explorer des trajectoires divergentes.<br \/>\nC\u2019est sur ces singularit\u00e9s que nous d\u00e9sirons nous attarder, afin de faire circuler des outils et des id\u00e9es qui nous permettent de reprendre le pouvoir sur nos vies.<\/p>\n<p>L\u2019imaginaire autour de la montagne r\u00e9sonne pour nous comme une m\u00e9taphore. Dans la langue des Inuits,\u00a0le terme <em>nunatak<\/em> d\u00e9signe une montagne s\u2019\u00e9levant au dessus des \u00e9tendues gel\u00e9es, o\u00f9 se r\u00e9fugie la vie pour perdurer pendant l\u2019\u00e8re glaciaire. La montagne, c\u2019est donc tous ces petits espaces o\u00f9 subsistent et o\u00f9 s\u2019exp\u00e9rimentent des fa\u00e7ons d\u2019exister qui tentent de contredire le froid social triomphant. Et si nous voulons nous concentrer en premier lieu sur les r\u00e9gions montagneuses, cela n\u2019exclut en aucun cas les contributions venues d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Nous avons envie de retracer les chemins qui nous ont amen\u00e9s \u00e0 habiter en montagne ou \u00e0 faire le choix d\u2019y rester, de croiser nos r\u00e9cits et exp\u00e9riences afin de les confronter \u00e0 d\u2019autres.<br \/>\nNous voulons effectuer des recherches pour fournir des documents sur les histoires de r\u00e9voltes, de d\u00e9sertions pass\u00e9es et actuelles, individuelles et collectives, sp\u00e9cifiques \u00e0 ces zones g\u00e9ographiques.<br \/>\nNous d\u00e9sirons aussi nous int\u00e9resser aux animaux, aux plantes, aux min\u00e9raux, \u00e0 l\u2019eau\u2026 \u00e0 tout ce qui constitue ce que ce monde a fig\u00e9 en un \u00ab\u00a0environnement\u00a0\u00bb qu\u2019on voudrait nous vendre comme terrain de ressources exploitables. Nous consid\u00e9rons plut\u00f4t qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ensemble dont nous faisons partie et qui nous traverse.<br \/>\nNous souhaitons enfin nous pencher sur des pratiques, des savoirs-faire, des formes d\u2019organisation diff\u00e9rentes afin de tenter de nous les r\u00e9approprier pour leur usage et non leur valeur marchande. Nombre de ces m\u00eames pratiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, mus\u00e9ifi\u00e9es en tant que concept marketing\u00a0: label biologique, tourisme, patrimoine\u2026<br \/>\nNous ne voulons pas laisser aux traditionalistes et aux mus\u00e9es, aux identitaires et aux chauvins, aux r\u00e9formistes et autres r\u00e9actionnaires les interpr\u00e9tations de l\u2019histoire.<br \/>\nIl ne s\u2019agit pas pour nous de trouver dans les cultures du pass\u00e9 un id\u00e9al \u00e0 atteindre, nous sommes convaincus que s\u2019opposer \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie du progr\u00e8s ne signifie pas un retour en arri\u00e8re.<em> Ce n\u2019\u00e9tait pas mieux avant<\/em>. De quels \u00e9l\u00e9ments de notre histoire pouvons-nous alors nous emparer pour imaginer et concevoir des perspectives radicalement autres\u00a0?<\/p>\n<p>Cette revue se veut un support pour d\u00e9velopper et partager nos critiques, du point de vue des r\u00e9gions montagneuses que nous habitons. Mais nous d\u00e9sirons aussi chercher des moyens de concr\u00e9tiser ce que nous pensons pour pouvoir nous opposer au monde tel qu\u2019il se pr\u00e9sente \u00e0 nous : d\u00e9velopper et intensifier des liens, confronter des r\u00e9alit\u00e9s et lutter contre le rapport de consommation aux espaces que nous essayons d\u2019habiter. Essayer, sans nous faire d\u2019illusions, d\u2019exp\u00e9rimenter ici et maintenant sur la base de notre refus ce vers quoi nous voulons aller.<br \/>\nCombattre concr\u00e8tement l\u2019<em>uniforme<\/em>.<\/p>\n<p>adresse par mail:revuenunatak@riseup.net<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Editorial Nous habitons la montagne. Pour certains c\u2019est un choix, pour d\u2019autres un exil, un refuge, une prison. Nous l\u2019habitons par d\u00e9sir ou par la force des choses, et nous posons la question de comment habiter cet espace. L\u2019habiter r\u00e9ellement, ne pas nous contenter de notre position de consommateur perp\u00e9tuel, d\u00e9vier du sentier balis\u00e9 des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6361","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6361","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6361"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6361\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6364,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6361\/revisions\/6364"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6361"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6361"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6361"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}