{"id":3548,"date":"2015-12-15T10:12:32","date_gmt":"2015-12-15T09:12:32","guid":{"rendered":"http:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=3548"},"modified":"2015-12-15T11:38:10","modified_gmt":"2015-12-15T10:38:10","slug":"a-lheure-ou-lon-est","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=3548","title":{"rendered":"\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on est ( mise \u00e0 jour)"},"content":{"rendered":"<p><strong>  note du laboratoire<\/strong>:<br \/>\nface \u00e0 la cogestion du nucl\u00e9aire de la part la part de l&rsquo;Anccli d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9e dans le tract \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?s=Du+sak%C3%A9+aux+C%C3%B4tes+du+Rh%C3%B4ne\">du sak\u00e9 au cote du Rh\u00f4ne<\/a> \u00a0\u00bb de (ANCCLI sont une composante essentielle de la s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire et de la radioprotection) avec l&rsquo;\u00e9tat. A la lecture de <a href=\"http:\/\/www.anccli.org\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/synth%C3%A8se-ANCCLI-Loi-TE.pdf\">ce texte <\/a>en pdf<\/p>\n<p><strong>voici un text<\/strong>e<strong> recu par mail<\/strong><\/p>\n<p> l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on r\u00e9pond au sang par le sang. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les ventes d\u2019armes abreuvent nos \u00e9conomies humanicides. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 la pens\u00e9e de nos soci\u00e9t\u00e9s aveugl\u00e9es par la consommation est gangren\u00e9e par un fanatisme inculte.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9chapp\u00e9e du temps \u00a9 C\u00e9cile Brice, 2014<\/p>\n<p><strong> A l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on est<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on r\u00e9pond au sang par le sang.<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 les ventes d\u2019armes abreuvent nos \u00e9conomies humanicides.<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 la pens\u00e9e de nos soci\u00e9t\u00e9s aveugl\u00e9es par la consommation est gangren\u00e9e par un fanatisme inculte.<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 l\u2019Etat-protecteur s\u2019arroge le droit de perquisitionner les int\u00e9gristes (?) agricoles[1] qui mettent moins en p\u00e9ril la s\u00e9curit\u00e9 civile que celle du TAFTA et autres march\u00e9s de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 l\u2019avenir climatique d\u00e9battu lors du COP 21 sera aux mains des industrieux promenant leur impunit\u00e9 au soleil, tandis que des innocents pourrissent dans la terre (Zola, D\u00e9b\u00e2cle, 1892).<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 les manifestations institutionnelles seront maintenues quand les manifestations civiles seront interdites.<\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on nous vendait du \u00ab involvment of the stakeholders \u00bb \u00e0 tout bout de chant  de conf\u00e9rence en conf\u00e9rence, la participation citoyenne deviendrait soudainement un danger :<\/p>\n<p>La participation\u2026 : oui ! L\u2019opposition\u2026 : non ! <\/p>\n<p>La seule participation civile autoris\u00e9e dans l\u2019Etat s\u00e9curitaire se doit d\u2019\u00eatre r\u00e9siliente, sage, docile et soumise aux d\u00e9cisions gouvernementales. La participation civile n\u2019est plus envisageable que voguant dans le sens du vent. Il s\u2019agit plus d\u2019une man\u0153uvre communicationnelle qui produit l\u2019illusion d\u2019une ouverture au processus d\u00e9cisionnel en vue d\u2019une acceptation civile des choix \u00e9tablis, que d\u2019un v\u00e9ritable mode participatif qui prendrait en consid\u00e9ration les voix citoyennes. En ces temps instables, la s\u00e9curit\u00e9 imposerait de faire taire toute voix d\u2019opposition en vue de prot\u00e9ger, contre leur gr\u00e9, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui souhaiteraient afficher leur d\u00e9saccord. La belle aubaine\u2026<\/p>\n<p>Michel Galy coordinateur de l\u2019ouvrage La guerre au Mali nous rappelait, il y a \u00e0 peine deux ann\u00e9es :<\/p>\n<p>\u00ab(&#8230;) la reprise par un gouvernement socialiste de la rh\u00e9torique de la \u00abguerre au terrorisme\u00bb initi\u00e9e par Georges W.Bush apr\u00e8s le 11 septembre (mais rejet\u00e9e par Barak Obama qui d\u00e9clarait avec pertinence qu&rsquo;on ne fait pas la guerre \u00e0 un mode op\u00e9ratoire) sonne comme une capitulation id\u00e9ologique et t\u00e9moigne d&rsquo;une incapacit\u00e9 \u00e0 prendre en consid\u00e9ration la base sociale des mouvements militaro-religieux et, par cons\u00e9quent, \u00e0 envisager des alternatives possibles \u00e0 l&rsquo;action arm\u00e9e.\u00bb <\/p>\n<p>Faire croire \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 de protection pour mieux soumettre est un m\u00e9canisme-clef de nos d\u00e9mocraties dont il ne reste plus qu\u2019une image aux couleurs fondues qui coulent telles des larmes dans l\u2019aven.<\/p>\n<p>C\u00e9cile Asanuma-Brice,<\/p>\n<p>Yokohama, le 30 novembre 2015<\/p>\n<p>Le texte qui suit, en d\u00e9cryptant les politiques de communication sur le risque, apporte des outils de r\u00e9flexion dont aucun de nous ne devrait se priver, \u2026 \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on est.<\/p>\n<p>De la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9silience, r\u00e9flexions sur la protection en cas de d\u00e9sastre extr\u00eame &#8211; Le cas de la gestion des cons\u00e9quences de l\u2019explosion d\u2019une centrale nucl\u00e9aire \u00e0 Fukushima, C\u00e9cile Asanuma-Brice<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.raison-publique.fr\/auteur1932.html\">http:\/\/www.raison-publique.fr\/auteur1932.html<\/a><\/strong><\/p>\n<p>[1] Bastamag, 26 nov. 2015 Etat d\u2019urgence : Perquisition administrative chez des mara\u00eechers bio : \u00ab ils s\u2019attendaient \u00e0 quoi, des l\u00e9gumes pi\u00e9g\u00e9s ? \u00bb<\/p>\n<p>http:\/\/www.bastamag.net\/Perquisition-administrative-chez-des-maraichers-bio-Ils-s-attendaient-a-quoi<\/p>\n<p><strong>De la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9silience, r\u00e9flexions sur la protection en cas de d\u00e9sastre extr\u00eame &#8211; Le cas de la gestion des cons\u00e9quences de l\u2019explosion d\u2019une centrale nucl\u00e9aire \u00e0 Fukushima<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019explosion de la centrale nucl\u00e9aire de Tepco Dai ichi \u00e0 Fukushima en mars 2011 a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de mettre en avant de l\u2019actualit\u00e9 scientifique quelques concepts longtemps n\u00e9glig\u00e9s, dont celui de r\u00e9silience. Si l\u2019utilisation psychanalytique de cette notion, qu\u2019il s\u2019agisse de la r\u00e9silience neuronale, affective, psychologique ou sociale, s\u2019attache \u00e0 la facult\u00e9 d\u2019un individu \u00e0 surmonter un trop grand isolement momentan\u00e9 ou un traumatisme quelqu\u2019en soit la nature, recouvrant par l\u00e0-m\u00eame une intention positive de reconstruction du moi en d\u00e9pit des al\u00e9as qu\u2019il aurait subit, elle est l\u2019objet d\u2019un abus \u00e9pist\u00e9mologique dans l\u2019utilisation qu\u2019en ont fait les autres domaines de la recherche. En 2013, suite \u00e0 la publication du Livre blanc du minist\u00e8re de l\u2019enseignement et de la recherche japonais \u00ab Toward a robust and resilient society \u00bb, les budgets de recherche se sont de nouveau orient\u00e9s vers l\u2019\u00e9tude et la mise en \u0153uvre politique de ce concept dans les domaines les plus vari\u00e9s.<\/p>\n<p>Anglicisme provenant du terme resiliency, cette notion, dans le domaine des sciences est d\u2019abord utilis\u00e9e en physique des mat\u00e9riaux pour d\u00e9crire l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 d\u2019un corps qui aurait la capacit\u00e9 de retrouver sa forme initiale apr\u00e8s avoir accus\u00e9 un choc. Emmy Wermer [1] [2] a introduit cette notion en psychologie, via l\u2019identification de facteurs qui auraient aid\u00e9 certains enfants \u00e0 surmonter leurs traumatismes. Boris Cyrulnick a r\u00e9pandu ce concept en France. Les cindyniques, sciences qui traitent des catastrophes, utilisent aujourd\u2019hui cette notion afin de d\u00e9terminer des mod\u00e8les qui permettraient \u00e0 nos villes de r\u00e9sister aux p\u00e9rils. Reconnaissant sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux al\u00e9as, la ville serait dans la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019adopter un caract\u00e8re r\u00e9silient afin de pouvoir di-g\u00e9rer les multiples risques naturels ou humains [3], consid\u00e9rant la ville comme une entit\u00e9 autonome alors qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019objet produit de l\u2019humain.<\/p>\n<p>Dans le cas pr\u00e9sent, soit la gestion des cons\u00e9quences humaines et environnementales de l\u2019explosion de la centrale nucl\u00e9aire de Fukushima, tous les outils sont mobilis\u00e9s et c\u2019est un doux m\u00e9lange des approches d\u00e9velopp\u00e9es concernant la r\u00e9silience psychologique, \u00e9cologique, urbaine [4] et tant d\u2019autres encore, qui sont brav\u00e9es afin de sugg\u00e9rer l\u2019abandon de la fuite \u00e0 ceux qui ob\u00e9iraient encore \u00e0 leur instinct primaire d\u2019angoisse face aux dangers.<\/p>\n<p>La notion originelle est ainsi appauvrie de son sens premier, pour ne devenir qu\u2019un symbole auquel l\u2019on attribue des qualit\u00e9s qui ne lui appartiennent pas. Autrement dit, et cela rel\u00e8ve de la mise en place de la pens\u00e9e fasciste qui tend \u00e0 se r\u00e9pandre comme une flamb\u00e9e de poudre aujourd\u2019hui dans de nombreux pays, les chercheurs se soumettent trop fr\u00e9quemment \u00e0 un slogan, \u00e0 une doxa, s\u2019emp\u00eachant eux-m\u00eames de raisonner pour se livrer \u00e0 ce que Boris Cyrulnick appelle \u00ab la pens\u00e9e paresseuse \u00bb [5].<br \/>\n<strong>COMMENT ASSIGNER A DEMEURE VIA LA RESILIENCE ? EN COMMUNIQUANT SUR LE RISQUE<\/strong><\/p>\n<p>La communication sur le risque remplit un r\u00f4le important dans l\u2019instauration, \u00e0 des fins politiques, de la r\u00e9silience. Car c\u2019est bien le potentiel politique de la catastrophe qui est en jeu dans un contexte o\u00f9, malgr\u00e9 une opposition citoyenne massive, le march\u00e9 du nucl\u00e9aire, qu\u2019il soit civil ou militaire, est impos\u00e9 aux populations. Comme le note Ulrich BECK dans La soci\u00e9t\u00e9 du risque [6] :<\/p>\n<p>    <em>Les risques g\u00e9n\u00e9r\u00e9s au stade le plus avanc\u00e9 du d\u00e9veloppement des forces productives (\u2026.radioactivit\u00e9) (\u2026) provoquent syst\u00e9matiquement des dommages, souvent irr\u00e9versibles, restent la plupart du temps invisibles, requi\u00e8rent des interpr\u00e9tations causales, se situent donc seulement et exclusivement dans le domaine de la connaissance (scientifique ou plut\u00f4t anti-scientifique) qu\u2019on a d\u2019eux, peuvent \u00eatre transform\u00e9s, r\u00e9duits ou augment\u00e9s, dramatis\u00e9s ou banalis\u00e9s par la connaissance, et se pr\u00eatent donc tout particuli\u00e8rement aux processus de d\u00e9finition sociale. [7]<br \/>\n<\/em><br \/>\nSelon Beck, la soci\u00e9t\u00e9 du risque est celle de la catastrophe, soit une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e9tat d\u2019exception menace de devenir un \u00e9tat normal. Ce processus est particuli\u00e8rement flagrant dans la gestion de la catastrophe de Fukushima.<\/p>\n<p>L\u2019explosion de la centrale de Tepco \u00e0 Fukushima a engendr\u00e9 une contamination irr\u00e9guli\u00e8re au sein et au-del\u00e0 du d\u00e9partement de Fukushima. Le taux de radioactivit\u00e9 dans l\u2019air, comme au sol, exc\u00e8de par endroit 10 \u00e0 20 fois le taux de contamination internationalement admis comme acceptable pour la population civile, soit 1 mSv\/an. Face \u00e0 une telle situation, d\u00e8s avril 2011, les autorit\u00e9s ont relev\u00e9 les normes de protection \u00e0 20 mSv\/an dans la r\u00e9gion la plus pollu\u00e9e, afin de limiter la surface de la zone d\u2019\u00e9vacuation. Il est aujourd\u2019hui question de la relever \u00e0 100 mSv\/an. Cette remise en cause de la norme de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans divers domaines. Le taux d\u2019acceptabilit\u00e9 maximal de la radioactivit\u00e9 a \u00e9galement vari\u00e9 dans le secteur de l\u2019alimentation, passant tour \u00e0 tour d\u2019une limite de 100Bq\/kg \u00e0 500Bq\/Kg, pour redescendre \u00e0 300 Bq\/Kg.<\/p>\n<p>Les discours justifiant la variabilit\u00e9 des normes de s\u00e9curit\u00e9 et leur acceptabilit\u00e9 d\u00e9pendent de la position de ceux qui les expriment, de ceux qui s\u2019expriment \u00ab en tant que \u00bb. Ainsi, la pr\u00e9sentation des discours met \u00e0 jour une manipulation de tout ordre. Ky\u00f4 Kageura, dans son ouvrage intitul\u00e9 Les conditions de la confiance, les paroles de l\u2019accident nucl\u00e9aire [8], nous donne \u00e0 ce titre un exemple int\u00e9ressant. Apr\u00e8s l\u2019explosion de la centrale de Fukushima, un chercheur d\u2019un centre de recherche atomique s\u2019exprime ainsi : \u00ab il semblerait qu\u2019un grand nombre de concitoyens soit inquiet de la situation et croit que l\u2019accident serait du niveau de celui de Tchernobyl (\u2026 ) \u00bb. Or, de fait, l\u2019Agence Internationale de l\u2019Energie Atomique a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019accident niveau 7, donc du m\u00eame niveau que celui de Tchernobyl. Ce chercheur continue ainsi :<\/p>\n<p>\u00ab Nous qui sommes pay\u00e9s pour faire des recherches par les imp\u00f4ts des citoyens \u00bb, soulignant ainsi la responsabilit\u00e9 qui lui incombe, \u00ab devons mettre nos savoirs \u00e0 leur service afin de les rassurer \u00bb. Ky\u00f4 Kageura s\u2019interroge alors sur le r\u00f4le de la science dans de telles circonstances. Quand bien m\u00eame ceux-ci sont pay\u00e9s par les imp\u00f4ts des concitoyens, leur r\u00f4le est-il de rassurer \u00e0 tort ces m\u00eames concitoyens ?<\/p>\n<p>Ainsi, le scientifique, le politique et le citoyen se trouvent dans une n\u00e9cessit\u00e9 de communication \u00e0 flux tendus, s\u2019appuyant sur de nombreuses expertises qui nourrissent la controverse au sein de laquelle on distingue grossi\u00e8rement les \u00ab partisans de la s\u00e9curit\u00e9 \u00bb (anzenha) et les autres.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 leur appellation, les partisans dits \u00ab de la s\u00e9curit\u00e9 \u00bb ne sont pas les partisans du risque z\u00e9ro, mais ceux qui pr\u00f4nent l\u2019institution de normes de s\u00e9curit\u00e9 en fonction desquelles la protection de la population est organis\u00e9e. Aujourd\u2019hui, le d\u00e9bat porte essentiellement sur les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019exposition \u00e0 de faibles doses de radiation, car aucun r\u00e9sultat \u00e9pid\u00e9miologique ne permet la fixation d\u2019un seuil fiable en de\u00e7\u00e0 duquel le risque sanitaire serait r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant. La difficult\u00e9 en la mati\u00e8re r\u00e9side notamment dans la multiplicit\u00e9 des facteurs \u00e0 prendre en compte pour le calcul de la contamination interne et externe du corps humain, permettant de d\u00e9terminer le risque encouru. N\u00e9anmoins, normes et seuils sont fix\u00e9s et permettent la mise en \u0153uvre d\u2019une politique qui tend \u00e0 assigner la population \u00e0 demeure, voire \u00e0 l\u2019inciter au retour \u00e0 la vie dans des zones pourtant contamin\u00e9es aux vues des normes internationales. Ainsi, l\u2019individu se voit contraint d\u2019assumer financi\u00e8rement (l\u2019Etat ne lui d\u00e9livre pas de subvention pour \u00e9laborer sa protection) et physiquement (l\u2019individu est amen\u00e9 \u00e0 prendre la responsabilit\u00e9 du refuge ou de la gestion du quotidien dans un environnement sali) la responsabilit\u00e9 de sa protection sanitaire m\u00eame s\u2019il n\u2019a aucune prise, aucun r\u00f4le dans le processus d\u00e9cisionnel qui a engendr\u00e9 la situation de risque dont il devient captif.<\/p>\n<p>Afin de rem\u00e9dier \u00e0 cela, au moins en apparence, et de continuer \u00e0 faire passer le message aupr\u00e8s des premiers concern\u00e9s tout en regagnant la confiance des citoyens en leur laissant croire que leurs recommandations sont prises en compte, une v\u00e9ritable strat\u00e9gie de communication est adopt\u00e9e, soutenue par un budget sp\u00e9cifique pour l\u2019ann\u00e9e 2014 de plus de deux millions d\u2019euros [9].<\/p>\n<p>Cette politique d\u2019empowerment vise \u00e0 \u00ab \u00e9duquer \u00bb aux risques sanitaires pour mieux rassurer, notamment via l\u2019organisation d\u2019ateliers sur la radioactivit\u00e9 et le cancer destin\u00e9s aux \u00e9l\u00e8ves des classes primaires du d\u00e9partement de Fukushima [10], par la distribution de manuels apprenant \u00e0 g\u00e9rer la vie dans un environnement contamin\u00e9 [11] [12], ou encore par l\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e8nements culturels destin\u00e9s aux enfants sur l\u2019ensemble du territoire, ventant l\u2019efficacit\u00e9 de la d\u00e9contamination (qui n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e) par la vente des produits \u00ab frais \u00bb en provenance de la zone contamin\u00e9e.<br \/>\n<strong>LA RESILIENCE, UNE ARME CONTRE LA SOCIETE DU RISQUE ?<\/strong><\/p>\n<p>Avant toute chose, nous souhaiterions revenir sur l\u2019importance qu\u2019accorde U. Beck \u00e0 diff\u00e9rencier la soci\u00e9t\u00e9 du risque de celle de la menace. Ainsi, il distingue la prise de conscience de l\u2019existence des risques dans l\u2019ordre culturel et politique, de leur diffusion r\u00e9elle. Il met en garde contre la disparition des \u00e9vidences du tangible dans la soci\u00e9t\u00e9 du risque. Par exemple, cela correspond dans le cas du d\u00e9sastre nucl\u00e9aire japonais, \u00e0 l\u2019accroissement du nombre d\u2019enfants atteints d\u2019un cancer de la thyro\u00efde qui devient un ph\u00e9nom\u00e8ne rendu invisible par la mise en doute des donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques. Il s\u2019agit de rendre invisible le v\u00e9ritable danger par le d\u00e9placement de l\u2019attention sur un autre danger. Dans le cas de la gestion d\u2019un accident nucl\u00e9aire, ce processus est mis en place par un discours sp\u00e9cifique, qui consiste \u00e0 dire aux habitants des zones contamin\u00e9es qu\u2019ils prennent un plus grand risque \u00e0 se prot\u00e9ger au quotidien (en mettant des masques, en r\u00e9duisant leur activit\u00e9 et celles de leurs enfants \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, etc.), les contraintes engendr\u00e9es par cette gestion journali\u00e8re \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ratrices de stress \u00e0 l\u2019origine de d\u00e9pressions nerveuses\u2026 [13].<\/p>\n<p>Ulrich Beck, quant \u00e0 lui, \u00e9voque principalement la menace sociale, brandie afin de permettre la continuit\u00e9 d\u2019actions productrices de risques r\u00e9els. \u00c0 titre d\u2019illustration, la menace de la perte d\u2019emploi est sans cesse mise en avant afin de permettre la continuation de productions industrielles extr\u00eamement polluantes. Il d\u00e9nonce, par l\u00e0-m\u00eame, la contradiction que repr\u00e9sente la production d\u2019emplois stables pour la lutte contre les risques \u00e9cologiques. Autre exemple, la menace de la radiophobie, terme cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s Tchernobyl en 1986, soit une psychopathologie relevant \u00ab d\u2019une peur irraisonn\u00e9e du nucl\u00e9aire qui (non seulement) conduirait \u00e0 une opposition antinucl\u00e9aire pathologique \u00bb [14], mais \u00e9galement \u00e0 des d\u00e9pressions chroniques qui seraient le risque sanitaire le plus imminent, si l\u2019on en croit le discours des administrateurs tant nationaux (commission d\u2019enqu\u00eate sanitaire) qu\u2019internationaux (AIEA, OMS, CIPR) du d\u00e9sastre nucl\u00e9aire de 2011. Il est \u00e0 noter que les acteurs impliqu\u00e9s dans la gestion de la crise nucl\u00e9aire de Tchernobyl sont les m\u00eames que ceux du d\u00e9sastre nucl\u00e9aire japonais.<\/p>\n<p>Cela explique certainement la redondance des discours.<\/p>\n<p>Selon les propos que nous avons recueilli en novembre 2013 aupr\u00e8s de Jacques Lochard, directeur du CEPN (Centre d\u2019\u00e9tude sur l\u2019\u00e9valuation de la protection dans le domaine nucl\u00e9aire), membre permanent du CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), et instigateur du programme ETHOS, certains membres japonais de la commission d\u2019enqu\u00eate sanitaire pour la gestion du pos-Fukushima, se sont rendus \u00e0 Tchernobyl dans le cadre du programme ETHOS (qui d\u00e9bute en 1994). C\u2019est le cas du Dr YAMASHITA Shunichi, sinistrement c\u00e9l\u00e8bre pour avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 pr\u00f4ner le rel\u00e8vement de la norme de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 100 msv\/an, ou encore le Professeur NIWA Otsura, par ailleurs membre permanent du CIPR. Le programme Ethos, fond\u00e9 sur le calcul du co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice en mati\u00e8re de radioprotection (cela signifie, et \u00e7a n\u2019est pas sans poser probl\u00e8me, que l\u2019on attribue une valeur \u00e9conomique \u00e0 la vie humaine), vise \u00e0 apprendre aux habitants \u00e0 g\u00e9rer leur quotidien dans un environnement contamin\u00e9, \u00e9valuant la migration comme trop co\u00fbteuse. Afin de mettre en \u0153uvre la r\u00e9silience, ce programme, qui place l\u2019\u00e9conomie au-dessus de l\u2019homme comme l\u2019on poserait la charrue avant les b\u0153ufs, a \u00e9galement pour but de relancer l\u2019\u00e9conomie des r\u00e9gions touch\u00e9es en incitant \u00e0 la consommation des produits, notamment alimentaires, en provenance des zones contamin\u00e9es. Ces sollicitations se mat\u00e9rialisent de fa\u00e7on pragmatique par des m\u00e9thodes particuli\u00e8rement astreignantes pour les habitants. Des accords sont pass\u00e9s avec des cha\u00eenes de supermarch\u00e9 [15] pr\u00e9sentes sur l\u2019ensemble du territoire qui orientent leurs marchandises vers la vente d\u2019articles provenant presqu\u2019exclusivement des territoires touch\u00e9s [16]. Instaur\u00e9 pour la gestion de la catastrophe nucl\u00e9aire de Tchernobyl, Ethos est \u00e9galement pr\u00e9sent \u00e0 Fukushima.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me d\u2019une telle soci\u00e9t\u00e9 est donc qu\u2019elle nie ce dont elle produit l\u2019existence, en l\u2019occurrence le risque nucl\u00e9aire ou tout autre pollution industrielle.<\/p>\n<p>Pourtant, les d\u00e9marches r\u00e9silientes, comme celles appliqu\u00e9es par le programme ETHOS, se disent participer de l\u2019empowerment de la population, estimant le bien-\u00eatre comme une notion commensurable dont ces experts d\u00e9tiendraient le secret. D\u2019o\u00f9 provient cette notion d\u2019empowerment ? Par qui est-elle produite et \u00e0 qui est-elle destin\u00e9e ?<br \/>\n<strong>EMPOWERMENT ET RESILIENCE<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019approche par la notion de capabilit\u00e9 (soit, un \u00ab ensemble de possibilit\u00e9s (le plus souvent interd\u00e9pendantes) de choisir et d\u2019agir [17] \u00bb) a \u00e9t\u00e9 introduite par Amartya Sen [18] en vue de pallier les insuffisances qu\u2019il d\u00e9c\u00e8le dans les approches utilitaristes et rawlsienne de l\u2019\u00e9galit\u00e9. Apparue au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle aux \u00c9tats-Unis, en vogue dans les ann\u00e9es 60, ce terme qui d\u00e9signe la facult\u00e9 de se \u00ab renforcer ou la capacit\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir du pouvoir \u00bb (qui peut \u00eatre le pouvoir associ\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 de choix), \u00e9tait principalement utilis\u00e9 dans les milieux des services sociaux [19]. Mais l\u00e0 aussi, l\u2019emploi du concept est multiple. Cette notion a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans un premier temps dans les travaux concernant les Noirs am\u00e9ricains [20], puis par les mouvements f\u00e9ministes et autres communaut\u00e9s vuln\u00e9rables. Des m\u00e9thodes sont mises en \u0153uvres pour permettre aux individus composant ces communaut\u00e9s de pouvoir acqu\u00e9rir le savoir n\u00e9cessaire leur permettant une participation active \u00e0 la transformation de l\u2019environnement qui les tient en situation de soumission. Afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ce rapport dominant-domin\u00e9, Paulo Freire met en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 du processus de \u00ab conscientisation \u00bb (autre n\u00e9ologisme grin\u00e7ant), soit l\u2019entendement par le domin\u00e9 de son environnement afin de pouvoir \u00eatre acteur de son changement. L\u2019\u00e9ducation de l\u2019individu pour l\u2019\u00e9veil de sa conscience citoyenne sera assur\u00e9e par des \u00e9ducateurs [21].<\/p>\n<p>Estelle Ferrarese [22] nous rappelle que :<\/p>\n<p>   <em> Certaines th\u00e9ories n\u00e9o-r\u00e9publicaines (\u2026) t\u00e9moignent d\u2019une r\u00e9surgence du th\u00e8me de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, corporelle et morale, comme probl\u00e8me politique et moral en soi. Tous \u00e9voquent la vuln\u00e9rabilit\u00e9 non pas pour ce qu\u2019elle pr\u00e9vient, emp\u00eache, ou g\u00eane d\u2019acc\u00e8s \u00e0 d\u2019autres biens ou fins, mais en tant qu\u2019elle est constitutive. En ce sens, elles r\u00e9pondent \u00e0 l\u2019urgence politique de contrer la figure du sujet autoengendr\u00e9 et autosuffisant, jusque dans ses nouvelles incarnations. Id\u00e9e prot\u00e9iforme d\u2019empowerment, th\u00e9ories de l\u2019identit\u00e9 pariant sur une fi\u00e8re assertion du sujet, paradigme, d\u00e9sormais pr\u00e9gnant dans les sciences sociales, de la n\u00e9gociation des parcours de vie et des pr\u00e9f\u00e9rences : la d\u00e9composition de la subjectivit\u00e9 politique marxiste et les paradoxes des structures postmodernes ont laiss\u00e9 le champ libre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019un sujet qui ne peut certes se choisir librement, mais qui est capable de se constituer en manager de lui-m\u00eame (\u2026) .<br \/>\n<\/em><br \/>\nLes travaux d\u2019Amartya Sen concernant l\u2019int\u00e9gration des capacit\u00e9s individuelles dans l\u2019\u00e9laboration de nouveaux indicateurs de richesse, nomm\u00e9es \u00ab capabilit\u00e9s \u00bb sont venus compl\u00e9ter cet empowerment, le concept \u00e9voluant vers \u00ab la mani\u00e8re dont les relations sociales au sens large (institutionnelles ou non) conditionnent la capacit\u00e9 des individus ou des groupes \u00e0 transformer des choix en action \u00bb [23].<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9chelle de la personne sera d\u00e9pass\u00e9e pour g\u00e9n\u00e9raliser la m\u00e9thode de l\u2019empowerment \u00e0 tous les rapports dominants\/domin\u00e9s. Ainsi, les ONG reprendront ces notions \u00e0 leur compte afin de privil\u00e9gier une approche bottom up dans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information. Cela se transcrit en un rapport g\u00e9opolitique dans lequel les pays du sud seront amen\u00e9s \u00e0 regagner une autonomie d\u00e9cisionnelle dans le processus d\u2019\u00e9laboration des politiques d\u2019aide au d\u00e9veloppement. Le discours qui s\u2019instaure est donc une dichotomie entre l\u2019empowerment des pauvres et des communaut\u00e9s vuln\u00e9rables \u2013et- la domination de l\u2019\u00c9tat et du march\u00e9.<\/p>\n<p>En outre, les concepts comme ceux de l\u2019empowerment et de la r\u00e9silience agissent \u00e9galement sur les dominants, les contraignant, dans le cas de l\u2019empowerment, \u00e0 reconna\u00eetre la dimension politique du pouvoir notamment par la Banque Mondiale dans le cas des relations nord\/sud \u2013 pays riches\/pays pauvres [24] \u00bb, pour reprendre les termes de Sandra Laugier, et c\u2019est cette dimension qu\u2019il faut accepter, en rupture avec les imp\u00e9ratifs ou id\u00e9aux moraux classiques : l\u2019autonomie, la libert\u00e9, la puissance\u2026<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me que pose la commensurabilit\u00e9 de telles notions, que ce soit le bien \u00eatre ou la vuln\u00e9rabilit\u00e9, qui s\u2019impose si l\u2019on souhaite en avoir une appr\u00e9hension \u00e9conomique, est qu\u2019elle devient par l\u00e0-m\u00eame manipulable au m\u00eame titre que la dichotomie que nous avons \u00e9voqu\u00e9e entre soci\u00e9t\u00e9 du risque et soci\u00e9t\u00e9 de la menace.<\/p>\n<p>Ainsi, comme le souligne A.-E. Calv\u00e8s \u00ab l\u2019empowerment fait partie de ces termes vagues, r\u00e9solument optimistes et \u2018\u2018justes\u2019\u2019 qui, \u00e0 l\u2019image de l\u2019objectif d\u2019\u00e9radication de la pauvret\u00e9, ne peuvent que susciter le consensus. (\u2026) [25]. \u00bb Repris par la politique de la ville en France [26], ou lors de la campagne du pr\u00e9sident Obama en 2008, cette notion ne sera finalement qu\u2019un outil de communication suppl\u00e9mentaire, qui n\u2019aura pas pour effet de g\u00e9n\u00e9rer le lien inclusif escompt\u00e9. Bien au contraire, de l\u2019empowerment lib\u00e9rateur \u00e0 l\u2019empowerment lib\u00e9ral il n\u2019y a qu\u2019un pas qui sera rapidement franchi, valorisant l\u2019int\u00e9r\u00eat individuel au point d\u2019engendrer une d\u00e9responsabilisation des services publics, de l\u2019\u00c9tat, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la population concern\u00e9e, l\u2019origine du terme responsabilit\u00e9, comme nous le rappelle Joan Tronto, renvoyant \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9ponse, \u00ab c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une attitude manifestement relationnelle [27] \u00bb. Autrement dit : \u00ab de faire des cons\u00e9quences de l\u2019action, aussi impr\u00e9visibles et \u00e9loign\u00e9es des intentions de l\u2019acteur soient-elles, l\u2019 \u201cunique crit\u00e8re\u201d [28] \u00bb d\u2019une responsabilit\u00e9 qui sort ainsi du r\u00e9gime juridique de l\u2019imputation pour entrer dans celui de l\u2019ascription. C\u2019est bien l\u2019id\u00e9e d\u2019autonomie, ou plut\u00f4t une certaine id\u00e9e d\u2019autonomie, qui sert dans ce d\u00e9placement conceptuel de repoussoir \u00e0 celle de responsabilit\u00e9. Priv\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s de la souverainet\u00e9 et de l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019acteur responsable est en effet ici tout autant patient qu\u2019agent, et les cons\u00e9quences de ses actes ne s\u2019appr\u00e9hendent pas tant sous la cat\u00e9gorie de la causalit\u00e9 que sous celle de la relation [29]. Comme nous le rappelle Sandra Laugier : \u00ab la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et l\u2019interd\u00e9pendance sont oppos\u00e9es \u00e0 l\u2019abstraction d\u2019\u00eatres humains isol\u00e9s, ind\u00e9pendants, dont la confrontation raisonn\u00e9e (de Hobbes \u00e0 Rawls) serait \u00e0 l\u2019origine du lien social [30]. \u00bb L\u2019acceptation lib\u00e9rale du concept aura n\u00e9anmoins raison du lien n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019existence de la responsabilit\u00e9, et le d\u00e9calage entre la th\u00e9orie et l\u2019application est tel que l\u2019on aboutit \u00e0 des situations totalement ubuesques. Un habitant interrog\u00e9 sur l\u2019efficacit\u00e9 de la m\u00e9thode dans son quartier en France s\u2019exclame : \u00ab On n\u2019en peut plus de cette pseudoconcertation organis\u00e9e toujours selon le m\u00eame sch\u00e9ma \u2013 trois r\u00e9unions, un PowerPoint et toujours les dix m\u00eames habitants \u00e0 qui on demande un avis sur un projet d\u00e9j\u00e0 ficel\u00e9 [31] \u00bb.<\/p>\n<p>Car dans la pratique, l\u2019objectif vis\u00e9 semble moins de permettre la participation et la prise en compte des besoins des habitants afin de cr\u00e9er un environnement leur permettant une libert\u00e9 de choix possible, que de leur faire accepter les nouvelles r\u00e9formes. Des structures pilotes sont mises en place afin de faire passer la doctrine. Pour la politique de la ville, les Quartiers en Contrat Urbains de Coh\u00e9sion Sociale (2500 quartiers CUCS en France) ont rempli cette fonction. Dans la sph\u00e8re du nucl\u00e9aire, cela s\u2019est traduit par l\u2019instauration des CLI (Commission Locale d\u2019Information) en France. Dans le cas de la gestion du d\u00e9sastre nucl\u00e9aire de Fukushima, c\u2019est encore une fois le programme Ethos, via l\u2019organisation des \u00ab Dialogues \u00bb, soit des ateliers organis\u00e9s par ses responsables qui remplit ce r\u00f4le. Tout comme le d\u00e9crit l\u2019habitant de la cit\u00e9 de Grenoble pr\u00e9-cit\u00e9, les \u00ab dialogues \u00bb du programme Ethos consistent en un atelier durant lesquels les d\u00e9cideurs de la gestion de la catastrophe nucl\u00e9aire exposent devant une dizaine d\u2019habitants pr\u00e9-s\u00e9lectionn\u00e9s qui sont amen\u00e9s \u00e0 s\u2019exprimer. Plus qu\u2019un dialogue d\u00e9mocratique, il s\u2019agit de jouer la D\u00e9mocratie via une mise en sc\u00e8ne pr\u00e9r\u00e8gl\u00e9e. Ainsi, si tel n\u2019est pas, originellement, l\u2019objectif de l\u2019empowerment que d\u2019\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 l\u2019illusion des m\u00e9thodes participatives, cela s\u2019av\u00e8re \u00eatre un fait dont les cons\u00e9quences sont parfois dramatiquement pragmatiques. Le probl\u00e8me pos\u00e9 par de telles logiques est qu\u2019elles donnent le sentiment aux habitants d\u2019une certaine ma\u00eetrise du processus d\u00e9cisionnel par la prise en consid\u00e9ration de ses requ\u00eates alors qu\u2019il n\u2019en est rien.<\/p>\n<p>Pour conclure notre d\u00e9monstration par un exemple concret et afin de mettre en \u00e9vidence la mani\u00e8re dont l\u2019application de ces notions troublent notre perception de la menace pour parfois aboutir \u00e0 la mise en danger des populations qu\u2019elles \u00e9taient cens\u00e9es prot\u00e9ger, nous reprendrons le t\u00e9moignage du journaliste Ugaya Hiromichi, qui dans le journal Business Media Makoto du 22 janvier 2015 relate :<\/p>\n<p><em>    (juste apr\u00e8s les \u00e9v\u00e8nements \u2013 l\u2019explosion de la centrale de Fukushima) je me souviens que lorsque l\u2019on approchait le dosim\u00e8tre \u00e0 la fronti\u00e8re de la zone d\u2019\u00e9vacuation, on mesurait 0.2 \u00e0 0. 3 microsievert\/h, n\u00e9anmoins, si l\u2019on franchissait la d\u00e9limitation et que l\u2019on p\u00e9n\u00e9trait dans la zone, on faisait l\u2019objet d\u2019une arrestation par les forces de l\u2019ordre. Maintenant, on est en moyenne \u00e0 3.8 microsievert\/h, le chiffre le plus \u00e9lev\u00e9 est de 17,3 microsievert\/h, et l\u2019on peut y circuler librement. Les r\u00e8glementations de l\u2019\u00c9tat ainsi que ses contradictions sont tellement stupides sur ce point qu\u2019elles ne peuvent pr\u00eater qu\u2019\u00e0 rire [32].<\/em><\/p>\n<p>Afin d\u2019\u00e9viter le stress de la protection \u00e9voqu\u00e9 par les experts de la gestion du d\u00e9sastre nucl\u00e9aire japonais, ces zones sont aujourd\u2019hui r\u00e9ouvertes \u00e0 la r\u00e9sidence. Voil\u00e0 ce \u00e0 quoi aboutissent les politiques qui visent \u00e0 l\u2019application de la r\u00e9silience dans le cas d\u2019une catastrophe nucl\u00e9aire. En d\u2019autres termes, l\u2019utilisation politique des concepts d\u00e9velopp\u00e9s en sciences humaines et sociales, r\u00e9duits \u00e0 de simples objets de communication, et l\u2019application pragmatique qui en d\u00e9coule peut totalement les vider de leur sens, voir m\u00eame en inverser leur signification premi\u00e8re, pour aboutir \u00e0 la mise en p\u00e9ril de la population qu\u2019ils \u00e9taient cens\u00e9s prot\u00e9ger, augmentant par l\u00e0-m\u00eame leur vuln\u00e9rabilit\u00e9.<br \/>\npar C\u00e9cile Asanuma-Brice<br \/>\nVersion imprimable Augmenter police Diminuer police<br \/>\nPour citer cet article :<br \/>\nNotes<\/p>\n<p>[1] Marco Stathopoulos, \u00ab Qu\u2019est ce que la r\u00e9silience urbaine ? \u00bb, dans Urbanisme n\u00b0381, nov.-d\u00e9c. 2011.<\/p>\n<p>[2] Emmy E. Werner et Ruth S. Smith, Vulnerable but Invincible : A Longitudinal Study of Resilient Children and Youth, Broch\u00e9, 1989.<\/p>\n<p>[3] G. Djament-Tran, M. Reghezza-Zitt, R\u00e9siliences urbaines Les villes face aux catastrophes, ed. Le Manuscrit, 2012.<\/p>\n<p>[4] Nous avons pr\u00e9alablement \u00e9voqu\u00e9 les biais de la r\u00e9silience urbaine dans : C\u00e9cile Asanuma-Brice, Beyond reality : The management of migratory flows in a nuclear catastrophe by a pro-nuclear State, Japan Focus, nov. 2014.<\/p>\n<p>[5] Boris Cyrulnick, Les \u00e2mes bless\u00e9es, Paris, Odile Jacob, 2014.<\/p>\n<p>[6] Ulrich BECK, La soci\u00e9t\u00e9 du risque, Paris, Flammarion, 2003.<\/p>\n<p>[7] Ibid., p. 41.<\/p>\n<p>[8] \u5f71\u6d66\u5ce1, \u4fe1\u983c\u306e\u6761\u4ef6 : \u539f\u767a\u4e8b\u6545\u3092\u3081\u3050\u308b\u3053\u3068\u3070,\u3000\u5ca9\u6ce2\u66f8\u5e97, 2013.<\/p>\n<p>[9] \u5e73\u6210\uff12\uff16\u5e74\u5ea6\u3000\u539f\u5b50\u529b\u95a2\u4fc2\u7d4c\u8cbb\u65e2\u7b97\u8981\u6c42\u984d\u3001\u7b2c\uff13\uff14\u56de\u539f\u5b50\u529b\u59d4\u54e1\u4f1a\u8cc7\u6599\u7b2c\uff16\u53f7\u3002<\/p>\n<p>[10] The 52nd Annual Meeting of Japan Society of clinical Ontology : Kids cancer seminar &#8211; Because you live in Fukushima there is a necessity of education on cancer !<\/p>\n<p>[11] NHK, 10 juin 2014, un manuel apprenant \u00e0 \u00ab vivre avec la radioactivit\u00e9 \u00bb\u201c\u653e\u5c04\u80fd\u3068\u66ae\u3089\u3059\u201d\u30ac\u30a4\u30c9 est d\u00e9sormais distribu\u00e9 dans les collectivit\u00e9s.<\/p>\n<p>[12] Cette partie de notre recherche a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e dans le cadre du PEPS Mission interdisciplinarit\u00e9 du CNRS Expertise, controverse et communication entre Science et soci\u00e9t\u00e9, au sein duquel nous avons dirig\u00e9 une \u00e9tude sur Les controverses scientifiques face \u00e0 la responsabilit\u00e9 civique.<\/p>\n<p>[13] Voir C\u00e9cile Asanuma-Brice, Beyond reality, Japan Focus, nov. 2014 \u00ab Le Pr Hirofumi MASHIKO, neuropsychiatre au d\u00e9partement de m\u00e9decine de l\u2019universit\u00e9 de Fukushima, explique ainsi que le port du masque, les restrictions diverses li\u00e9es \u00e0 l\u2019utilisation des cours d\u2019\u00e9coles, des piscines, \u00e0 la consommation de la nourriture, etc. seraient autant de mesures stressantes \u00e0 l\u2019origine de d\u00e9sordres psychiques. \u00bb<\/p>\n<p>[14] Annie Th\u00e9baud \u2013 Monny, La science asservie, Paris, La D\u00e9couverte, 2014.<\/p>\n<p>[15] Dans le cas du Japon, M. Yasuhide CHIKAZAWA, vice pr\u00e9sident de la cha\u00eene de supermarch\u00e9 Aeon et ancien directeur de DAIEI, soit les deux plus importantes cha\u00eenes de supermarch\u00e9s japonaises, a particip\u00e9 au 3e \u00ab dialogue \u00bb Ethos qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 les 7 et 8 juillet 2013 dans la ville de Date.<\/p>\n<p>[16] <a href=\"http:\/\/www.icrp.org\/docs\/dialogue-3E.pdf\">http:\/\/www.icrp.org\/docs\/dialogue-3E.pdf<\/a><\/p>\n<p>[17] Martha Nussbaum, Capabilit\u00e9s. Comment cr\u00e9er les conditions d\u2019un monde plus juste ?, Paris, Climats, 2012.<\/p>\n<p>[18] Sen Amartya K., \u201cEquality of what ? \u00bb, in Choice, welfare, and Measurement, Oxford, Basil Blackwell, 1979.<\/p>\n<p>[19] B. SIMON, The Empowerment Tradition in American Social Work, a history, New York, Columbia University Press, 1994.<\/p>\n<p>[20] Barbara SALOMON, Black Empowerment : social work in oppressed community, Columbia University Press, 1976.<\/p>\n<p>[21] P. Freire, P\u00e9dagogie des opprim\u00e9s \u2013 conscientisation et r\u00e9volution, Paris, Fran\u00e7ois Maspero, 1974.<\/p>\n<p>[22] Estelle Ferrarese, Vivre \u00e0 la merci, Le care et les trois figures de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans les th\u00e9ories politiques contemporaines, Multitudes, 2009.<\/p>\n<p>[23] A.-E. CALVES, \u00ab Empowerment \u00bb : g\u00e9n\u00e9alogie d\u2019un concept cl\u00e9 du discours contemporain sur le d\u00e9veloppement, Revue Tiers Monde, Armand Colin, 2009.<\/p>\n<p>[24] K. F. WONG, \u00ab Empowerment as a Panacea for Poverty. Pld wine in new Bottles ? Reflections on the Wolrd\u2019s Bank\u2019s Conception of Power, Progress in Development Studies, n\u00b03, 2003.], et dans celui de la r\u00e9silience, d\u2019admettre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00eatres et de leur environnement, an\u00e9antissant de fait le discours du risque z\u00e9ro. La vuln\u00e9rabilit\u00e9 est une notion qui a connu un d\u00e9veloppement important ces derni\u00e8res ann\u00e9es, dans le champ de la r\u00e9flexion en sciences humaines et sociales. \u00ab Elle a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e dans une perspective normative : il y aurait une cat\u00e9gorie de \u00ab vuln\u00e9rables \u00bb \u2013 des humains \u00e0 qui nous devrions une attention sp\u00e9cifique et que nous n\u00e9gligeons habituellement : handicap\u00e9s, grand \u00e2ge\u2026. Mais elle a d\u00e9sormais acquis un sens descriptif, celui d\u2019une condition humaine \u00e0 \u00ab reconna\u00eetre \u00bb : nous sommes tous vuln\u00e9rables[[ S. LAUGIER, Tous vuln\u00e9rables ? Le care, les animaux et l\u2019environnement, Petite biblioth\u00e8que Payot, 2012.<\/p>\n<p>[25] Ibid.<\/p>\n<p>[26] Carole Biezener et Marie-H\u00e9l\u00e8ne Bacqu\u00e9, L\u2019Empowerment, une pratique \u00e9mancipatrice, La D\u00e9couverte, 2013.<\/p>\n<p>[27] Joan TRONTO, \u00ab Particularisme et responsabilit\u00e9 relationnelle en morale : une autre approche de l\u2019\u00e9thique globale \u00bb (p. 103), dans Contre l\u2019indiff\u00e9rence des privil\u00e9gi\u00e9s, \u00e0 quoi sert le care ?, Carol Gilligan, Arlie Hochschild et Joan Tronto, Payot, 2013.<\/p>\n<p>[28] Ibid., p. 23<\/p>\n<p>[29] G\u00e9r\u00f4me TRUC, Assumer l\u2019humanit\u00e9. Hannah Arendt : la responsabilit\u00e9 face \u00e0 la pluralit\u00e9, Editions de l\u2019universit\u00e9 de Bruxelles, 2010.<\/p>\n<p>[30] Ibid<\/p>\n<p>[31] David Bodinier, de l\u2019Alliance citoyenne \u00e0 Grenoble, cit\u00e9 dans Sylvia Zappi, \u00ab L\u2019empowerment, nouvel horizon de la politique de la ville \u00bb, Le Monde, 07\/02\/2013.<\/p>\n<p>[32] \u70cf\u8cc0\u967d\u5f18\u9053\uff0cBusiness Media \u8aa0] , \u201d\u304b\u3064\u3066\u5c01\u9396\u30e9\u30a4\u30f3\u3067\u7dda\u91cf\u8a08\u3092\u304b\u3056\u3059\u3068\u3001\u6bce\u66420.2\uff5e0.3\u30de\u30a4\u30af\u30ed\u30b7\u30fc\u30d9\u30eb\u30c8\u3060\u3063\u305f\u306e\u3092\u899a\u3048\u3066\u3044\u308b\u3002\u305d\u308c\u3067\u3082\u4e2d\u306b\u5165\u308b\u3068\u902e\u6355\u3055\u308c\u305f\u3002\u4eca\u306f\u5e73\u5747\u6bce\u66423.8\u30de\u30a4\u30af\u30ed\u30b7\u30fc\u30d9\u30eb\u30c8\u3001\u6700\u5927\u5024\u306f\u6bce\u664217.3\u30de\u30a4\u30af\u30ed\u30b7\u30fc\u30d9\u30eb\u30c8\u3092\u81ea\u7531\u306b\u901a\u308c\u308b\u3002\u3053\u306e\u3078\u3093\u306e\u653f\u5e9c\u306e\u898f\u5236\u306e\u7121\u610f\u5473\u3055\u306f\u3001\u3042\u307e\u308a\u306b\u30d0\u30ab\u30d0\u30ab\u3057\u3044\u77db\u76fe\u306e\u7a4d\u307f\u91cd\u306d\u3067\u3001\u3082\u3046\u7b11\u3046\u6c17\u3059\u3089\u8d77\u304d\u306a\u3044\u3002\u201d 22.01.2015<br \/>\nL&rsquo;auteur<br \/>\nC\u00e9cile Asanuma-Brice<br \/>\nC\u00e9cile Asanuma-Brice est chercheure en sociologie urbaine, associ\u00e9e au laboratoire CLERSE de Lille et au centre de (&#8230;)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.raison-publique.fr\/article771.html\">http:\/\/www.raison-publique.fr\/article771.html<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>note du laboratoire: face \u00e0 la cogestion du nucl\u00e9aire de la part la part de l&rsquo;Anccli d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9e dans le tract \u00ab\u00a0du sak\u00e9 au cote du Rh\u00f4ne \u00a0\u00bb de (ANCCLI sont une composante essentielle de la s\u00fbret\u00e9 nucl\u00e9aire et de la radioprotection) avec l&rsquo;\u00e9tat. 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