{"id":15953,"date":"2019-06-22T22:11:00","date_gmt":"2019-06-22T20:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=15953"},"modified":"2019-06-22T22:26:08","modified_gmt":"2019-06-22T20:26:08","slug":"lecologie-sociale-et-libertaire-de-bookchin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=15953","title":{"rendered":"Pouvoir de d\u00e9truire, pouvoir de cr\u00e9er,L\u2019\u00e9cologie sociale et libertaire de Bookchin"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" class=\"illustration\" src=\"https:\/\/www.monde-libertaire.fr\/illus\/pouvoir de....jpg\" \/><\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on pense aux grandes figures de l\u2019anarchisme, on pense habituellement \u00e0 des penseurs du XIX\u00e8me si\u00e8cle ou du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta, Goldman,Renzo Novatore, etc, . On pense moins en revanche \u2013 m\u00eame si cela tend \u00e0 changer heureusement \u2013 \u00e0 Murray Bookchin, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2006, qui fut \u00e0 la fois attentif \u00e0 la th\u00e9orie et \u00e0 la pratique anarchiste, en rupture avec les mouvements marxistes avec lesquels il a milit\u00e9 dans sa jeunesse. Je voudrais ici insister sur son \u00e9cologie sociale et libertaire, \u00e0 l\u2019occasion de la parution r\u00e9cente d\u2019un recueil de textes importants \u00e0 l\u2019Echapp\u00e9e. Bookchin a en effet d\u00e9velopp\u00e9 une conception \u00e9cologiste, fond\u00e9e sur des connaissances pr\u00e9cises \u2013 ce que montre l\u2019entretien \u00ab la crise de l\u2019\u00e9nergie, mythe et r\u00e9alit\u00e9 \u00bb &#8211; qui constitue un point d\u2019entr\u00e9e dans un renouvellement de l\u2019anarchisme au XX\u00e8me si\u00e8cle. Le probl\u00e8me \u00e9cologique devient, par son importance, d\u00e8s les ann\u00e9es 1960, un moyen de r\u00e9interroger la structure sociale existante, mais aussi les conditions de cet \u00e9tat de fait, \u00e0 savoir les relations de pouvoir et de domination qui permettent celui-ci.<\/p>\n<p><em>En quoi la pens\u00e9e de Bookchin est-elle actuelle\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>A l\u2019heure o\u00f9 le th\u00e8me du \u00ab\u00a0r\u00e9chauffement climatique\u00a0\u00bb est omnipr\u00e9sent, o\u00f9 les marches pour le Climat revendiquent la reconnaissance de l\u2019urgence climatique et o\u00f9 l\u2019environnementalisme tend parfois \u00e0 la le\u00e7on de morale collective &#8211; rempla\u00e7ant le discours politique par le discours moralisant pour tous, niant ainsi la dimension politique de la critique de l\u2019\u00e9cologie, au profit de \u00ab\u00a0gestes citoyens\u00a0\u00bb aussi nombreux qu\u2019inutiles &#8211; Bookchin est rafra\u00eechissant. \u00c9cologiste il l\u2019est pourtant. D\u00e8s 1969, il annon\u00e7ait \u00ab\u00a0<em>qu\u2019il ne nous reste gu\u00e8re plus d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration avant que la destruction de l\u2019environnement devienne irr\u00e9versible<\/em>\u00a0\u00bb (p. 23), mais il se refuse aux alternatives nombreuses qu\u2019on nous glisse aujourd\u2019hui\u00a0: libert\u00e9 du march\u00e9 et responsabilit\u00e9 individuelle, progr\u00e8s technologique ou primitivisme, statu quo ou contr\u00f4le des naissances. Il pointe inlassablement au contraire le fait que la v\u00e9ritable cause du probl\u00e8me \u00e9cologique r\u00e9side dans les \u00ab\u00a0racines sociales\u00a0\u00bb de la crise.<br \/>\nPourtant Bookchin se situe radicalement contre le catastrophisme \u00e9cologiste. Si la destruction de l\u2019environnement produit des r\u00e9sultats irr\u00e9versibles, on n\u2019assiste pas \u00e0 une apocalypse, vendue notamment par la collapsologie aujourd\u2019hui. Certes la domination de l\u2019humain sur la nature est grave et provoque des d\u00e9g\u00e2ts importants, mais ceux qui pr\u00e9disent la fin prochaine et brutale de toute la civilisation le font g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une part en niant le fait que \u00ab\u00a0la d\u00e9gradation r\u00e9guli\u00e8re\u00a0\u00bb (p. 53) de l\u2019environnement est bien plus probable qu\u2019une apocalypse, mais surtout pour d\u00e9fendre un agenda politique et id\u00e9ologique particulier (prise de pouvoir technocratique et autoritaire, imposition de mesures aux citoyens). Tout cela a par ailleurs un effet pervers pour Bookchin\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Paniquer face \u00e0 cette crise, d\u00e9crire en termes apocalyptiques l\u2019in\u00e9vitable \u2018effondrement\u2019 de l\u2019environnement d\u2019ici quelques dix ans, cela revient \u00e0 encourager la passivit\u00e9, un fatalisme mortel, qui favorisent le pouvoir en place.<\/em>\u00a0\u00bb (p. 56). Il faut donc tout autant critiquer le mode de production qui engendre la d\u00e9gradation de l\u2019environnement que les \u00ab\u00a0alternatives\u00a0\u00bb r\u00e9actionnaires se cachant derri\u00e8re un discours r\u00e9volutionnaire.<br \/>\nL\u2019auteur donne quelques illustrations concr\u00e8tes de ces pens\u00e9es r\u00e9actionnaires. La technologie est un bouc \u00e9missaire ais\u00e9 (bien que Bookchin soit conscient du fait que la technologie a aussi un potentiel ali\u00e9nant, voir \u00ab\u00a0Les ambigu\u00eft\u00e9s de la science\u00a0\u00bb, p. 91), puisqu\u2019il n\u2019y a pas une technologie unique qui existerait ind\u00e9pendamment des conditions et des relations sociales\u00a0; le discours n\u00e9o-malthusien qui se cache derri\u00e8re l\u2019\u00e9cologisme est potentiellement totalitaire en ce qu\u2019il impose un contr\u00f4le social des naissances\u00a0; la responsabilit\u00e9 individuelle est factice lorsque la ville enti\u00e8re est pens\u00e9e pour la voiture, que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des technologies est vu comme un moyen d\u2019ascension sociale, qu\u2019il est impossible d\u2019aller travailler sans consommer du carburant\u00a0; la \u00ab\u00a0r\u00e9gression mystique\u00a0\u00bb (p. 145) de certains courants comme l\u2019\u00e9cologie profonde, qui ne m\u00e8nent qu\u2019\u00e0 des discours vagues et impr\u00e9cis sur \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cospiritualit\u00e9\u00a0\u00bb, revient \u00e0 nier les conditions sociales du probl\u00e8me \u00e9cologique.<br \/>\nBref, Bookchin est un v\u00e9ritable rem\u00e8de contre ceux aujourd\u2019hui qui veulent imposer un contr\u00f4le social technocratique \u00e0 partir du diagnostic de la crise \u00e9cologique, contre le citoyennisme qui en appelle \u00e0 la responsabilit\u00e9 individuelle pour ne pas oser une critique structurale, contre les fausses r\u00e9ponses du \u00ab\u00a0capitalisme vert\u00a0\u00bb, contre les appels aux \u00ab\u00a0<em>chefs d\u2019\u00c9tat ou aux institutions bureaucratiques nationales et internationales, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 des criminels qui contribuent mat\u00e9riellement \u00e0 la crise \u00e9cologique actuelle\u00a0<\/em>\u00bb (p. 35), contre ceux qui fondent l\u2019\u00e9cologie avec une spiritualit\u00e9 New-Age, poreuse aux r\u00e9cup\u00e9rations publicitaires du capitalisme.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le conflit entre l\u2019humanit\u00e9 et la nature est un prolongement du conflit entre l\u2019homme et l\u2019homme\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Tous ces faux diagnostics manquent le c\u0153ur du probl\u00e8me\u00a0: le pouvoir et la domination. C\u2019est ici que la pens\u00e9e de Bookchin est profond\u00e9ment anarchiste. En refusant les alternatives fig\u00e9es qu\u2019on nous pr\u00e9sente comme faussement \u00e9videntes, Bookchin montre que la v\u00e9ritable cause de l\u2019exploitation de la nature \u2013 qui n\u2019est pas uniquement un \u00ab\u00a0environnement\u00a0\u00bb qui nous entoure, passivement, mais un milieu avec lequel nous sommes en constante interaction, de ce fait Bookchin oppose constamment \u00ab\u00a0environnementalisme\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9cologie sociale\u00a0\u00bb (p. 80-81) &#8211; c\u2019est avant tout le pouvoir, le pouvoir de subordination d\u2019autrui \u00e0 sa volont\u00e9 propre.<br \/>\nIl y a donc une origine profonde \u00e0 l\u2019exploitation de la nature, qui n\u2019est pour l\u2019auteur qu\u2019une forme sp\u00e9cifique d\u2019exploitation\u00a0: \u00ab\u00a0<em>la conception selon laquelle l\u2019humanit\u00e9 doit dominer et exploiter la nature d\u00e9coule de la domination et de l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme, et m\u00eame, plus loin encore dans le temps, de l\u2019assujettissement de la femme \u00e0 l\u2019homme au sein de la famille patriarcale.<\/em>\u00a0\u00bb (p. 28). C\u2019est \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019humain se trouve \u00eatre une ressource pour autrui, un moyen pour une fin, qu\u2019il s\u2019est \u00e9galement plac\u00e9 comme \u00ab\u00a0ma\u00eetre et possesseur de la nature\u00a0\u00bb, selon l\u2019expression de Descartes. Bookchin vise ici une m\u00eame origine \u00e0 la domination\u00a0: la hi\u00e9rarchisation entre des individus exploitants et d\u2019autres exploit\u00e9s, qui a produit l\u2019id\u00e9ologie productiviste et, finalement, capitaliste.<br \/>\nEn effet, Bookchin trace une ligne conceptuelle entre d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la domination de l\u2019humain par l\u2019humain dans le \u00ab\u00a0march\u00e9 bourgeois\u00a0\u00bb (p. 68) et l\u2019utilisation de la nature comme \u00ab\u00a0ressource\u00a0\u00bb (p. 69), permettant une plus grande productivit\u00e9 et un gain sur le march\u00e9, domin\u00e9 par la concurrence et l\u2019antagonisme entre individus. Cette intuition centrale d\u2019une cause de l\u2019exploitation de la nature dans le d\u00e9veloppement d\u2019une forme de rationalit\u00e9 instrumentale est le c\u0153ur du diagnostic philosophique de l\u2019auteur. Il faudra ainsi substituer l\u2019\u00e9cologie sociale \u00e0 l\u2019\u00e9conomie politique.<br \/>\nDe ce fait, Bookchin est sceptique de toute solution qui ne passerait pas par une remise en cause radicale du pouvoir, de la domination et de la hi\u00e9rarchie. Toute solution qui fait l\u2019\u00e9conomie de ce questionnement est condamn\u00e9e \u00e0 un combat d\u2019arri\u00e8re-garde, un combat visant au ralentissement des logiques en place plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 leur subversion. La radicalit\u00e9 de l\u2019\u00e9cologisme libertaire est, au sens propre du mot, radicale, \u00e0 savoir qu\u2019elle prend les choses \u00e0 leur racine. Il faut ainsi lutter contre tout un univers en place\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Depuis la naissance, nous sommes conditionn\u00e9s par la famille, la religion, l\u2019\u00e9cole et le travail \u00e0 accepter la hi\u00e9rarchie, le renoncement et le pouvoir d\u2019\u00c9tat comme les pr\u00e9mices fondamentales de toutes pens\u00e9es. S\u2019il ne se situe pas sur des bases enti\u00e8rement diff\u00e9rentes, tout projet de restauration d\u2019un \u00e9quilibre \u00e9cologique ne sera qu\u2019un palliatif vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec.<\/em>\u00a0\u00bb (p. 30).<\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9cologie comme fondement politique strat\u00e9gique<\/em><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cologisme de Bookchin n\u2019est pas un combat local, ax\u00e9 uniquement sur la d\u00e9fense de \u00ab\u00a0l\u2019environnement\u00a0\u00bb, mais une porte d\u2019entr\u00e9e vers une refonte globale de la soci\u00e9t\u00e9. En cela, le combat \u00e9cologique \u00e9tant strat\u00e9giquement le plus pressant, doit devenir le c\u0153ur de la r\u00e9flexion pour la r\u00e9novation sociale. Du diagnostic bookchinien sur la cause de la d\u00e9gradation \u00e9cologique, on peut par exemple tirer un argument fort contre le capitalisme\u00a0: la rationalit\u00e9 capitaliste de la concurrence sur le march\u00e9, utilisant des \u00ab\u00a0ressources\u00a0\u00bb pour une fin de production et d\u2019enrichissement, est antagoniste avec le respect de la nature, elle participe au contraire \u2013 puisqu\u2019elle en descend directement &#8211; du type de rationalit\u00e9 qui est la cause du probl\u00e8me \u00e9cologique. L\u2019\u00e9cologie sociale de Bookchin est un anticapitalisme radical. En effet, il oppose \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 ce qu\u2019il appelle une \u00ab\u00a0\u00e9conomie morale\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir une \u00e9conomie qui r\u00e9alise la sortie des modes de domination de la rationalit\u00e9 instrumentale\u00a0: \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et l\u2019\u00e9conomie morale pr\u00e9sentent des conceptions fondamentalement oppos\u00e9es de l\u2019accomplissement de l\u2019humanit\u00e9 et des buts qu\u2019elle peut se fixer, conceptions qui d\u00e9finissent le sens m\u00eame des fondements mat\u00e9riels dont d\u00e9pend en fin de compte notre \u00e9panouissement.\u00a0<\/em>\u00bb (p. 141).<br \/>\nL\u2019auteur anarchiste appelle donc, plus positivement, \u00e0 des r\u00e9formes majeures de nos modes de vies, non pas pour revenir \u00e0 une communaut\u00e9 primitive, ou \u00e0 la \u00ab\u00a0cueillette pal\u00e9olithique\u00a0\u00bb (p. 73), mais pour aboutir \u00e0 des \u00ab\u00a0\u00e9cocommunaut\u00e9s\u00a0\u00bb. Celles-ci ne sont pas un retour aux \u00ab\u00a0communaut\u00e9s de contre-culture\u00a0\u00bb, telles qu\u2019il y en avait beaucoup dans les ann\u00e9es 1970-1980, mais des communaut\u00e9s d\u2019humains \u00e0 grande \u00e9chelle, un \u00ab\u00a0r\u00e9seau de communaut\u00e9s libres\u00a0\u00bb (p. 83), avec des individus capables de s\u2019autog\u00e9rer. Bookchin est ainsi parfaitement conscient des limites du discours du retour \u00e0 la communaut\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>toute communaut\u00e9 autog\u00e9r\u00e9e s\u2019effor\u00e7ant de vivre isol\u00e9ment et de d\u00e9velopper son autosuffisance court le risque d\u2019\u00eatre gagn\u00e9e par l\u2019esprit de clocher, ou m\u00eame le racisme. C\u2019est la raison pour laquelle il est n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tendre la politique \u00e9cologique des d\u00e9mocraties directes \u00e0 des conf\u00e9d\u00e9rations d\u2019\u00e9cocommunaut\u00e9s, et d\u2019encourager de saines relations d\u2019interd\u00e9pendance au lieu d\u2019une ind\u00e9pendance repli\u00e9e sur soi et ab\u00eatissante.\u00a0<\/em>\u00bb (p. 175). Le \u00ab\u00a0municipalisme libertaire\u00a0\u00bb (p. 179) qu\u2019on accole au nom de Bookchin d\u00e9coule de cette th\u00e9orie positive de l\u2019organisation sociale, n\u2019abolissant pas les relations d\u2019interd\u00e9pendances, constitutives de toute vie humaine, qui se forme dans la relation \u00e0 autrui, mais qui modifie ces relations pour recouvrer un contr\u00f4le humain sur son milieu. En cela, la multinationale et l\u2019entreprise d\u2019\u00c9tat sont des monstres au m\u00eame titre, fonctionnant toutes les deux sur le mod\u00e8le de la hi\u00e9rarchie et du pouvoir bureaucratique. Le municipalisme libertaire, n\u2019est pas alors le retour aux petites communaut\u00e9s fond\u00e9es par des individus aux tendances autarciques mais un changement radical de projet de soci\u00e9t\u00e9, fond\u00e9 plut\u00f4t sur la volont\u00e9 collective d\u2019une abolition, autant que faire se peut, de la hi\u00e9rarchie et du pouvoir. Le nouveau mode de vie et de pens\u00e9e que Bookchin appelle de ses v\u0153ux n\u2019est donc pas un retour \u00e0 la petite communaut\u00e9, un primitivisme ou un retour \u00e0 une spiritualit\u00e9 empreinte de mysticisme, mais avant tout un projet de renouvellement de nos cat\u00e9gories politiques et sociales, visant une reviviscence de la politique comme auto-organisation de citoyens libres dans les communes.<br \/>\nDe son diagnostic \u00e0 ses conclusions, Bookchin propose donc une th\u00e9orie absolument soluble dans l\u2019anarchisme. Les causes des probl\u00e8mes \u00e9cologiques sont le pouvoir et la domination, qui s\u2019incarnent aussi bien dans le patriarcat que dans le capitalisme et dans l\u2019exploitation de la nature\u00a0; les solutions consistent dans le fait de replacer les individus au c\u0153ur du syst\u00e8me politique, en modifiant les milieux dans lesquels ils \u00e9voluent, de fa\u00e7on \u00e0 permettre un v\u00e9ritable contr\u00f4le collectif du politique. On retrouve ici le mot d\u2019ordre central de l\u2019anarchisme, l\u2019autogestion, qu\u2019il faut relier avec un autre concept pr\u00e9sent chez Bookchin (p. 177), bien qu\u2019il n\u2019en traite pas nomm\u00e9ment dans ce recueil d\u2019articles, celui de f\u00e9d\u00e9ralisme, qui constitue la mise en r\u00e9seau des communaut\u00e9s, distinguant pr\u00e9cis\u00e9ment le projet anarchiste d\u2019un repli sur soi isolationniste de <em>happy few<\/em> privil\u00e9gi\u00e9s.<br \/>\nOn aurait tort, alors que l\u2019\u00e9cologie est plus que jamais un th\u00e8me central et pressant, de se priver d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence aussi importante sur le sujet. Le travail de Bookchin permet \u00e0 la fois de poser le probl\u00e8me \u00e9cologique de fa\u00e7on libertaire, mais aussi d\u2019\u00e9viter les \u00e9cueils de l\u2019\u00e9cologisme contemporain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l\u2019on pense aux grandes figures de l\u2019anarchisme, on pense habituellement \u00e0 des penseurs du XIX\u00e8me si\u00e8cle ou du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta, Goldman,Renzo Novatore, etc, . 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