{"id":14776,"date":"2019-03-05T08:50:15","date_gmt":"2019-03-05T07:50:15","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=14776"},"modified":"2019-03-05T09:00:54","modified_gmt":"2019-03-05T08:00:54","slug":"psychiatrie-low-cost-la-folie-placee-sous-contraintes-financieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=14776","title":{"rendered":"Psychiatrie low-cost: la folie plac\u00e9e sous contraintes financi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p>Manque de personnel, manque de lits, recours beaucoup trop r\u00e9guliers \u00e0 la contrainte physique&#8230; Les coupes financi\u00e8res et le retour vers une logique asilaire dans les h\u00f4pitaux psychiatriques peuvent avoir des cons\u00e9quences terribles sur le respect du droit des patients et leur sant\u00e9 mentale. Difficile d\u2019aller mieux quand on subit de longs isolements, des contentions \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition ou abruti par les m\u00e9dicaments sans voir de m\u00e9decin. D\u2019anciens patients t\u00e9moignent de leurs parcours de fous.<\/p>\n<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" class=\"illustration\" src=\"https:\/\/monde-libertaire.fr\/illus\/folie.jpg\" \/><\/p>\n<p>Depuis qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 bipolaire, St\u00e9phane a arr\u00eat\u00e9 de compter ses hospitalisations en psychiatrie, aux quatre coins de la France et m\u00eame une en Espagne. \u00abEn tout, j\u2019ai du passer deux ans entre les murs, et j\u2019utilise ce mot car je le vis \u00e0 chaque fois comme un emprisonnement. On sait quand y on rentre mais pas quand on en sort: c\u2019est un peu l\u2019arbitraire psychiatrique\u00bb, raconte l\u2019ancien professeur, de sa voix calme, qui s\u2019emballe parfois. Il a connu ce qu\u2019on appelle la contention, quand on attache un patient pour le calmer. \u00abA Montpellier, apr\u00e8s que mes amis aient remarqu\u00e9 mes changements de comportement brusques j\u2019ai \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9 de force. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019isolement, attach\u00e9 \u00e0 un lit pendant trois jours. Je ne pouvais pas atteindre la sonnette d\u2019appel, je me suis piss\u00e9 dessus, je suppliais l\u2019infirmier de me d\u00e9tacher, sans r\u00e9sultat\u00bb. Aujourd\u2019hui militant au sein d\u2019Advocacy, une association de d\u00e9fense des droits des patients et membre d\u2019un groupe d\u2019entraide mutuel entre anciens pensionnaires des HP, il y d\u00e9nonce des hospitalisations forc\u00e9es et des mesures de contention pas toujours justifi\u00e9es, toutes deux en augmentation depuis quelques ann\u00e9es dans les h\u00f4pitaux publics. Forc\u00e9ment, le rabotage des budgets de l\u2019h\u00f4pital public n\u2019aide pas \u00e0 d\u00e9velopper la qualit\u00e9 des soins. \u00abLe manque de soignants engendre un recours beaucoup trop important \u00e0 la chambre prot\u00e9g\u00e9e, au traitement suppl\u00e9mentaire et oui, \u00e0 la contention. On se bat pour r\u00e9-humaniser le soin\u00bb, explique Marie, une salari\u00e9e de l\u2019HP de Rouen et membre des Blouses noires. En psychiatrie plus que dans d\u2019autres domaines m\u00e9dicaux peut-\u00eatre, la r\u00e9duction des effectifs et du nombre de lits dans de nombreux h\u00f4pitaux psychiatriques a des r\u00e9percussions sur le respect des droits des patients et leur sant\u00e9. C\u00f4t\u00e9 l\u00e9gislatif, le nombre de patients enferm\u00e9s sans leur consentement augmente depuis 2011, pour atteindre 81 000 en 2017, soit plus que le nombre de personnes incarc\u00e9r\u00e9es en France. Et peu sont autoris\u00e9s \u00e0 sortir par le juge des libert\u00e9s au bout des douze jours r\u00e9glementaires.<\/p>\n<p>L\u2019hospitalisation sans consentement et la d\u00e9tention sont deux versants diff\u00e9rents d\u2019un m\u00eame \u00e9difice de plus en plus s\u00e9curitaire, de gestion de la folie plus que de soin. Quand une crise survient, les soignants n\u2019ont plus le temps d\u2019essayer de calmer en prenant \u00e0 part et en rassurant: ils ont parfois une trentaine d\u2019autres patients \u00e0 g\u00e9rer. Et donc emploient plus souvent qu\u2019il ne faudrait la mani\u00e8re forte, en attachant un patient \u00e0 son lit, en le mettant \u00e0 l\u2019isolement, ou bien en d\u00e9gainant la seringue. \u00abUn clopixol semi-retard et la personne dort trois jours, d\u00e9crit Julie, une ancienne infirmi\u00e8re. Bien s\u00fbr, en tant que soignante, je peux comprendre que l\u2019isolement soit parfois n\u00e9cessaire, mais trop souvent, la contrainte est utilis\u00e9e \u00e0 tort.\u00bb Apr\u00e8s deux ans \u00e0 soigner la folie dans un h\u00f4pital du c\u00f4t\u00e9 de la Savoie, elle l\u2019est devenue \u00e0 son tour, \u00abfolle\u00bb, comme se d\u00e9finit ironiquement celle qui est devenue une militante anti-psychophobie. Apr\u00e8s avoir faites des tonnes d\u2019injections, elle les a re\u00e7ues \u00e0 son tour, se rappelle des neuroleptiques pris au gramme, qui \u00ab\u00a0zombifient et vident le corps\u00a0\u00bb; les m\u00e9dicaments, on n\u2019a pas fait mieux comme prison. Et les chambres d\u2019isolement? \u00abUne vraie torture, \u00e0 part ressasser ses probl\u00e8mes, il n\u2019y a absolument rien \u00e0 faire. Certains m\u00e9decins appellent \u00e7a de l\u2019hypo-stimulation. J\u2019appellerais plut\u00f4t cela de la privation sensorielle, on m\u2019a m\u00eame confisqu\u00e9 mes livres quand j\u2019y \u00e9tais\u00a0\u00bb, explique Julie qui a fait le d\u00e9compte de ses jours pass\u00e9s \u00e0 l\u2019isolement: deux mois et quinze jours. \u00abDans mon cas, les souffrances li\u00e9es de la contention ont aliment\u00e9 mon ressentiment, ma r\u00e9volte et ma rage, raconte St\u00e9phane qui conna\u00eet bien lui aussi les soins sous contrainte. Chaque retour \u00e0 l\u2019h\u00f4pital provoquait des col\u00e8res chez moi, qui n\u2019auraient peut-\u00eatre pas eu lieu si la prise en charge lors de mes premi\u00e8res hospitalisations avait \u00e9t\u00e9 meilleures. A chaque fois que je retourne \u00e0 l\u2019HP, c\u2019est la m\u00eame punition, le m\u00eame traitement: les pompiers me font rentrer de force dans le camion, et je me r\u00e9veille le matin en chambre d\u2019isolement, une pi\u00e8ce vide avec un matelas en caoutchouc le corps contenu par les sangles. C\u2019est aberrant, \u00e0 quoi bon?\u00bb, raconte St\u00e9phane. A quoi bon \u00eatre enferm\u00e9 pendant des semaines sans voir l\u2019ombre d\u2019un m\u00e9decin? Voil\u00e0 des questions qui reviennent dans la bouche des psychiatris\u00e9s conscients et lucides sur leur sort, d\u2019autant plus que les mesures de privation de libert\u00e9 s\u2019assortissent rarement de th\u00e9rapies plus douces, ergoth\u00e9rapies o\u00f9 soir\u00e9es karaok\u00e9, faute de soignants pour les animer.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa justice a abandonn\u00e9 face \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 m\u00e9dicale\u00bb<\/strong><br \/>\nL\u2019ennui plane dans les HP o\u00f9 les pensionnaires zonent devant la T.V, boivent des tisanes, et errent dans les couloirs sans parfois trop comprendre ce qui les fait souffrir, faute de diagnostic, et avec comme seul traitement des cocktails d\u2019anxiolytiques et de neuroleptiques \u00e0 assommer un \u00e9l\u00e9phant. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, Ir\u00e8ne, \u00e9tudiante en psychologie, a pass\u00e9 trois mois \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Saint-Agr\u00e8ve sans jamais \u00eatre vraiment fix\u00e9e sur sa pathologie, bipolaire ou schizophr\u00e8ne. Heureusement, depuis sa sortie, ses hallucinations et ses angoisses se sont calm\u00e9es. \u00ab\u00a0Le psychiatre je le voyais une fois par semaine pendant quinze minutes pour r\u00e9gler les doses de m\u00e9dicaments. Et si j\u2019essayais d\u2019\u00e9voquer mes angoisses, plus j\u2019en parlais, plus il augmentait mes doses. Les infirmiers on les voit le matin pour la prise les m\u00e9dicaments et c\u2019est tout; je me suis rarement sentie vraiment \u00e9cout\u00e9e.\u00bb Le manque de moyens fait se d\u00e9liter les liens humains entre soignants et malades, les premiers n\u2019ont plus le temps de pr\u00eater une oreille attentive aux remous mentaux des seconds. Auriane, infirmi\u00e8re depuis treize ans et membre du collectif Psychiatrie parisienne unifi\u00e9e constate les m\u00eames d\u00e9rives s\u00e9curitaires, la m\u00eame d\u00e9shumanisation dans l\u2019h\u00f4pital du 19\u00e8me arrondissement de Paris o\u00f9 elle travaille. \u00ab\u00a0On nous demande d\u2019hospitaliser moins de jours, on conna\u00eet moins bien les gens qu\u2019avant, on n\u2019a plus le temps de les aider dans leur quotidien. Les patients qui restent plus longtemps, ce sont ceux qui ont \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9s de force. \u00bb Un management des lits s\u2019impose aux soignants, quand comme \u00e0 Paris, l\u2019agence r\u00e9gionale de sant\u00e9 souhaite d\u00e9velopper les traitements ambulatoires (hors de l\u2019h\u00f4pital), et le recours cliniques priv\u00e9es en supprimant des lits et en fusionnant trois HP (Maison Blanche, Saint-Anne, Perray-Vaucluse) en un seul Groupe public de sant\u00e9. Folle situation, o\u00f9 les places dans les h\u00f4pitaux s\u2019amenuisent pendant que le syst\u00e8me m\u00e9dico-judiciaire s\u2019emballe et place sous contrainte psychiatrique de plus en plus de personnes, depuis la loi de 2011 qui a durci et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 les modalit\u00e9s des soins sans consentement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On a pas mal de patients qui vont mieux au bout d\u2019une semaine, alors on fait une demande de permission de sortie \u00e0 la pr\u00e9fecture, et c\u2019est quasi syst\u00e9matiquement non\u00bb, embraye Auriane. En France, les personnes intern\u00e9s de force doivent passer devant le juge des Libert\u00e9s et de la D\u00e9tention au bout de douze jours d\u2019hospitalisation. En 2017, les hommes de loi ont prononc\u00e9 6991 mainlev\u00e9es sur les 74 929 dossiers de remise en libert\u00e9 trait\u00e9s. \u00abLa justice a abandonn\u00e9 face \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 m\u00e9dicale, tente d\u2019expliquer St\u00e9phane. Au sein d\u2019Advocacy, on est en croisade contre \u00e7a, on milite pour d\u00e9fendre nos droits car ils sont bafou\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.\u00bb Le constat, loin d\u2019\u00eatre extravagant, est partag\u00e9 par la contr\u00f4leuse g\u00e9n\u00e9rale des lieux de privation et de libert\u00e9, Adeline Hazan, qui a d\u00e9nonce le recours banalis\u00e9 et abusif aux enfermements forc\u00e9s pour cause de \u00ab\u00a0p\u00e9ril imminent\u00a0\u00bb dans son dernier rapport d\u2019activit\u00e9. Pour beaucoup de patients, la loi de 2011 est comme une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au dessus de leur t\u00eate: elle peut les conduire \u00e0 \u00eatre enferm\u00e9s sans leur consentement si ils en disent trop sur leurs probl\u00e8mes mentaux. Alors, au rendez-vous avec le psychiatre, certains taisent des hallucinations pour ne pas repartir \u00e0 l\u2019HP ou pour en sortir. Plusieurs fois le corps m\u00e9dical a ass\u00e9n\u00e9 \u00e0 Sol\u00e8ne la menace de l\u2019hospitalisation forc\u00e9e quand elle faisait de pi\u00e8tres tentatives d\u2019\u00e9vasion en d\u00e9vissant les vis d\u2019une grille d\u2019a\u00e9ration. \u00ab\u00a0De toute fa\u00e7on, dans les faits, je me sentais d\u00e9j\u00e0 enferm\u00e9e dans un univers froid et inhumain. On m\u2019a interdit les visites pendant un temps, on m\u2019a confisqu\u00e9 mon portable\u00bb, se rappelle la jeune fille.<\/p>\n<p><strong>Confiscation des effets personnels<\/strong><br \/>\nNul besoin est d\u2019\u00eatre hospitalis\u00e9 sous contrainte pour conna\u00eetre les joies de l\u2019enfermement et de l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me de soins us\u00e9. Carol, une jeune informaticienne se rappelle de son arriv\u00e9e volontaire au centre psychiatrique d\u2019orientation et d\u2019accueil de l\u2019h\u00f4pital Saint-Anne, apr\u00e8s une longue d\u00e9pression et des envies suicidaires\u00a0: \u00abEn hospitalisation libre, th\u00e9oriquement on peut partir quand on veut, mais \u00e7a s\u2019est pas pass\u00e9 comme \u00e7a pour moi. On m\u2019a pris mon t\u00e9l\u00e9phone de force, forc\u00e9 \u00e0 me mettre en pyjama, mis mes affaires dans un placard sous cl\u00e9, menac\u00e9 d\u2019une hospitalisation forc\u00e9e. On m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait le r\u00e8glement. Personne ne m\u2019avait pr\u00e9venu que \u00e7a se passerait comme \u00e7a. Puis j\u2019ai finalement eu une permission un week-end, et quand je suis revenue, ils avaient donn\u00e9 mon lit \u00e0 un autre patient. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me barrer, je voulais les pr\u00e9venir les infirmi\u00e8res mais elles \u00e9taient d\u00e9bord\u00e9es, j\u2019ai attendu trois heures et je suis partie.\u00bb Depuis la jeune femme est un peu prise en \u00e9tau entre l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 elle ne souhaite pas retourner et le manque de structures de soins hors HP. Dans ces conditions, difficile pour elle de renouer le fil avec une vie stable, et un suivi m\u00e9dical sur le long terme. Le fameux tournant de l\u2019ambulatoire, qui justifie actuellement la suppression de lits dans les h\u00f4pitaux, permettra peut-\u00eatre de proposer des solutions \u00e0 des patients comme Carol, en d\u00e9veloppant les lieux de soins hors les murs? \u00abDans les ann\u00e9es 1970, il y a eu un courant antipsychiatrique, qui pr\u00f4nait la fin de l\u2019h\u00f4pital, pour que les fous se soignent dans la ville. Mais on s\u2019est bien fait arnaquer: le nombre de lits a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit et derri\u00e8re, il n\u2019y a pas eu de cr\u00e9ation de structures interm\u00e9diaires pour compenser\u00bb, analyse Julie. St\u00e9phane, qui a du mal \u00e0 trouver un psychiatre dans sa r\u00e9gion a trouv\u00e9 une planche de salut au sein de son groupe d\u2019entraide mutuel, qui lui offre un espace d\u2019\u00e9coute, et o\u00f9 il peut profiter de l\u2019expertise d\u2019autres personnes bipolaires ou atteintes d\u2019autres troubles mentaux pour l\u2019aider \u00e0 aller mieux. \u00ab\u00a0Sans vouloir d\u00e9truire la psychiatrie, je crois qu\u2019il faut qu\u2019on d\u00e9veloppe des th\u00e9rapies alternatives, hors h\u00f4pital: une prise en charge des fous et de la folie dans une autre perspective\u00bb, s\u2019enthousiasme-t-il, en pensant aux approches \u00ab\u00a0Open dialogue\u00a0\u00bb fleurissant au Qu\u00e9bec, en Europe du nord et un peu en France. Celles-ci pr\u00f4nent la d\u00e9sinstitutionnalisation du secteur psychiatrique, la prise en compte de la maladie pas uniquement dans sa dimension m\u00e9dicale mais aussi psycho-sociale, ainsi que le d\u00e9veloppement de r\u00e9seaux de patients et de pairs-aidants, d\u2019anciens malades qui peuvent aider les autres \u00e0 gu\u00e9rir \u00e0 leur tour, au sein de structures d\u2019accueil moins carc\u00e9rales et plus ouvertes sur la ville.<\/p>\n<h6><del>article paru dans le Monde libertaire n\u00b01803<\/del><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Manque de personnel, manque de lits, recours beaucoup trop r\u00e9guliers \u00e0 la contrainte physique&#8230; Les coupes financi\u00e8res et le retour vers une logique asilaire dans les h\u00f4pitaux psychiatriques peuvent avoir des cons\u00e9quences terribles sur le respect du droit des patients et leur sant\u00e9 mentale. 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