{"id":11481,"date":"2018-03-04T23:45:04","date_gmt":"2018-03-04T22:45:04","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=11481"},"modified":"2018-03-05T12:07:40","modified_gmt":"2018-03-05T11:07:40","slug":"lettre-de-laura-depuis-le-centre-penitentiaire-de-nancy-01-03-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=11481","title":{"rendered":"Lettre de Laura depuis le centre p\u00e9nitentiaire de Nancy (01\/03\/2018)"},"content":{"rendered":"<div id=\"content_wide\">\n<div id=\"error_div_id\" class=\"flash_error\"><\/div>\n<div id=\"notice_div_id\" class=\"flash_notice\">\n<div id=\"content_wide\">\n<div class=\"post\">\n<div id=\"summary\">\n<p>Lettre de Laura depuis le centre p\u00e9nitentiaire de Nancy\u00a0 <a href=\"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/files\/2018\/03\/lettre-de-laura.pdf\">en PDF<\/a>pr\u00eate \u00e0 diffuser<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article\">\n<p>(01\/03\/2018)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/non-fides.fr\/?Lettre-de-Laura-depuis-le-centre-penitentiaire-de-Nancy-01-03-2018\">nonfides<\/a><\/p>\n<div class=\"chapo\">\n<p><strong>NdNF\u00a0: Laura a \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9e le 23 f\u00e9vrier, ainsi qu\u2019un autre, dans la foul\u00e9e des \u00e9v\u00e8nements qui ont suivi l\u2019expulsion du Bois Lejuc, for\u00eat occup\u00e9e \u00e0 Bure (Meuse) depuis un an et demi contre un projet de centre d\u2019enfouissement de d\u00e9chets nucl\u00e9aires. Le jour de l\u2019expulsion, la presse faisait \u00e9tat de <i>\u00ab\u00a0sept gardes \u00e0 vue en cours, une \u00e0 la suite de l\u2019\u00e9vacuation du bois Lejuc et six pour outrages et\/ou violences sur personnes d\u00e9positaires de l\u2019autorit\u00e9 publique dans le cadre d\u2019une perquisition men\u00e9e \u00e0 la Maison de r\u00e9sistance \u00e0 Bure dans l\u2019apr\u00e8s-midi\u00a0\u00bb<\/i>. Pour le moment nous n\u2019en savons pas beaucoup plus, mais nous saluons Laura, chaleureusement et solidairement.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019esquive un peu l\u2019hypnose t\u00e9l\u00e9visuelle pour vous \u00e9crire depuis la MAF de Nancy. Comme disait Hafed d\u00e9mystifier la prison c\u2019est d\u00e9jouer la \u00ab meilleure des polices \u00bb, la peur de la r\u00e9pression. Je sais que le compagnon est l\u00e0 aussi, c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb, dans le b\u00e2timent arrivants. Apr\u00e8s le repas je guette parfois, fen\u00eatre entr\u2019ouverte, histoire de d\u00e9celer sa voix au milieu des cris du soir.<\/p>\n<p>Ici, vue imprenable sur les HLM, le mirador, les murs, les grilles, le terrain de basket, ses grilles surmont\u00e9es de barbel\u00e9s \u00e0 rasoirs, la grille fix\u00e9e \u00e0 la fen\u00eatre, les cinq barreaux, la vitre. J\u2019oublie s\u00fbrement une grille ou deux. Ici tout est ordre, calme et duret\u00e9. Une balle en mousse fluo casse un peu la grisaille des lignes droites.<\/p>\n<p>Lino, bitume. Mes semelles n\u2019ont pas touch\u00e9 la moindre terre depuis ma capture. La terre, un carr\u00e9 d\u2019herbe, c\u2019est le terrain de jeu priv\u00e9 des corbeaux \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la cour de \u00ab promenade \u00bb. Le vent sib\u00e9rien ne nous fait pas toutes renoncer \u00e0 ces tours en rond, parfois quelques passes de ballon.<\/p>\n<p>Ambiance coll\u00e8ge samedi apr\u00e8s-midi. On discute, on rigole au soleil, le cul par terre. L\u2019ennui nous incite \u00e0 nous surveiller entre nous. Qui a de belles baskets. Qui a des poux. Qui a but\u00e9 ses gosses. Qui se cachetonne \u00e0 mort.<\/p>\n<p>Les grilles fix\u00e9es aux fen\u00eatres sont l\u00e0 pour emp\u00eacher les yoyos et parachutes. On s\u2019en fout des r\u00e9primandes matonnes, on y coince des morceaux de pain, solidaires des oiseaux au milieu de ce d\u00e9sert en b\u00e9ton glac\u00e9. Deux d\u2019entre eux nichent dans les spirales de barbel\u00e9s, pour se prot\u00e9ger des corbeaux me dit une d\u00e9tenue. \u00c0 trente et quelques, c\u2019est tendu de faire tomber ces grilles (factur\u00e9es 250 ou 400 euros pi\u00e8ce) et d\u2019arracher un rapport de force en notre faveur. C\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb, ils sont 800, elles sont tomb\u00e9es. Comme dit une compagne de promenade : \u00ab tu peux m\u00eame pas essorer ta serpilli\u00e8re. Tu restes avec ta merde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. \u00bb<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>\u00c0 mon arriv\u00e9e, une nu\u00e9e de corbeaux me fait un dernier clin d\u2019\u0153il, puis les gendarmes me l\u00e2chent en cage. En donnant mes empreintes je pleure de rage, la mise \u00e0 nu me g\u00e8le m\u00eame si la matonne ne me touche pas et ne me regarde pas par le trou du cul. On m\u2019am\u00e8ne au bureau des matons de veille qui s\u2019assurent qu\u2019une suicid\u00e9e ne viendra pas troubler leur ronde de nuit p\u00e9narde. En mal de connivence face \u00e0 mon air renfrogn\u00e9, l\u2019un d\u2019eux me demande de \u00ab quelle origine \u00bb je suis, et m\u2019annonce qu\u2019il est alg\u00e9rien. \u00c0 quoi je r\u00e9ponds, je m\u2019en fous.<\/p>\n<p>Comme dit Bonnano \u00ab ils nous r\u00e9priment avec tellement de bienveillance \u00bb ; les matonnes ne comprennent pas pourquoi leur \u00ab\u00a0\u00e7a va ?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e7a va ?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e7a va aller ?\u00a0\u00bb se heurtent \u00e0 un \u00ab\u00a0non, je suis en prison. C\u2019est une question stupide\u00a0\u00bb. Ou encore : \u00ab\u00a0Vous m\u2019avez l\u2019air chafouine\u00a0\u00bb. Je devrais avoir le sourire, apparemment \u00ab\u00a0ici, c\u2019est pas le pire !\u00a0\u00bb, et m\u00eame que d\u2019apr\u00e8s l\u2019aum\u00f4ni\u00e8re catho \u00ab\u00a0chez les hommes, c\u2019est pire\u00a0\u00bb\u2026 Les S\u0153urs nous b\u00e9nissent de leur visite une semaine sur deux, j\u2019ai h\u00e2te. Les cathos, toujours l\u00e0 o\u00f9 il faut. Elles occupaient ma daronne dans la toute nouvelle nation alg\u00e9rienne, elles l\u00e2chent pas l\u2019affaire avec nous. Le temps disjoncte ici.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>L\u2019espace parle de lui-m\u00eame. Le chtar est au bout du bout de la cha\u00eene de l\u2019usine sociale sur les hauteurs de Max\u00e9ville, le Haut-du-Li\u00e8vre. Quand je d\u00e9couvre ce quartier o\u00f9 une partie de ma famille a v\u00e9cu un temps, les gendarmes me font serrer les dents. \u00ab On est loin de la Place Stanislas ici ! Je comprends pourquoi je suis jamais venue ici \u00bb. \u00ab Y a le camp des manouches l\u00e0-bas, regardez, et avant y avait un camp de Romanos \u00bb. \u00ab On est quand m\u00eame mieux dans une cabane du bois Lejuc ! \u00bb. Et je vous passe les d\u00e9tails du show.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>La gr\u00e8ve des matons en janvier a laiss\u00e9 des traces de rage bien vives chez mes compagnes de promenade. Seul signe avant-coureur : des portions de petit-d\u00e8j en plus. Le lundi, premier jour, l\u2019unique repas de la journ\u00e9e leur parvient \u00e0 16h30. Les mardi et mercredi elles ne sont nourries qu\u2019\u00e0 17h et 17h30. Le d\u00e9but de semaine est crucial pour commander et recevoir les cantines, celles-ci n\u2019arrivent que le mercredi. Pas de promenade, d\u2019activit\u00e9 ni de cours. Les gentes sous m\u00e9ta ne re\u00e7oivent leur traitement qu\u2019en fin de journ\u00e9e, au lieu du matin. La tension est implosive, les CRS d\u00e9barquent et asphyxient les couloirs le mercredi (ou le jeudi). Les \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb saccagent leur cage, les meubles volent, les portes tremblent. Le jeudi, c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0femmes\u00a0\u00bb, une promenade d\u20191h30 est accord\u00e9e, le repas de midi, toujours pas. Vendredi, \u00ab retour \u00e0 l\u2019anormal \u00bb en raison du recours d\u2019un.e d\u00e9tenu.e, plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Une d\u00e9tenue fait gr\u00e8ve dans la gr\u00e8ve, elle refuse de bosser d\u00e8s le lundi.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>En 2016, une matonne fait la maline au moment de la distribution du repas et se prend un coup de fourchette dans le cou. Elle ne taffe plus ici. C\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb, une matonne dite \u00ab\u00a0la Camionneuse\u00a0\u00bb est cern\u00e9e sur le parking et se fait casser les poignets \u00e0 coups de lattes. Elle est toujours l\u00e0.<\/p>\n<p>La r\u00e9bellion c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0meufs\u00a0\u00bb est moins spectaculaire ; elle pousse dans les interstices qui \u00e9chappent \u00e0 la surveillance permanente, \u00e0 la loi du n\u00e9on. Je passe le relais \u00e0 vos imaginations.<\/p>\n<p>La normalit\u00e9 de genre, la guedro, les gosses font une grande part du taf de pacification avant l\u2019incarc\u00e9ration. Les matonnes n\u2019ont pas grand-chose \u00e0 mater et trouvent le moyen d\u2019\u00e9conomiser le moindre geste. Juste avant le sondage des barreaux l\u2019une d\u2019elles me crie \u00ab Fen\u00eatre ! \u00bb. \u00ab Ben oui, je vais pas ouvrir la fen\u00eatre en plus \u00bb elle me pr\u00e9cise, \u00e0 quoi je lui r\u00e9ponds : \u00ab ah ben non, sinon vous risquez un TMS \u00bb.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es \u00e0 mordre la col\u00e8re, avec quelques-unes on se deale notre rage. Finalement je retourne en adolescence, m\u00eame journ\u00e9es \u00e0 regarder des clips \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, \u00e0 lire, avec des b\u00e2timents HLM \u00e0 l\u2019horizon.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s des bo\u00eetes aux lettres, une affiche me fait marrer \u00e0 chaque fois que je passe devant. Quelque chose comme \u00ab\u00a0la violence en d\u00e9tention n\u2019est pas acceptable. Ne restez pas seul\u00a0\u00bb. Vos gueules les mis\u00e9ricordieux.<\/p>\n<p>Je ne crois en rien, ni au hasard. La rage de penser que les deux personnes aux noms pas tr\u00e8s dans la norme ont \u00e9t\u00e9 les seules \u00e0 refuser de les donner aux keufs, jusqu\u2019au d\u00e9ferrement. \u00ab\u00a0Camarade\u00a0\u00bb, viens me dire que je vois des rapports de domination partout, tu embrasseras mes phalanges.<\/p>\n<p>Compagnes, compagnons, on s\u2019\u00e9charpe, on s\u2019\u00e9charpe (racialistes VS anti-racialistes), la r\u00e9alit\u00e9 s\u2019en fout elle et trace plus vite que nos id\u00e9es. Entre d\u00e9tenues, si nos rapports sont surtout utilitaires, le racisme amplifie des d\u00e9tails infimes mais d\u00e9terminants. Une d\u00e9tenue bulgare sur le point d\u2019accoucher me raconte, en anglais, qu\u2019une de mes compagnes de promenade lui a servi de bonnes portions de bouffe. Mais depuis, la personne de service a chang\u00e9 et elle n\u2019est pas assez nourrie. Toutes nos demandes ou presque passent par l\u2019\u00e9crit en interne, elle n\u2019a pas d\u2019interpr\u00e8te et une seule matonne parle anglais.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>J\u2019ai trouv\u00e9 les articles de l\u2019est r\u00e9publicain \u00e0 la bibli. Celui de F-X Grimaud : un h\u00e9lico, un drone, 500 gendarmes, le g\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Richard Lizurey en personne contre 15 \u00ab\u00a0zadistes\u00a0\u00bb ; j\u2019en rigole depuis ma cage. \u00ab Aucun bless\u00e9 \u00bb, j\u2019en ris noir ; le compagnon boucl\u00e9 dans la cellule de GAV voisine de la mienne a demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre soign\u00e9, que ses pansements soient chang\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019ANDRA est press\u00e9e de \u00ab r\u00e9tablir les chemins de circulation \u00bb dans la for\u00eat. Circulez, ya rien \u00e0 voir. Pas de souche, pas de flammes, ni de rouge-gorge. Pas de ver, de renard ni de lichen. Circulez, y a rien \u00e0 voir, mange-toi tes contr\u00f4les d\u2019identit\u00e9, fais-toi capturer, finis \u00e0 Fleury (je pense \u00e0 toi), finis \u00e0 Nancy.<\/p>\n<p>Pour le moment.<\/p>\n<p>Pour le moment j\u2019observe les corbeaux perch\u00e9s sur les c\u00e2bles qui se croisent au-dessus de nos t\u00eates, entre des murs qui finalement ne font pas une grande diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>En attendant, que nos \u00ab\u00a0camarades\u00a0\u00bb si avis\u00e9.es se pavanent dans les m\u00e9dias.<\/p>\n<p>\u00ab On en \u00e9tait venu \u00e0 admettre que les cochons, \u00e9tant manifestement les plus intelligents des animaux, d\u00e9cideraient \u00e0 l\u2019avenir de toutes questions touchant la politique de la ferme, sous r\u00e9serve de ratification \u00e0 la majorit\u00e9 des voix \u00bb &#8211; La Ferme des Animaux<\/p>\n<p>Collaborez avec la soci\u00e9t\u00e9 spectaculaire-marchande, nourrissez les keufs tout en vous croyant critiques voire subversifs. Vous restez des bouffon.nes \u00e0 mes yeux, pr\u00eats \u00e0 toutes les acrobaties s\u00e9mantiques et bricolages id\u00e9ologiques, du moment que vous tirez profit des luttes. Mon \u00ab\u00a0moment historique\u00a0\u00bb comme tu dis \u00ab\u00a0camarade\u00a0\u00bb se conclut dans une cage verrouill\u00e9e \u00e0 multiple tour. Niquez vos maires, donc.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>Un merci tendre aux compagni. Le lendemain de la destruction de vos maisons \u00e0 coups de bulldozer, vous avez eu la force de vous taper la force r\u00e9pressive. Je me suis sentie moins seul. Prenez soin de nos compagnons non humains, des autres copaines et de vous, prisonniers, mutines et d\u00e9serteuses de la guerre sociale. J\u2019ai h\u00e2te de vous revoir mais plut\u00f4t hors des murs ; je refuse l\u2019id\u00e9e que vous vous retrouviez enferm\u00e9.es ici, m\u00eame une heure.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>De l\u2019\u00e9cole \u00e0 la prison il n\u2019y a qu\u2019un pas et certains s\u2019\u00e9tonnent encore que des lyc\u00e9es du 93 cr\u00e2ment. Les matonnes nous appellent \u00ab\u00a0les filles\u00a0\u00bb. Elles me grondent quand je porte mon bonnet \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et les mains dans les poches. Elles nous font \u00ab\u00a0chut !\u00a0\u00bb dans les couloirs, nous crient \u00ab\u00a0Restez \u00e0 votre place !\u00a0\u00bb en agitant l\u2019index losqu\u2019on tape \u00e0 la porte parce que notre linge n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ramass\u00e9 \u00e0 7h. Une matonne pro-active surnomm\u00e9e Adolf m\u2019embrouille parce que je garde un briquet dans ma veste et que je ne fume pas ; \u00ab vous voulez mettre le feu ? \u00bb.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>La rage n\u2019a pas de plan, elle n\u2019a pas de montre. Elle n\u2019attend pas la \u00ab\u00a0temporalit\u00e9\u00a0\u00bb dict\u00e9e par les gestionnaires strat\u00e8ges. En 2005 elle n\u2019a pas attendu. En 2007 non plus ; ni 2008, ni 2011\u2026 Ni tous les jours, tout le temps.<\/p>\n<p>*** *** ***<\/p>\n<p>Clins d\u2019\u0153il aux Milots : \u00ab Enfermez-les \/ Affamez-les \/ Enragez-les tous&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>Aux Sauvages ni martyrs ni victimes, \u00ab Hommage \u00e0 la marge\u2026 Ici il pleut en cage \u00bb<\/p>\n<p>Pour la fin du bruit des cl\u00e9s<\/p>\n<p>Pour le chaos,<\/p>\n<p>La beaut\u00e9 de la for\u00eat et des \u00e9meutes dans un ciel vide,<\/p>\n<p><strong>Rage et tendresse !<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lettre de Laura depuis le centre p\u00e9nitentiaire de Nancy\u00a0 en PDFpr\u00eate \u00e0 diffuser (01\/03\/2018) nonfides NdNF\u00a0: Laura a \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9e le 23 f\u00e9vrier, ainsi qu\u2019un autre, dans la foul\u00e9e des \u00e9v\u00e8nements qui ont suivi l\u2019expulsion du Bois Lejuc, for\u00eat occup\u00e9e \u00e0 Bure (Meuse) depuis un an et demi contre un projet de centre d\u2019enfouissement de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-11481","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11481","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11481"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11481\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11491,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11481\/revisions\/11491"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11481"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11481"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11481"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}