{"id":11227,"date":"2018-02-11T10:40:20","date_gmt":"2018-02-11T09:40:20","guid":{"rendered":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=11227"},"modified":"2018-02-11T10:45:27","modified_gmt":"2018-02-11T09:45:27","slug":"de-prisonnier-a-detenu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/?p=11227","title":{"rendered":"De prisonnier \u00e0 d\u00e9tenu"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\">\u00a0<strong> 69 375 prisonniers, 100 000 d\u00e9tenus\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voil\u00e0 le compte\u00a0: 69 375, un chiffre qui augmente, encore. C&rsquo;est le nombre officiel de personnes enferm\u00e9es dans les prisons fran\u00e7aises. On ne saurait jamais assez \u00e9crire sur ces 69 376 personnes priv\u00e9es de libert\u00e9 \u2013 et c&rsquo;est bien peu dire \u2013 et d\u00e9noncer les conditions dans lesquelles elles sont emprisonn\u00e9es. Mais, comme souvent, c&rsquo;est un chiffre qui, aussi frappant soit-il, cache un syst\u00e8me plus large et complexe. Car s&rsquo;il y a 69 375 prisonniers, combien y a-t-il de d\u00e9tenus\u00a0? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un d\u00e9tenu\u00a0? D\u00e9tenir, c&rsquo;est bien plus qu&rsquo;arr\u00eater et enfermer\u00a0; c&rsquo;est, si on s&rsquo;appuie sur l&rsquo;\u00e9tymologie latine, non seulement <i>emp\u00eacher<\/i>, mais aussi <i>d\u00e9tourner<\/i> et surtout <i>tenir <\/i><i>\u00e9loign\u00e9<\/i>. N&rsquo;y a-t-il donc que 69 375 d\u00e9tenus en France\u00a0? Ces questions sont celles qui peuvent guider une r\u00e9flexion non pas seulement sur la prison, mais sur les enfermements, tels qu&rsquo;ils ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre d\u00e9cortiqu\u00e9s savamment par Foucault\u00a0: les prisons, les h\u00f4pitaux, les couvents, les usines, les \u00e9coles. Ces \u00e9tudes sur les lieux d&rsquo;enfermement r\u00e9v\u00e8lent plusieurs choses\u00a0: d&rsquo;abord, l&rsquo;\u00e9volution du syst\u00e8me carc\u00e9ral et des soci\u00e9t\u00e9s punitives et disciplinaires. Mais surtout \u2013 en tout cas, c&rsquo;est ce sur quoi on peut r\u00e9fl\u00e9chir ici \u2013 le traitement des corps et vies qui accompagne cette \u00e9volution. En somme, <i>Surveiller et punir<\/i> permet de penser plus largement la question des d\u00e9tenus.<\/p>\n<p>Si on pense le d\u00e9tenu comme celui qui est <i>tenu \u00e9loign\u00e9<\/i>, le probl\u00e8me essentiel auquel on est confront\u00e9 en ce moment \u2013 et en fait depuis pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle maintenant \u2013 est la pens\u00e9e des lieux o\u00f9 il ne s&rsquo;agit pas tant <i>d&rsquo;enfermer<\/i> mais de <i>mettre au ban<\/i>. En cela, l&rsquo;une des questions majeures de notre temps est celle du camp. Cette question se pose radicalement dans la trag\u00e9die de la Seconde Guerre mondiale et l&rsquo;ignominie inqualifiable du racisme nazi<a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote1sym%23sdfootnote1sym\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00a0; mais elle ne s&rsquo;arr\u00eate pas avec la fermeture de ces camps de travail ou d&rsquo;extermination. On est en effet aujourd&rsquo;hui nous-m\u00eames confront\u00e9s \u00e0 la r\u00e9surgence du lieu du camp, sous une autre forme<a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote2sym%23sdfootnote2sym\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><sup>2<\/sup><\/a> : celui r\u00e9serv\u00e9 aux r\u00e9fugi\u00e9s. C&rsquo;est en tout cas ce que cherche \u00e0 penser le philosophe italien contemporain Giorgio Agamben, dans toute son \u0153uvre et pr\u00e9cis\u00e9ment dans les ouvrages qui constituent <i>Homo Sacer<\/i>. Avec Agamben, le probl\u00e8me de l&rsquo;enfermement se d\u00e9place en quelque sorte du probl\u00e8me du prisonnier vers celui du d\u00e9tenu, ou, selon ses termes, de \u00ab\u00a0l&rsquo;exclu\u00a0\u00bb. L&rsquo;exclu, pour Agamben, se trouve dans une situation paradoxale\u00a0: il est \u00e0 la fois exclu par le droit, mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9, enferm\u00e9, plac\u00e9 en d\u00e9tention, requis \u00e0 un lieu qui lui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9\u00a0; mais par-l\u00e0 m\u00eame, par cette action du droit ou de la politique sur sa situation, il se trouve inclus dans le syst\u00e8me qui s&rsquo;attache \u00e0 le red\u00e9finir. S&rsquo;il \u00e9tudie cette forme \u00e0 partir de la figure primitive du droit romain de l&rsquo;<i>homo sacer<\/i><a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote3sym%23sdfootnote3sym\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><sup><i>3<\/i><\/sup><\/a>, homme sacr\u00e9, cette figure de l&rsquo;exclusion-inclusion constitue une structure qui \u00e9claire l&rsquo;analyse plus g\u00e9n\u00e9rale de ceux qui sont mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9. On peut donc placer la question du d\u00e9tenu au c\u0153ur du probl\u00e8me de l&rsquo;enfermement, et pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui le r\u00e9fugi\u00e9 qui repr\u00e9sente le plus clairement cette d\u00e9tention.<\/p>\n<p>On peut, pour mieux comprendre l&rsquo;importance de la r\u00e9flexion sur le camp, lire Agamben lui-m\u00eame, dans <i>Moyens sans fin\u00a0<\/i>:<\/p>\n<p>\u00ab <i>Au lieu de d\u00e9duire la d\u00e9finition du camp \u00e0 partir des \u00e9v\u00e9nements qui s\u2019y sont d\u00e9roul\u00e9s, nous nous demanderons plut\u00f4t : <\/i><i>qu\u2019est-ce qu\u2019un camp, quelle est sa structure juridico-politique pour que de tels \u00e9v\u00e9nements aient pu s\u2019y produire ?<\/i><i> Cela nous conduira \u00e0 consid\u00e9rer le camp non comme un fait historique et une anomalie appartenant au pass\u00e9 (m\u00eame si, \u00e9ventuellement, toujours v\u00e9rifiable), mais, en quelque sorte, comme la matrice secr\u00e8te, le <\/i><i>nomos<\/i><i> de l\u2019espace politique dans lequel nous vivons encore<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re id\u00e9e est donc de consid\u00e9rer le camp comme structure juridico-politique. C&rsquo;est penser plus qu&rsquo;un lieu\u00a0: un syst\u00e8me, un ensemble qui est non seulement spatio-temporel, mais o\u00f9 se lient des questions et des enjeux politiques et juridiques. Sans entrer dans l&rsquo;analyse complexe \u00e9labor\u00e9e par l&rsquo;auteur, on peut aller tout de suite \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de <i>matrice secr\u00e8te<\/i>, d&rsquo;<i>espace politique<\/i>, qui semble-t-il, d\u00e9termine toujours notre \u00e9poque. Pour le comprendre, Agamben se r\u00e9f\u00e8re notamment dans ses ouvrages \u00e0 l&rsquo;exemple des lieux de d\u00e9tention caract\u00e9ristiques des d\u00e9mocraties contemporaines, avec comme mod\u00e8le, Guant\u00e1namo\u00a0: ce qui importe, plus que l&rsquo;enfermement des ennemis de l\u2019\u00c9tat, c&rsquo;est la fa\u00e7on dont on les d\u00e9nude juridiquement. On les prive de toute identit\u00e9 personnelle, mais aussi juridique, et par la cr\u00e9ation de cet espace de non-droit, on peut justement faire de ces d\u00e9tenus des <i>hommes sacr\u00e9s<\/i> sur lesquels peut s&rsquo;appliquer la cruaut\u00e9 que l&rsquo;on sait. Pour Foucault, les prisons produisaient les d\u00e9linquants\u00a0; on peut en un sens dire avec Agamben que les lieux comme Guant\u00e1namo produisent des d\u00e9tenus, des corps priv\u00e9s de tout droit, des bannis. Dans le camp, par analogie, on peut peut-\u00eatre voir la production d&rsquo;autres hommes bannis. En ce sens, le traitement des d\u00e9tenus de Guant\u00e1namo est analogue \u00e0 celui des d\u00e9tenus des camps de travail\u00a0: on les prive de leur identit\u00e9, de leur droit, de leur dignit\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence majeure qu&rsquo;eux ne sont coupables qu&rsquo;au regard d&rsquo;un droit raciste et totalitaire.<\/p>\n<p>Dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s, on doit, de fait, consid\u00e9rer la situation d&rsquo;individus juridiquement extra-ordinaires. Le r\u00e9fugi\u00e9, c&rsquo;est cet individu qui quitte son foyer, son pays, et donc la situation juridique qui \u00e9tait la sienne avant l&rsquo;\u00e9migration. Le r\u00e9fugi\u00e9 est donc en un sens \u00ab\u00a0hors du droit\u00a0\u00bb\u00a0: il est en attente d&rsquo;une reconnaissance de son statut, en attente d&rsquo;une red\u00e9finition de son droit. En un autre sens, il est compl\u00e8tement soumis \u00e0 ce droit qu&rsquo;il attend, et surtout qui le d\u00e9tient. Le camp de r\u00e9fugi\u00e9 est donc un lieu de d\u00e9tention dans le sens o\u00f9 l&rsquo;on y place des individus \u00e0 caract\u00e9riser, \u00e0 d\u00e9finir juridiquement. En attente d&rsquo;un autre voyage ou de la possibilit\u00e9 de rester, le r\u00e9fugi\u00e9 est mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il cherche \u00e0 se r\u00e9fugier\u00a0: il y est retenu tout en en \u00e9tant \u00e9loign\u00e9. Ayant pens\u00e9 cela, on se retrouve face \u00e0 une autre question\u00a0: \u00e0 quoi sert le camp<a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote4sym%23sdfootnote4sym\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00a0? Car si on a ici, vu l&rsquo;aspect juridique de la question, il faut aussi voir son revers\u00a0: l&rsquo;aspect politique. Ce dernier s&rsquo;est manifest\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 travers la question de la d\u00e9ch\u00e9ance de la nationalit\u00e9\u00a0: produire des hommes exclus du droit pour cr\u00e9er des zones de non droit. Ce qui semble se manifester dans la question de l&rsquo;exclusion, du r\u00e9fugi\u00e9, et plus g\u00e9n\u00e9ralement du d\u00e9tenu, c&rsquo;est la n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019\u00c9tat d&rsquo;\u00e9tablir ces espaces totalitaires o\u00f9 s&rsquo;exerce un pouvoir absolu sur les corps. Cette possibilit\u00e9 d&rsquo;un exercice sans limite du pouvoir dans des lieux d\u00e9finis par le droit m\u00eame, doit \u00eatre pens\u00e9e et r\u00e9fl\u00e9chie plus attentivement, plus rigoureusement, tant elle constitue un risque et un enjeu dans nos soci\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb. Le camp est donc bien l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9flexion et d&rsquo;une critique n\u00e9cessaires non pas seulement parce qu&rsquo;il repr\u00e9sente tout ce contre quoi les libertaires luttent, mais parce qu&rsquo;il porte des enjeux politiques majeurs. Il est potentiellement le lieu d&rsquo;une production d&rsquo;individus mis \u00e0 nus et expos\u00e9s \u00e0 la violence de l\u2019\u00c9tat. Le probl\u00e8me des r\u00e9fugi\u00e9s, celui des d\u00e9tenus, met en question tout un syst\u00e8me qui est celui contre lequel nous nous battons\u00a0: c&rsquo;est en cela que nous nous devons de le prendre en charge.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quentin, Groupe Botul de la F\u00e9d\u00e9ration anarchiste, Paris\u00a0\u00a0 <del>.https:\/\/blogs.mediapart.fr<\/del><\/p>\n<p><a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote1anc%23sdfootnote1anc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1<\/a> On peut aussi \u00e9voquer le Goulag, la diff\u00e9rence \u00e9tant qu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre et avec la chute du r\u00e9gime nazi, ses camps ont \u00e9t\u00e9 ouverts et d\u00e9couverts. L&rsquo;ouverture des camps russes est plus tardive. Encore une fois, on pourrait \u00e9tablir d&rsquo;autres diff\u00e9rences, mais il s&rsquo;agit ici de d\u00e9gager une structure analogique. Par ailleurs, il convient de rappeler que le lieu du camp a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 avant le nazisme, ailleurs que dans le Reich.<\/p>\n<p><a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote2anc%23sdfootnote2anc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2<\/a> Une des questions est d&rsquo;ailleurs de savoir si ces camps sont si diff\u00e9rents, au moins dans leur forme. Sur cette question, voir <i>Ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;Auschwitz <\/i>de Giorgio Agamben.<\/p>\n<p><a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote3anc%23sdfootnote3anc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">3<\/a> Dans le droit primitif romain, l&rsquo;<i>homo sacer<\/i> \u00e9tait un individu homicide, reconnu tel par le droit et la justice, et qui par-l\u00e0 \u00e9tait mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9. Ainsi, il \u00e9tait priv\u00e9 de tout droit\u00a0: s&rsquo;il ne pouvait plus \u00eatre sacrifi\u00e9, il pouvait \u00eatre tu\u00e9 par n&rsquo;importe qui, sans que son assassin soit pour autant jug\u00e9 pour meurtre. L&rsquo;<i>homo sacer<\/i> est confront\u00e9 en chaque instant \u00e0 la mort. En cela, il est \u00e0 la fois inclus (car son statut est juridique, il est le fruit de l&rsquo;application du droit) et exclus, car mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9 et priv\u00e9 de tout droit. Pour \u00eatre plus pr\u00e9cis et juste, se r\u00e9f\u00e9rer au premier ouvrage d&rsquo;<i>Homo Sacer\u00a0: le pouvoir souverain et la vie nue<\/i>.<\/p>\n<p><a class=\"external\" href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-monde-libertaire\/blog\/040117\/de-prisonnier-detenu#sdfootnote4anc%23sdfootnote4anc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">4<\/a> C&rsquo;\u00e9tait la question adress\u00e9e par Foucault au syst\u00e8me carc\u00e9ral\u00a0: consid\u00e9rer sa positivit\u00e9 et demander \u00e0 quoi il sert et en quoi il marche. La prison produit le d\u00e9linquant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 69 375 prisonniers, 100 000 d\u00e9tenus\u00a0 &nbsp; Voil\u00e0 le compte\u00a0: 69 375, un chiffre qui augmente, encore. C&rsquo;est le nombre officiel de personnes enferm\u00e9es dans les prisons fran\u00e7aises. On ne saurait jamais assez \u00e9crire sur ces 69 376 personnes priv\u00e9es de libert\u00e9 \u2013 et c&rsquo;est bien peu dire \u2013 et d\u00e9noncer les conditions dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7964,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-11227","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/7964"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11227"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11227\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11230,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11227\/revisions\/11230"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lelaboratoireanarchiste.noblogs.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}